Classé dans : Appel à mobilisation, Démocratisation des médias, Lutte, réforme agraire
Par Raquel de Lima, de la Campagne "Pour Exprimer la Liberté"
Spécial pour la page du MST
Au Brésil la dictature médiatique incarnée par le système Globo criminalise quotidiennement les mouvements sociaux. Photo : les membres du Mouvement des Sans Terre signent le projet de loi lancé publiquement le 1er mai 2013 pour la démocratisation de la propriété des médias.
La lutte des travailleurs ruraux pour la Réforme Agraire et pour la Justice Sociale, revendications du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), est criminalisée quotidiennement par les médias brésiliens.
Pour les militants qui participent au lancement du Projet de Loi des Médias Démocratiques depuis le premier mai 2013, jour des travailleurs, c’est une réalité qui implique le besoin de changer les communications dans le pays.
Organisé par la campagne “Pour exprimer la liberté”, l’évènement a eu lieu dans le campement national permanent Hugo Chavez, organisé par le Mouvement des Sans Terre, à Brasilia. En plus de la présentation du projet de loi s’est déroulé un débat et une collecte de signatures par les participants.
Qui doute encore que les médias sont l’outil central par lequel le capitalisme naturalise l’exploitation sous toutes ses formes, reproduit son idéologie, interfère avec le droit des électeurs à rejeter l’ordre néo-libéral ? L’Argentine a montré la voie en divisant en trois tiers l’ensemble de ses ondes radio et TV, et pour la première fois, en 2013, le Brésil brise le tabou. Face au quasi monopole de l’image de la société brésilienne de la part du système Globo, le Parti des Travailleurs (PT), la CUT (première centrale syndicale du pays) ou le Mouvement des Travailleurs Sans Terre réclament à leur tour la fin de la dictature médiatique. Une loi d’initiative populaire est soumise aux signatures des citoyens dans tout le Brésil. Lors du débat qui a fait le plein de public á Brasilia les Sans Terre ont dénoncé les intérêts économiques et politiques qui empêchent l’accès des travailleurs aux médias, et aux radios communautaires locales.
“Si c’est une radio communautaire, elle doit être pour nous. La radio communautaire dans ma région est celle des propriétaires d’usine” selon Batatinha, militante du MST dans l’état de Sergipe.
Les Sans Terre ont évalué l’inégalité de la lutte en termes de communication : les télévisions et radios, locales et nationales, criminalisent les protestations du mouvement pour l’accès à la terre. Avec leurs messages négatifs sur les occupations, "ils poussent les communautés à s’y opposer", témoigne un des travailleurs Sans Terre.

“La chape des médias a empêché la société d’exprimer librement ses droits, sa vision politique, son idéologie” explique Geraldo Gasparin, membre de la coordination du campement Hugo Chavez. “Malheureusement le gouvernement, à travers le Ministre des Communications, ne participe pas ni ne prend position dans le débat de la société civile pour un Cadre de Régulation des Communications, ce qui oblige la société à agir. Le campement participe à cette lutte”.
Le projet de loi, comme initiative populaire, réglemente les articles de la Constitution qui portent sur les radios et télévisions. Le but est de destiner un tiers des fréquences aux radios et aux télévisions publiques (dont 15 % de médias communautaires) en plus de garantir la production de contenus locaux et régionaux.
La proposition prévoit également la création d’un Fonds National de Communication Publique pour appuyer les chaînes publiques et communautaires, en plus de définir des règles pour empêcher la formation de monopoles dans la propriété des médias.
Traduction du portugais : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/12/le-mouvement-des-sans-terre-entre-dans-la-campagne-pour-la-democratisation-des-medias-au-bresil/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, concentration de la terre, Défense de l'environnement, Droit de la Terre, Histoire, Lutte, réforme agraire, Solidarité internationale, souveraineté alimentaire, violations des droits humains par l'agrobusiness
Le 17 avril est célébrée la Journée internationale des luttes paysannes en hommage à la mémoire des paysannes et paysans qui ont payé de leur vie la lutte en faveur d’un monde meilleur, de la réforme agraire et de la souveraineté alimentaire, ainsi que la protection et la défense de la nature, des semences et de l’eau.
Le 17 avril 1996, à El Dorado dos Carajas, au Brésil, 19 paysans membres du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) ont été assassinés. 17 ans plus tard, ces crimes restent impunis. Notre continent est aujourd’hui victime d’une offensive de la part de sociétés transnationales guidées par l’avidité du capitalisme financier dont les deux mamelles sont la privatisation et la marchandisation de la terre, de l’agriculture et de la nature. Aussi, les luttes et les résistances paysannes se multiplient dans toutes les régions.
L’agrobusiness, dans sa démesure habituelle, riposte par la violence, l’illégalité et la corruption: au Mexique, au Guatémala, au Honduras, en Colombie, au Paraguay, des centaines de paysannes et paysans sont assassinés par une police et une armée qui foulent leurs droits aux pieds. Au Vénézuéla, en Argentine et au Brésil, des hommes armés et des paramilitaires assassinent les paysans qui, aux côtés de leurs organisations, luttent contre le pillage auquel s’adonnent les transnationales agro-minières et les oligarchies locales. A cette violence physique s’ajoutent la criminalisation des luttes paysannes ainsi qu’une offensive massive sur les semences paysannes: aux quatre coins du continent, de nouveaux projets de loi se multiplient afin de légaliser et généraliser l’utilisation de semences transgéniques tout en freinant l’utilisation et les échanges de nos semences traditionnelles.
