mouvementsansterre


Le Mouvement des Sans terre entre dans la campagne pour la démocratisation des médias au Brésil

Par Raquel de Lima, de la Campagne "Pour Exprimer la Liberté"
Spécial pour l
a page du MST

Au Brésil la dictature médiatique incarnée par le système Globo criminalise quotidiennement les mouvements sociaux. Photo : les membres du Mouvement des Sans Terre signent le projet de loi lancé publiquement le 1er mai 2013 pour la démocratisation de la propriété des médias.

La lutte des travailleurs ruraux  pour la Réforme Agraire et pour la Justice Sociale, revendications du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), est criminalisée quotidiennement par les médias brésiliens.

Pour les militants qui participent au lancement du Projet de Loi des Médias Démocratiques depuis le premier mai 2013, jour des travailleurs, c’est une réalité qui implique le besoin de changer les communications dans le pays.

Organisé par la campagne “Pour exprimer la liberté”, l’évènement a eu lieu dans le campement national permanent Hugo Chavez, organisé par le Mouvement des Sans Terre, à Brasilia. En plus de la présentation du projet de loi s’est déroulé un débat et une collecte de signatures par les participants.

Qui doute encore que les médias sont l’outil central par lequel le capitalisme naturalise l’exploitation sous toutes ses formes, reproduit son idéologie, interfère avec le droit des électeurs à rejeter l’ordre néo-libéral ? L’Argentine a montré la voie en divisant en trois tiers l’ensemble de ses ondes radio et TV, et pour la première fois, en 2013, le Brésil brise le tabou. Face au quasi monopole de l’image de la société brésilienne de la part du système Globo, le Parti des Travailleurs (PT), la CUT (première centrale syndicale du pays) ou le Mouvement des Travailleurs Sans Terre réclament à leur tour la fin de la dictature médiatique. Une loi d’initiative populaire est soumise aux signatures des citoyens dans tout le Brésil. Lors du débat qui a fait le plein de public á Brasilia les Sans Terre ont dénoncé les intérêts économiques et politiques qui  empêchent l’accès des travailleurs aux médias, et aux radios communautaires locales.

Si c’est une radio communautaire, elle doit être pour nous. La radio communautaire dans ma région est celle des propriétaires d’usine” selon  Batatinha, militante du MST dans l’état de Sergipe.

Les Sans Terre ont évalué l’inégalité de la lutte en termes de communication :  les télévisions et radios, locales et nationales, criminalisent les protestations du mouvement pour l’accès à la terre. Avec leurs messages négatifs sur les occupations, "ils poussent les communautés à s’y opposer", témoigne un des travailleurs Sans Terre.

midia brasil 2013

La chape des médias a empêché la société d’exprimer librement ses droits, sa vision politique, son idéologie” explique Geraldo Gasparin, membre de la coordination du campement Hugo Chavez. “Malheureusement le gouvernement, à travers le Ministre des Communications, ne participe pas ni ne prend position dans le débat de la société civile pour un Cadre de Régulation des Communications, ce qui oblige la société à agir. Le campement participe à cette lutte”.

Le projet de loi, comme initiative populaire, réglemente  les articles de la Constitution qui portent sur les radios et télévisions. Le but est de destiner un tiers des fréquences aux radios et aux télévisions publiques (dont 15 % de médias communautaires) en plus de garantir la production de contenus locaux et régionaux.

La proposition prévoit également la création d’un Fonds National de Communication Publique pour appuyer les chaînes publiques et communautaires, en plus de définir des règles pour empêcher la formation de monopoles dans la propriété des médias.

Source : http://www.mst.org.br/MST-entra-na-campanha-por-democratiza%C3%A7%C3%A3o-dos-meios-de-comunica%C3%A7%C3%A3o

Traduction du portugais : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/12/le-mouvement-des-sans-terre-entre-dans-la-campagne-pour-la-democratisation-des-medias-au-bresil/



