Classé dans : Agro-écologie, Entraves judiciaires et politiques, Formation, Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, réforme agraire, violations des droits humains par l'agrobusiness
17 avril 2013, de la page du MST

17 ans après le massacre d’Eldorado dos Carajás (État du Pará), à la mémoire des 21 militants sans terre assassinés en 1996, et pour exiger la reprise de la réforme agraire, le Mouvement Sans Terre a organisé des manifestations dans 18 états et dans le District fédéral.
Le MST exige de la présidente Dilma Rousseff un plan d’urgence pour la légalisation de terres en faveur des 150.000 familles paysannes qui vivent encore dans des campements au Brésil et c’est pour appuyer cette revendication que les sans terre ont bloqué 60 autoroutes, occupé des terres improductives, des bâtiments publics, des mairies, ont organisé des marches et des actes politiques, effectué des dons alimentaires dans tout le pays.
Des manifestations ont eu lieu dans les États de Rio Grande do Sul, Ceará, Pernambuco, District Fédéral, Rio de Janeiro, Pará, São Paulo, Minas Gerais, Paraná, Bahia, Rio de Janeiro, Mato Grosso do Sul, Sergipe, Mato Grosso, Rondônia, Maranhão, Goiás, Tocantins et Piauí.
Depuis le début du mois d’avril, diverses initiatives ont été prises dans le cadre de la campagne nationale pour la réforme agraire dans ces différents Etats du Brésil. Le Mouvement des Sans Terre dénonce l’arrêt du processus de création des unités productives, à cause de la lenteur de l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA) et l’interférence du pouvoir judiciaire dans les processus d’expropriation de terres.
Il y a actuellement 523 procès liés à la réforme agraire au Brésil, dont 234 sont encore en cours devant la Justice Fédérale. Il ya 69.233 grandes propriétés improductives dans le pays, qui contrôlent 228 millions d’hectares de terres (IBGE / Recensement de 2010) qui devraient être destinées à la réforme agraire en vertu de la Constitution.
Voici un bilan des protestations au 17 avril 2013.
Paraná
20 routes provinciales et fédérales ont été bloquées pendant 21 minutes par des centaines de travailleurs ruraux du MST, dans toutes les régions du Paraná, mercredi. Des routes ont été fermées à Cascavel, Ramilândia, Clevelândia, Renascença, Londrina, Guairaçá, Nova Esperança, Santo Inácio, Faxinal, Tamarana, Porecatu, Arapongas, Pitanga, Ivaiporã, Ponta Grossa, Rio Bonito do Iguaçu, Quedas do Iguaçu, Luiziana, et Mandaguar.
A Curitiba, 150 autres militants du MST ont tenu un rassemblement devant la Cour de justice de l’Etat pour demander le déblocage de la réforme agraire et la fin de l’impunité pour les crimes commis par les grands propriétaires fonciers. Rien qu’au Paraná, des 19 meurtres qui ont eu lieu entre 1994 et 2009, seuls quatre ont été jugés.
Pernambuco
Dans l’État de Pernambuco, le MST a continué les mobilisations avec le blocage des routes et de mairies mercredi. Environ 3200 travailleurs ont bloqué 12 routes nationales. En outre, les administrations municipales de Goiás, dans le Nord, et de Moreno, dans la région métropolitaine ont été occupés.
Environ 100 familles du Mouvement Sans Terre ont occupé ce mardi (16 avril), la Raffinerie Pimentel, située dans la ville de Santo Agostinho, dans la région métropolitaine de l’État de Pernambuco. Il s’agissait de la septième grande propriété terrienne (« latifundio ») occupée dans cet État au cours de cette semaine.
District Fédéral
Mercredi, environ 500 membres du Mouvement des Sans Terre ont défilé sur l’Esplanade des Ministères et face au Tribunal Suprême Fédéral (STF) à Brasilia. Les paysans sans terre ont organisé une manifestation devant ce Tribunal et devant le Ministère de la Justice.
Dans la matinée s’est tenue une audience publique à la Commission des Droits Humains du Sénat sur l’impunité et la violence dans les zones rurales, au cours de laquelle un hommage a été rendu aux morts du massacre de Eldorado dos Carajás.
A 11h, le MST et les fonctionnaires de l’INCRA et du Ministère de l’Agriculture ont réalisé une distribution gratuite de deux tonnes d’aliments sains, sans pesticides pour la population de Brasilia, sur la route du Plan Pilote. Parmi les produits distribués, le manioc, la patate douce, le gombo, le haricot, les courges, les courgettes vert, tous produits dans les unités productives des zones rurales du district fédéral et des régions avoisinantes.
Sergipe
Dans l’État de Sergipe, 1600 paysans sans terre ont bloqué 10 routes à travers tout l’État, ce mercredi, en quatre points : l’échangeur de Japaratuba, Cristinápolis, l’échangeur d’Itaporanga et celui de Japoatã. Deux autres sections de la BR 235 ont été fermés : les échangeurs de Ribeirópolis et de Piñao.