A l’occasion de cette journée internationale des luttes paysannes, aux côtés de ses organisations, amis et alliés, la CLOC-Via Campesina lancera des actions dans les villes et villages de plus de 23 pays. Par ailleurs, dans le cadre de l’appel de la Via Campesina à tous les continents, ces mobilisations auront une visibilité continentale et internationale.

En hommage à nos martyrs, et parce que la lutte continue, mobilisons-nous contre l’accaparement des terres, de l’eau, de nos semences traditionnelles et contre la criminalisation de nos luttes.
Chacun à notre niveau, levons-nous pour rappeler que nous sommes déterminés à défendre nos territoires, à dénoncer, à militer en faveur d’une transformation sociale, où souveraineté alimentaire, agroécologie et réforme agraire véritable constitueront la pierre angulaire du camp populaire.
Montrons notre solidarité envers le peuple du Paraguay, en organisant des mobilisations devant les ambassades du Paraguay, en dénonçant un gouvernement qui s’est saisi du pouvoir par un coup d’état et qui persécute les paysannes et paysans, en exigeant par lettre que les prisonniers politiques soient remis en liberté et que justice soit faite pour les victimes du massacre de Curuguaty.
Unissons-nous, rejoignons les actions menées au niveau local et national afin qu’elles acquièrent une visibilité au niveau continental et international au sein de la Via Campesina pour cette journée internationale des luttes paysannes.
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
Classé dans : Appel à mobilisation, Entraves judiciaires et politiques, Lutte, réforme agraire, répression de l´Etat, Solidarité internationale, violations des droits humains par l'agrobusiness
9 avril 2013, de la page du MST

La compagne Cícera Soares Timóteo arrêtée dans le cadre de la répression de la lutte des Sans Terre, État de Paraíba (avril 2013)
Le 8 avril 2013, les Sans Terre ont occupé le périmètre irrigué de Várzeas de Souza, dans la municipalité de Sousa, État de Paraíba, pour dénoncer le manque de rigueur dans l’inspection des terrains irrigués qui devraient être destinés prioritairement à la réforme agraire , ainsi que l’usage abusif de produits agro-toxiques dans la production agricole de maïs par le Groupe Santana, entreprise d’agro-business qui bénéficie en outre de l’irrigation.
Les travailleuses et travailleurs ruraux revendiquent l’eau pour les unités productives Nova Vida I et II, la terre pour les 350 sans terre qui vivent dans les campements de la région, ainsi que la supression de la licitation des lots de terre 20 et 21 qui totalisent près de mille hectares de terres irriguées.
Le Groupe Santana est également dénoncé par les familles des Sans Terre comme l’entreprise d’agro-business qui bénéficie le plus des politiques publiques fédérales et de l’État de Paraiba d’accès à l’eau dans les terres semi-arides : “Le Groupe Santana utilise cette irrigation pour la production de maïs et de sorgho et la fabrication d’aliments pour animaux, alors qu’en ce moment d’étiage, l’eau devrait servir en priorité pour la consommation humaine, suivie de la consommation animale, et en dernier lieu pour la consommation végétale. Elle n’est pas faite pour gonfler les comptes en banque des entreprises d’agro-buisiness”.
Le 8 mars 2012 près de cinq cents militants du MST avaient déjà réalisé une mobilisation dans cette zone.
Répression
Pour réprimer les protestations d’avril 2013 la militante du Mouvement Sans Terre (MST) Cícera Soares Timóteo a été arrêtée et accusée de vol, de dommages au patrimoine privé et d’incendie. La note du mouvement explique que "le groupe Santana, principal priviligié des politiques de la distribution d’eau, se positionne en victime et accuse injustement la compagne Cícera par le biais du Ministère Public de l’état de Paraíba, qui a délivré un mandat d’arrêt”.
Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre exige la libération immédiate de Cícera Soares et le retrait du mandat d’arrêt. Il promet de continuer à dénoncer et à résister à la privatisation de l’eau et de la terre et de lutter pour la transformation du modèle de production en terre semi-aride avec pour objectif le développement humain de la population de l’état de Paraíba.
“Nous n’acceptons plus l’industrie de la sécheresse ni ce modéle qui déshumanise, nous dénonçons le fait que ce sont les enfants et les femmes qui souffrent le plus des déviations des fonds publics, alors que ceux-ci devraient être utilisés pour rendre vivable la terre semi-aride au lieu d’être historiquement utilisés en faveur des oligarchies, et dans le cas présent, en faveur des entreprises de l’agro-business".


Source : http://www.mst.org.br/Sem-Terra-e-presa-por-denunciar-a-privatizacao-da-agua-no-semi-arido-Paraibano
Traduction : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/10/une-militante-des-sans-terre-est-emprisonnee-pour-avoir-denonce-la-privatisation-de-leau-dans-letat-de-paraiba/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Solidarité internationale, souveraineté alimentaire, unité latino-américaine
Chères amies et amis,
je viens de rentrer d’un voyage à Haïti où j’ai participé à un congrès de son mouvement paysan. J’ai profité de cette occasion pour visiter plusieurs régions du pays et les projets que la brigade de la Vía Campesina/ALBA développe en solidarité avec le peuple haïtien.

