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Le Mouvement des Sans Terre se mobilise dans 18 États dont le district fédéral et bloque plus de 60 routes dans tout le Brésil

17 avril 2013, de la page du MST

17 ans après le massacre d’Eldorado dos Carajás (État du Pará), à la mémoire des 21 militants sans terre assassinés en 1996, et pour exiger la reprise de la réforme agraire, le Mouvement Sans Terre a organisé des manifestations dans 18 états et dans le District fédéral.

Le MST exige de la présidente Dilma Rousseff un plan d’urgence pour la légalisation de terres en faveur des 150.000 familles paysannes qui vivent encore dans des campements au Brésil et c’est pour appuyer cette revendication que les sans terre ont bloqué 60 autoroutes, occupé des terres improductives, des bâtiments publics, des mairies, ont organisé des marches et des actes politiques, effectué des dons alimentaires dans tout le pays.

Des manifestations ont eu lieu dans les États de Rio Grande do Sul, Ceará, Pernambuco, District Fédéral, Rio de Janeiro, Pará, São Paulo, Minas Gerais, Paraná, Bahia, Rio de Janeiro, Mato Grosso do Sul, Sergipe, Mato Grosso, Rondônia, Maranhão, Goiás, Tocantins et Piauí.

Depuis le début du mois d’avril, diverses initiatives ont été prises dans le cadre de la campagne nationale pour la réforme agraire dans ces différents Etats du Brésil. Le Mouvement des Sans Terre dénonce l’arrêt du processus de création des unités productives, à cause de la lenteur de l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA) et l’interférence du pouvoir judiciaire dans les processus d’expropriation de terres.

Il y a actuellement 523 procès liés à la réforme agraire au Brésil, dont 234 sont encore en cours  devant la Justice Fédérale. Il ya 69.233 grandes propriétés improductives dans le pays, qui contrôlent 228 millions d’hectares de terres (IBGE / Recensement de 2010) qui devraient être destinées à la réforme agraire en vertu de la Constitution.

Voici un bilan des protestations au 17 avril 2013.

Paraná

20 routes provinciales et fédérales ont été bloquées pendant 21 minutes par des centaines de travailleurs ruraux du MST, dans toutes les régions du Paraná, mercredi. Des routes ont été fermées à Cascavel, Ramilândia, Clevelândia, Renascença, Londrina, Guairaçá, Nova Esperança, Santo Inácio, Faxinal, Tamarana, Porecatu, Arapongas, Pitanga, Ivaiporã, Ponta Grossa, Rio Bonito do Iguaçu, Quedas do Iguaçu, Luiziana, et Mandaguar.

A Curitiba, 150 autres militants du MST ont tenu un rassemblement devant la Cour de justice de l’Etat pour demander le déblocage de la réforme agraire et la fin de l’impunité pour les crimes commis par les grands propriétaires fonciers. Rien qu’au Paraná, des 19 meurtres qui ont eu lieu entre 1994 et 2009, seuls quatre ont été jugés.

Pernambuco

Dans l’État de Pernambuco, le MST a continué les mobilisations avec le blocage des routes et de mairies mercredi. Environ 3200 travailleurs ont bloqué 12 routes nationales. En outre, les administrations municipales de Goiás, dans le Nord, et de Moreno, dans la région métropolitaine ont été occupés.

Environ 100 familles du Mouvement Sans Terre ont occupé ce mardi (16 avril), la Raffinerie Pimentel, située dans la ville de Santo Agostinho, dans la région métropolitaine de l’État de Pernambuco. Il s’agissait de la septième grande propriété terrienne (« latifundio ») occupée dans cet État au cours de cette semaine.

District Fédéral

Mercredi, environ 500 membres du Mouvement des Sans Terre ont défilé sur l’Esplanade des Ministères et face au Tribunal Suprême Fédéral (STF) à Brasilia. Les paysans sans terre ont organisé une manifestation devant ce Tribunal et devant le Ministère de la Justice.

Dans la matinée s’est tenue une audience publique à la Commission des Droits Humains du Sénat sur l’impunité et la violence dans les zones rurales, au cours de laquelle un hommage a été rendu aux morts du massacre de Eldorado dos Carajás.

A 11h, le MST et les fonctionnaires de l’INCRA et du Ministère de l’Agriculture ont réalisé une distribution gratuite de deux tonnes d’aliments sains, sans pesticides pour la population de Brasilia, sur la route du Plan Pilote. Parmi les produits distribués,  le manioc, la patate douce, le gombo, le haricot, les courges, les courgettes vert, tous produits dans les unités productives des zones rurales du district fédéral et des régions avoisinantes.

Sergipe

Dans l’État de Sergipe, 1600 paysans sans terre ont bloqué 10 routes à travers tout l’État, ce mercredi, en quatre points : l’échangeur de Japaratuba, Cristinápolis, l’échangeur d’Itaporanga et celui de Japoatã. Deux autres sections de la BR 235 ont été fermés : les échangeurs de Ribeirópolis et de Piñao.

Quatre autres routes nationales ont été bloqués dans les municipalités de Lagarto, Malhador, Canindé et  Gararu.

Dans la capitale Aracaju, 800 adhérents du MST ont réalisé une veillée face au Palais de Justice Fédérale, organisé une activité dans le quartier commerçant, mieux connu comme « la promenade » et occupé l’INCRA pour exiger une solution pour les plus de 10.000 familles qui vivent dans des campements dans tout l’état, depuis 16 ans. Il y a 20 terrains expropriables qui restent en souffrance devant les tribunaux.

Alagoas

Dans l’État d’Alagoas, ce mercredi, une marche a parcouru les rues de la ville d’Atalaia jusqu’au Forum de la Justice, oú sont déposés les dossiers des crimes liés aux conflits pour la terre dans la région.

Minas Gerais

Environ 200 paysans sans terre ont bloqué mercredi l’anneau routier de Belo Horizonte, à la hauteur du quartier Betania, dans l’ouest de la capitale, pendant 40 minutes. En plus de protester contre la mort des 21 militants sans terre à Carajás, ils exigent également la punition d’Adriano Chafik, qui a avoué le massacre à Felisburgo de cinq sans terre en 2004.

Ceará

Les manifestants du Mouvement Sans terre ont occupé dans la matinée du mercredi le siège de la Direction Nationale des Travaux contre la Sécheresse (DNCOS) à Fortaleza. Le Mouvement a exigé une rencontre avec les représentants de l’organisme pour discuter de plusieurs points concernant la sécheresse qui touche la région, l’une des pires de ces dernières années. Pour ce jeudi est prévue une rencontre avec le gouverneur de l’Etat Gomes Cid (PSB).

Rio Grande do Sul

Environ 1.500 membres des mouvements sociaux  MST, MAB, MPA, MMC, MD et du Réveil de la Jeunesse Populaire, ont occupé le bâtiment du ministère de l’Éducation de l’État de Rio Grande do Sul à Porto Alegre, mercredi.

La marche des manifestants est sortie de l’INCRA et du ministère des Finances, où ils campaient depuis hier. L’objectif de la protestation est d’exiger des investissements publics dans l’éducation publique dans les unités productives agricoles. Un comité composé de représentants des mouvements a été reçu par la secrétaire adjointe Maria Olalia.

Sao Paulo

Des centaines de paysans sans terre ont mené plusieurs actions dans l’état de São Paulo, ce mercredi. 150 familles des campements de la région de Laras ont occupé la grande propriété Nossa Senhora de Fátima, à Agudos.

A Ribeirão Preto, l’autoroute Anhanguera était fermée à hauteur du kilomètre 340 dans la municipalité de Sales de Oliveira, par 150 familles. Au cours des 21 minutes de fermeture de la route, la nourriture offerte au automobilistes par les Sans Terre s’est voulue une forme de dialogue avec la société et la démonstration des conquêtes de la réforme agraire.

A Sorocaba, 150 familles ont fermé la route Tavares Raposo, au km 166 (Itapetininga) pendant 21 minutes. Dans la vallée du Paraíba, les familles et alliés du MST ont occupé les bureaux de l’Institut Biosistêmico (IBS). Dans la région de Andradina brigades ont eu lieu des opérations de don du sang dans les villes de Araçatuba et de Fernandópolis.