Le massacre de Carajás et le pacte des latifundistes avec le pouvoir judiciaire, par Joao Pedro Stedile.
eldorado
Dans le cadre d’une marche pacifique, plus de mille paysans organisés par le Mouvement des Sans Terre (MST) cheminaient sur une route qui relie Parauapebas à Marabá le 17 avril 1996. Ils étaient guettés par deux bataillons de la Police Militaire dans une localité connue sous le nom de Curva de la S, dans la commune d’Eldorado de Carajás. Un bataillon sortit de Parauapebas et l’autre de Marabá, avec des camions qui bloquèrent la route des deux côtés.
Ainsi débuta un massacre prémédité, exécuté afin d’infliger une leçon à ces « vagabonds venus du Maranhão », comme l’ont exprimé les policiers lors des audiences du procès. Ces derniers quittèrent la caserne sans porter l’uniforme les identifiant, avec des armes lourdes et des balles réelles. Le commando de Marabá avisa les services de secours et l’Institut Médico-Légal (IML) afin qu’ils soient de service…
Le jugement démontra qu’outre les ordres donnés explicitement par Paulo Sette Cámara, secrétaire à la sécurité du gouvernement d’Almir Gabriel, l’entreprise Vale do Rio Doce finança l’opération, assumant tous les frais, parce que la manifestation des sans-terre sur la route empêchait la circulation de ses camions.
L’épisode s’est soldé par 19 morts sur le coup, sans droit à la défense, 65 blessés en incapacité de travail et 2 morts dans les jours qui suivirent. Le leader Oziel de Silva, âgé de 19 ans seulement, fut arrêté, menotté et assassiné à force de coups, devant ses compagnons, alors qu’un policier lui ordonnait de crier « Vive le MST ».
Ces épisodes figurent dans les actes du procès de plus de mille pages et furent décrits dans le livre « La Masacre » du journaliste Eric Nepomuceno (Editions Planeta). Après 17 ans, seuls les deux commandants militaires qui étaient reclus dans un appartement de luxe des quartiers de Belén furent condamnés.
Le colonel Pantoja tente toujours de sortir de prison et demande à purger sa peine de 200 ans sous forme d’arrêt domiciliaire. Les autres responsables du gouvernement fédéral et de l’Etat ainsi que ceux de l’entreprise Vale furent déclarés innocents. La justice se contenta de présenter deux boucs émissaires à l’opinion publique.
mstvcreporterrobertomeira