Je voudrais commencer ma lettre en évoquant les caractéristiques principales de cette nation. C’est un pays montagneux de la taille de l’État brésilien d’Alagoas (27 mille kilomètres carrés), couvert de montagnes comme l’État de Minas Gerais, des montagnes totalement dévastées ou privées de couverture végétale car les paysans au fil des décennies, ont dû recourir au charbon comme unique source d’énergie et de revenus. Toute l’alimentation d’Haïti est préparée au charbon. Pas de cusinières à gaz, mis à part dans les quartiers riches de Port-au-Prince. Le climat est semi-aride dans tout le pays. Il ne pleut que trois mois par an, après vient une sécheresse digne de notre Nord-Est… Ce petit pays surpeuplé compte dix millions d’habitants dont 95% d’afro-descendants et 5% de mulâtres.
Ce sont les héritiers de la première grande révolution sociale de l’Amérique Latine, lorsqu’en 1804, ils se sont rebellés contre les colonisateurs français qui les exploitaient comme esclaves et les condamnaient à un espérance de vie de 35 ans. Ils ont expulsés tous les colonisateurs, ont éliminé l’esclavage et ont redistribiué les terres. Et comme ils savaient que les colonisateurs pouvaient revenir plus armés, ils ont occupé les montagnes, oú ils vivent encore aujourd’hui.
Les colonisateurs revinrent mais ce n’était plus les français mais les capitalistes états-uniens qui occupèrent le pays pendant les premières décennies du Xxème siècle. A leur départ ils laissèrent la dictature du pro-états-unien Duvalier qui a terrorisé la population de 1957 à 1986. L’ont suivi des gouvernements temporaires.
En 1990, fut élu le père Arístide, qui adhérait à la Théologie de la Libération. Il ne démissionna pas, fut renversé par les états-uniens qui l’emmenèrent à Washington pour lui donner des cours de néo-libéralisme. Il est revenu en bon élève pour accomplir un nouveau mandat.
Ensuite fut élu le Président Préval, qui a réussi à accomplir son mandat mais sans aucun changement démocratique. L’actuel gouvernement est manoeuvré par les États-Unis, au terme d’une campagne électorale où 25 millions de dollars ont été investis. Tous savent en Haïti que le peuple ne l’a pas élu.
Il y aurait dû avoir des élections pour former le nouveau parlement, dont le mandat a expiré il y a plus de six mois. Mais personne n’en parle. Il n’y a donc pas de parlement légalement constitué, bien qu’il fonctionne. En pratique le pouvoir réel est exercé par les troupes des Nations Unies, sous le sigle de Minustah !
Ainsi donc, bien qu’il se soit libéré de l’esclavage, le peuple haïtien a vécu peu d’années de démocratie (bourgeoise).
Le peuple vit dans des conditions de pauvreté extrême, avec des carences alimentaires et en biens matériels. La pauvreté s’est aggravée avec le tremblement de terre de janvier 2010 qui a tué des milliers de personnes et a détruit pratiquement toute la ville de Port-au-Prince. Mais c’est un peuple qui maintient sa dignité et sa fierté, uni par la cultura, par la langue créole, que lui seul parle dans le monde, et par le vaudou (équivalent à notre candomblé), pratiqué par presque toute la population. Il y a une sorte de syncrétisme religieux : le dimanche à la messe, le vendredi à la fête.
Dans les zones rurales, il n’y a pas d’écoles. 70% de la population vit en milieu rural. L’analphabétisme affecte 65 % de la population. Il n’y a pas d’énergie électrique à l’intérieur du pays, rien qu’à Port-au-Prince. Il n’y a que trois routes nationales asphaltées. Et pas d’eau potable. Tout le monde doit acheter de l’eau potable aux prix internationaux.
L’an passé, pour la première fois dans son histoire, Haïti a souffert d’une épidémie de choléra qui a tué des centaines de personnes. La maladie médiévale fut apportée par les troupes du Népal de la Minustah, qui faisaient leurs besoins dans le fleuve principal du pays. Quand un tribunal international se décidera-t-il à juger les Nations Unies pour ces morts ?
Plus de 65% de tous les aliments sont importés ou arrivent sous la forme de donations, et la bourgeosie commerçante noire s’en approprie, qui exploite la population.
Quand les familles réussissent à trouver une ressource ou l’autre pour acheter les produits qui viennent de la République Dominicaine, c’est parce qu’elles reçoivent des aides de leur famille travaillant aux États-Unis.
Chávez a sauvé le peuple de Haïti du chaos en apportant le pétrole par le biais du programme Petrocaribe, et a proposé que le gouvernement local destine les ressources à des projets sociaux. Le combustible est revendu par les distributeurs mais le gouvernement n’a jamais expliqué à la population à quoi sont consacrés ces revenus.
Avec un tel scénario il n’est pas difficile d’imaginer quand viendront les prochaines révoltes populaires. Mais ne vous en faites pas, 12 mille soldats de nombreux pays, coordonnés par l’armée brésilienne sous les sigles des Nations Unies, sont là pour contenir de possibles révoltes. Ils circulent en convois fortement armés, rien que pour dire au peuple : « Ne l’oubliez pas, nous sommes ici pour maintenir l’ordre ! » L’ordre de la pauvreté et du nouvel esclavage. Pas de guerre, ni de violence (les taux d’homicides sont les plus bas d’Amérique Latine) : les soldats ne sont là que comme des policiers.