Quatre autres routes nationales ont été bloqués dans les municipalités de Lagarto, Malhador, Canindé et Gararu.
Dans la capitale Aracaju, 800 adhérents du MST ont réalisé une veillée face au Palais de Justice Fédérale, organisé une activité dans le quartier commerçant, mieux connu comme « la promenade » et occupé l’INCRA pour exiger une solution pour les plus de 10.000 familles qui vivent dans des campements dans tout l’état, depuis 16 ans. Il y a 20 terrains expropriables qui restent en souffrance devant les tribunaux.

Alagoas
Dans l’État d’Alagoas, ce mercredi, une marche a parcouru les rues de la ville d’Atalaia jusqu’au Forum de la Justice, oú sont déposés les dossiers des crimes liés aux conflits pour la terre dans la région.
Minas Gerais
Environ 200 paysans sans terre ont bloqué mercredi l’anneau routier de Belo Horizonte, à la hauteur du quartier Betania, dans l’ouest de la capitale, pendant 40 minutes. En plus de protester contre la mort des 21 militants sans terre à Carajás, ils exigent également la punition d’Adriano Chafik, qui a avoué le massacre à Felisburgo de cinq sans terre en 2004.
Ceará
Les manifestants du Mouvement Sans terre ont occupé dans la matinée du mercredi le siège de la Direction Nationale des Travaux contre la Sécheresse (DNCOS) à Fortaleza. Le Mouvement a exigé une rencontre avec les représentants de l’organisme pour discuter de plusieurs points concernant la sécheresse qui touche la région, l’une des pires de ces dernières années. Pour ce jeudi est prévue une rencontre avec le gouverneur de l’Etat Gomes Cid (PSB).

Rio Grande do Sul
Environ 1.500 membres des mouvements sociaux MST, MAB, MPA, MMC, MD et du Réveil de la Jeunesse Populaire, ont occupé le bâtiment du ministère de l’Éducation de l’État de Rio Grande do Sul à Porto Alegre, mercredi.
La marche des manifestants est sortie de l’INCRA et du ministère des Finances, où ils campaient depuis hier. L’objectif de la protestation est d’exiger des investissements publics dans l’éducation publique dans les unités productives agricoles. Un comité composé de représentants des mouvements a été reçu par la secrétaire adjointe Maria Olalia.
Sao Paulo
Des centaines de paysans sans terre ont mené plusieurs actions dans l’état de São Paulo, ce mercredi. 150 familles des campements de la région de Laras ont occupé la grande propriété Nossa Senhora de Fátima, à Agudos.
A Ribeirão Preto, l’autoroute Anhanguera était fermée à hauteur du kilomètre 340 dans la municipalité de Sales de Oliveira, par 150 familles. Au cours des 21 minutes de fermeture de la route, la nourriture offerte au automobilistes par les Sans Terre s’est voulue une forme de dialogue avec la société et la démonstration des conquêtes de la réforme agraire.
A Sorocaba, 150 familles ont fermé la route Tavares Raposo, au km 166 (Itapetininga) pendant 21 minutes. Dans la vallée du Paraíba, les familles et alliés du MST ont occupé les bureaux de l’Institut Biosistêmico (IBS). Dans la région de Andradina brigades ont eu lieu des opérations de don du sang dans les villes de Araçatuba et de Fernandópolis.
Dans le grand São Paulo, les colons, militants et alliés du Mouvement des Sans Terre se sont réunis dans un groupe de travail et un acte politico-culturel dans le campement de la Commune de la Terre Irma Alberta.
Les militants et les familles qui vivent dans les unités productives de la région de Campinas se sont associées aux activités de la semaine de lutte pour la terre, à Limeira.

Mato Grosso do Sul
Les travailleurs ruraux du MST, avec des syndicalistes de la Centrale des travailleurs (CUT), ont fermé cinq tronçons de routes fédérales et de l’État dans l’État du Mato Grosso do Sul, mercredi.
En Sidrolandia les membres des unités productives Emerson Rodrigues, 7 Septembre, Piuva, et les syndicalistes de la CUT, ont bloqué la route BR 060. Tout au long de l’action, les familles ont distribué des aliments et des brochures aux automobilistes.
Les familles des unités productives Ernesto Che Guevara, Ranildo da Silva, Santa Luzia et de la CUT ont bloqué la BR 163, à Nova Andradina.
A Nova Alvorada do Sul, la BR 167 a été fermée par le mouvement des sans terre de l’unité productive du 17 Avril et des unités productives Texeirinha et Florestan Fernandes. Des centaines de familles de l’unité Itamaraty ont distribué des tracts sur la BR 267.