Impunité des grands propriétaires terriens

Dans tout le Brésil, le scénario est identique : depuis le retour à la démocratie, plus de 1700 leaders des paysans et sympathisants de la lutte pour le droit à la terre ont été assassinés. Seuls 91 cas ont fait l’objet d’un jugement et à peine 21 auteurs moraux ont été condamnés.
Le Massacre de Carajás s’inscrit dans la pratique traditionnelle des latifundistes brésiliens, qui avec leurs bandits fortement armés ou par le biais du contrôle de la Police Militaire et du pouvoir judiciaire, s’approprient des terres publiques et préservent des privilèges de classe, commettant systématiquement des crimes qui demeurent impunis.
Leurs agissements répondent au rapport de forces politiques. Sous le gouvernement de José Sarney, face à l’avancée des luttes sociales et de la gauche, ils fondèrent l’UDR (Union Démocratique Ruraliste). Ensuite, ils s’armèrent jusqu’aux dents, au mépris de toutes les lois. C’est durant cette période que furent perpétrés la majorité des assassinats. Les latifundistes poussèrent la vanité jusqu’à présenter leur propre candidat à la présidence, Roberto Encalado, qui fut solennellement rejeté par la population brésilienne en obtenant 1% des voix.
Sous les gouvernements de Fernando Collor et Fernando Henrique Cardoso, après la déroute du projet démocratico-populaire et de la lutte sociale qui se concentrait autour de la candidature de Luiz Inácio Lula de Silva en 1989, les grands propriétaires jouirent de leur victoire et utilisèrent leur hégémonie au sein de l’Etat pour contrôler manu militari la lutte pour la terre. Durant cette période se produisirent les massacres de Corumbiara (RO) en 1995 et celui de Carajás.
Lula arriva au pouvoir en 2003, lorsqu’une partie des latifundistes s’étaient modernisés et préférèrent faire alliance avec le gouvernement, malgré le soutien qu’ils avaient apporté à la candidature de José Serra. En échange, ils reçurent le ministère de l’Agriculture. Par cette voie plus pernicieuse et idéologique, ils réussirent une démonstration de force et envoyèrent des signes afin de démontrer « qui commandait dans les faits à l’intérieur et sur les terres », plus encore après que Lula avait enfilé la casquette du MST.
Dans ce contexte eurent lieu deux autres massacres, aux accents pervers. En 2004, à peu de kilomètres de Planalto Central, dans la municipalité de Unaí (MG), une bande de latifundistes fit assassiner deux fonctionnaires du ministère du Travail chargés du contrôle et le conducteur du véhicule, alors que ces derniers se dirigeaient vers une hacienda dans le cadre d’une inspection relative au travail esclave. Un des deux propriétaires fut élu maire de la ville pour le PSDB et à l’heure d’aujourd’hui, le crime est toujours impuni. L’Etat n’a pas eu le courage de défendre ses serviteurs.
Le second massacre se déroula en novembre 2005, dans la municipalité de Felisburgo (MG) lorsque le propriétaire illégal Adriano Chafik décida de venir à bout d’un campement du MST. Chafik se rendit avec ses hommes armés à l’hacienda et dirigea personnellement les opérations un samedi après-midi. Durant l’attaque, ils tirèrent directement sur les familles et incendièrent les baraquements ainsi que l’école. Au total, cinq paysans furent assassinés et il y eut des dizaines de blessés. Après huit jours d’attente, le tribunal judiciaire de Minas Gerais fixa le jugement du propriétaire au 15 mai, à Bello Horizonte. Espérons que justice soit faite.
Les grands propriétaires pernicieux – qui heureusement ne sont pas la majorité – agissent ainsi parce qu’ils ont la certitude absolue de leur impunité, grâce au pacte qui les unit aux pouvoirs locaux et au pouvoir judiciaire. Ces dernières années, leur attention s’est focalisée sur le pouvoir législatif, où ils soutiennent la dénommée « Bancada Ruralista » par le biais de laquelle ils cherchent à modifier les lois et à se protéger de la législation en vigueur.
Ils ont déjà apporté des changements au Code Forestier et empêchent l’application de la loi qui oblige l’expropriation des terres des grands propriétaires recourant au travail esclave. Chaque année, la Police Fédérale libère en moyenne deux mille êtres humains du travail esclave. Toutefois, les latifundistes poursuivent ces pratiques, soutenus par l’impunité du pouvoir judiciaire.
Ils eurent le culot d’élaborer des projets de loi contraires à la Constitution afin d’empêcher la démarcation des terres indigènes déjà reconnues, de légaliser la location des aires délimitées et de permettre l’exploitation des minéraux existants. Ils ont également présenté des projets visant à entraver l’attribution de titres de propriété des terres des communautés quilombolas.
Une série de projets ont été présentés pour libéraliser l’utilisation de pesticides interdits dans la majorité des pays, répertoriés par la communauté scientifique parmi les substances cancérigènes, et pour empêcher que les consommateurs ne puissent distinguer les produits transgéniques. Pourquoi ne veulent-ils pas étiqueter les produits OGM s’ils garantissent qu’ils sont totalement sûrs pour la santé des personnes ?
L’avidité du gain des grands propriétaires n’a pas de limites. Dans les campagnes, ils ont recours plus fréquemment à la violence physique et aux assassinats. Toutefois, cette avidité a des conséquences directes sur toute la population, dans la mesure où elle permet l’appropriation des terres publiques, l’expulsion des paysans des zones rurales qui vont gonfler les favelas et l’utilisation indiscriminée des pesticides qui finissent dans votre estomac et sont cancérigènes. Malheureusement, tout cela est couvert par des médias serviles et manipulant l’opinion publique.

images

João Pedro Stedile est membre de la Coordination Nationale du MST et de la Via Campesina Brésil.

Traduction : Milena Merlino

Source : http://www.alainet.org/active/63734

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/02/le-massacre-de-carajas-et-le-pacte-des-latifundistes-avec-le-pouvoir-judiciaire-par-joao-pedro-stedile/



Le Mouvement des Sans Terre se mobilise dans 18 États dont le district fédéral et bloque plus de 60 routes dans tout le Brésil

17 avril 2013, de la page du MST

17 ans après le massacre d’Eldorado dos Carajás (État du Pará), à la mémoire des 21 militants sans terre assassinés en 1996, et pour exiger la reprise de la réforme agraire, le Mouvement Sans Terre a organisé des manifestations dans 18 états et dans le District fédéral.

Le MST exige de la présidente Dilma Rousseff un plan d’urgence pour la légalisation de terres en faveur des 150.000 familles paysannes qui vivent encore dans des campements au Brésil et c’est pour appuyer cette revendication que les sans terre ont bloqué 60 autoroutes, occupé des terres improductives, des bâtiments publics, des mairies, ont organisé des marches et des actes politiques, effectué des dons alimentaires dans tout le pays.