J’ai demandé aux soldats brésiliens ce qu’ils font là puisqu’ils ne manient même pas la langue créole pour communiquer avec la population. La seule réponse que j’ai obtenue est que s’ils s’en vont, ce sont les États-Unis qui viendront… et qu’ils sont beaucoup plus violents !
Le peuple de Haïtí n’a pas besoin de soldats armés mais de solidarité pour développer les forces productives de son territoire et pour produire les biens requis pour satisfaire les immenses nécessités dont il souffre.
Le peuple de Haití a besoin d’appui pour avoir de l’énergie électrique, un réseau de distribution de gaz pour cuisiner et éviter la déforestation. Il a besoin d’un réseau d’eau potable et d’écoles couvrant tous les niveaux, dans tous les villages. Il a besoin de semences et d’outils. Pour le reste il sait très bien coment faire. Il est là, depuis 1804, peuple libre, qui survit et se multiplie malgré tant d’exploiteurs étrangers.

Il y a heureusement d’autres visions dans la manière d’entrer en relation avec la population haïtienne. Le gouvernement de Bahia a envoyé des citernes pour stocker l’eau de pluie, ce qui est bien reçu là-bas. Petrobras (compagnie nationale brésilienne du pétrole) nous a aidés à financer le voyage de 77 jeunes paysans pour qu’ils étudient l’agro-écologie au Brésil. L’église catholique de Minas Gerais a réalisé une collecte spéciale dans toutes les paroisses et finance des projets de développement agricole là-bas, avec des potagers, des élevages de poules, de chèvres et même la multiplication de semences.
Et nous, mouvements sociaux de la Vía Campesina du Brésil, avec nos faibles ressources, maintenons en Haïti une brigade permamente de jeunes volontaires depuis plus de six ans, qui développent des projets d’agriculture, de construction de citernes et d’éducation.
Il faut bien mesurer l’indignation du peuple d’Haïti vis-à-vis des troupes de la Minustah. Si les Nations Unies voulaient envoyer des soldats pourquoi n’ont-elles pas suivi l’exemple de l’Équateur et du Venezuela, dont les soldats n’ont pas d’armes et construisent des maisons, des routes et des dépôts ? Ou l’exemple de Cuba qui maintient sur place cinq mille médecins volontaires dans l’unique service public de santé existant dans le pays, celui où travaillent ces médecins humanistes, donnant un bon exemple de la pratique du socialisme ?
Je crois que notre obligation en tant que frères du peuple haïtien est de continuer à protester et à exiger que les troupes se retirent d’Haïti, de la même manière que nous refuserions sa présence au Brésil ou dans n’importe quelle autre partie du monde. Et de maintenir la solidarité à travers les projets de développement économique et social.
João Pedro Stedile (photo) est membre de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Ruraux sans Terre (Brésil) et de la Via Campesina Brésil.
Source (espagnol) : http://alainet.org/active/62927
Photos : MST
Traduction : Thierry Deronne
Pour aider concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, concentration de la terre, Entraves judiciaires et politiques, Formation, réforme agraire, souveraineté alimentaire, unité latino-américaine
Le Campement National « Hugo Chávez », qui a démarré le 5 Mars 2013 à Brasilia avec 400 militant(e)s Sans Terre venus de tout le Brésil, a été organisé pour dénoncer l’abandon de la réforme agraire par Dilma Roussef et les progrès de l’agro-business au Brésil.
Pour Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), ce campement répond à l’offensive du capitalisme dans les zones rurales et vise à faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère et légalise immédiatement des terres cultivables pour 90.000 familles vivant sous des tentes au Brésil. Actuellement, plus de 150 mille familles vivent dans des campements, dans l’attente de terres. Parmi celles-ci, 90.000 sont membres du Mouvement des Sans Terre. Sous le gouvernement Rousseff seules 31 nouvelles zones ont été expropriées, soit seulement 72 mille hectares. Pendant ce temps, plus de 309 millions d’hectares de terres sont tombés sous le contrôle de l’agro-industrie.

Selon Conceiçao, ces chiffres alarmants sont le résultat de la politique du gouvernement brésilien qui protège les grands propriétaires (« latifundistes »). «Il est inacceptable que le gouvernement continue à renforcer le modèle de l’agrobusiness dans les campagnes, alors que la réforme agraire continue d’être écartée de l’agenda. La démocratisation de la terre est essentielle pour assurer la modification de la structure des grandes propriétés terriennes et consolider un modèle de développement durable dans les zones rurales, c’est pourquoi nous voulons la réforme agraire ».
Par contraste, depuis 1999, le gouvernement vénézuélien a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples indigènes du pays et la réforme agraire a permis à des dizaines de milliers de paysans de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres leur ont été remis. Alors qu’en 1999, le Venezuela ne produisait que 51% des aliments qu’il consommait, en 2012 la production est de 71%. En janvier 2013 la FAO (Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation) a félicité le Venezuela pour le succès de sa politique de souveraineté alimentaire.