Dans le grand São Paulo, les colons, militants et alliés du Mouvement des Sans Terre se sont réunis dans un groupe de travail et un acte politico-culturel dans le campement de la Commune de la Terre Irma Alberta.

Les militants et les familles qui vivent dans les unités productives de la région de Campinas se sont associées aux activités de la semaine de lutte pour la terre, à Limeira.

Mato Grosso do Sul

Les travailleurs ruraux du MST, avec des syndicalistes de la Centrale des travailleurs (CUT), ont fermé cinq tronçons de routes fédérales et de l’État dans l’État du Mato Grosso do Sul, mercredi.

En Sidrolandia les membres des unités productives  Emerson Rodrigues, 7 Septembre, Piuva, et les syndicalistes de la CUT, ont bloqué la route BR 060. Tout au long de l’action, les familles ont distribué des aliments et des brochures aux automobilistes.

Les familles des unités productives Ernesto Che Guevara, Ranildo da Silva, Santa Luzia et de la CUT ont bloqué la BR 163, à Nova Andradina.

A Nova Alvorada do Sul, la BR 167 a été fermée par le mouvement des sans terre de l’unité productive du 17 Avril et des unités productives Texeirinha et Florestan Fernandes. Des centaines de familles de l’unité Itamaraty ont distribué des tracts sur la BR 267.

Ont été également bloquées les routes nationales (MS-060, au KM 390 et MS-164, près de Ponta Pora). Durant 21 minutes, les manifestants ont occupé les routes et distribué de la nourriture et des dépliants aux automobilistes.

Rio de Janeiro

Le Mouvement des Sans Terre, avec le mouvement des personnes victimes de l’entreprise Vale, a organisé le mercredi un rassemblement devant l’Assemblée Générale des Actionnaires de la société au centre de Rio de Janeiro, pour dénoncer les violations commises par Vale, exigeant des réparations pour les groupes touchés.

Pour la première fois dans l’histoire de l’assemblée des actionnaires, cellec-i a été transférée dans les bureaux commerciaux de l’entreprise, à Barra da Tijuca.

Dans l’après-midi, s’est ouvert le débat «La lutte contre les entreprises dans la phase actuelle du capitalisme: l’articulation internationale des victimes de Vale" avec José de Echave (ancien vice-ministre de l’Environnement du Pérou), les mouvements sociaux et les membres nationaux et internationaux des victimes de Vale.

Pará

Deux mille jeunes sans terre du huitième campement pédagogique Oziel Alves Pereira ont fermé l’autoroute PA-150 à hauteur de la Cursa S, le mercredi matin, là où eut lieu le massacre de Eldorado dos Carajás.

L’autoroute a été fermée pendant 21 minutes, chaque minute en mémoire des ving-et-unes personnes tuées dans le massacre qui s’est produit il y a 17 ans.

Le campement, qui compte sur la participation de mouvements de jeunesse du reste du pays, organise depuis le 11 Avril pour une série d’activités de formation, avec une analyse de la situation nationale et la discussion sur le rôle des jeunes dans la lutte des classes.

A Belen, 400 travailleurs ruraux campent sur la Place des Martyrs d’Avril dans le centre de la capitale de l’Etat. Le nom de la place, en hommage aux travailleurs décédés en 1996, est aussi celui d’une sculpture de l’artiste danois Jens Galschiot, symbolisant le massacre.

Bahía

Les cinq mille militants du MST qui ont occupé  l’INCRA de Salvador ont tenu un meeting politique devant l’Assemblée Législative, ce mercredi. L’objectif était de rappeler les morts de Carajás et de demander que la justice soit faite sur l’assassinat de Fabio Santos da Silva, coordinateur du MST tué de 15 tirs au début du mois, dans la municipalité de Iguai, dans la région sud-ouest de Bahia.

Après cet acte, les paysans Sans Terre ont organisé une activité suivie d’une veillée à la Cour fédérale de Justice de l’État, pour faire pression au sujet des 49 zones de l’État qui ont été autorisés à bénéficier de la réforme agraire.

Mato Grosso

Dans la matinée de mercredi, les membres du MST ont effectué deux fermetures de routes dans le Mato Grosso. 200 Sans Terre ont fermé la route Br 070, près de la ville de Cáceres et 100 autres militants ont occupé la municipalité de Dom Aquino.

Maranhao

Environ 600 familles ont fermé la route BR 222 dans la municipalité de Chapadinho, Maranhão, pour exiger une plus grande rapidité dans le processus de dotation de terres aux plus de 3000 familles qui campent dans tout l’état.

Il y a cinq ans qu’aucune famille ne bénéficie de la légalisation de terres dans l’état de Maranhão où il y a 16 campements, certains ayant déjà 15 années d’existence. Selon Edivan Oliveira, de la coordination nationale du MST, la situation est tellement critique que les plus récents ont été montés il y a six ans.

Tocantins

Dans l’État de Tocantins, a eu lieu un rassemblement pour la défense de la réforme agraire et en l’honneur des 17 ans de massacre d’Eldorado dos Carajás, dans le Campement Sebastian Bezerra, situé près de la capitale Las Palmas.

Après l’activité, 150 personnes ont bloqué pendant 2 heures TO 050, qui relie le Port National á Las Palmas.

Rondônia

Les paysans Sans Terre dans l’État de Rondônia ont bloqué cinq tronçons de la route BR 364 pour exiger la légalisation de 800 familles qui vivent dans des campements.

Piauí

800 paysans Sans Terre ferme ont occupé la grande propriété Atalaia, à 30 km de Teresina, après la fermeture durant 21 minutes d’une avenue de la capitale mercredi. Hier, 600 personnes avaient occupé l’INCRA.

Goiana

500 militant(e)s du Mouvement  Sans Terre ont occupé l’INCRA à Goiania

Traduction : Thierry Deronne

Source (portugais) : http://www.mst.org.br/content/mst-faz-mobiliza%C3%A7%C3%B5es-em-17-estados-no-distrito-federal-e-tranca-60-rodovias

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/22/le-mouvement-des-sans-terre-se-mobilise-dans-18-etats-dont-le-district-federal-et-bloque-plus-de-60-routes-dans-tout-le-bresil/



A Brasilia le campement paysan national "Hugo Chavez" exige la reprise de la réforme agraire.

Le Campement National « Hugo Chávez », qui a démarré le 5 Mars 2013 à Brasilia avec 400 militant(e)s Sans Terre venus de tout le Brésil, a été organisé pour dénoncer l’abandon de la réforme agraire par Dilma Roussef et les progrès de l’agro-business au Brésil.

Pour Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), ce campement répond à l’offensive du capitalisme dans les zones rurales et vise à faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère et légalise immédiatement des terres cultivables pour 90.000 familles vivant sous des tentes au Brésil. Actuellement, plus de 150 mille familles vivent dans des campements, dans l’attente de terres. Parmi celles-ci, 90.000 sont membres du Mouvement des Sans Terre. Sous le gouvernement Rousseff seules 31 nouvelles zones ont été expropriées, soit seulement 72 mille hectares. Pendant ce temps, plus de 309 millions d’hectares de terres sont tombés sous le contrôle de l’agro-industrie.

Selon Conceiçao, ces chiffres alarmants sont le résultat de la politique du gouvernement brésilien qui protège les grands propriétaires (« latifundistes »). «Il est inacceptable que le gouvernement continue à renforcer le modèle de l’agrobusiness dans les campagnes, alors que la réforme agraire continue d’être écartée de l’agenda. La démocratisation de la terre est essentielle pour assurer la modification de la structure des grandes propriétés  terriennes et consolider un modèle de développement durable dans les zones rurales, c’est pourquoi nous voulons la réforme agraire ».

Par contraste, depuis 1999, le gouvernement vénézuélien a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples indigènes du pays et la réforme agraire a permis à des dizaines de milliers de paysans de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres leur ont été remis. Alors qu’en 1999, le Venezuela ne produisait que 51% des aliments qu’il consommait, en 2012 la production est de 71%. En janvier 2013 la FAO (Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation) a félicité le Venezuela pour le succès de sa politique de souveraineté alimentaire.

