Classé dans : Agro-écologie, Entraves judiciaires et politiques, Formation, Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, réforme agraire, violations des droits humains par l'agrobusiness
17 avril 2013, de la page du MST

17 ans après le massacre d’Eldorado dos Carajás (État du Pará), à la mémoire des 21 militants sans terre assassinés en 1996, et pour exiger la reprise de la réforme agraire, le Mouvement Sans Terre a organisé des manifestations dans 18 états et dans le District fédéral.
Le MST exige de la présidente Dilma Rousseff un plan d’urgence pour la légalisation de terres en faveur des 150.000 familles paysannes qui vivent encore dans des campements au Brésil et c’est pour appuyer cette revendication que les sans terre ont bloqué 60 autoroutes, occupé des terres improductives, des bâtiments publics, des mairies, ont organisé des marches et des actes politiques, effectué des dons alimentaires dans tout le pays.
Des manifestations ont eu lieu dans les États de Rio Grande do Sul, Ceará, Pernambuco, District Fédéral, Rio de Janeiro, Pará, São Paulo, Minas Gerais, Paraná, Bahia, Rio de Janeiro, Mato Grosso do Sul, Sergipe, Mato Grosso, Rondônia, Maranhão, Goiás, Tocantins et Piauí.
Depuis le début du mois d’avril, diverses initiatives ont été prises dans le cadre de la campagne nationale pour la réforme agraire dans ces différents Etats du Brésil. Le Mouvement des Sans Terre dénonce l’arrêt du processus de création des unités productives, à cause de la lenteur de l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA) et l’interférence du pouvoir judiciaire dans les processus d’expropriation de terres.
Il y a actuellement 523 procès liés à la réforme agraire au Brésil, dont 234 sont encore en cours devant la Justice Fédérale. Il ya 69.233 grandes propriétés improductives dans le pays, qui contrôlent 228 millions d’hectares de terres (IBGE / Recensement de 2010) qui devraient être destinées à la réforme agraire en vertu de la Constitution.
Voici un bilan des protestations au 17 avril 2013.
Paraná
20 routes provinciales et fédérales ont été bloquées pendant 21 minutes par des centaines de travailleurs ruraux du MST, dans toutes les régions du Paraná, mercredi. Des routes ont été fermées à Cascavel, Ramilândia, Clevelândia, Renascença, Londrina, Guairaçá, Nova Esperança, Santo Inácio, Faxinal, Tamarana, Porecatu, Arapongas, Pitanga, Ivaiporã, Ponta Grossa, Rio Bonito do Iguaçu, Quedas do Iguaçu, Luiziana, et Mandaguar.
A Curitiba, 150 autres militants du MST ont tenu un rassemblement devant la Cour de justice de l’Etat pour demander le déblocage de la réforme agraire et la fin de l’impunité pour les crimes commis par les grands propriétaires fonciers. Rien qu’au Paraná, des 19 meurtres qui ont eu lieu entre 1994 et 2009, seuls quatre ont été jugés.
Pernambuco
Dans l’État de Pernambuco, le MST a continué les mobilisations avec le blocage des routes et de mairies mercredi. Environ 3200 travailleurs ont bloqué 12 routes nationales. En outre, les administrations municipales de Goiás, dans le Nord, et de Moreno, dans la région métropolitaine ont été occupés.
Environ 100 familles du Mouvement Sans Terre ont occupé ce mardi (16 avril), la Raffinerie Pimentel, située dans la ville de Santo Agostinho, dans la région métropolitaine de l’État de Pernambuco. Il s’agissait de la septième grande propriété terrienne (« latifundio ») occupée dans cet État au cours de cette semaine.
District Fédéral
Mercredi, environ 500 membres du Mouvement des Sans Terre ont défilé sur l’Esplanade des Ministères et face au Tribunal Suprême Fédéral (STF) à Brasilia. Les paysans sans terre ont organisé une manifestation devant ce Tribunal et devant le Ministère de la Justice.
Dans la matinée s’est tenue une audience publique à la Commission des Droits Humains du Sénat sur l’impunité et la violence dans les zones rurales, au cours de laquelle un hommage a été rendu aux morts du massacre de Eldorado dos Carajás.
A 11h, le MST et les fonctionnaires de l’INCRA et du Ministère de l’Agriculture ont réalisé une distribution gratuite de deux tonnes d’aliments sains, sans pesticides pour la population de Brasilia, sur la route du Plan Pilote. Parmi les produits distribués, le manioc, la patate douce, le gombo, le haricot, les courges, les courgettes vert, tous produits dans les unités productives des zones rurales du district fédéral et des régions avoisinantes.
Sergipe
Dans l’État de Sergipe, 1600 paysans sans terre ont bloqué 10 routes à travers tout l’État, ce mercredi, en quatre points : l’échangeur de Japaratuba, Cristinápolis, l’échangeur d’Itaporanga et celui de Japoatã. Deux autres sections de la BR 235 ont été fermés : les échangeurs de Ribeirópolis et de Piñao.
Quatre autres routes nationales ont été bloqués dans les municipalités de Lagarto, Malhador, Canindé et Gararu.
Dans la capitale Aracaju, 800 adhérents du MST ont réalisé une veillée face au Palais de Justice Fédérale, organisé une activité dans le quartier commerçant, mieux connu comme « la promenade » et occupé l’INCRA pour exiger une solution pour les plus de 10.000 familles qui vivent dans des campements dans tout l’état, depuis 16 ans. Il y a 20 terrains expropriables qui restent en souffrance devant les tribunaux.

Alagoas
Dans l’État d’Alagoas, ce mercredi, une marche a parcouru les rues de la ville d’Atalaia jusqu’au Forum de la Justice, oú sont déposés les dossiers des crimes liés aux conflits pour la terre dans la région.
Minas Gerais
Environ 200 paysans sans terre ont bloqué mercredi l’anneau routier de Belo Horizonte, à la hauteur du quartier Betania, dans l’ouest de la capitale, pendant 40 minutes. En plus de protester contre la mort des 21 militants sans terre à Carajás, ils exigent également la punition d’Adriano Chafik, qui a avoué le massacre à Felisburgo de cinq sans terre en 2004.
Ceará
Les manifestants du Mouvement Sans terre ont occupé dans la matinée du mercredi le siège de la Direction Nationale des Travaux contre la Sécheresse (DNCOS) à Fortaleza. Le Mouvement a exigé une rencontre avec les représentants de l’organisme pour discuter de plusieurs points concernant la sécheresse qui touche la région, l’une des pires de ces dernières années. Pour ce jeudi est prévue une rencontre avec le gouverneur de l’Etat Gomes Cid (PSB).