Dès 2007, s’opposant à l’introduction des OGM et à la substitution de cultures vivrières par celles destinées à l’éthanol, Hugo Chavez déclarait son refus d’“enlever le maïs aux gens, à la chaîne alimentaire, pour remplir les automobiles”. Le programme porté par le candidat bolivarien Nicolas Maduro pour les élections présidentielles du 14 avril 2013, le même qui avait valu sa victoire à Hugo Chavez en octobre 2012, prévoit dans son cinquième objectif de poursuivre le développement de l’agro-écologie et de l’agriculture urbaine, la réforme agraire et la protection des réserves d’eau, de la biodiversité, des lacs, mers et forêts, de continuer à s’opposer sur les plans régional et international à toute forme de commercialisation de la nature et à défendre l’équilibre climatique (tel que défini dans le Pacte de Kyoto) ; de démanteler les schémas du charbon sur le marché international qui légitiment le droit de polluer, ou encore de concrétiser un plan national contre le rejet de gaz (effet de serre) et la transformation des industries concernées.
La réforme agraire paralysée au Brésil
Le Brésil est le deuxième pays pour la concentration de la terre dans le monde, devancé seulement par le Paraguay. L’expansion de l’agro-business transforme la terre en pur actif économique et la soumet à la spéculation du marché international. L’arrêt de la réforme agraire au Brésil s’exprime dans les données honteuses du gouvernement de Dilma Rousseff : seules 23.000 personnes ont pu voir leur situation régularisée en 2012.
« Le gouvernement Dilma a fait les pires chiffres de la réforme agraire dans les 20 dernières années. L’objectif du campement est de faire pression pour remettre la réforme agraire à l’ordre du jour. Nous allons nous mobiliser en permanence. Non seulement ici, à Brasilia, mais dans tous les autres Etats. Tout au long de 2013 nous allons organiser des manifestations pour faire valoir nos exigences », explique Luiz Ferreira, coordinateur des sans Terre pour l’État de Bahia.
Le Brésil n’est pas seulement un des pays où les terres sont le plus concentrées, mais aussi le plus grand consommateur de pesticides, pour la 5ème année consécutive. Le Brésil consomme 19% de l’ensemble des produits agrochimiques produits dans le monde. Cette utilisation excessive des pesticides empoisonne la production de la nourriture et l’eau. Selon l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire (ANVISA), 30% des aliments consommés par les Brésiliens sont impropres à la consommation par excès de pesticides.
Campement « Hugo Chavez », Brasilia, mars 2013
Agro-écologie
Par opposition au modèle de production de l’agro-industrie, le campement permanent « Hugo Chavez » vise également à visibiliser le projet d’agriculture agro-écologique dans la société, les universités et les écoles, à discuter avec ces secteurs sur comment « les pesticides, liés à l’agro-industrie, affectent la paysannerie et comment l’agro-écologie, liée à la réforme agraire, s’exprime dans la vie quotidienne de ces gens » explique Ferreira.

Pour lui, en plus de la démocratisation de la terre, il est nécessaire que le gouvernement mette en oeuvre un programme de développement des unités productives, avec un investissement public pour offrir des crédits aux producteurs agricoles et des infrastructures dans les zones de la réforme agraire. Cela permettrait de garantir aux paysans qui se mettent à produire une vie digne, avec accès à l’éducation, à la santé, au crédit agricole et la qualité de l’habitat rural.
Dans le même sens, Ednaldo Ramalho, de la coordination du MST dans l’Etat de Pernambuco, rappelle que « le gouvernement dit que sa priorité est de renforcer les zones de peuplement et les unités productives existantes. Mais comment veut-il faire s’il ne donne pas la priorité à la réforme agraire? Si l’INCRA (Institut de la Réforme Agraire) est en faillite, abandonné ? »
Formation
Le Campement National Hugo Chavez a été conçu et construit comme un lieu de lutte et comme une école. En plus des mobilisations externes, il assure la formation politique et idéologique des 400 militants venus de chaque État du Brésil, par rotation. Selon Erica Souza, de la coordination d’État du MST à Rio de Janeiro, «l’objectif est que le campement dispose d’espaces d’enseignement théorique et pratique, intensifie un processus de formation collective, et permette de mieux connaître le profil des personnes qui y vivent pour construire ensemble l’organisation interne. «
Campement « Hugo Chavez, Brasilia mars 2013.
Pourquoi Chávez ?
Le campement a été baptisé « Hugo Chavez » le jour même de la mort du président du Venezuela (5 mars 2013) après une intense journée de lutte dans la capitale fédérale brésilienne. Au nom du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, Joao Pedro Stedile avait rappelé lors d’une interview à Telesur le 9 mars 2013, « le combat commun des Sans Terre et du président Chavez : création d’écoles agro-écologiques, luttes contre les OGM, réforme agraire, souveraineté alimentaire, mais aussi promotion incessante des idées des mouvements sociaux au coeur de l’intégration latino-américaine. Beaucoup de présidents lorsqu’ils arrivent au pouvoir, se croient les maîtres du monde, ne conservent que la bouche et perdent les oreilles. Chavez, lui, en toute simplicité, t’écoutait, cherchait à converser avec toi pour apprendre, écouter ».