Dès 2007, s’opposant à l’introduction des OGM et à la substitution de cultures vivrières par celles destinées à l’éthanol, Hugo Chavez déclarait son refus d’“enlever le maïs aux gens, à la chaîne alimentaire, pour remplir les automobiles”. Le programme porté par le candidat bolivarien Nicolas Maduro pour les élections présidentielles du 14 avril 2013, le même qui avait valu sa victoire à Hugo Chavez en octobre 2012, prévoit dans son cinquième objectif de poursuivre le développement de l’agro-écologie et de l’agriculture urbaine, la réforme agraire et la protection des réserves d’eau, de la biodiversité, des lacs, mers et forêts, de continuer à s’opposer sur les plans régional et international à toute forme de commercialisation de la nature et à défendre l’équilibre climatique (tel que défini dans le Pacte de Kyoto) ; de démanteler les schémas du charbon sur le marché international qui légitiment le droit de polluer, ou encore de concrétiser un plan national contre le rejet de gaz (effet de serre) et la transformation des industries concernées.

La réforme agraire paralysée au Brésil

Le Brésil est le deuxième pays pour la concentration de la terre dans le monde, devancé seulement par le Paraguay. L’expansion de l’agro-business transforme la terre en pur actif économique et la soumet à la spéculation du marché international. L’arrêt de la réforme agraire au Brésil s’exprime dans les données honteuses du gouvernement de Dilma Rousseff : seules 23.000 personnes ont pu voir leur situation régularisée en 2012.

« Le gouvernement Dilma a fait les pires chiffres de la réforme agraire dans les 20 dernières années. L’objectif du campement est de faire pression pour remettre la réforme agraire à l’ordre du jour. Nous allons nous mobiliser en permanence. Non seulement ici, à Brasilia, mais dans tous les autres Etats. Tout au long de 2013 nous allons organiser des manifestations pour faire valoir nos exigences », explique Luiz Ferreira, coordinateur des sans Terre pour l’État de Bahia.

Le Brésil n’est pas seulement un des pays où les terres sont le plus concentrées, mais aussi le plus grand consommateur de pesticides, pour la 5ème année consécutive. Le Brésil consomme 19% de l’ensemble des produits agrochimiques produits dans le monde. Cette utilisation excessive des pesticides empoisonne la production de la nourriture et l’eau. Selon l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire (ANVISA), 30% des aliments consommés par les Brésiliens sont impropres à la consommation par excès de pesticides.

Campement « Hugo Chavez », Brasilia, mars 2013

Agro-écologie

Par opposition au modèle de production de l’agro-industrie, le campement permanent « Hugo Chavez » vise également à visibiliser le projet d’agriculture agro-écologique dans la société, les universités et les écoles, à discuter avec ces secteurs sur comment « les pesticides, liés à l’agro-industrie, affectent la paysannerie et comment l’agro-écologie, liée à la réforme agraire, s’exprime dans la vie quotidienne de ces gens » explique Ferreira.

Pour lui, en plus de la démocratisation de la terre, il est nécessaire que le gouvernement mette en oeuvre un programme de développement des unités productives, avec un investissement public pour offrir des crédits aux producteurs agricoles et des infrastructures dans les zones de la réforme agraire. Cela permettrait de garantir aux paysans qui se mettent à produire une vie digne, avec accès à l’éducation, à la santé, au crédit agricole et la qualité de l’habitat rural.

Dans le même sens, Ednaldo Ramalho, de la coordination du MST dans l’Etat de Pernambuco, rappelle que « le gouvernement dit que sa priorité est de renforcer les zones de peuplement et les unités productives existantes. Mais comment veut-il faire s’il ne donne pas la priorité à la réforme agraire? Si l’INCRA (Institut de la Réforme Agraire) est en faillite, abandonné ? »

Formation

Le Campement National Hugo Chavez a été conçu et construit comme un lieu de lutte et comme une école. En plus des mobilisations externes, il assure la formation politique et idéologique des 400 militants venus de chaque État du Brésil, par rotation. Selon Erica Souza, de la coordination d’État du MST à Rio de Janeiro, «l’objectif est que le campement dispose d’espaces d’enseignement théorique et pratique, intensifie un processus de formation collective, et permette de mieux connaître le profil des personnes qui y vivent pour construire ensemble l’organisation interne. «

Campement « Hugo Chavez, Brasilia mars 2013.

Pourquoi Chávez ?

Le campement a été baptisé « Hugo Chavez » le jour même de la mort du président du Venezuela (5 mars 2013) après une intense journée de lutte dans la capitale fédérale brésilienne. Au nom du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, Joao Pedro Stedile avait rappelé lors d’une interview à Telesur le 9 mars 2013, « le combat commun des Sans Terre et du président Chavez : création d’écoles agro-écologiques, luttes contre les OGM, réforme agraire, souveraineté alimentaire, mais aussi promotion incessante des idées des  mouvements sociaux au coeur de l’intégration latino-américaine. Beaucoup de présidents lorsqu’ils arrivent au pouvoir, se croient les maîtres du monde, ne conservent que la bouche et perdent les oreilles. Chavez, lui, en toute simplicité, t’écoutait, cherchait à converser avec toi pour apprendre,  écouter ».

« Ce furent 14 années de victoires électorales successives, mais aussi de nombreuses luttes contre le capitalisme ». Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des sans Terre, poursuit : « Chavez était par nature un combattant anti-capitaliste, et le Campement National est né exactement du même processus de lutte permanente contre l’avancée du capitalisme dans les campagnes et en faveur de la souveraineté des peuples. L’hommage du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre est plus que justifié : Hugo Chavez, après avoir été porté au gouvernement par le peuple, armé de beaucoup de courage, a non seulement entrepris de libérer le peuple vénézuélien, il a aussi compris que le capitalisme était un ennemi à affronter dans toute l’Amérique latine, et qu’en tant que tel devait être combattu collectivement par tous ceux qui refusent de renoncer à la souveraineté de leur pays « .

Source (portugais) : Iris Pacheco, de la page du MST

Photos : MST / Elitiel Guedes

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/23/a-brasilia-le-campement-paysan-national-hugo-chavez-exige-la-reprise-de-la-reforme-agraire/

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Le mouvement des Travailleurs Sans terre crée un site Internet pour… et par les enfants des militant(e)s, les "Sem terrinhas"
12 février 2013, 6:14
Classé dans : École rurale, Création artistique, Formation

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Le Mouvement des Sans Terre lance sa page destinée aux enfants des militants, les Sem Terrinha. Élaborée collectivement par les secteurs de l’Éducation, de la  Culture, de la Comunication et de la Jeunesse du mouvement, la page a pour objectif d’informer, éduquer et amuser les enfants "Sem Terrinha" (littéralement, petits "Sans terre", NdT)  par le biais de nouvelles, d’histoires, de vidéos, de musiques et de jeux.

Selon Maria Cristina Vargas, du secteur de l’éducation du MST, “la page est un espace où les enfants peuvent accéder au débat politique de la lutte pour la terre dans un langage qui se place à leur niveau de compréhension. Comme les adultes, les enfants sont partie prenante de l’ensemble du processus du mouvement. Nous ne pensons pas à eux seulement comme la continuité du Mouvement des sans Terre mais aussi à partir de leurs besoins concrets de comprendre la réalité dans laquelle ils vivent aujourd’hui”.

La construction de la page s’insère dans le débat sur de meilleures conditions de structure et d’éducation dans les unités productives. Pour Cristina, “nous savons que toutes les unités productives n’ont pas encore accès à internet mais cela fait partie de notre lutte : faire que les unités de production agricole possèdent des écoles et que celles-ci soient équipées de la structure nécessaire pour une formation de qualité des enfants”.

En plus des sessions pour les enfants la page des "Sem Terrinha" possède des espaces destinés aux éducateurs dans lesquels les documents, textes pour la formation et pistes de travail avec les enfants seront disponibles comme outils de formation pour ces professionnels.

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Mais le plus grand objectif selon Cristina sera de transformer la page des "Sem Terrinha" en un espace construit également par les enfants qui peuvent envoyer leurs dessins, lettres, histoires et nouvelles pour qu’elles soient diffusées. “Nous voulons que les enfants envoient leurs productions ainsi que leurs questions sur le quotidien des communautés où ils vivent. Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir de reporters "Sem Terrinha", produisant des contenus pour la page ?”