Rio Grande do Sul
Environ 1.500 membres des mouvements sociaux MST, MAB, MPA, MMC, MD et du Réveil de la Jeunesse Populaire, ont occupé le bâtiment du ministère de l’Éducation de l’État de Rio Grande do Sul à Porto Alegre, mercredi.
La marche des manifestants est sortie de l’INCRA et du ministère des Finances, où ils campaient depuis hier. L’objectif de la protestation est d’exiger des investissements publics dans l’éducation publique dans les unités productives agricoles. Un comité composé de représentants des mouvements a été reçu par la secrétaire adjointe Maria Olalia.
Sao Paulo
Des centaines de paysans sans terre ont mené plusieurs actions dans l’état de São Paulo, ce mercredi. 150 familles des campements de la région de Laras ont occupé la grande propriété Nossa Senhora de Fátima, à Agudos.
A Ribeirão Preto, l’autoroute Anhanguera était fermée à hauteur du kilomètre 340 dans la municipalité de Sales de Oliveira, par 150 familles. Au cours des 21 minutes de fermeture de la route, la nourriture offerte au automobilistes par les Sans Terre s’est voulue une forme de dialogue avec la société et la démonstration des conquêtes de la réforme agraire.
A Sorocaba, 150 familles ont fermé la route Tavares Raposo, au km 166 (Itapetininga) pendant 21 minutes. Dans la vallée du Paraíba, les familles et alliés du MST ont occupé les bureaux de l’Institut Biosistêmico (IBS). Dans la région de Andradina brigades ont eu lieu des opérations de don du sang dans les villes de Araçatuba et de Fernandópolis.
Dans le grand São Paulo, les colons, militants et alliés du Mouvement des Sans Terre se sont réunis dans un groupe de travail et un acte politico-culturel dans le campement de la Commune de la Terre Irma Alberta.
Les militants et les familles qui vivent dans les unités productives de la région de Campinas se sont associées aux activités de la semaine de lutte pour la terre, à Limeira.

Mato Grosso do Sul
Les travailleurs ruraux du MST, avec des syndicalistes de la Centrale des travailleurs (CUT), ont fermé cinq tronçons de routes fédérales et de l’État dans l’État du Mato Grosso do Sul, mercredi.
En Sidrolandia les membres des unités productives Emerson Rodrigues, 7 Septembre, Piuva, et les syndicalistes de la CUT, ont bloqué la route BR 060. Tout au long de l’action, les familles ont distribué des aliments et des brochures aux automobilistes.
Les familles des unités productives Ernesto Che Guevara, Ranildo da Silva, Santa Luzia et de la CUT ont bloqué la BR 163, à Nova Andradina.
A Nova Alvorada do Sul, la BR 167 a été fermée par le mouvement des sans terre de l’unité productive du 17 Avril et des unités productives Texeirinha et Florestan Fernandes. Des centaines de familles de l’unité Itamaraty ont distribué des tracts sur la BR 267.
Ont été également bloquées les routes nationales (MS-060, au KM 390 et MS-164, près de Ponta Pora). Durant 21 minutes, les manifestants ont occupé les routes et distribué de la nourriture et des dépliants aux automobilistes.

Rio de Janeiro
Le Mouvement des Sans Terre, avec le mouvement des personnes victimes de l’entreprise Vale, a organisé le mercredi un rassemblement devant l’Assemblée Générale des Actionnaires de la société au centre de Rio de Janeiro, pour dénoncer les violations commises par Vale, exigeant des réparations pour les groupes touchés.
Pour la première fois dans l’histoire de l’assemblée des actionnaires, cellec-i a été transférée dans les bureaux commerciaux de l’entreprise, à Barra da Tijuca.
Dans l’après-midi, s’est ouvert le débat «La lutte contre les entreprises dans la phase actuelle du capitalisme: l’articulation internationale des victimes de Vale" avec José de Echave (ancien vice-ministre de l’Environnement du Pérou), les mouvements sociaux et les membres nationaux et internationaux des victimes de Vale.

Pará
Deux mille jeunes sans terre du huitième campement pédagogique Oziel Alves Pereira ont fermé l’autoroute PA-150 à hauteur de la Cursa S, le mercredi matin, là où eut lieu le massacre de Eldorado dos Carajás.
L’autoroute a été fermée pendant 21 minutes, chaque minute en mémoire des ving-et-unes personnes tuées dans le massacre qui s’est produit il y a 17 ans.
Le campement, qui compte sur la participation de mouvements de jeunesse du reste du pays, organise depuis le 11 Avril pour une série d’activités de formation, avec une analyse de la situation nationale et la discussion sur le rôle des jeunes dans la lutte des classes.
A Belen, 400 travailleurs ruraux campent sur la Place des Martyrs d’Avril dans le centre de la capitale de l’Etat. Le nom de la place, en hommage aux travailleurs décédés en 1996, est aussi celui d’une sculpture de l’artiste danois Jens Galschiot, symbolisant le massacre.
Bahía
Les cinq mille militants du MST qui ont occupé l’INCRA de Salvador ont tenu un meeting politique devant l’Assemblée Législative, ce mercredi. L’objectif était de rappeler les morts de Carajás et de demander que la justice soit faite sur l’assassinat de Fabio Santos da Silva, coordinateur du MST tué de 15 tirs au début du mois, dans la municipalité de Iguai, dans la région sud-ouest de Bahia.
Après cet acte, les paysans Sans Terre ont organisé une activité suivie d’une veillée à la Cour fédérale de Justice de l’État, pour faire pression au sujet des 49 zones de l’État qui ont été autorisés à bénéficier de la réforme agraire.
Mato Grosso
Dans la matinée de mercredi, les membres du MST ont effectué deux fermetures de routes dans le Mato Grosso. 200 Sans Terre ont fermé la route Br 070, près de la ville de Cáceres et 100 autres militants ont occupé la municipalité de Dom Aquino.