Des manifestations ont eu lieu dans les États de Rio Grande do Sul, Ceará, Pernambuco, District Fédéral, Rio de Janeiro, Pará, São Paulo, Minas Gerais, Paraná, Bahia, Rio de Janeiro, Mato Grosso do Sul, Sergipe, Mato Grosso, Rondônia, Maranhão, Goiás, Tocantins et Piauí.

Depuis le début du mois d’avril, diverses initiatives ont été prises dans le cadre de la campagne nationale pour la réforme agraire dans ces différents Etats du Brésil. Le Mouvement des Sans Terre dénonce l’arrêt du processus de création des unités productives, à cause de la lenteur de l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA) et l’interférence du pouvoir judiciaire dans les processus d’expropriation de terres.

Il y a actuellement 523 procès liés à la réforme agraire au Brésil, dont 234 sont encore en cours  devant la Justice Fédérale. Il ya 69.233 grandes propriétés improductives dans le pays, qui contrôlent 228 millions d’hectares de terres (IBGE / Recensement de 2010) qui devraient être destinées à la réforme agraire en vertu de la Constitution.

Voici un bilan des protestations au 17 avril 2013.

Paraná

20 routes provinciales et fédérales ont été bloquées pendant 21 minutes par des centaines de travailleurs ruraux du MST, dans toutes les régions du Paraná, mercredi. Des routes ont été fermées à Cascavel, Ramilândia, Clevelândia, Renascença, Londrina, Guairaçá, Nova Esperança, Santo Inácio, Faxinal, Tamarana, Porecatu, Arapongas, Pitanga, Ivaiporã, Ponta Grossa, Rio Bonito do Iguaçu, Quedas do Iguaçu, Luiziana, et Mandaguar.

A Curitiba, 150 autres militants du MST ont tenu un rassemblement devant la Cour de justice de l’Etat pour demander le déblocage de la réforme agraire et la fin de l’impunité pour les crimes commis par les grands propriétaires fonciers. Rien qu’au Paraná, des 19 meurtres qui ont eu lieu entre 1994 et 2009, seuls quatre ont été jugés.

Pernambuco

Dans l’État de Pernambuco, le MST a continué les mobilisations avec le blocage des routes et de mairies mercredi. Environ 3200 travailleurs ont bloqué 12 routes nationales. En outre, les administrations municipales de Goiás, dans le Nord, et de Moreno, dans la région métropolitaine ont été occupés.

Environ 100 familles du Mouvement Sans Terre ont occupé ce mardi (16 avril), la Raffinerie Pimentel, située dans la ville de Santo Agostinho, dans la région métropolitaine de l’État de Pernambuco. Il s’agissait de la septième grande propriété terrienne (« latifundio ») occupée dans cet État au cours de cette semaine.

District Fédéral

Mercredi, environ 500 membres du Mouvement des Sans Terre ont défilé sur l’Esplanade des Ministères et face au Tribunal Suprême Fédéral (STF) à Brasilia. Les paysans sans terre ont organisé une manifestation devant ce Tribunal et devant le Ministère de la Justice.

Dans la matinée s’est tenue une audience publique à la Commission des Droits Humains du Sénat sur l’impunité et la violence dans les zones rurales, au cours de laquelle un hommage a été rendu aux morts du massacre de Eldorado dos Carajás.

A 11h, le MST et les fonctionnaires de l’INCRA et du Ministère de l’Agriculture ont réalisé une distribution gratuite de deux tonnes d’aliments sains, sans pesticides pour la population de Brasilia, sur la route du Plan Pilote. Parmi les produits distribués,  le manioc, la patate douce, le gombo, le haricot, les courges, les courgettes vert, tous produits dans les unités productives des zones rurales du district fédéral et des régions avoisinantes.

Sergipe

Dans l’État de Sergipe, 1600 paysans sans terre ont bloqué 10 routes à travers tout l’État, ce mercredi, en quatre points : l’échangeur de Japaratuba, Cristinápolis, l’échangeur d’Itaporanga et celui de Japoatã. Deux autres sections de la BR 235 ont été fermés : les échangeurs de Ribeirópolis et de Piñao.

Quatre autres routes nationales ont été bloqués dans les municipalités de Lagarto, Malhador, Canindé et  Gararu.