Adresse de la page des Sem Terrinha : http://www.mst.org.br/semterrinha/

Source de cet article : http://www.mst.org.br/node/14254

Traduction du portugais : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

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"Les Unis de la Bâche Noire ne font pas de la samba-fête mais de la samba-lutte"

Par José Coutinho Júnior

De la Page du MST

"Les Unis de la Bâche Noire" (1), école de samba qui a surgi en 2005 au sein du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), a pour objectifs principaux de contribuer à la formation politique de ses membres, de montrer qu’un modèle collectif de samba est possible, comme d’apporter beaucoup de plaisir à travers la samba. Nous avons conversé avec le sociologue et musicien Tiarajú Pablo D´Andrea, du secteur de la culture du MST et membre des "Unis de la Bâche Noire" à propos de la création de cette école, de son fonctionnement et du contrepoids qu’elle constitue face au carnaval commercialisé.

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- José Coutinho Júnior - Comment s’est créé l’école des "Unis de la Bâche Noire" ?

- Tairaju Pablo D’andrea – Elle a été fondée en 2005 par des militants d’unités productives nées de la lutte pour la terre dans l’État de São Paulo. L’idée principale était la formation et l’insertion de la jeunesse dans les activités du mouvement, tant par le biais de la musique que par la politisation qui peut en naître. São Paulo possède des unités productives dans des zones de transition entre l’urbain et le rural. Beaucoup des producteurs ruraux de ces unités avaient des expériences de vie en périphérie urbaine, où la samba traditionnelle de Bahía, la samba frappée à la paume et les groupes de percussion inspirés de la samba ("batucadas") ont une forte présence.
Par ailleurs une caractéristique de la samba de Sao Paulo est d’avoir été historiquement pratiquée dans l’intérieur de l’état et souvent en milieu rural. Que ce soit dans la campagne ou dans la ville, cette expression culturelle a toujours représenté les classes subalternes, les travailleurs, les pauvres. De sorte que chanter la samba c’est affirmer l’identité de classe, en même temps qu’elle évoque une racine culturelle dans l’histoire sociale et dans l’histoire individuelle. La création d’"Unis de la Bâche noire" a pris en compte tous ces éléments.
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- Qui fait partie de l’école ? 
- La majeure partie de l’école est formée par des membres des unités productives agricoles du grand Sao Paulo. En font également partie des représentants du  Movimento Passe Livre ou du groupe artistique Dolores Boca Aberta, des compagnons de l’usine Flaskô et des travailleurs d’un peu partout, non organisés mais qui ont vu dans les "Unis" un espace de formation, d’amusement et qui se politisent à travers le processus. Les "Unis" font partie du MST, mais rassemble des collectifs et des travailleurs non organisés. Je crois que cette diversité est sa majeure richesse et une des raisons qui insufflent sa vie à ce processus.
- Combien de personnes participent-elles aujourd’hui à l’école ?
- Au total nous avons trente-cinq rythmistes qui jouent des percussions dans la "batucada", et qui sont le noyau du processus. Il y  a aussi des collaborateurs, ceux qui garantissent l’infrastructure, ceux qui travaillent avec les enfants, entre autres fonctions. Nous pouvons dire que le processus engage environ soixante personnes.
- Pourquoi les "unis" se considèrent-ils comme une école de samba et non comme un groupe de carnaval, par exemple ? 
- À l’origine, une école de samba est un local où on enseigne la samba. Telle est l’acception la plus originale du terme. Avec le temps, cette définition a changé et signifie un local de luxe, avec beaucoup d’argent et de professionalisation. Peut-être cette acception est-elle hégémonique aujourd’hui. Pour s’identifier comme quelque chose de plus spontané, de pauvre et dont l’objectif est le pur et simple amusement, plusieurs groupes du carnaval se dénomment "blocs", souvent par opposition à cette idée d’école de samba.
Les "Unis de la Bâche noire" veulent contester ce concept. C’est pourquoi elle s’appelle école de samba : parce qu’elle fait une formation sur la samba, tant musicalement que théoriquement. D’autre part, c’est une école parce qu’elle pense et réalise une formation politique, une formation artistique et une formation humaine. Tels sont ses présupposés.
- Comment les Unis font-ils la critique sociale à travers le carnaval ?
- Historiquement, le carnaval est un moment de renversement de l’ordre. Penser la possibilité de la différence est déjà quelque chose de provocateur pour tout ordre établi. Au carnaval les gens occupent la rue en chantant, joyeusement.
Dans un pays comme le Brésil avec une histoire esclavocrate, dictatoriale et ségrégationniste, occuper les rues est une transgression et l’être joyeux est une transgression. Donc nous avons déjà les éléments d’inversion de l’ordre et de provocation. Cependant le caractère spontanéiste qui consiste à descendre dans la rue sans organicité, ne configure pas à lui seul une possibilité de transformer les structures. Comment élaborer une critique au moyen de la structure carnavalesque sans tuer le caractère ludique propre au carnaval ?
Les "Unis" s’attaquent à la question et tentent d’allier deux choses. Si nous retournons au chansonnier de la "samba-enredo", il est clair que toutes les thématiques ont déjà été abordées par les écoles de  samba. Il y a des chansons conservatrices, de droite, commercialisées, etc. C’est clair. Mais quand on examine l’histoire de ce genre on voit qu’elle a été forgée par les sambas critiques, les sambas de célébration et parfois même romantiques. Telle est la matrice des "Unis de la bâche noire" et nos sambas le reflètent aussi.
D’autres matrices musicales évidentes des "Unis de la bâche noire" sont la samba rurale de Sao Paulo, d’une plus grande force rythmique et de manière surprenante, le rap, dont l’influence provient du succès qu’il a dans la jeunesse des unités productives et par la forme directe d’énoncer une critique qui a trouvé dans l’école une terrain fertile d’expression. C’est pour ces raisons entre autres que les "Unis" ont un jour déclaré qu’ils ne font pas de la samba-fête mais de la samba-lutte. En d’autres termes la samba n’est pas un simple passe-temps ou un objet de contemplation destiné à la consommation artistique de la bourgeoisie, mais, pour les "unis", un engagement. C’est un amusement qui vise l’émancipation humaine, la politisation et le renforcement des relations inter-personnelles.
Ce qui ne veut pas dire que les "Unis" soient contre les groupes de carnaval, les satires, les marches musicales etc… Bien au contraire les "Unis" appuient toutes ces expressions. Cependant, par le fait de s’organiser au sein d’un mouvement social, par les caractéristiques militantes de ses participants, par les conditionnements historiques et à travers certaines écoles conscientes, nous avons préféré développer une position de lutte et tel est notre présupposé. Ce qui n’empêche pas la joie et le bonheur.
- Comment l’école se prépare-t-elle pour le carnaval ?
- Dans les écoles de samba traditionnelles, le thème est choisi par une direction du carnaval et souvent sous l’influence des exigences des sponsors. La coordination du carnaval élabore un synopsis distribué aux compositeurs qui créent leurs chansons ("sambas-enredos") à partir des informations fournies. La "samba-enredo" du défilé est choisie au sein de l’école de samba à travers des èpreuves éliminatoires, où plusieurs sambas concourent de manière interne jusqu’à ce qu’émerge un vainqueur à travers le vote des jurés choisis par l’école.
C’est avec le thème choisi qu’ont lieu des répétitions jusqu’au carnaval. Beaucoup de ceux qui participent au jour le jour dans ces écoles n’apprennent pas la totalité du processus du défilé, ni la création artistique qui s’y reflète. Ce processus d’aliénation est plus aigu dans les cas de ceux qui veulent seulement s’amuser le jour du carnaval et vont à l’école pour acheter leur déguisement. Il n’existe aucune connaissance du processus, qui est totalement aliéné par les grands compagnies qui défilent au sein d’une école de samba.
Les "Unis" ont observé ce processus et ont décidé de faire autrement. Les trois présupposés formatifs sont : la formation politique, la formation musicale et la formation poétique. Les trois formations s’imbriquent durant tout le processus qui commence entre les mois de septembre et de novembre et va jusqu’au carnaval.