Maranhao
Environ 600 familles ont fermé la route BR 222 dans la municipalité de Chapadinho, Maranhão, pour exiger une plus grande rapidité dans le processus de dotation de terres aux plus de 3000 familles qui campent dans tout l’état.
Il y a cinq ans qu’aucune famille ne bénéficie de la légalisation de terres dans l’état de Maranhão où il y a 16 campements, certains ayant déjà 15 années d’existence. Selon Edivan Oliveira, de la coordination nationale du MST, la situation est tellement critique que les plus récents ont été montés il y a six ans.
Tocantins
Dans l’État de Tocantins, a eu lieu un rassemblement pour la défense de la réforme agraire et en l’honneur des 17 ans de massacre d’Eldorado dos Carajás, dans le Campement Sebastian Bezerra, situé près de la capitale Las Palmas.
Après l’activité, 150 personnes ont bloqué pendant 2 heures TO 050, qui relie le Port National á Las Palmas.
Rondônia
Les paysans Sans Terre dans l’État de Rondônia ont bloqué cinq tronçons de la route BR 364 pour exiger la légalisation de 800 familles qui vivent dans des campements.

Piauí
800 paysans Sans Terre ferme ont occupé la grande propriété Atalaia, à 30 km de Teresina, après la fermeture durant 21 minutes d’une avenue de la capitale mercredi. Hier, 600 personnes avaient occupé l’INCRA.
Goiana
500 militant(e)s du Mouvement Sans Terre ont occupé l’INCRA à Goiania
Traduction : Thierry Deronne
Source (portugais) : http://www.mst.org.br/content/mst-faz-mobiliza%C3%A7%C3%B5es-em-17-estados-no-distrito-federal-e-tranca-60-rodovias
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/22/le-mouvement-des-sans-terre-se-mobilise-dans-18-etats-dont-le-district-federal-et-bloque-plus-de-60-routes-dans-tout-le-bresil/
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Le Campement National « Hugo Chávez », qui a démarré le 5 Mars 2013 à Brasilia avec 400 militant(e)s Sans Terre venus de tout le Brésil, a été organisé pour dénoncer l’abandon de la réforme agraire par Dilma Roussef et les progrès de l’agro-business au Brésil.
Pour Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), ce campement répond à l’offensive du capitalisme dans les zones rurales et vise à faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère et légalise immédiatement des terres cultivables pour 90.000 familles vivant sous des tentes au Brésil. Actuellement, plus de 150 mille familles vivent dans des campements, dans l’attente de terres. Parmi celles-ci, 90.000 sont membres du Mouvement des Sans Terre. Sous le gouvernement Rousseff seules 31 nouvelles zones ont été expropriées, soit seulement 72 mille hectares. Pendant ce temps, plus de 309 millions d’hectares de terres sont tombés sous le contrôle de l’agro-industrie.

Selon Conceiçao, ces chiffres alarmants sont le résultat de la politique du gouvernement brésilien qui protège les grands propriétaires (« latifundistes »). «Il est inacceptable que le gouvernement continue à renforcer le modèle de l’agrobusiness dans les campagnes, alors que la réforme agraire continue d’être écartée de l’agenda. La démocratisation de la terre est essentielle pour assurer la modification de la structure des grandes propriétés terriennes et consolider un modèle de développement durable dans les zones rurales, c’est pourquoi nous voulons la réforme agraire ».
Par contraste, depuis 1999, le gouvernement vénézuélien a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples indigènes du pays et la réforme agraire a permis à des dizaines de milliers de paysans de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres leur ont été remis. Alors qu’en 1999, le Venezuela ne produisait que 51% des aliments qu’il consommait, en 2012 la production est de 71%. En janvier 2013 la FAO (Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation) a félicité le Venezuela pour le succès de sa politique de souveraineté alimentaire.
Dès 2007, s’opposant à l’introduction des OGM et à la substitution de cultures vivrières par celles destinées à l’éthanol, Hugo Chavez déclarait son refus d’“enlever le maïs aux gens, à la chaîne alimentaire, pour remplir les automobiles”. Le programme porté par le candidat bolivarien Nicolas Maduro pour les élections présidentielles du 14 avril 2013, le même qui avait valu sa victoire à Hugo Chavez en octobre 2012, prévoit dans son cinquième objectif de poursuivre le développement de l’agro-écologie et de l’agriculture urbaine, la réforme agraire et la protection des réserves d’eau, de la biodiversité, des lacs, mers et forêts, de continuer à s’opposer sur les plans régional et international à toute forme de commercialisation de la nature et à défendre l’équilibre climatique (tel que défini dans le Pacte de Kyoto) ; de démanteler les schémas du charbon sur le marché international qui légitiment le droit de polluer, ou encore de concrétiser un plan national contre le rejet de gaz (effet de serre) et la transformation des industries concernées.
La réforme agraire paralysée au Brésil
Le Brésil est le deuxième pays pour la concentration de la terre dans le monde, devancé seulement par le Paraguay. L’expansion de l’agro-business transforme la terre en pur actif économique et la soumet à la spéculation du marché international. L’arrêt de la réforme agraire au Brésil s’exprime dans les données honteuses du gouvernement de Dilma Rousseff : seules 23.000 personnes ont pu voir leur situation régularisée en 2012.
« Le gouvernement Dilma a fait les pires chiffres de la réforme agraire dans les 20 dernières années. L’objectif du campement est de faire pression pour remettre la réforme agraire à l’ordre du jour. Nous allons nous mobiliser en permanence. Non seulement ici, à Brasilia, mais dans tous les autres Etats. Tout au long de 2013 nous allons organiser des manifestations pour faire valoir nos exigences », explique Luiz Ferreira, coordinateur des sans Terre pour l’État de Bahia.
Le Brésil n’est pas seulement un des pays où les terres sont le plus concentrées, mais aussi le plus grand consommateur de pesticides, pour la 5ème année consécutive. Le Brésil consomme 19% de l’ensemble des produits agrochimiques produits dans le monde. Cette utilisation excessive des pesticides empoisonne la production de la nourriture et l’eau. Selon l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire (ANVISA), 30% des aliments consommés par les Brésiliens sont impropres à la consommation par excès de pesticides.
Campement « Hugo Chavez », Brasilia, mars 2013
Agro-écologie
Par opposition au modèle de production de l’agro-industrie, le campement permanent « Hugo Chavez » vise également à visibiliser le projet d’agriculture agro-écologique dans la société, les universités et les écoles, à discuter avec ces secteurs sur comment « les pesticides, liés à l’agro-industrie, affectent la paysannerie et comment l’agro-écologie, liée à la réforme agraire, s’exprime dans la vie quotidienne de ces gens » explique Ferreira.