Ont été également bloquées les routes nationales (MS-060, au KM 390 et MS-164, près de Ponta Pora). Durant 21 minutes, les manifestants ont occupé les routes et distribué de la nourriture et des dépliants aux automobilistes.

Rio de Janeiro
Le Mouvement des Sans Terre, avec le mouvement des personnes victimes de l’entreprise Vale, a organisé le mercredi un rassemblement devant l’Assemblée Générale des Actionnaires de la société au centre de Rio de Janeiro, pour dénoncer les violations commises par Vale, exigeant des réparations pour les groupes touchés.
Pour la première fois dans l’histoire de l’assemblée des actionnaires, cellec-i a été transférée dans les bureaux commerciaux de l’entreprise, à Barra da Tijuca.
Dans l’après-midi, s’est ouvert le débat «La lutte contre les entreprises dans la phase actuelle du capitalisme: l’articulation internationale des victimes de Vale" avec José de Echave (ancien vice-ministre de l’Environnement du Pérou), les mouvements sociaux et les membres nationaux et internationaux des victimes de Vale.

Pará
Deux mille jeunes sans terre du huitième campement pédagogique Oziel Alves Pereira ont fermé l’autoroute PA-150 à hauteur de la Cursa S, le mercredi matin, là où eut lieu le massacre de Eldorado dos Carajás.
L’autoroute a été fermée pendant 21 minutes, chaque minute en mémoire des ving-et-unes personnes tuées dans le massacre qui s’est produit il y a 17 ans.
Le campement, qui compte sur la participation de mouvements de jeunesse du reste du pays, organise depuis le 11 Avril pour une série d’activités de formation, avec une analyse de la situation nationale et la discussion sur le rôle des jeunes dans la lutte des classes.
A Belen, 400 travailleurs ruraux campent sur la Place des Martyrs d’Avril dans le centre de la capitale de l’Etat. Le nom de la place, en hommage aux travailleurs décédés en 1996, est aussi celui d’une sculpture de l’artiste danois Jens Galschiot, symbolisant le massacre.
Bahía
Les cinq mille militants du MST qui ont occupé l’INCRA de Salvador ont tenu un meeting politique devant l’Assemblée Législative, ce mercredi. L’objectif était de rappeler les morts de Carajás et de demander que la justice soit faite sur l’assassinat de Fabio Santos da Silva, coordinateur du MST tué de 15 tirs au début du mois, dans la municipalité de Iguai, dans la région sud-ouest de Bahia.
Après cet acte, les paysans Sans Terre ont organisé une activité suivie d’une veillée à la Cour fédérale de Justice de l’État, pour faire pression au sujet des 49 zones de l’État qui ont été autorisés à bénéficier de la réforme agraire.
Mato Grosso
Dans la matinée de mercredi, les membres du MST ont effectué deux fermetures de routes dans le Mato Grosso. 200 Sans Terre ont fermé la route Br 070, près de la ville de Cáceres et 100 autres militants ont occupé la municipalité de Dom Aquino.

Maranhao
Environ 600 familles ont fermé la route BR 222 dans la municipalité de Chapadinho, Maranhão, pour exiger une plus grande rapidité dans le processus de dotation de terres aux plus de 3000 familles qui campent dans tout l’état.
Il y a cinq ans qu’aucune famille ne bénéficie de la légalisation de terres dans l’état de Maranhão où il y a 16 campements, certains ayant déjà 15 années d’existence. Selon Edivan Oliveira, de la coordination nationale du MST, la situation est tellement critique que les plus récents ont été montés il y a six ans.
Tocantins
Dans l’État de Tocantins, a eu lieu un rassemblement pour la défense de la réforme agraire et en l’honneur des 17 ans de massacre d’Eldorado dos Carajás, dans le Campement Sebastian Bezerra, situé près de la capitale Las Palmas.
Après l’activité, 150 personnes ont bloqué pendant 2 heures TO 050, qui relie le Port National á Las Palmas.
Rondônia
Les paysans Sans Terre dans l’État de Rondônia ont bloqué cinq tronçons de la route BR 364 pour exiger la légalisation de 800 familles qui vivent dans des campements.

Piauí
800 paysans Sans Terre ferme ont occupé la grande propriété Atalaia, à 30 km de Teresina, après la fermeture durant 21 minutes d’une avenue de la capitale mercredi. Hier, 600 personnes avaient occupé l’INCRA.
Goiana
500 militant(e)s du Mouvement Sans Terre ont occupé l’INCRA à Goiania
Traduction : Thierry Deronne
Source (portugais) : http://www.mst.org.br/content/mst-faz-mobiliza%C3%A7%C3%B5es-em-17-estados-no-distrito-federal-e-tranca-60-rodovias
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/22/le-mouvement-des-sans-terre-se-mobilise-dans-18-etats-dont-le-district-federal-et-bloque-plus-de-60-routes-dans-tout-le-bresil/
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Par Wesley Lima, de la page du MST
Le dirigeant du Mouvement des Sans Terre, Fábio Santos da Silva, assassiné le 2 avril de quinze balles par des hommes de main, à Iguaí, dans la région sud-ouest de Bahia, a été enterré ce 3 avril 2013.