Le thème est choisi à travers des débats au sein du collectif, qui sélectionne un élément parmi les lignes politiques du Mouvement des Sans Terre. Le thème choisi, on pense à de possibles conseillers qui pourront mener des discussions avec le collectif et avec toute personne qui souhaite participer, sur le thème choisi. Ce sont les formations politiques.
Il se peut que les  participants du collectif prennent note des parties les plus importantes des paroles du conseiller. Ces notes peuvent être reprises sous une forme versifiée ou en prose. Pour que ces notes acquièrent une richesse poétique, on organise – de manière concomitante avec ces formations  politiques – des débats avec des paroliers de "samba-enredo", où sont discutés les thèmes, la métrique, les rimes, les contenus et d’autres éléments de poésie. C’est la formation poétique.
Au terme des formations, on discute collectivement de quels vers seront utilisés. Finalement un collectif plus réduit, composé de musiciens mais pas seulement, apporte la dernière touche musicale, mélodique, poétique et harmonique à l’oeuvre. Et voilà notre "samba-enredo" prête : sans auteur, car tous ont participé à sa fabrication.
Après cette préparation de la chanson de la "samba-enredo", on passe aux répétitions avec les percusssions (batucada). Divers arrangements de percussion sont pensés selon le matériel mélodique et poétique qu’offre la "samba-enredo". On invente des temps d’arrêts, des déclamations, des pas, tout cet univers délicieux que peuvent offrir les percussions d’une "batucada" dans une école de samba. C’est la formation musicale.  Tout ce processus vise à garantir que celui qui participe au défilé intègre le concept de ce qui est chanté, montré et joué. On cherche, en d’autres mots, à en finir avec l’aliénation du membre de l’école de samba.
- Pourquoi les "Unis" ne participent pas aux concours ou aux tournois des écoles de samba ?
- Quel serait le sens d’entrer dans un tournoi d’école de samba ? Recevoir de l’argent public ? S’inscrire dans une compétition ? Injecter au sein de l’école de samba les valeurs productivistes basés sur l’efficacité et le productivité, avec l’objectif de dépasser l’école concurrente, qui fait la même samba que ton école ? Ce n’est pas l’objectif des "Unis". Notre principe n’est pas la compétition, mais la coopération.
Les "Unis" sont une des principales articulations d’un mouvement naissant et prometteur d’organisations qui parient sur un carnaval populaire, de lutte et contre-hégémonique.
De ce processus font partie le "Cordão Carnavalesco Boca de Serebesqué", le "Bloco Unidos da Madrugada", le "Bloco Saci do Bixiga" et le "Bloco da Abolição". Tous ensemble ils se sont dénominés “batucada du peuple brésilien”.
Chacun possède une spécificité, une manière de faire et de penser le carnaval. Les uns plus satiriques, les autres plus bohèmes, d’autres radicalement critiques, mais tous ont dans la tête un carnaval qui accompagne les luttes populaires. Ceci dit, plus il y aura de batucadas au Brésil, mieux ce sera. Ce seront plus de personnes voulant découvrir le monde la samba, creusant dans l’histoire et dans la tradition de lutte de notre peuple, menant le combat idéologique contre les formes pasteurisées de production artistique et largement disséminées par l’industrie culturelle. Donc pourquoi devrions-nous mettre en compétition toutes ces "batucadas" ?
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- Est-il possible de penser l’art, dans le cas de la samba, comme une forme de lutte politique ?
- Dans toute son histoire, l’école des "Unis de la bâche noire" s’est composée de sambistes-militants ou de militants-sambistes, comme on voudra les appeler. Ce sont des personnes disposées à faire un saut de politisation par-delà l’expression de résistance que la samba représente déjà en soi. En découle une autre maxime des "Unis de la Bâche Noire" : "la lutte fait la samba, la samba fait la lutte".
Une "batucada" est un excellent instrument pour les actions politiques telles que les manifestations ou les occupations. Depuis toujours, chanter et faire collectivement de la musique font partie des rituels guerriers et préparent l’âme et le coeur aux actions. C’est une mystique qui élève le moral des troupes, en plus de mener la lutte idéologique et de proposer de nouvelles formes esthétiques.
Organiser une "batucada", en soi, c’est organiser le peuple. La "batucada" possède des éléments internes et organisationnels qui s’entrelacent avec une dynamique propre d’organisation du mouvement social.
Pour que trente-cinq personnes jouent ensemble des instruments de percussion, il est nécessaire d’établir une relation entre individu et totalité. L’individu est responsable de son instrument. Lui seul joue, lui seul exécute et cela implique une particularité. Mais cette subjectivité doit prendre en compte le collectif, et jouer en prenant en compte ce que font les autres instrumentistes, pour que la masse sonore adopte un sens en commun.
Si chacun joue son instrument sans se préoccuper des autres, nous pouvons produire quelque chose de très bruyant mais nous n’aurons pas de batucada. Cette organisation à l’origine musicale possède d’évidents présupposés politiques.
- Quelle discussion a-t-elle lieu au sein des "Unis" à propos du carnaval commercialisé ?
- Les "Unis" ne veulent pas renforcer l’esthétique bourgeoise dominante. Penser un carnaval en termes de luxe et de richesse serait travailler gratuitement pour l’ennemi. Dans une bonne mesure les écoles de samba actuelles reproduisent ces modèles, et les "Unis" s’opposent à la commercialisation, à la privatisation, à la financiarisation et à l’industrialisation du carnaval.
Cela dit, une école de samba est quelque chose de bien plus complexe que ce qu’on pourrait supposer.
De nombreux secteurs progressistes de la société font une critique bête et pleine de préjugés des écoles de samba, avec des phrases telles que : "La commercialisation, ça ne marche pas !" Et certes, les grandes écoles de samba se sont commercialisées. Mais à l’intérieur des écoles de samba, se nouent des processus très intéressants et variés que cette critique préconçue ne veut pas voir.
Il existe des communautés actives, des personnes qui se forment avec des valeurs déterminées, la défense d’une ancestralité africaine, l’affirmation de la samba, tout cela offre un spectacle artistique d’un très haut degré de création, et chaque année surgissent des sambas porteuses d’une critique sociale intelligente qui peut servir de matériel d’agitation et de propagande pour n’importe quelle organisation politique. Ce sont ces enseignements qui s’acquièrent dans les écoles de samba.
Aux "Unis" nous entretenons une relation de profond respect et d’admiration pour toutes les écoles de samba, ces véritables patrimoines de la culture brésilienne, mais nous ne sommes pas d’accord avec la direction que prennent les défilés aujourd’hui.
Note : La "bâche noire" évoque les toits de plastique sous lesquels des dizaines de milliers de travailleurs ruraux ont vécu ou vivent encore au fil des occupations de terre dans un Brésil où la réforme agraire est pratiquement arrêtée malgré l’arrivée au pouvoir de Dilma Roussef.
Traduction du portugais : Thierry Deronne
Photos : Mouvement des Travailleurs Sans Terre et Thierry Deronne.
Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
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La vie dans l’Unité productive Terra Vista racontée en vidéo par les habitants
5 décembre 2012
De la Page du MST
Les producteurs de l’Unité Productive ("Assentamento") Terra Vista, de la municipalité d’Arataca, Bahia, se souviennent de l’exploitation et de l’occupation de la grande propriété en 1992.Dans ce territoire improductif et dégradé, l’union de tous les efforts unis a permis de créer une zone de production de cacao de haut qualité, avec reforestation et sans recours aux agro-toxiques.

Mais la principale production de Terra Vista est la connaissance qui s’acquiert en réunissant les savoirs des producteurs ruraux, l’éducation technique, à la formation des citoyens de demain.

Cette vidéo a été produite pendant la formation de l’Équipe de Collaborateurs  de Communication de la Ière Journée d’Agro-écologie de l’État de Bahia.

Source : http://www.mst.org.br/Confira-a-historia-do-Assentamento-Terra-Vista-contada-pelos-proprios-assentados

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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/06/la-vie-dans-lunite-productive-terra-vista-racontee-en-video-par-les-habitants/

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Cezar Britto à propos du cours de « Droit de la Terre » à l’Université : "La Justice ne peut être réduite à un phénomène urbain".