Pour lui, en plus de la démocratisation de la terre, il est nécessaire que le gouvernement mette en oeuvre un programme de développement des unités productives, avec un investissement public pour offrir des crédits aux producteurs agricoles et des infrastructures dans les zones de la réforme agraire. Cela permettrait de garantir aux paysans qui se mettent à produire une vie digne, avec accès à l’éducation, à la santé, au crédit agricole et la qualité de l’habitat rural.
Dans le même sens, Ednaldo Ramalho, de la coordination du MST dans l’Etat de Pernambuco, rappelle que « le gouvernement dit que sa priorité est de renforcer les zones de peuplement et les unités productives existantes. Mais comment veut-il faire s’il ne donne pas la priorité à la réforme agraire? Si l’INCRA (Institut de la Réforme Agraire) est en faillite, abandonné ? »
Formation
Le Campement National Hugo Chavez a été conçu et construit comme un lieu de lutte et comme une école. En plus des mobilisations externes, il assure la formation politique et idéologique des 400 militants venus de chaque État du Brésil, par rotation. Selon Erica Souza, de la coordination d’État du MST à Rio de Janeiro, «l’objectif est que le campement dispose d’espaces d’enseignement théorique et pratique, intensifie un processus de formation collective, et permette de mieux connaître le profil des personnes qui y vivent pour construire ensemble l’organisation interne. «
Campement « Hugo Chavez, Brasilia mars 2013.
Pourquoi Chávez ?
Le campement a été baptisé « Hugo Chavez » le jour même de la mort du président du Venezuela (5 mars 2013) après une intense journée de lutte dans la capitale fédérale brésilienne. Au nom du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, Joao Pedro Stedile avait rappelé lors d’une interview à Telesur le 9 mars 2013, « le combat commun des Sans Terre et du président Chavez : création d’écoles agro-écologiques, luttes contre les OGM, réforme agraire, souveraineté alimentaire, mais aussi promotion incessante des idées des mouvements sociaux au coeur de l’intégration latino-américaine. Beaucoup de présidents lorsqu’ils arrivent au pouvoir, se croient les maîtres du monde, ne conservent que la bouche et perdent les oreilles. Chavez, lui, en toute simplicité, t’écoutait, cherchait à converser avec toi pour apprendre, écouter ».
« Ce furent 14 années de victoires électorales successives, mais aussi de nombreuses luttes contre le capitalisme ». Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des sans Terre, poursuit : « Chavez était par nature un combattant anti-capitaliste, et le Campement National est né exactement du même processus de lutte permanente contre l’avancée du capitalisme dans les campagnes et en faveur de la souveraineté des peuples. L’hommage du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre est plus que justifié : Hugo Chavez, après avoir été porté au gouvernement par le peuple, armé de beaucoup de courage, a non seulement entrepris de libérer le peuple vénézuélien, il a aussi compris que le capitalisme était un ennemi à affronter dans toute l’Amérique latine, et qu’en tant que tel devait être combattu collectivement par tous ceux qui refusent de renoncer à la souveraineté de leur pays « .
Source (portugais) : Iris Pacheco, de la page du MST
Photos : MST / Elitiel Guedes
Traduction : Thierry Deronne
URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/23/a-brasilia-le-campement-paysan-national-hugo-chavez-exige-la-reprise-de-la-reforme-agraire/
Le Mouvement des Sans Terre lance sa page destinée aux enfants des militants, les Sem Terrinha. Élaborée collectivement par les secteurs de l’Éducation, de la Culture, de la Comunication et de la Jeunesse du mouvement, la page a pour objectif d’informer, éduquer et amuser les enfants "Sem Terrinha" (littéralement, petits "Sans terre", NdT) par le biais de nouvelles, d’histoires, de vidéos, de musiques et de jeux.

Selon Maria Cristina Vargas, du secteur de l’éducation du MST, “la page est un espace où les enfants peuvent accéder au débat politique de la lutte pour la terre dans un langage qui se place à leur niveau de compréhension. Comme les adultes, les enfants sont partie prenante de l’ensemble du processus du mouvement. Nous ne pensons pas à eux seulement comme la continuité du Mouvement des sans Terre mais aussi à partir de leurs besoins concrets de comprendre la réalité dans laquelle ils vivent aujourd’hui”.
La construction de la page s’insère dans le débat sur de meilleures conditions de structure et d’éducation dans les unités productives. Pour Cristina, “nous savons que toutes les unités productives n’ont pas encore accès à internet mais cela fait partie de notre lutte : faire que les unités de production agricole possèdent des écoles et que celles-ci soient équipées de la structure nécessaire pour une formation de qualité des enfants”.
En plus des sessions pour les enfants la page des "Sem Terrinha" possède des espaces destinés aux éducateurs dans lesquels les documents, textes pour la formation et pistes de travail avec les enfants seront disponibles comme outils de formation pour ces professionnels.
Mais le plus grand objectif selon Cristina sera de transformer la page des "Sem Terrinha" en un espace construit également par les enfants qui peuvent envoyer leurs dessins, lettres, histoires et nouvelles pour qu’elles soient diffusées. “Nous voulons que les enfants envoient leurs productions ainsi que leurs questions sur le quotidien des communautés où ils vivent. Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir de reporters "Sem Terrinha", produisant des contenus pour la page ?”
Adresse de la page des Sem Terrinha : http://www.mst.org.br/semterrinha/
Source de cet article : http://www.mst.org.br/node/14254
Traduction du portugais : Thierry Deronne

Classé dans : Éducation populaire et développement de la culture, Création artistique, Formation, Histoire, Lutte
Par José Coutinho Júnior
"Les Unis de la Bâche Noire" (1), école de samba qui a surgi en 2005 au sein du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), a pour objectifs principaux de contribuer à la formation politique de ses membres, de montrer qu’un modèle collectif de samba est possible, comme d’apporter beaucoup de plaisir à travers la samba. Nous avons conversé avec le sociologue et musicien Tiarajú Pablo D´Andrea, du secteur de la culture du MST et membre des "Unis de la Bâche Noire" à propos de la création de cette école, de son fonctionnement et du contrepoids qu’elle constitue face au carnaval commercialisé.
- José Coutinho Júnior - Comment s’est créé l’école des "Unis de la Bâche Noire" ?