La veillée funèbre avait commencé dans la Communauté Rurale Ribeirão das Flores, s’est poursuivie à la Chambre Municipale d’Iguaí, pour que les citoyens puissent accompagner et partager le deuil et la douleur de la famille, des amis et des compagnes et des compagnons de lutte.
A la sortie de la Chambre Municipale, la famille, les amis et les militants du Mouvement des Sans Terre ont réalisé une marche pour accompagner le cercueil jusqu’aux portes de la ville. Les percussions, les slogans repris en choeur et toutes sortes de musiques ont exprimé l’indignation générale.
“Cette marche a pour but de nouer un dialogue avec la société, dans le sens de dénoncer les faits et d’exiger au pouvoir judiciaire que justice soit faite et que les assassins ne restent pas impunis” a déclaré le Député Fédéral Valmir Assunção (Parti des Travailleurs de Bahía, PT-BA).
La direction du Mouvement des Sans Terre affirme que les milittants de la région subissent des menaces continuelles dans le but de fragiliser la lutte, et d’éviter ainsi de nouvelles mobilisations et occupations de terres.
Après la marche la dépouille mortelle a été ramenée à la Communauté rurale pour y être enterrée en présence de la famille.
“Combien de fois nous les paysans et travailleurs serons-nous assassinés ? C’est ce genre d’action, menée par des mercenaires, lâche et cruelle, que nous subissons dans les zones rurales du Brésil. Cet assassinat, qui a toutes les caractéristiques d’une exécution, ne peut rester impuni. Fábio, qui fut également un candidat au poste d’échevin pour le Parti des Travailleurs (PT) dans la région, était un grand lutteur, combattant et militant des causes sociales. Comme tous les militants du MST, il voulait voir la réforme agraire mise en œuvre. Compagnon Fabio, ici, nous allons continuer ton combat. Je me solidarise avec la famille. Fabio, présent, présent, présent !" Sur ces mots s’est conclue la cérémonie.
Historique
Depuis 2010, à partir des occupations réalisées par les familles du campament Mãe Terra, à Iguaí, les militants du Mouvement des Sans Terre de la région ont commencé à recevoir des menaces des grands propriétaires.
Face aux menaces, le Mouvement a convoqué une réunion avec le Médiateur Agraire, pour dénoncer publiquement cette offensive des grands propriétaires contre la lutte pour la redistribution de la terre en vertu de la réforme agraire. Rien n’a été fait.
C’est dans ce marasme que Fábio Santos a été assassiné. C’est pourquoi les Sans Terre exigent la justice de la part du pouvoir judiciaire.
Violence dans les zones rurales
Selon la Commission Pastorale de la Terre (CPT) on a compté 29 assassinats de travailleurs ruraux lors de conflits pour la terre en 2011. Un nombre moindre qu’en 2010, quand furent assassinés 34 travailleurs.
Entretemps il y a eu une augmentationde près de 178% pour le nombre de travailleuses et travailleurs ruraux menacés de mort.
Les données démontrent que dans les zones rurales, dans les quatre premiers mois de 2010, 12 travailleurs ont été assassinés dans des conflits ruraux. Dans la même période en 2011, huit avaient été tués.
Ce qui démontre que la violence continue et que l’impunité persiste face aux assassinats et aux menaces.
Source : http://www.mst.org.br/Sem-Terra-cobram-justica-durante-enterro-de-dirigente-do-MST-na-Bahia
Traduction : Thierry Deronne
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/05/quand-prendra-fin-le-massacre-des-militants-sans-terre-par-les-mercenaires-de-lagro-business-aux-bresil/
Classé dans : Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, réforme agraire
4 avril 2013, de la page du MST
Ce mercredi 3 avril 2013, les Sans Terre de l’État de Sergipe ont célébré l’occupation, la mise en production de l’ex-grande propriété Japao, transformée aujourd’hui légalement en projet d’unité productive "Daniel Ricardo" dans la municipalité de Canindé de San Francisco (Haut Sertao de Sergipe).«Pour les 43 familles de l’unité agricole, c’est un jour empreint d’une grande joie : grâce à notre combat, cette terre nous appartient», a déclaré Laurena Barbosa dos Santos, coordinatrice de l’unité.
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Il y a huit ans, lorsque les familles MST ont occupé le grand domaine improductif Japao, l’ancien propriétaire a réagi avec brutalité. «Une nuit, le fils du grand propriétaire et dix hommes armés ont incendié notre campement», se rappelle Barnabas, un des premiers à s’être installé sur ces terres. «Nous n’avons pu que récupérer quelques affaires et partir. La plupart des baraques furent brûlées. Tout le monde a dû déménager dans un autre campement sur le bord de la route».