Par Mayrá Lima, de la page du MST

Vendredi dernier (le 24 août 2012), les juges du Tribunal Régional Fédéral de la 1ère région (TRF1) ont rejeté à l’unanimité l’action civile requise par le Ministère Public de Goiás, qui avait demandé de faire cesser le cours de Droit Evandro Lins et Silva suivi par des fils et des filles d’ouvriers agricoles et de travailleurs sans terre, considérant le cours de Droit comme « étant en dehors de la réalité rurale ».

Cezar Britto, ex-président de l’Ordre des Avocats du Brésil (OAB) et avocat du collectif

Selon Cezar Britto, ex-président de l’Ordre des Avocats du Brésil (OAB) et avocat du collectif, le Ministère Public Fédéral (MPF) avait déjà classé une enquête civile exposant les mêmes arguments, en considérant que ces cours donnés aux ouvriers agricoles sont d’une importance sociale et publique fondamentale.

"En affirmant que celui qui vit à la campagne n’a pas de droit d’étudier le Droit, le MPF a oublié que le Pouvoir Judiciaire n’est pas une construction physique, située dans une quelconque rue de la ville. Au contraire, le concept de Justice doit s’appliquer à tous : vivant en zone urbaine ou rurale, pauvre ou riche, né dans un berceau doré ou dans une petite mangeoire", a-t-il déclaré.

La victoire du collectif étudiant Evandro Lins et Silva ouvre un précédent pour d’autres cours promus à travers le Programme National d’Education de la Réforme Agraire (Pronera) qui sont sur le point d’être remis en cause par le Pouvoir Judiciaire. Pour Britto, reconnaître la constitutionnalité des accords entre l’Institut National de Colonisation et Réforme Agraire (Incra) et les universités est important. En outres "la voix de la population rurale sera fondamentale pour la construction d’un nouveau droit. "

Voici l’interview intégrale que l’ex-président de l’OAB, Cézar Britto, a accordé à Mayra Lima, du Mouvement des Travailleurs Sans Terre.

Mayra Lima – Sur quels arguments s’est basée l’action du Ministère Public Fédéral de Goiás ?

Cezar Britto – La thèse principale du Ministère Public Fédéral consistait à dire qu’il y a « une inconstitutionnalité flagrante de l’accord » scellé entre l’Université Fédérale de Goiás (UFG) et l’Incra par le fait que " la résidence de l’homme en zone rurale avec les conditions de survie et de développement que valident l’expropriation et le transfert des terres aux paysans en vertu  de la réforme agraire, est un objectif qui n’a aucun rapport avec la formation technico-juridique accordées à ces assentados (1) avec la création du cours de droit par l’INCRA / UFG." Dans cette même ligne d’argument, le Ministère Public Fédéral a dit que « l’habitat du professionnel du droit, dans tous les cas, est le milieu urbain, car c’est dans cette localité que se rencontrent les autres professionnels juridiques. "

Mayra Lima – Quelle a été la ligne d’argumentation de la défense ?

Cezar Britto – La défense a présenté plusieurs arguments: le premier découle du fait que le magistrat a reconnu "la validité des activités académiques complétées par le corps enseignant », en plus du fait juridique postérieur (la conclusion du cours et la validation du diplôme) pour protéger la classe Evandro Lins e Silva, que ce soit par l’effet de la chose déjà jugée ou par la théorie du fait consommé qui fait perdre d’objet de l’action civile publique. En effet la décision ne pouvait pas nuire aux étudiants qui, de bonne foi, ont terminé leurs études, alors le verbe « désenseigner » n’existe pas.

Une autre ligne de défense a été que le procès était nul car les étudiants ne furent pas convoqués, alors que la décision de fermeture de la classe avait une répercussion directe dans leurs vies. Nous avons aussi mis en avant le fait,- et ceci fut la décision qui nous a fait gagner, sans analyser les autres – que le MPF local ne pourrait pas entrer en justice, parce que le collège supérieur avait déjà ordonné de classer l’enquête civile publique spécifique pour cette classe spéciale de droit. Dans ce cas, on ne pouvait pas parler d’autonomie individuelle du membre du MPF, parce qu’il n’y avait pas de vide de décision à ce sujet. Le TRF1 a compris à l’unanimité que l’enquête civile publique sur décision collégiale supérieure devaitt être observée et a mis fin à l’action.

Mayra Lima – En disant que le cours de Droit ne fait pas partie de la réalité du milieu rural, le Ministère Public de Goiás ne ferait-il pas preuve de préjugés ?

Cézar Britto – Bien sûr que oui. En affirmant que celui qui vit à la campagne n’a pas le droit d’étudier le droit, le MPF a oublié que le Pouvoir judiciaire n’est pas une construction physique située dans une quelconque rue en zone urbaine. Au contraire, le concept de Justice est s’applique à tous : urbain ou rural, pauvre ou riche, né dans un magnifique berceau ou dans une petite mangeoire ». La Justice ne peut pas, ne doit pas se réduire à un phénomène urbain, car cela reviendrait à créer des catégories distinctes de citoyens brésiliens : ceux qui ont la Justice et ceux qui ne peuvent même pas vivre avec.

Le Brésil ne vit pas le « Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley ", divisé en castes, créées en laboratoires ou conditionnées dans des temps prochains, comme des alphas; betas; gammas; deltas et epsilons. Au Brésil, l’éducation est un moyen d’insertion, de combat contre l’inégalité, d’affirmation de la personne humaine comme raison d’être de l’Etat.

Mayra Lima – Quelles sont les prochaines étapes ? Y a-t-il un risque d’autres actions ? 

Cezar Britto – Pour l’instant il faut attendre la publication de la décision car, en principe, il reste encore un recours. Mais il est important de rappeler que, en cas de victoire du MPF, le procès devrait être mené pour les autres disciplines, sur la base même du préjugé.

L’important est de savoir que le cours Evandro Lins e Silva peut poursuivre son travail, car c’est la meilleure garantie que vivre une zone rurale sera une résidence sûre en ce qui concerne le champ du droit, parce que leurs fils seront les avocats, les magistrats et les avocats généraux, qui n’auront pas dû naître en ville pour qu’ils les défendent dans les tribunaux, comme c’est le cas ici.

Mayra Lima – Quelle est l’importance de PRONERA dans le combat contre les inégalités dans l’enseignement rural ?

Cezar Britto – Ce fut exactement pour permettre la survie dans la dignité de l’individu qui habite en zone rurale et défendre le développement durable de son activité cruciale que fut créé PRONERA et ce Cours spécial de Droit. Et permettre à l’être humain de se fixer en zone rurale , c’est lui donner la certitude que la sécurité, la subsistance digne, l’égalité de traitement, la liberté d’aller et venir ne sont pas seulement des graines jetées sur un sol aride.

C’est reconnaître son droit au logement, principe fondamental, en refusant la logique que plus de 600 000 familles rurales habitent dans des maisons de torchis, quand ce ne sont pas des baraquements en toiles ou dans les dortoirs d’esclaves des grandes propriétés qui ont encore  recours à la servitude. C’est lui garantir que le simple et nécessaire droit de boire de l’eau potable n’est pas subordonné au bon vouloir de l’autorité politique du moment, celle qui choisit l’endroit où le camion citerne passera. C’est appliquer le droit constitutionnel à la santé, qui ne doit plus être considéré comme le fait d’implorer l’envoi d’une ambulance qui emmènera le patient à un hôpital bondé de la grande ville.

C’est rendre réel le droit à l’éducation, comme devoir de l’État, en n’admettant plus que 40 % des travailleurs ruraux soient analphabètes, ou que plus de trois millions d’enfant et d’adolescents soient déscolarisés. C’est savoir que son morceau de terre lui permettra de se sustenter lui et sa famille, que le fruit de son travail sera commercialisé à un prix juste. C’est connaître le concept de bail, de contrat d’achat et la vente de la récolte, d’assurance pour protéger la production, en évitant ainsi les intermédiaires ou ceux qui cherchent le bénéfice facile sans la sueur du travail. C’est connaître les droits du travail des salariés ruraux, de l’importance du contrat signé, du droit à la retraite quand le corps se fatigue du soleil et de la pluie qui lui châtient l’âme.