« Ce furent 14 années de victoires électorales successives, mais aussi de nombreuses luttes contre le capitalisme ». Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des sans Terre, poursuit : « Chavez était par nature un combattant anti-capitaliste, et le Campement National est né exactement du même processus de lutte permanente contre l’avancée du capitalisme dans les campagnes et en faveur de la souveraineté des peuples. L’hommage du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre est plus que justifié : Hugo Chavez, après avoir été porté au gouvernement par le peuple, armé de beaucoup de courage, a non seulement entrepris de libérer le peuple vénézuélien, il a aussi compris que le capitalisme était un ennemi à affronter dans toute l’Amérique latine, et qu’en tant que tel devait être combattu collectivement par tous ceux qui refusent de renoncer à la souveraineté de leur pays « .
Source (portugais) : Iris Pacheco, de la page du MST
Photos : MST / Elitiel Guedes
Traduction : Thierry Deronne
URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/23/a-brasilia-le-campement-paysan-national-hugo-chavez-exige-la-reprise-de-la-reforme-agraire/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Droit de la Terre, Entraves judiciaires et politiques, Lutte, réforme agraire, unité latino-américaine
5 mars 2013, de la page du MST
Dans la matinée du 5 mars 2013, près de 700 femmes paysannes ont construit un campement de Sans Terre à Brasilia, sur un terrain jouxtant l’immeuble de l’Institut National de Colonisation et de la Réforme Agraire (Incra).
Cette action entre dans le programme d’actions et de luttes des Femmes de Via Campesina, organisée chaque année au mois de mars, et dont l’objectif principal est de faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il mette en oeuvre la réforme agraire.
Le campement ne s’est pas fixé de date limite et a accueilli dès son installation près de 700 personnes. Il vise à en réunir pour le moins deux mille à la fin de la semaine.
Rosana Fernandes, de la coordination nationale du MST, explique que “l’objectif principal du campement est de faire pression pour que le gouvernement légalise les terres occupées par 150 mille familles qui campent à travers le Brésil”. En tant qu’alternative au modèle de l’agro-business, cette série de luttes défend le modèle productif agro-écologique et la défense de notre souveraineté agro-alimentaire. Nous exigeons la concrétisation de la Réforme Agraire pour développer le pays et éliminer la pauvreté.
Le moment politique actuel paralyse cette réforme alors qu’elle est la clef du développement d’une agriculture saine et agro-écologique. La production d’aliments sains et la souveraineté alimentaire sont un des thèmes défendus par les paysannes. 30% des aliments consommés par les brésiliens sont impropres à la consommation rien que par leur contamination par des produits agro-toxiques, selon des données de l’Agence Nationale de Surveillance de la Santé (Anvisa). “C’est une bannière que nous voulons maintenir au coeur de de notre journée de lutte et de notre campement, et nous voulons mener le débat avec le reste de la société, lui montrer que nous défendons le modèle agro-écologique et pourquoi nous le défendons. Nous voulons aussi réaliser un processus de formation avec les militants qui séjourneront en permanence dans le campement”.

Un millier de militantes paysannes du Mouvement des Sans Terre et du Mouvement Populaire Paysan (MPC) ont installé le campement "Hugo Chavez" à Brasilia pour une durée indéterminée et ont organisé un acte de solidarité avec le peuple vénézuélien à l’Ambassade de la République Bolivarienne. Brasilia, 6 mars 2013..
La Direction Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil et d’autres organisations paysannes affiliées à Via Campesina expriment leur affection pour ce « leader d’origine pauvre qui n’a jamais trahi son peuple. Nous l’avons connu lors des premiers forums sociaux organisés pour débattre de la sortie du néo-libéralisme. Avec lui nous avons construit une proposition continentale d’agro-écologie qui puisse servir de base pour une politique de production d’aliments sains pour toute la population, et un réseau continental d’écoles d’agro-écologie et d’expériences de semences. Ensemble nous avons jeté les bases d’un projet d’intégration continentale, mais populaire, qui aille plus loin que les articulations gouvernementales et commerciales, un réseau de mouvements sociaux proposant des initiatives productives, d’éducation, sociales et politiques. »
Hugo Chavez visite une unité de production du Mouvement des Sans Terre (Brésil, Tapes, janvier 2003)
Evo Morales s’adresse au peuple bolivien dès qu’il apprend le décès de Hugo Chavez, La Paz, 5 mars 2013.
Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
Source (portugais) : http://www.mst.org.br/Mulheres-Sem-Terra-montam-acampamento-em-Brasilia-por-tempo-indeterminado
Traduction : Thierry Deronne
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/03/07/video-et-photos-des-femmes-sans-terre-organisent-le-campement-hugo-chavez-a-brasilia-pour-une-duree-indeterminee/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Occupation de grandes propriétés et mise en production, violations des droits humains par l'agrobusiness
De la page du MST
Vers 17 heures ce dimanche 23 décembre, a été assassiné Mamede Gomes de Oliveira, militant historique du MST de l’État du Pará. Il avait 58 ans.
"Seu Mamede" a été tué sur sa terre dans la région métropolitaine de Belém, de deux balles tirées par Luis Henrique Pinheiro, qui a été arrêté après ce meurtre.
Né à Piauí, Mamede vécut dans son enfance à Pedreira, dans l’État de Maranhão, d’où il partit vivre dans l’État de Pará.
Il militait dans les Communautés Ecclésailes de Base (CEBs), dans la municipalité d’Ananindeua, avant de participer à l’occupation de l’Hacienda Taba en 1999, aujourd’hui devenue l’Unité Productive "Martyrs d’avril". C’est au cours de cette période qu’il est devenu militant du Mouvement des Sans Terre.