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Cependant, les familles n’ont pas abandonné le combat et ont reconquis les terres, démontrant une fois de plus que seule la lutte sociale apporte des conquêtes pour la classe des travailleurs. La terre a été remise aux familles des Sans Terre grâce à l’accord signé entre le gouvernement de l’Etat de Sergipe et l’Institut national de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA).
Selon Gileno Damascena Silva, dirigeant du MST de Sergipe, «la reconnaissance de la propriété de Japao conclut le cycle du premier Accord de la Terre, qui a permis l’établissement légal de plus d’un millier de familles dans le Haut Sertao de Sergipe». L’unité agricole a été baptisée Daniel Ricardo, en l’honneur de Daniel Ricardo dos Santos, fils de la région de Canindé, grand ami et militant de la cause des premiers campements du Mouvement des Sans terre, décédé cette année.
Des dizaines de producteurs et d’habitants des campements du MST Sergipe ont participé à cette activité, ainsi que des personnalités et des représentants de l’État. Le vice-gouverneur de l’Etat de Sergipe, Jackson Barreto (PMDB), a réaffirmé l’importance de la réforme agraire et de la lutte du MST en faveur du développement du Brésil.
Source : http://www.mst.org.br/node/14609
Traduction : Thierry Deronne
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/04/les-sans-terre-conquierent-une-unite-productive-de-plus-dans-letat-de-sergipe/
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Classé dans : École rurale, Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production

Au bout de dix ans de lutte, les familles installées dans l’unité productive Valmir Mota de Oliveira, à Cascavel, état de Parana, viennent d’obtenir une grande victoire. Leur école a été reconnue comme l’école municipale « Zumbi dos Palmares », par voie du décret n ° 11.167 du 6 mars 2013, publié au Journal Officiel du 13 mars de cette année. «Cette école est une nouvelle étape dans le long cours de la lutte et de la résistance», a déclaré Izabel Geni, coordinatrice régionale du MST. 
L’école itinérante « Zumbi dos Palmares » a commencé ses activités en 2003, dans le campement Dorcelina Folador,à l’intérieur de la grande propriété Complexo Cajati. Comme les écoles de la ville n’étaient pas capables d’accueillir tous les enfants et les jeunes du campement, les familles se sont vues dans la nécessité de construire leur propre centre d’études et initialement les Sans Terre ont construit l’école avec les ressources disponibles, c’est-à dire avec des bâches de plastique noire. L’école a commencé par organiser les premières années scolaires, et un an plus tard, en 2004, a offert ses services aux familles d’un autre campement qui se trouvait sur la même grande propriété. Sans salles de classe adéquates, la seule issue était de faire la classe au milieu des champs d’avoine.
En 2010, 83 familles ont pu s’installer légalement dans une partie de la grande propriété de Cajati, et c’est ainsi que fut créée l’unité productive Valmir Mota de Oliveira. L’école itinérante « Zumbi dos Palmares » devint alors partie prenante de cette nouvelle réalité, passant des classes maternelles à celles de l’école primaire et secondaire.

Études garanties
Aujourd’hui, l’école compte 240 élèves, des classes initiales aux classes finales, et s’appuie sur une équipe de 11 enseignants d’éducation primaire et secondaire, et cinq éducateurs pour l’enseignement maternel et primaire.
Pour l’élève Marli dos Reis, de la 1ère année de secondaire, «étudier ici est bien mieux car en ville il y trop d’élèves dans les classes et on ne dispose pas de l’accompagnement de l’enseignant. Ici, nous avons cette possibilité».
Cette reconnaissance de l’école, rebaptisée « école municipale rurale Zumbi dos Palmares », oblige la municipalité à prendre en charge ses besoins.
Les travailleurs de l’unité agricole ont également introduit la demande de création d’une école pour prendre en charge l’État de Parana, mais les familles attendent toujours la conclusion des autorisations légales pour initier les constructions. L’idée est de construire un bâtiment supplémentaire à côté de l’école municipale, qui recevra aussi le nom du combattant afrodescendant Zumbi dos Palmares.
Pour pouvoir continuer le processus, les familles attendent la lettre que le Secrétaire de l’Education municipale doit envoyer à l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA), demandant l’octroi d’utilisation du terrain et ainsi pouvoir commencer les travaux.
Source : http://www.mst.org.br/node/14605
Traduction : Thierry Deronne
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Classé dans : Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, violations des droits humains par l'agrobusiness
De la Page du MST, 2 avril 2013
Le matin du mardi 2 avril 2013, Fábio dos Santos Silva (photo), dirigeant du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre de l’État de Bahia, a été sauvagement exécuté par des hommes armés devant sa femme et son enfant.