C’est être au courant des crédits ruraux, savoir identifier les intérêts exorbitants et, si le temps ne facilite pas la récolte, renégocier le contrat dignement, pour qu’ils ne se fassent pas spolier. C’est connaître le droit environnemental, les licences environnementales, les crimes environnementaux, les crédits carbone, pour améliorer son rôle, et avec lui, la planète. C’est connaître le droit à la propriété, la valeur juridique des biens, la législation applicable aux bénéficiaires de la Réforme Agraire et, par-dessus tout, les formes légales et techniques de résolution des conflits agraires. C’est faire, ainsi que l’a enseigné Dom Helder Câmara, que les lois quittent le papier pour gagner les rues et, par-dessus tout, les zones rurales.

Mayra Lima – Cette victoire ouvre-t-elle un précédent pour d’autres cours qui sont aussi remis en question ?

Cezar Britto – Je n’en doute pas. La décision du MPF qui restera comme le dernier mot sur cette affaire, c’est celle qui reconnaît la constitutionnalité de l’accord signé par l’UFG et l’INCRA. Espérons que cette sentence soit multipliée pour les autres cours. La voix des travailleurs ruraux sera fondamentale dans la construction d’un nouveau Droit, particulièrementparce qu’il remet en cause le « patrimonialisme » (privatisation du pouvoir d’État au profit des puissances foncières) telle qu’il est ancrée au Brésil depuis la colonisation.

(1) Paysans devenus propriétaires de terres par décision de justice (en vertu de la réforme agraire).

Source : http://www.mst.org.br/Cezar-Britto-A-Justica-nao-deve-ser-apenas-um-fenomeno-urbano

Traduction du portugais : Cécile Desoeuvre

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/11/27/cezar-britto-a-propos-du-cours-de-droit-de-la-terre-a-luniversite-la-justice-ne-peut-etre-reduite-a-un-phenomene-urbain/

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Journées des Enfants Sans Terre au Brésil

Au mois d’octobre est commémorée la Journée des enfants au Brésil.

La date officielle remonte aux années 20 (décret nº 4.867 du 5 novembre 1924), mais c’est en 1960 que cette célébration est devenue populaire, lorsque l’usine de jouets Estrella, conjoitement avec Johnson & Johnson, lança une campagne pour augmenter ses ventes : la semaine du "bébé robuste".

Depuis lors l’enfant est une "cible-clef" pour la consommation. Le marché cherche à manipuler ses désirs pour promouvoir des ventes de toute sorte.

Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre a fait du mois d’octobre une référence de la lutte des Enfants Sans Terre.

Depuis 1994, nous cherchons à développer les Rencontres des petits Sans terre dans les états où nous sommes organisés. Ces rencontres sont des moments remplis de mystique pour toute l’organisation, car les enfants s’y engagent des préparatifs jusqu’à la réalisation.

C’est un espace dans lequel les enfants apportent leur envie de lutter, de jouer, d’apprendre et de revendiquer.
Cette année seront réalisés des rencontres dans les états et dans les régions, réunissant des enfants dans tout le Brésil.

 

 

Voir plus de photos de la rencontre dans l’État du Ceará 

 

 

Source : http://www.mst.org.br/content/jornada-sem-terrinha-2012

Traduction du portugais : Thierry Deronne

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/15/journees-des-enfants-sans-terre-au-bresil/

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Les enfants de l’École Itinérante font des recherches sur les semences autochtones (Paraná)

De la Page du MST

Les étudiants de l’École Itinérante Maria Aparecida R. Franciosi, localisée dans la pré-unité de production Eli Vive, district de Lerroville, à Londrina (État de Paraná) ont presenté les résultats de leur recherche sur les semences autochtones qu’ils ont menée localement.

La recherche qui a pris un peu plus d’um mois, a été planifiée et exécutée par près de 400 participants depuis l’enseignement infantile à l’enseignement moyen et par leurs professeurs, soucieux de recenser tout ce que les familles produisent, ou cessent de produire, ou stockent en matière de semences autochtones.

“Tous nos étudiants ont participé, chaque classe a assumé la responsabilité d’étudier un type de semences en particulier comme le maïs, le café, le riz, le haricot ou la pastèque. En plus de cela ces groupes doivent offrir un exposé et produire un type de nourriture avec le type de semences étudié”, explique Maria Antonia Assis, une des coordinatrices de l’école.

Selon Igor Denadai, éducateur, le travail développé a deux grands objectifs : recenser les semences autochtones et rapprocher l’école de la communauté.

“Ce travail resserre les liens car nous avons visité les 540 maisons des travailleurs établis dans cette pré-unité productive pour les interroger sur ce qu’ils font avec les semences, depuis le stockage, la production jusqu’à la récolte”. Et Il souligne “un autre aspect très important, c’est que ce travail a permis de recenser aussi le nombre d’habitants qui vivent dans notre secteur. Actuellement nous comptons 1.593 habitants.”

L’étudiante Silvana Nascimento Ribeiro, de huit ans, qui étudie en quatrième année de l’enseignement fondamental, explique que le travail lui a enseigné l’importance de cultiver des semences sans utiliser de produits toxiques. "Ce fut très bien et très important de le dire dans l’exposé sur les semences. J’ai appris que nous ne devons pas utiliser de poison pour cultiver. Avant nous n’avions pas besoin de poison et nous devons continuer ainsi."

Le membre de la coordination de l’École Latino-Américaine d’Agro-écologie (ELAA), José Maria Tardin, explique que cette recherche paraît simple mais constitue um portrait important de la réalité des paysans. “Elle nous montre em détail combien nous prenons possession politiquement et techniquement de notre capacité de produire et d’étudier. La recherche ne peut pas dormir sur une étagère, il faut l’utiliser dans les salles de classe, dans les familles, elle doit être discutée aussi par le secteur de production de l’unité productive Eli Vive et du MST en général. Cette école doit être félicitée pour cette importante initiative” a-t-il conclu.

Source : http://www.mst.org.br/Criancas-de-Escola-Itinerante-pesquisam-sobre-sementes-crioulas-no-PR

Url de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/09/29/les-enfants-de-lecole-itinerante-font-des-recherches-sur-les-semences-autochtones-parana/

Traduction du portugais : Thierry Deronne

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Le Collectif de Santé du Mouvement des Sans Terre lance un projet pilote de santé rurale dans l’État de Sergipe
17 septembre 2012, 11:39
Classé dans : Formation, Santé publique

14 septembre 2012

De la Page du MST

Le collectif de Santé du Mouvement des Sans Terre, dans l’État de Sergipe, mène une expérience visant à améliorer la santé dans les zones de réforme agraire de la municipalité de Nossa Senhora da Gloria.

Depuis le début du mois de septembre une équipe formée par une médecin, une technicienne infirmière, des éducateurs populaires et des étudiants du cours de Service Social de l’Université Tiradentes (UNIT) visite les campements et les unités productives de Nossa Senhora da Glória, capitale du  Sertão de Sergipe.

L’initiative venue du collectif de santé du MST lui-même a pour objectif de réaliser un diagnostic de l’état de santé de la population des 11 unités productives et des 9 campements de la région.

Réunion de travail d’une équipe du Mouvement des Sans Terre dans une Faculté de Médecine (dans ce cas, de l’UFMG).

Concept plus ample de la Santé.

Pour établir le diagnostic le collectif a effectué une enquête auprès de 630 familles paysannes qui ne se limite pas aux questions sur la présence ou sur l’absence de maladies mais recueille aussi des informations sur les conditions de production, de logement, de communication, de transport, d’infrastructure, de nutrition, etc.

Nous tentons d’appliquer le concept de santé de l’Organisation Mondiale de La Santé (OMS) qui définit la santé comme un état de bien-être psycho-social. L’existence de conditions sanitaires de base, l’accès à l’eau et à la terre, à l’alimentation et à la santé mentale entre autres, ont une influence sur l’état de santé des individus” analyse Cristiane Costa Santana Zurkinden, médecin du MST formée à Cuba.

Prioriser la prévention.

Pour réaliser ce projet les militants de la santé ont obtenu l’appui du Secrétariat Municipal de la Santé. Les résultats de l’enquête seront traités, systématisés et remis aux familles paysannes et aux autorités publiques au cours du mois de novembre.

La diffusion des données sera le point de départ de la deuxième étape du projet : l’élaboration d’un plan d’action visant à améliorer la santé rurale. Selon Maria Solange Feitosa, dirigeante du collectif de santé du MST pour l’État de Sergipe et technicienne infirmière, “à partir de l’identification des problèmes, nous allons organiser um programme d’éducation en santé pour que les personnes puissent améliorer leur mode de vie et prévenir les maladies”.