Classé dans : Agro-écologie, Éducation populaire et développement de la culture, Formation, Histoire, Occupation de grandes propriétés et mise en production
Mais la principale production de Terra Vista est la connaissance qui s’acquiert en réunissant les savoirs des producteurs ruraux, l’éducation technique, à la formation des citoyens de demain.
Cette vidéo a été produite pendant la formation de l’Équipe de Collaborateurs de Communication de la Ière Journée d’Agro-écologie de l’État de Bahia.
Pour aider concrètement le MST, on peut contacter Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/06/la-vie-dans-lunite-productive-terra-vista-racontee-en-video-par-les-habitants/
Classé dans : Droit de la Terre, Entraves judiciaires et politiques, Formation, Transformation de l'État
Par Mayrá Lima, de la page du MST
Vendredi dernier (le 24 août 2012), les juges du Tribunal Régional Fédéral de la 1ère région (TRF1) ont rejeté à l’unanimité l’action civile requise par le Ministère Public de Goiás, qui avait demandé de faire cesser le cours de Droit Evandro Lins et Silva suivi par des fils et des filles d’ouvriers agricoles et de travailleurs sans terre, considérant le cours de Droit comme « étant en dehors de la réalité rurale ».
Selon Cezar Britto, ex-président de l’Ordre des Avocats du Brésil (OAB) et avocat du collectif, le Ministère Public Fédéral (MPF) avait déjà classé une enquête civile exposant les mêmes arguments, en considérant que ces cours donnés aux ouvriers agricoles sont d’une importance sociale et publique fondamentale.
"En affirmant que celui qui vit à la campagne n’a pas de droit d’étudier le Droit, le MPF a oublié que le Pouvoir Judiciaire n’est pas une construction physique, située dans une quelconque rue de la ville. Au contraire, le concept de Justice doit s’appliquer à tous : vivant en zone urbaine ou rurale, pauvre ou riche, né dans un berceau doré ou dans une petite mangeoire", a-t-il déclaré.
La victoire du collectif étudiant Evandro Lins et Silva ouvre un précédent pour d’autres cours promus à travers le Programme National d’Education de la Réforme Agraire (Pronera) qui sont sur le point d’être remis en cause par le Pouvoir Judiciaire. Pour Britto, reconnaître la constitutionnalité des accords entre l’Institut National de Colonisation et Réforme Agraire (Incra) et les universités est important. En outres "la voix de la population rurale sera fondamentale pour la construction d’un nouveau droit. "
Voici l’interview intégrale que l’ex-président de l’OAB, Cézar Britto, a accordé à Mayra Lima, du Mouvement des Travailleurs Sans Terre.
Mayra Lima – Sur quels arguments s’est basée l’action du Ministère Public Fédéral de Goiás ?
Cezar Britto – La thèse principale du Ministère Public Fédéral consistait à dire qu’il y a « une inconstitutionnalité flagrante de l’accord » scellé entre l’Université Fédérale de Goiás (UFG) et l’Incra par le fait que " la résidence de l’homme en zone rurale avec les conditions de survie et de développement que valident l’expropriation et le transfert des terres aux paysans en vertu de la réforme agraire, est un objectif qui n’a aucun rapport avec la formation technico-juridique accordées à ces assentados (1) avec la création du cours de droit par l’INCRA / UFG." Dans cette même ligne d’argument, le Ministère Public Fédéral a dit que « l’habitat du professionnel du droit, dans tous les cas, est le milieu urbain, car c’est dans cette localité que se rencontrent les autres professionnels juridiques. "
Mayra Lima – Quelle a été la ligne d’argumentation de la défense ?
Cezar Britto – La défense a présenté plusieurs arguments: le premier découle du fait que le magistrat a reconnu "la validité des activités académiques complétées par le corps enseignant », en plus du fait juridique postérieur (la conclusion du cours et la validation du diplôme) pour protéger la classe Evandro Lins e Silva, que ce soit par l’effet de la chose déjà jugée ou par la théorie du fait consommé qui fait perdre d’objet de l’action civile publique. En effet la décision ne pouvait pas nuire aux étudiants qui, de bonne foi, ont terminé leurs études, alors le verbe « désenseigner » n’existe pas.
Une autre ligne de défense a été que le procès était nul car les étudiants ne furent pas convoqués, alors que la décision de fermeture de la classe avait une répercussion directe dans leurs vies. Nous avons aussi mis en avant le fait,- et ceci fut la décision qui nous a fait gagner, sans analyser les autres – que le MPF local ne pourrait pas entrer en justice, parce que le collège supérieur avait déjà ordonné de classer l’enquête civile publique spécifique pour cette classe spéciale de droit. Dans ce cas, on ne pouvait pas parler d’autonomie individuelle du membre du MPF, parce qu’il n’y avait pas de vide de décision à ce sujet. Le TRF1 a compris à l’unanimité que l’enquête civile publique sur décision collégiale supérieure devaitt être observée et a mis fin à l’action.
Mayra Lima – En disant que le cours de Droit ne fait pas partie de la réalité du milieu rural, le Ministère Public de Goiás ne ferait-il pas preuve de préjugés ?
Cézar Britto – Bien sûr que oui. En affirmant que celui qui vit à la campagne n’a pas le droit d’étudier le droit, le MPF a oublié que le Pouvoir judiciaire n’est pas une construction physique située dans une quelconque rue en zone urbaine. Au contraire, le concept de Justice est s’applique à tous : urbain ou rural, pauvre ou riche, né dans un magnifique berceau ou dans une petite mangeoire ». La Justice ne peut pas, ne doit pas se réduire à un phénomène urbain, car cela reviendrait à créer des catégories distinctes de citoyens brésiliens : ceux qui ont la Justice et ceux qui ne peuvent même pas vivre avec.
Le Brésil ne vit pas le « Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley ", divisé en castes, créées en laboratoires ou conditionnées dans des temps prochains, comme des alphas; betas; gammas; deltas et epsilons. Au Brésil, l’éducation est un moyen d’insertion, de combat contre l’inégalité, d’affirmation de la personne humaine comme raison d’être de l’Etat.
Mayra Lima – Quelles sont les prochaines étapes ? Y a-t-il un risque d’autres actions ?
Cezar Britto – Pour l’instant il faut attendre la publication de la décision car, en principe, il reste encore un recours. Mais il est important de rappeler que, en cas de victoire du MPF, le procès devrait être mené pour les autres disciplines, sur la base même du préjugé.
L’important est de savoir que le cours Evandro Lins e Silva peut poursuivre son travail, car c’est la meilleure garantie que vivre une zone rurale sera une résidence sûre en ce qui concerne le champ du droit, parce que leurs fils seront les avocats, les magistrats et les avocats généraux, qui n’auront pas dû naître en ville pour qu’ils les défendent dans les tribunaux, comme c’est le cas ici.
Mayra Lima – Quelle est l’importance de PRONERA dans le combat contre les inégalités dans l’enseignement rural ?
Cezar Britto – Ce fut exactement pour permettre la survie dans la dignité de l’individu qui habite en zone rurale et défendre le développement durable de son activité cruciale que fut créé PRONERA et ce Cours spécial de Droit. Et permettre à l’être humain de se fixer en zone rurale , c’est lui donner la certitude que la sécurité, la subsistance digne, l’égalité de traitement, la liberté d’aller et venir ne sont pas seulement des graines jetées sur un sol aride.
C’est reconnaître son droit au logement, principe fondamental, en refusant la logique que plus de 600 000 familles rurales habitent dans des maisons de torchis, quand ce ne sont pas des baraquements en toiles ou dans les dortoirs d’esclaves des grandes propriétés qui ont encore recours à la servitude. C’est lui garantir que le simple et nécessaire droit de boire de l’eau potable n’est pas subordonné au bon vouloir de l’autorité politique du moment, celle qui choisit l’endroit où le camion citerne passera. C’est appliquer le droit constitutionnel à la santé, qui ne doit plus être considéré comme le fait d’implorer l’envoi d’une ambulance qui emmènera le patient à un hôpital bondé de la grande ville.
C’est rendre réel le droit à l’éducation, comme devoir de l’État, en n’admettant plus que 40 % des travailleurs ruraux soient analphabètes, ou que plus de trois millions d’enfant et d’adolescents soient déscolarisés. C’est savoir que son morceau de terre lui permettra de se sustenter lui et sa famille, que le fruit de son travail sera commercialisé à un prix juste. C’est connaître le concept de bail, de contrat d’achat et la vente de la récolte, d’assurance pour protéger la production, en évitant ainsi les intermédiaires ou ceux qui cherchent le bénéfice facile sans la sueur du travail. C’est connaître les droits du travail des salariés ruraux, de l’importance du contrat signé, du droit à la retraite quand le corps se fatigue du soleil et de la pluie qui lui châtient l’âme.
C’est être au courant des crédits ruraux, savoir identifier les intérêts exorbitants et, si le temps ne facilite pas la récolte, renégocier le contrat dignement, pour qu’ils ne se fassent pas spolier. C’est connaître le droit environnemental, les licences environnementales, les crimes environnementaux, les crédits carbone, pour améliorer son rôle, et avec lui, la planète. C’est connaître le droit à la propriété, la valeur juridique des biens, la législation applicable aux bénéficiaires de la Réforme Agraire et, par-dessus tout, les formes légales et techniques de résolution des conflits agraires. C’est faire, ainsi que l’a enseigné Dom Helder Câmara, que les lois quittent le papier pour gagner les rues et, par-dessus tout, les zones rurales.
Mayra Lima – Cette victoire ouvre-t-elle un précédent pour d’autres cours qui sont aussi remis en question ?
Cezar Britto – Je n’en doute pas. La décision du MPF qui restera comme le dernier mot sur cette affaire, c’est celle qui reconnaît la constitutionnalité de l’accord signé par l’UFG et l’INCRA. Espérons que cette sentence soit multipliée pour les autres cours. La voix des travailleurs ruraux sera fondamentale dans la construction d’un nouveau Droit, particulièrementparce qu’il remet en cause le « patrimonialisme » (privatisation du pouvoir d’État au profit des puissances foncières) telle qu’il est ancrée au Brésil depuis la colonisation.
(1) Paysans devenus propriétaires de terres par décision de justice (en vertu de la réforme agraire).
Source : http://www.mst.org.br/Cezar-Britto-A-Justica-nao-deve-ser-apenas-um-fenomeno-urbano
Traduction du portugais : Cécile Desoeuvre
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/11/27/cezar-britto-a-propos-du-cours-de-droit-de-la-terre-a-luniversite-la-justice-ne-peut-etre-reduite-a-un-phenomene-urbain/
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Classé dans : Éducation populaire et développement de la culture, Création artistique, Formation
La date officielle remonte aux années 20 (décret nº 4.867 du 5 novembre 1924), mais c’est en 1960 que cette célébration est devenue populaire, lorsque l’usine de jouets Estrella, conjoitement avec Johnson & Johnson, lança une campagne pour augmenter ses ventes : la semaine du "bébé robuste".
Depuis lors l’enfant est une "cible-clef" pour la consommation. Le marché cherche à manipuler ses désirs pour promouvoir des ventes de toute sorte.
Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre a fait du mois d’octobre une référence de la lutte des Enfants Sans Terre.
Depuis 1994, nous cherchons à développer les Rencontres des petits Sans terre dans les états où nous sommes organisés. Ces rencontres sont des moments remplis de mystique pour toute l’organisation, car les enfants s’y engagent des préparatifs jusqu’à la réalisation.