L’information est fournie par M. Valmir Assomption (Parti des Travailleurs de l’État de Bahia) :
«Nous sommes bouleversés et révoltés à l’heure de dénoncer l’assassinat du dirigeant du MST de Bahia, Fábio dos Santos Silva. Fabio a été exécuté en fin de matinée de 15 tirs effectués devant sa compagne et un enfant qui se rendaient en voiture à Palmerinha, district proche de Iguaí, dans le sud de Bahia.
Selon la compagne de Fabio, une moto a intercepté la voiture et deux mercenaires ont exécuté Fabio. Lui qui avait déjà été menacé de mort dans la région de Iguaí où les propriétaires terriens refusent la démocratisation de la terre et la présence de trois unités productives et d’un campement des travailleurs ruraux sans terre, vient de perdre la vie. Je me demande combien de nos paysans et de nos ouvriers devront encore être tués ? C’est ce genre d’action, menée par des mercenaires, lâche et cruelle, que nous subissons dans les zones rurales du Brésil. Cet assassinat, qui a toutes les caractéristiques d’une exécution, ne peut rester impuni.
Fábio, qui fut également un candidat au poste d’échevin pour le Parti des Travailleurs (PT) dans la région, était un grand lutteur, combattant et militant des causes sociales. Comme tous les militants du MST, il voulait voir la réforme agraire mise en œuvre.
Compagnon Fabio, ici, nous allons continuer ton combat. Je me solidarise avec la famille.
Fabio, présent, présent, présent !
Le Mouvement des Sans Terre est en deuil. "
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/03/un-dirigeant-du-mouvement-des-sans-terre-execute-de-15-balles-dans-letat-de-bahia/
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Le travailleur rural et militant du Mouvement des Sans Terre a été assassiné par des tueurs à gage le 25 janvier 2013, aux alentours de la raffinerie sucrière Cambahyba, dans la municipalité de Campos dos Goytacazes (RJ).
Cícero a été atteint par des tirs à la tête alors qu’il quittait l’unité productive à bicyclette. Né à Alagoas, il fut coupeur de canne et coordonnait l’occupation par le Mouvement des Sans Terre dans la raffinerie qui regroupe sept haciendas pour un total de 3.500 hectares.
Cette grande propriété fut considérée improductive par décision du juge fédéral Dario Ribeiro Machado Júnior, qui a été rendue publique en juin. La zone appartenant au défunt Heli Ribeiro Gomes, ex-vice-gouverneur "bionique" (1) de Rio, est aujourd’hui sous le contrôle de ses héritiers.
Cícero Guedes était membre de l’unité productive Zumbi dos Palmares créée en 2002 sur le site Brava Gente, au nord de Rio de Janeiro mais il continuait à lutter pour la réforme agraire. Il était devenu une référence dans la construction des connaissances en agro-écologie tant parmi les compagnons du Mouvement Sans Terre que parmi les étudiants et les professeurs de l’Université do Norte Fluminense.
Sur son terrain il développait des techniques agro-écologiques avec une diversité de plantes, dans le respect de la nature et en profitant de tout ce qu’elle pouvait donner. Il a commencé avec une plantation près de chez lui avec une couverture de fleurs qui a permis d’embellir sa propriété et aussi de dégager une source de revenus. Cícero était aussi connu pour sa production intensive de bananes, cultivée parmi des légumineuses, du maïs et des espèces fruitières. Les enfants ont grandi en observant le développement de l’expérience et ont appris avec leur père comment produire des aliments de meilleure qualité que ceux du supermarché.
Dès que le producteur agricole Cícero Guedes dos Santos a occupé son terrain en 2002, il a mis en place son vieux projet de développer une diversité de plantations dans le respect de la nature, une expérience proposant un nouveau type de conscience et affirmant le sentiment croissant jour après jour de la nécessité de préservation et d’équilibre.
La violence des grandes propriétés terriennes
Ce complexe d’haciendas est le théâtre de tout type de violences : exploitation du travail infantile, exploitation de main d’oeuvre esclave, absence de paiement des droits et des indemnisations aux travailleurs, en plus de crimes environnementaux.
En décembre 2012 l’INCRA (Instituto Nacional de Colonização e Reforma Agrária) a pris l’engagement de créer une unité productive dans la zone de la raffinerie mais jusqu’à aujourd’hui on n’observe aucune avancée concrète dans l’octroi de terres aux familles de producteurs.
La mort du compagnon Cícero est la conséquence de la violence des grandes propriétés, de l’impunité des meurtres de militants Sans Terre et de la lenteur de l’INCRA à répartir les terres improductives aux mains des petits producteurs et pour mettre en oeuvre la réforme agraire. Le Mouvement des Sans Terre exige que less coupables soient jugés, condamnés et emprisonnés.