La méthodologie s’inspire de l’expérience cubaine. “Sur le papier, le Système Unique de Santé (SUS) est le rêve de la  classe travailleuse ! Mais le modèle dominant de santé au Brésil est encore basé sur le complexe médecin-pharmacien-hôpital. Souvent ce modèle se limite à administrer des remèdes à des personnes malades. Le modèle cubain met davantage l’accent sur la prévention des maladies à travers l’éducation à la santé. Les excellents indicateurs de santé de la population cubaine démontrent que ce modèle fonctionne”, souligne Cristiane.

Agenda de revendications

Outre ce plan d’action, une liste de revendications sera élaborée pour améliorer l’accès aux politiques publiques de santé en zone rurale. Pour Maria Solange “le diagnostic va contribuer à améliorer le traitement du S.U.S dans les zones de réforme agraire. Nous avons encore des secteurs où les personnes doivent parcourir des kilomètres pour être soignées. Une absurdité !

Cette expérience initiale et de caractère local vise, si elle est couronnée de succès, à être appliquée dans tout l’État de  Sergipe.

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/09/17/le-collectif-de-sante-du-mouvement-des-sans-terre-lance-un-projet-pilote-de-sante-rurale-dans-letat-de-sergipe/

Source : http://www.mst.org.br/Coletivo-de-Saude-do-MST-realiza-projeto-piloto-na-saude-do-campo-em-Sergipe

Traduction du portugais : Thierry Deronne

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"L’éducation doit être construite avec la participation active des ruraux"

Par Mayrá Lima

De la page internet du MST, www.mst.org.br

Le gouvernement fédéral a lancé la semaine dernière le "Programme National d’Education Rurale" (Pronacampo). Selon le gouvernement, 1,8 million de reais seront investis pour apporter un soutien technique et financier aux Etats, au District Fédéral et aux municipalités pour la mise en œuvre de la politique d’éducation rurale.

Parmi les actions prévues dans ce programme, figurent la construction de trois mille écoles, l’installation de moyens informatiques sur vingt mille unités et l’acquisition de huit mille autocars, deux mille bateaux à moteur, et 180 000 vélos.

En outre, le gouvernement entend mettre en place un enseignement complet dans dix mille écoles rurales et communautaires.

Le Ministère de l’Education (MEC) confirme également que 23,18 % de la population rurale de plus de 15 ans est analphabète et que 50,9% ne termine pas le cycle élémentaire. En parallèle, la situation des écoles rurales n’est pas des plus encourageantes: pour 76 000 écoles, on compte 6,2 millions d’élèves inscrits et 342 800 professeurs, parmi lesquels seuls 182 500 ont fait des études supérieures.

La majorité des écoles ont des infrastructures précaires: pas d’électricité, pas de bibliothèque, et beaucoup n’ont pas non plus l’eau courante et connaissent peu de demandes d’inscription de la part des élèves.

"Nos revendications et notre campagne contre la fermeture des écoles et notre lutte pour la création de plus d’unités d’enseignement en milieu rural commencent à faire effet sur le gouvernement", dit Vanderlúcia Simplício, du secteur Education du MST, sur la page internet du MST.

En août 2011, la journée de lutte de la Via Campesina (Jornada de Lutas da Via Campesina) a dénoncé la fermeture des écoles en milieu rural. Des marches et des occupations ont eu pour objectif de réclamer à l’Etat des politiques d’éducation pour la campagne.

"Nous avons des données officielles indiquant qu’au cours des 10 dernières années, 37 765 écoles ont été fermées à la campagne. Les étudiants, transférés dans les écoles urbaines, dépendent du transport scolaire, qui souvent est de très mauvaise qualité. Nous avons soumis ces questions au MEC dans le cadre de la campagne "Fermer les écoles est un crime’", dit Vanderlúcia.

Interview.


Mayrá Lima – Pendant la journée de lutte, en août 2011, l’éducation rurale et la fermeture des écoles rurales ont été la cible des protestations. Pensez-vous que le Pronacampo a été une réponse à cette mobilisation?

 Vanderlúcia Simplício - Dès que la présidente Dilma (Roussef) a pris ses fonctions, nous avons présenté nos réclamations, et avons demandé à ce que la présidente puisse prolonger et renforcer les initiatives du gouvernement Lula; nous avons proposé d’interrompre la fermeture des écoles à la campagne, de mettre en place le Programme National d’Alphabétisation des Jeunes et des Adultes (Programa Nacional de Alfabetização de Jovens e Adultos),  le Programme National de formation des Enseignants (Programa Nacional de Formação de Educadores),  en renforcement du programme National d’Education de la Réforme Agraire (Programa Nacional de Educação na Reforma Agrária – Pronera), les initiatives de la Licence en Education Rurale (Licenciatura em Educação no Campo), en créant un Programme national de formation d’éducateurs ruraux; nous avons proposé la création de lois interdisant la fermeture des écoles rurales, et améliorant les infrastructures des écoles qui demeurent en milieu rural.

Pendant la Journée d’août, nous avons présenté une demande de construction de 350 écoles pour les unités de production agricole issues de la Réforme Agraire et pour les communautés des mouvements sociaux qui composent la Via Campesina.

M.L. – Quelles avancées peut-on constater?

V. S. – Nos revendications et notre campagne contre la fermeture des écoles, et la lutte pour la création de plus d’unités d’enseignement en milieu rural commencent à faire effet sur le gouvernement, si l’on considère le lancement de Pronacampo.

Le ministre de l’Education, Aloizio Mercadante, a souligné que l’un des objectifs les plus urgents est l’élaboration d’une loi conjointement avec les Conseils d’Education municipaux et des Etats, et en dialogue avec la société civile, en vue d’empêcher la fermeture des écoles rurales. Il a également insisté sur la priorité à la construction et à la rénovation des écoles, en plus de l’investissement pour l’accroissement des cursus de formation des éducateurs ruraux, qui est aussi une revendication des mouvement sociaux ruraux.

Notre grande préoccupation est l’offre de formation des éducateurs. La proposition du gouvernement fédéral est de réaliser toute cette formation via l’Université Ouverte du Brésil (UAB). Nous refusons que le processus de formation soit fait uniquement à distance, avec pour seule préoccupation de remplir partiellement les objectifs du gouvernement. La formation à distance ne doit intervenir qu’en de rares exceptions.

M. L. – Comment analysez-vous l’insertion du Pronacampo dans l’ensemble des autres politiques publiques déjà instaurées dans le cadre de l’éducation rurale?

V. S. – Pendant le gouvernement Lula, nous avons obtenu les directives d’éducation rurale, la création du Conseil National d’Education Rurale (CONEC) et la signature du Décret de l’Education rurale, qui a, entre autres, mis en place le Programme National de l’éducation pour la réforme agraire (Pronera) en tant que politique publique.

Nous restons préoccupés et attentifs, car nous ne savons pas quelles mesures seront prises par le Pronacampo pour réaliser les demandes d’éducation et les projets de terrain pour lesquels luttent les mouvements sociaux, comme ceux qui impliquent le Pronera et les Licences en Education Rurale. L’éducation doit être construite avec la participation active des ruraux et, dans sa mise en œuvre, à partir de leurs représentations via les mouvements sociaux.

M.L. – Face à ce qui a été lancé, quels sont les principaux défis déjà identifiés par ces mouvements sociaux?

V. S. -Pour son bon fonctionnement, le Pronacampo devra réussir à s’articuler avec d’autres secteurs au sein du MEC, et, en-dehors, avec les autres ministères qui pourraient également répondre aux attentes des unités de production agricole, pour garantir une véritable politique publique d’Education rurale. Ce  du MST, programme réaffirme que l’Education rurale est l’un de nos droits et un devoir de l’Etat.

Source (en portugais) : http://www.mst.org.br/e-preciso-uma-educacao-construida-com-o-protagonismo-dos-sujeitos-do-campo

Traduction de Zoé Macêdo pour www.mouvementsansterre.wordpress.com

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

Pour une information continue en français sur les activités du MST :http://mouvementsansterre.wordpress.com/

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