Grand lutteur et défenseur de l’agroécologie, il n’a jamais abandonné le combat. Il faisait preuve d’une conviction absolue dans sa lutte contre le capital et fut toujours un bon dirigeant et éducateur.
Mamede était une grande référence dans la pratique de l’agro-écologie et avait créé la Terre Agro-écologique de Production Organique – (Lapo), où il développait ses propres expériences d’agriculture familiale pour la commercialisation et la consommation interne.
Mamede Gomes de Oliveira n’est pas une victime de plus d’une violence banale comme tentent de le faire croire les grands médias de la région.
Le MST exige que l’assassinat de “seu Mamede” soit éclairci et ne tombe pas impunité.
Dans la vidéo visible ici : http://www.mst.org.br/content/seu-mamede-militante-do-mst-e-assassinado-no-para (juillet 2011), Seu Mamede présente la production agro-écologique.
Il s’agit de l’expérience qu’il avait développée (Lote Agroecológico de Produção Orgânica (Lapo).
La production a transformé une zone de fourrage et de coco en un système diversifié qui comporte plus de 80 espèces végétales. "Les gens tentent de diversifier les cultures au maximum" explique Mamede Oliveira en tant que membre de cette unité productive : dans la Lapo, entre autres choses, on produit du miel, de la gelée royale, du coco, de la banane (11 variétés), de l’açaí (baies), du cupuaçu (fruit), des haricots caubí, du manioc, en plus de fleurs.
"La santé et l’agro-écologie sont inséparables. Il faut que les gens relient ces deux choses car elles sont indissociables. Pour l’agriculture paysanne, c’est d’une grande importance, c’est ce qui fait la différence avec l’agro-business" précise-t-il.
Source de cet article : http://www.mst.org.br/content/seu-mamede-militante-do-mst-e-assassinado-no-para
Traduction du portugais : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article: http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/24/video-seu-mamede-militant-du-mouvement-des-sans-terre-et-grand-defenseur-de-lagro-ecologie-assassine-dans-letat-du-para/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Entraves judiciaires et politiques, Lutte, Production, réforme agraire
10 décembre 2012

Les familles de producteurs du MST produisent des légumes dans l’Unité Productive menacée par le pouvoir judiciaire.
De la Page du MST
Ce mardi 11 décembre 2012, le Mouvement des Travailleurs Sans Terre réalisera une action en défense de l’Unité Productive Milton Santos, située dans la municipalité Americana (État de Sao Paulo), cette action aura lieu dans l’Avenida Paulista, à São Paulo, à partir de 10 h.
Le Mouvement proteste contre la restitution aux anciens propriétaires décidée par la Justice Fédérale et exige de la Présidente Dilma Rousseff qu’elle signe le décret d’expropriation de la zone.
Le 28 novembre dernier, la deuxième Juridiction de Piracicaba de la Justice Fédérale a décidé de la restitution de la zone.
Les 100 familles qui vivent – produisant des aliments et fournissant le marché local (photos) - depuis sept années dans l’Unité Productive doivent quitter les lieux dans les 15 jours à partir de la notification officielle si elles veulent éviter l’expulsion par les forces de la Police Militaire.
Ces terres appartenaient à la famille Abdalla et furent transférées à l’INSS comme forme de paiement des impôts, à la suite de dettes contractées vis-à-vis de l’État brésilien.
L’Unité Productive a été reconnue par l’Institut de Colonisation et de la Réforme Agraire (Incra) en juillet 2006.
Jusqu’à son expropriation la zone était utilisée de manière irrégulière par la Centrale Ester pour la monoculture de la canne à sucre.
La famille Abdalla, conjointement avec la Centrale Ester, ont mené une action de Justice qu’elles ont gagné en deuxième instance, par le biais d’une brèche légale.
“Nous vivons un moment d’appréhension avec la visible paralysation de la Réforme Agraire dans l’État de São Paulo et les menaces qui pèsent sur nos conquêtes” explique le membre de la Direction Nationale du MST, Gilmar Mauro.
Le MST demande à la Présidente Dilma Rousseff qu’elle signe le décret d’Expropriation pour Intérêt Social du site Boa Vista où se trouve l’Unité Productive, décret qui a été envoyé par l’INCRA à la Présidence.
L’expropriation pour Intérêt Social selon la Loi Nº 4.132 du 10 septembre 1962, prévoit qu’elle “sera décrétée pour promouvoir la juste distribution de la propriété et pour conditionner son usage au bien-être social, sous la forme prévue par l’article 147 de la Constitution Fédérale”.
“Nous ne pouvons laisser régresser la réforme agraire. Nous nous sommes engagés à lutter pour maintenir cette unité productive et contre le démantèlement de la Réforme Agraire par le Pouvoir Judiciaire” a ajouté Gilmar Mauro.
Ce mercredi, les familles du MST menacées par l’expulsion montent un campement de résistance dans l’Unité Productive Milton Santos. Lundi un groupe de familles de Milton Santos, non membres du MST, organisent une autre manifestation à São Paulo.