C’est un espace dans lequel les enfants apportent leur envie de lutter, de jouer, d’apprendre et de revendiquer.
Cette année seront réalisés des rencontres dans les états et dans les régions, réunissant des enfants dans tout le Brésil.

Voir plus de photos de la rencontre dans l’État du Ceará



Source : http://www.mst.org.br/content/jornada-sem-terrinha-2012
Traduction du portugais : Thierry Deronne
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/15/journees-des-enfants-sans-terre-au-bresil/
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Classé dans : Agro-écologie, École rurale, Éducation populaire et développement de la culture, Formation, Production

De la Page du MST
Les étudiants de l’École Itinérante Maria Aparecida R. Franciosi, localisée dans la pré-unité de production Eli Vive, district de Lerroville, à Londrina (État de Paraná) ont presenté les résultats de leur recherche sur les semences autochtones qu’ils ont menée localement.
La recherche qui a pris un peu plus d’um mois, a été planifiée et exécutée par près de 400 participants depuis l’enseignement infantile à l’enseignement moyen et par leurs professeurs, soucieux de recenser tout ce que les familles produisent, ou cessent de produire, ou stockent en matière de semences autochtones.
“Tous nos étudiants ont participé, chaque classe a assumé la responsabilité d’étudier un type de semences en particulier comme le maïs, le café, le riz, le haricot ou la pastèque. En plus de cela ces groupes doivent offrir un exposé et produire un type de nourriture avec le type de semences étudié”, explique Maria Antonia Assis, une des coordinatrices de l’école.
Selon Igor Denadai, éducateur, le travail développé a deux grands objectifs : recenser les semences autochtones et rapprocher l’école de la communauté.