Dans la capitale Aracaju, 800 adhérents du MST ont réalisé une veillée face au Palais de Justice Fédérale, organisé une activité dans le quartier commerçant, mieux connu comme « la promenade » et occupé l’INCRA pour exiger une solution pour les plus de 10.000 familles qui vivent dans des campements dans tout l’état, depuis 16 ans. Il y a 20 terrains expropriables qui restent en souffrance devant les tribunaux.

Alagoas

Dans l’État d’Alagoas, ce mercredi, une marche a parcouru les rues de la ville d’Atalaia jusqu’au Forum de la Justice, oú sont déposés les dossiers des crimes liés aux conflits pour la terre dans la région.

Minas Gerais

Environ 200 paysans sans terre ont bloqué mercredi l’anneau routier de Belo Horizonte, à la hauteur du quartier Betania, dans l’ouest de la capitale, pendant 40 minutes. En plus de protester contre la mort des 21 militants sans terre à Carajás, ils exigent également la punition d’Adriano Chafik, qui a avoué le massacre à Felisburgo de cinq sans terre en 2004.

Ceará

Les manifestants du Mouvement Sans terre ont occupé dans la matinée du mercredi le siège de la Direction Nationale des Travaux contre la Sécheresse (DNCOS) à Fortaleza. Le Mouvement a exigé une rencontre avec les représentants de l’organisme pour discuter de plusieurs points concernant la sécheresse qui touche la région, l’une des pires de ces dernières années. Pour ce jeudi est prévue une rencontre avec le gouverneur de l’Etat Gomes Cid (PSB).

Rio Grande do Sul

Environ 1.500 membres des mouvements sociaux  MST, MAB, MPA, MMC, MD et du Réveil de la Jeunesse Populaire, ont occupé le bâtiment du ministère de l’Éducation de l’État de Rio Grande do Sul à Porto Alegre, mercredi.

La marche des manifestants est sortie de l’INCRA et du ministère des Finances, où ils campaient depuis hier. L’objectif de la protestation est d’exiger des investissements publics dans l’éducation publique dans les unités productives agricoles. Un comité composé de représentants des mouvements a été reçu par la secrétaire adjointe Maria Olalia.

Sao Paulo

Des centaines de paysans sans terre ont mené plusieurs actions dans l’état de São Paulo, ce mercredi. 150 familles des campements de la région de Laras ont occupé la grande propriété Nossa Senhora de Fátima, à Agudos.

A Ribeirão Preto, l’autoroute Anhanguera était fermée à hauteur du kilomètre 340 dans la municipalité de Sales de Oliveira, par 150 familles. Au cours des 21 minutes de fermeture de la route, la nourriture offerte au automobilistes par les Sans Terre s’est voulue une forme de dialogue avec la société et la démonstration des conquêtes de la réforme agraire.

A Sorocaba, 150 familles ont fermé la route Tavares Raposo, au km 166 (Itapetininga) pendant 21 minutes. Dans la vallée du Paraíba, les familles et alliés du MST ont occupé les bureaux de l’Institut Biosistêmico (IBS). Dans la région de Andradina brigades ont eu lieu des opérations de don du sang dans les villes de Araçatuba et de Fernandópolis.

Dans le grand São Paulo, les colons, militants et alliés du Mouvement des Sans Terre se sont réunis dans un groupe de travail et un acte politico-culturel dans le campement de la Commune de la Terre Irma Alberta.

Les militants et les familles qui vivent dans les unités productives de la région de Campinas se sont associées aux activités de la semaine de lutte pour la terre, à Limeira.

Mato Grosso do Sul

Les travailleurs ruraux du MST, avec des syndicalistes de la Centrale des travailleurs (CUT), ont fermé cinq tronçons de routes fédérales et de l’État dans l’État du Mato Grosso do Sul, mercredi.

En Sidrolandia les membres des unités productives  Emerson Rodrigues, 7 Septembre, Piuva, et les syndicalistes de la CUT, ont bloqué la route BR 060. Tout au long de l’action, les familles ont distribué des aliments et des brochures aux automobilistes.

Les familles des unités productives Ernesto Che Guevara, Ranildo da Silva, Santa Luzia et de la CUT ont bloqué la BR 163, à Nova Andradina.

A Nova Alvorada do Sul, la BR 167 a été fermée par le mouvement des sans terre de l’unité productive du 17 Avril et des unités productives Texeirinha et Florestan Fernandes. Des centaines de familles de l’unité Itamaraty ont distribué des tracts sur la BR 267.