Photos: João Zinclar
Traduction du portugais : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article: http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/10/le-mouvement-des-sans-terre-mene-une-action-en-defense-de-lunite-productive-milton-santos-a-sao-paulo-ce-mardi/
3 décembre 2012
Par Patricia Benvenuti, de Brasil de Fato

Soutenir le peuple palestinien au cours du Forum Social Mondial "Palestine libre", à Porto Alegre (RS) n’a pas été la seule initiative des adultes. Le vendredi 30 novembre, un groupe d’enfants du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) a tenu un rassemblement en solidarité avec les enfants palestiniens.

Les enfants sont des étudiants de l’école Nova Sociedade, située dans une unité productive des Sans Terre dans la municipalité de Nova Santa Rita (RS). Lors de la cérémonie, ils ont présenté des poèmes et des chansons écrites spécialement pour les Palestiniens. En outre, ils ont remis des tee-shirts, des photos, des lettres et des dessins réalisés par les écoles du MST à travers tout le Brésil, qui doivent être envoyées aux enfants palestiniens qui sont détenus dans les prisons israéliennes.

Enfants des Sans Terre lors d’un acte de solidarité avec les enfants palestiniens
"Les enfants palestiniens doivent savoir que de l’autre côté du monde, d’autres enfants s’occupent d’eux», a déclaré Deusamar, du secteur de l’éducation du Mouvement des Sans Terre de l’État du Pará.
Le matériel a été remis à des activistes palestiniens présents au Forum. Après avoir reçu les lettres, la présidente de la Campagne pour la libération des prisonniers en Israël, Abla Saadat, a remercié pour leur soutien les organisations brésiliennes et a souligné l’importance de l’initiative. «C’est un geste qui semble petit, mais il est très important pour nous", a-t-elle dit. En signe de réciprocité, les Palestiniens ont orné l’école d’un drapeau de la Palestine.
Selon Abla, qui est aussi l’épouse du militant et prisonnier politique Ahmad Sa’adat, environ 600 enfants palestiniens sont arrêtés chaque année par l’armée israélienne pour des motifs tels qu’avoir jeté des pierres sur des soldats. Actuellement, il ya 250 mineurs d’âge en prison (certains ont à peine 10 ans) qui subissent le même traitement que les adultes.
Le Forum Social Mondial Palestine Libre a eu lieu dans la capitale de l’Etat du Sud du Brésil, du 28 novembre au 1er décembre. Environ 5000 personnes de 36 pays ont participé à ses activités, et ont réaffirmé les droits du peuple palestinien et la nécessité de mettre fin à l’occupation israélienne.

Source : http://www.mst.org.br/node/14157
Traduction : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le Mouvement des Travailleurs sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/07/les-enfants-des-travailleurs-sans-terre-du-bresil-envoient-des-lettres-aux-enfants-palestiniens-detenus-en-israel/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Entraves judiciaires et politiques, Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, Production, Solidarité internationale
30 novembre 2012
Por José Coutinho Júnior
De la page du MST
Les habitants de l’unité productive Milton Santos ont reçu le 29 novembre l’avis d’une décision de justice sur la reprise de possession de la zone par la raffinerie de canne à sucre Ester. Les habitants ont 15 jours pour quitter les lieux, faute de quoi ils seront expulsés par les Police militaire et Fédérale.
Bien que l’installation des familles sur ces terres improductives avait été reconnue par l’Institut de Colonisation et de la Réfprme Agraire (Incra) il y a sept ans, une brèche légale trouvée par la famille Abdala (ancien propriétaire de la zone), conjointement avec la raffinerie sucrière Ester qui entoure cette unité productive, leur a permis de mener une action en justice qu’ils ont gagnée en seconde instance.
Localisée dans les municipalités de Americana et Cosmópolis (État de Sao Paulo), l’Unité productive Milton Santos a toujours produit des aliments pour la région au long des dernières années, en plus d’être en cours de reconnaissance par la EMBRAPA comme unité productive modèle de la Région pour sa production agro-écologique.
Une part de la production est destinée aux différentes entités des municipalités voisines, par le biais du Projet de Donation Simultanée.
Les producteurs installés sur ces terres ont bénéficié de fonds d’investissement de programmes gouvernementaux, et ont créé une île de production d’aliments et de biodiversité au milieu d’une mer de monoculture de canne à sucre.
Un projet de décret d’Expropriation pour Intérêt Social du site Boa Vista a été envoyé à la présidente Dilma Rousseff. L’expropriation d’intérêt social, selon la loi Nº 4.132, du 10 septembre 1962, prévoit qu’elle “sera decrétée pour promouvoir la juste distribution de la propriété ou de conditionner son usage au bien-être social, sous la forme de l’art. 147 de la Constitution Fédérale”. Si la Présidente signe, les producteurs resteront à Milton Santos.
“Actuellement les paysans se réunissent pour déterminer les meilleures formes de mobilisation et de pression pour que cet ordre d’expulsion ne soit pas exécuté” explique Maria de Fátima da Silva, de la Direction du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre dans cet État et membre de la communauté des producteurs agricoles de Milton Santos.
On peut signer une pétition publique ici : http://www.peticaopublica.com.br/PeticaoAssinada.aspx?pi=AMS2012
Traduction du portugais : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/02/sept-ans-apres-leur-reconnaissance-legale-les-producteurs-agricoles-de-lunite-milton-santos-recoivent-un-avis-dexpulsion/