“Ce travail resserre les liens car nous avons visité les 540 maisons des travailleurs établis dans cette pré-unité productive pour les interroger sur ce qu’ils font avec les semences, depuis le stockage, la production jusqu’à la récolte”. Et Il souligne “un autre aspect très important, c’est que ce travail a permis de recenser aussi le nombre d’habitants qui vivent dans notre secteur. Actuellement nous comptons 1.593 habitants.”
L’étudiante Silvana Nascimento Ribeiro, de huit ans, qui étudie en quatrième année de l’enseignement fondamental, explique que le travail lui a enseigné l’importance de cultiver des semences sans utiliser de produits toxiques. "Ce fut très bien et très important de le dire dans l’exposé sur les semences. J’ai appris que nous ne devons pas utiliser de poison pour cultiver. Avant nous n’avions pas besoin de poison et nous devons continuer ainsi."
Le membre de la coordination de l’École Latino-Américaine d’Agro-écologie (ELAA), José Maria Tardin, explique que cette recherche paraît simple mais constitue um portrait important de la réalité des paysans. “Elle nous montre em détail combien nous prenons possession politiquement et techniquement de notre capacité de produire et d’étudier. La recherche ne peut pas dormir sur une étagère, il faut l’utiliser dans les salles de classe, dans les familles, elle doit être discutée aussi par le secteur de production de l’unité productive Eli Vive et du MST en général. Cette école doit être félicitée pour cette importante initiative” a-t-il conclu.
Source : http://www.mst.org.br/Criancas-de-Escola-Itinerante-pesquisam-sobre-sementes-crioulas-no-PR
Url de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/09/29/les-enfants-de-lecole-itinerante-font-des-recherches-sur-les-semences-autochtones-parana/
Traduction du portugais : Thierry Deronne
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14 septembre 2012
Le collectif de Santé du Mouvement des Sans Terre, dans l’État de Sergipe, mène une expérience visant à améliorer la santé dans les zones de réforme agraire de la municipalité de Nossa Senhora da Gloria.
Depuis le début du mois de septembre une équipe formée par une médecin, une technicienne infirmière, des éducateurs populaires et des étudiants du cours de Service Social de l’Université Tiradentes (UNIT) visite les campements et les unités productives de Nossa Senhora da Glória, capitale du Sertão de Sergipe.
L’initiative venue du collectif de santé du MST lui-même a pour objectif de réaliser un diagnostic de l’état de santé de la population des 11 unités productives et des 9 campements de la région.