Les grandes propriétés de la raffinerie Cambahyba accumulent des dettes de millions de Reales avec l’État brésilñien et leur processus de désappropriation est paralysé depuis 14 ans — l’INCRA avait alos déclaré ces terres improductives et donc sujettes légalement à l’expropriation aux fins en vertu de la réforme agraire.
Cependant la dette de la raffinerie sucrière ne se limite pas à l’aspect financier. En mai 2012 les brésiliens ont été horrifiés par les révélations selon lesquelles les fourneaux de Cambahyba furent utilisés pour incinérer les corps de 10 militants polítiques sous la dictature civile et militaire. Les aveux du délégué du Département d’Ordre Politique et Social (Dops), Cláudio Guerra, publiés dans le livre “Mémoires d’une guerre sale", ont été largment repris dans la presse.
Jusqu’à aujourd’hui cependant, la Justice Fédérale empêche l’expropriation de la zone et a décidé d’expulser violemment les familles qui revendiquent la terre. C’est la deuxième fois que le MST réalise une occupation de la raffinerie.
La première fut en 2000. Sept ans plus tard, les Polices Fédérale et Militaire par décision de la justice Fédérale de Campos , ont expulsé les 100 famílles qui avaient créé le campement Oziel Alves II.

Sur les lieux de l’assassinat. Le corps de Cicero est recouvert de la bannière des Sans Terre.

Note:
(1) Ce terme désigne au Brésil des gouverneurs nommés sous la dictature militaire, sans suffrage populaire
Traduction du portugais : Thierry Deronne
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URL de cet article: http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/01/31/cicero-guedes-coordinateur-de-lusina-cambahyba-est-assassine-a-rio/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Occupation de grandes propriétés et mise en production, violations des droits humains par l'agrobusiness
De la page du MST
Vers 17 heures ce dimanche 23 décembre, a été assassiné Mamede Gomes de Oliveira, militant historique du MST de l’État du Pará. Il avait 58 ans.
"Seu Mamede" a été tué sur sa terre dans la région métropolitaine de Belém, de deux balles tirées par Luis Henrique Pinheiro, qui a été arrêté après ce meurtre.
Né à Piauí, Mamede vécut dans son enfance à Pedreira, dans l’État de Maranhão, d’où il partit vivre dans l’État de Pará.
Il militait dans les Communautés Ecclésailes de Base (CEBs), dans la municipalité d’Ananindeua, avant de participer à l’occupation de l’Hacienda Taba en 1999, aujourd’hui devenue l’Unité Productive "Martyrs d’avril". C’est au cours de cette période qu’il est devenu militant du Mouvement des Sans Terre.
Grand lutteur et défenseur de l’agroécologie, il n’a jamais abandonné le combat. Il faisait preuve d’une conviction absolue dans sa lutte contre le capital et fut toujours un bon dirigeant et éducateur.
Mamede était une grande référence dans la pratique de l’agro-écologie et avait créé la Terre Agro-écologique de Production Organique – (Lapo), où il développait ses propres expériences d’agriculture familiale pour la commercialisation et la consommation interne.
Mamede Gomes de Oliveira n’est pas une victime de plus d’une violence banale comme tentent de le faire croire les grands médias de la région.
Le MST exige que l’assassinat de “seu Mamede” soit éclairci et ne tombe pas impunité.
Dans la vidéo visible ici : http://www.mst.org.br/content/seu-mamede-militante-do-mst-e-assassinado-no-para (juillet 2011), Seu Mamede présente la production agro-écologique.
Il s’agit de l’expérience qu’il avait développée (Lote Agroecológico de Produção Orgânica (Lapo).
La production a transformé une zone de fourrage et de coco en un système diversifié qui comporte plus de 80 espèces végétales. "Les gens tentent de diversifier les cultures au maximum" explique Mamede Oliveira en tant que membre de cette unité productive : dans la Lapo, entre autres choses, on produit du miel, de la gelée royale, du coco, de la banane (11 variétés), de l’açaí (baies), du cupuaçu (fruit), des haricots caubí, du manioc, en plus de fleurs.
"La santé et l’agro-écologie sont inséparables. Il faut que les gens relient ces deux choses car elles sont indissociables. Pour l’agriculture paysanne, c’est d’une grande importance, c’est ce qui fait la différence avec l’agro-business" précise-t-il.
Source de cet article : http://www.mst.org.br/content/seu-mamede-militante-do-mst-e-assassinado-no-para
Traduction du portugais : Thierry Deronne
Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article: http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/24/video-seu-mamede-militant-du-mouvement-des-sans-terre-et-grand-defenseur-de-lagro-ecologie-assassine-dans-letat-du-para/
Classé dans : Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, réforme agraire, répression de l´Etat
“Sur l’hacienda Gama pèse de forts soupçons d’accaparement. Si cette terre est publique, nous attendons du gouvernement qu’il la destine à la réforme agraire. La terre est abandonnée, il n’y a que de l’herbe sèche. Pourquoi ne pas créer une unité productive destinée aux travailleurs qui vont produire des aliments pour la société ?" s’indigne Edimar Tavares, membre du Mouvement des Travailleurs Sans terre de Brasilia et ses environs.