Réunion de travail d’une équipe du Mouvement des Sans Terre dans une Faculté de Médecine (dans ce cas, de l’UFMG).
Concept plus ample de la Santé.
Pour établir le diagnostic le collectif a effectué une enquête auprès de 630 familles paysannes qui ne se limite pas aux questions sur la présence ou sur l’absence de maladies mais recueille aussi des informations sur les conditions de production, de logement, de communication, de transport, d’infrastructure, de nutrition, etc.
“Nous tentons d’appliquer le concept de santé de l’Organisation Mondiale de La Santé (OMS) qui définit la santé comme un état de bien-être psycho-social. L’existence de conditions sanitaires de base, l’accès à l’eau et à la terre, à l’alimentation et à la santé mentale entre autres, ont une influence sur l’état de santé des individus” analyse Cristiane Costa Santana Zurkinden, médecin du MST formée à Cuba.
Prioriser la prévention.
Pour réaliser ce projet les militants de la santé ont obtenu l’appui du Secrétariat Municipal de la Santé. Les résultats de l’enquête seront traités, systématisés et remis aux familles paysannes et aux autorités publiques au cours du mois de novembre.
La diffusion des données sera le point de départ de la deuxième étape du projet : l’élaboration d’un plan d’action visant à améliorer la santé rurale. Selon Maria Solange Feitosa, dirigeante du collectif de santé du MST pour l’État de Sergipe et technicienne infirmière, “à partir de l’identification des problèmes, nous allons organiser um programme d’éducation en santé pour que les personnes puissent améliorer leur mode de vie et prévenir les maladies”.
La méthodologie s’inspire de l’expérience cubaine. “Sur le papier, le Système Unique de Santé (SUS) est le rêve de la classe travailleuse ! Mais le modèle dominant de santé au Brésil est encore basé sur le complexe médecin-pharmacien-hôpital. Souvent ce modèle se limite à administrer des remèdes à des personnes malades. Le modèle cubain met davantage l’accent sur la prévention des maladies à travers l’éducation à la santé. Les excellents indicateurs de santé de la population cubaine démontrent que ce modèle fonctionne”, souligne Cristiane.
Agenda de revendications
Outre ce plan d’action, une liste de revendications sera élaborée pour améliorer l’accès aux politiques publiques de santé en zone rurale. Pour Maria Solange “le diagnostic va contribuer à améliorer le traitement du S.U.S dans les zones de réforme agraire. Nous avons encore des secteurs où les personnes doivent parcourir des kilomètres pour être soignées. Une absurdité !”
Cette expérience initiale et de caractère local vise, si elle est couronnée de succès, à être appliquée dans tout l’État de Sergipe.
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/09/17/le-collectif-de-sante-du-mouvement-des-sans-terre-lance-un-projet-pilote-de-sante-rurale-dans-letat-de-sergipe/
Source : http://www.mst.org.br/Coletivo-de-Saude-do-MST-realiza-projeto-piloto-na-saude-do-campo-em-Sergipe
Traduction du portugais : Thierry Deronne
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Classé dans : École rurale, Éducation populaire et développement de la culture, Formation, Occupation de grandes propriétés et mise en production
Par Mayrá Lima
De la page internet du MST, www.mst.org.br
Le gouvernement fédéral a lancé la semaine dernière le "Programme National d’Education Rurale" (Pronacampo). Selon le gouvernement, 1,8 million de reais seront investis pour apporter un soutien technique et financier aux Etats, au District Fédéral et aux municipalités pour la mise en œuvre de la politique d’éducation rurale.
Parmi les actions prévues dans ce programme, figurent la construction de trois mille écoles, l’installation de moyens informatiques sur vingt mille unités et l’acquisition de huit mille autocars, deux mille bateaux à moteur, et 180 000 vélos.
En outre, le gouvernement entend mettre en place un enseignement complet dans dix mille écoles rurales et communautaires.
Le Ministère de l’Education (MEC) confirme également que 23,18 % de la population rurale de plus de 15 ans est analphabète et que 50,9% ne termine pas le cycle élémentaire. En parallèle, la situation des écoles rurales n’est pas des plus encourageantes: pour 76 000 écoles, on compte 6,2 millions d’élèves inscrits et 342 800 professeurs, parmi lesquels seuls 182 500 ont fait des études supérieures.
La majorité des écoles ont des infrastructures précaires: pas d’électricité, pas de bibliothèque, et beaucoup n’ont pas non plus l’eau courante et connaissent peu de demandes d’inscription de la part des élèves.
"Nos revendications et notre campagne contre la fermeture des écoles et notre lutte pour la création de plus d’unités d’enseignement en milieu rural commencent à faire effet sur le gouvernement", dit Vanderlúcia Simplício, du secteur Education du MST, sur la page internet du MST.
En août 2011, la journée de lutte de la Via Campesina (Jornada de Lutas da Via Campesina) a dénoncé la fermeture des écoles en milieu rural. Des marches et des occupations ont eu pour objectif de réclamer à l’Etat des politiques d’éducation pour la campagne.
"Nous avons des données officielles indiquant qu’au cours des 10 dernières années, 37 765 écoles ont été fermées à la campagne. Les étudiants, transférés dans les écoles urbaines, dépendent du transport scolaire, qui souvent est de très mauvaise qualité. Nous avons soumis ces questions au MEC dans le cadre de la campagne "Fermer les écoles est un crime’", dit Vanderlúcia.
Interview.
Mayrá Lima – Pendant la journée de lutte, en août 2011, l’éducation rurale et la fermeture des écoles rurales ont été la cible des protestations. Pensez-vous que le Pronacampo a été une réponse à cette mobilisation?
Vanderlúcia Simplício - Dès que la présidente Dilma (Roussef) a pris ses fonctions, nous avons présenté nos réclamations, et avons demandé à ce que la présidente puisse prolonger et renforcer les initiatives du gouvernement Lula; nous avons proposé d’interrompre la fermeture des écoles à la campagne, de mettre en place le Programme National d’Alphabétisation des Jeunes et des Adultes (Programa Nacional de Alfabetização de Jovens e Adultos), le Programme National de formation des Enseignants (Programa Nacional de Formação de Educadores), en renforcement du programme National d’Education de la Réforme Agraire (Programa Nacional de Educação na Reforma Agrária – Pronera), les initiatives de la Licence en Education Rurale (Licenciatura em Educação no Campo), en créant un Programme national de formation d’éducateurs ruraux; nous avons proposé la création de lois interdisant la fermeture des écoles rurales, et améliorant les infrastructures des écoles qui demeurent en milieu rural.
Pendant la Journée d’août, nous avons présenté une demande de construction de 350 écoles pour les unités de production agricole issues de la Réforme Agraire et pour les communautés des mouvements sociaux qui composent la Via Campesina.
M.L. – Quelles avancées peut-on constater?
V. S. – Nos revendications et notre campagne contre la fermeture des écoles, et la lutte pour la création de plus d’unités d’enseignement en milieu rural commencent à faire effet sur le gouvernement, si l’on considère le lancement de Pronacampo.
Le ministre de l’Education, Aloizio Mercadante, a souligné que l’un des objectifs les plus urgents est l’élaboration d’une loi conjointement avec les Conseils d’Education municipaux et des Etats, et en dialogue avec la société civile, en vue d’empêcher la fermeture des écoles rurales. Il a également insisté sur la priorité à la construction et à la rénovation des écoles, en plus de l’investissement pour l’accroissement des cursus de formation des éducateurs ruraux, qui est aussi une revendication des mouvement sociaux ruraux.
Notre grande préoccupation est l’offre de formation des éducateurs. La proposition du gouvernement fédéral est de réaliser toute cette formation via l’Université Ouverte du Brésil (UAB). Nous refusons que le processus de formation soit fait uniquement à distance, avec pour seule préoccupation de remplir partiellement les objectifs du gouvernement. La formation à distance ne doit intervenir qu’en de rares exceptions.
M. L. – Comment analysez-vous l’insertion du Pronacampo dans l’ensemble des autres politiques publiques déjà instaurées dans le cadre de l’éducation rurale?
V. S. – Pendant le gouvernement Lula, nous avons obtenu les directives d’éducation rurale, la création du Conseil National d’Education Rurale (CONEC) et la signature du Décret de l’Education rurale, qui a, entre autres, mis en place le Programme National de l’éducation pour la réforme agraire (Pronera) en tant que politique publique.
Nous restons préoccupés et attentifs, car nous ne savons pas quelles mesures seront prises par le Pronacampo pour réaliser les demandes d’éducation et les projets de terrain pour lesquels luttent les mouvements sociaux, comme ceux qui impliquent le Pronera et les Licences en Education Rurale. L’éducation doit être construite avec la participation active des ruraux et, dans sa mise en œuvre, à partir de leurs représentations via les mouvements sociaux.
M.L. – Face à ce qui a été lancé, quels sont les principaux défis déjà identifiés par ces mouvements sociaux?
V. S. -Pour son bon fonctionnement, le Pronacampo devra réussir à s’articuler avec d’autres secteurs au sein du MEC, et, en-dehors, avec les autres ministères qui pourraient également répondre aux attentes des unités de production agricole, pour garantir une véritable politique publique d’Education rurale. Ce du MST, programme réaffirme que l’Education rurale est l’un de nos droits et un devoir de l’Etat.
Source (en portugais) : http://www.mst.org.br/e-preciso-uma-educacao-construida-com-o-protagonismo-dos-sujeitos-do-campo
Traduction de Zoé Macêdo pour www.mouvementsansterre.wordpress.com
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
Pour une information continue en français sur les activités du MST :http://mouvementsansterre.wordpress.com/