«Nous avons quitté l’hacienda Gama, suivant l’accord du lundi avec le médiateur agraire national. Toutefois, le gouvernement du District Fédéral (GDF) ne nous a pas présenté d’alternative. Le gouvernement n’a même pas assisté à la réunion», a expliqué Edimar Tavares.
Ce mardi (4/12), les familles du campement du 22 août ont donc quitté les terres occupées de l’hacienda Gama pour occuper une autre zone située du District Fédéral -473 appartenant à Terracap, organisme chargé des dossiers immobiliers du gouvernement de Brasilia. Ce site-ci a servi à la plantation d’eucalyptus, mais est actuellement abandonné et improductif. Le groupe est sous forte pression de la police.

Edimar a dénoncé l’action du Gouvrnement du District Fédéral à l’hacienda Gama. «Ils détruisent nos cabanes. Une unité productive voisine nous a aidé à sauver le peu que nous avons, mais nous exigeons du gouvernement d’arrêter de faire passer des buldozzers sur les biens des familles».

Source : http://www.mst.org.br/node/14160
Traduction: T. Deronne
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/07/a-brasilia-la-police-expulse-les-sans-terre-qui-veulent-produire-des-aliments-sur-des-terres-publiques-abandonnees/
Classé dans : Agro-écologie, Éducation populaire et développement de la culture, Formation, Histoire, Occupation de grandes propriétés et mise en production
Mais la principale production de Terra Vista est la connaissance qui s’acquiert en réunissant les savoirs des producteurs ruraux, l’éducation technique, à la formation des citoyens de demain.
Cette vidéo a été produite pendant la formation de l’Équipe de Collaborateurs de Communication de la Ière Journée d’Agro-écologie de l’État de Bahia.
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/06/la-vie-dans-lunite-productive-terra-vista-racontee-en-video-par-les-habitants/
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Entraves judiciaires et politiques, Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, Production, Solidarité internationale
30 novembre 2012
Por José Coutinho Júnior
De la page du MST
Les habitants de l’unité productive Milton Santos ont reçu le 29 novembre l’avis d’une décision de justice sur la reprise de possession de la zone par la raffinerie de canne à sucre Ester. Les habitants ont 15 jours pour quitter les lieux, faute de quoi ils seront expulsés par les Police militaire et Fédérale.
Bien que l’installation des familles sur ces terres improductives avait été reconnue par l’Institut de Colonisation et de la Réfprme Agraire (Incra) il y a sept ans, une brèche légale trouvée par la famille Abdala (ancien propriétaire de la zone), conjointement avec la raffinerie sucrière Ester qui entoure cette unité productive, leur a permis de mener une action en justice qu’ils ont gagnée en seconde instance.
Localisée dans les municipalités de Americana et Cosmópolis (État de Sao Paulo), l’Unité productive Milton Santos a toujours produit des aliments pour la région au long des dernières années, en plus d’être en cours de reconnaissance par la EMBRAPA comme unité productive modèle de la Région pour sa production agro-écologique.
Une part de la production est destinée aux différentes entités des municipalités voisines, par le biais du Projet de Donation Simultanée.
Les producteurs installés sur ces terres ont bénéficié de fonds d’investissement de programmes gouvernementaux, et ont créé une île de production d’aliments et de biodiversité au milieu d’une mer de monoculture de canne à sucre.
Un projet de décret d’Expropriation pour Intérêt Social du site Boa Vista a été envoyé à la présidente Dilma Rousseff. L’expropriation d’intérêt social, selon la loi Nº 4.132, du 10 septembre 1962, prévoit qu’elle “sera decrétée pour promouvoir la juste distribution de la propriété ou de conditionner son usage au bien-être social, sous la forme de l’art. 147 de la Constitution Fédérale”. Si la Présidente signe, les producteurs resteront à Milton Santos.
“Actuellement les paysans se réunissent pour déterminer les meilleures formes de mobilisation et de pression pour que cet ordre d’expulsion ne soit pas exécuté” explique Maria de Fátima da Silva, de la Direction du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre dans cet État et membre de la communauté des producteurs agricoles de Milton Santos.
On peut signer une pétition publique ici : http://www.peticaopublica.com.br/PeticaoAssinada.aspx?pi=AMS2012
Traduction du portugais : Thierry Deronne
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/02/sept-ans-apres-leur-reconnaissance-legale-les-producteurs-agricoles-de-lunite-milton-santos-recoivent-un-avis-dexpulsion/