Ont été également bloquées les routes nationales (MS-060, au KM 390 et MS-164, près de Ponta Pora). Durant 21 minutes, les manifestants ont occupé les routes et distribué de la nourriture et des dépliants aux automobilistes.

Rio de Janeiro

Le Mouvement des Sans Terre, avec le mouvement des personnes victimes de l’entreprise Vale, a organisé le mercredi un rassemblement devant l’Assemblée Générale des Actionnaires de la société au centre de Rio de Janeiro, pour dénoncer les violations commises par Vale, exigeant des réparations pour les groupes touchés.

Pour la première fois dans l’histoire de l’assemblée des actionnaires, cellec-i a été transférée dans les bureaux commerciaux de l’entreprise, à Barra da Tijuca.

Dans l’après-midi, s’est ouvert le débat «La lutte contre les entreprises dans la phase actuelle du capitalisme: l’articulation internationale des victimes de Vale" avec José de Echave (ancien vice-ministre de l’Environnement du Pérou), les mouvements sociaux et les membres nationaux et internationaux des victimes de Vale.

Pará

Deux mille jeunes sans terre du huitième campement pédagogique Oziel Alves Pereira ont fermé l’autoroute PA-150 à hauteur de la Cursa S, le mercredi matin, là où eut lieu le massacre de Eldorado dos Carajás.

L’autoroute a été fermée pendant 21 minutes, chaque minute en mémoire des ving-et-unes personnes tuées dans le massacre qui s’est produit il y a 17 ans.

Le campement, qui compte sur la participation de mouvements de jeunesse du reste du pays, organise depuis le 11 Avril pour une série d’activités de formation, avec une analyse de la situation nationale et la discussion sur le rôle des jeunes dans la lutte des classes.

A Belen, 400 travailleurs ruraux campent sur la Place des Martyrs d’Avril dans le centre de la capitale de l’Etat. Le nom de la place, en hommage aux travailleurs décédés en 1996, est aussi celui d’une sculpture de l’artiste danois Jens Galschiot, symbolisant le massacre.

Bahía

Les cinq mille militants du MST qui ont occupé  l’INCRA de Salvador ont tenu un meeting politique devant l’Assemblée Législative, ce mercredi. L’objectif était de rappeler les morts de Carajás et de demander que la justice soit faite sur l’assassinat de Fabio Santos da Silva, coordinateur du MST tué de 15 tirs au début du mois, dans la municipalité de Iguai, dans la région sud-ouest de Bahia.

Après cet acte, les paysans Sans Terre ont organisé une activité suivie d’une veillée à la Cour fédérale de Justice de l’État, pour faire pression au sujet des 49 zones de l’État qui ont été autorisés à bénéficier de la réforme agraire.

Mato Grosso

Dans la matinée de mercredi, les membres du MST ont effectué deux fermetures de routes dans le Mato Grosso. 200 Sans Terre ont fermé la route Br 070, près de la ville de Cáceres et 100 autres militants ont occupé la municipalité de Dom Aquino.

Maranhao

Environ 600 familles ont fermé la route BR 222 dans la municipalité de Chapadinho, Maranhão, pour exiger une plus grande rapidité dans le processus de dotation de terres aux plus de 3000 familles qui campent dans tout l’état.

Il y a cinq ans qu’aucune famille ne bénéficie de la légalisation de terres dans l’état de Maranhão où il y a 16 campements, certains ayant déjà 15 années d’existence. Selon Edivan Oliveira, de la coordination nationale du MST, la situation est tellement critique que les plus récents ont été montés il y a six ans.

Tocantins

Dans l’État de Tocantins, a eu lieu un rassemblement pour la défense de la réforme agraire et en l’honneur des 17 ans de massacre d’Eldorado dos Carajás, dans le Campement Sebastian Bezerra, situé près de la capitale Las Palmas.

Après l’activité, 150 personnes ont bloqué pendant 2 heures TO 050, qui relie le Port National á Las Palmas.

Rondônia

Les paysans Sans Terre dans l’État de Rondônia ont bloqué cinq tronçons de la route BR 364 pour exiger la légalisation de 800 familles qui vivent dans des campements.

Piauí

800 paysans Sans Terre ferme ont occupé la grande propriété Atalaia, à 30 km de Teresina, après la fermeture durant 21 minutes d’une avenue de la capitale mercredi. Hier, 600 personnes avaient occupé l’INCRA.

Goiana

500 militant(e)s du Mouvement  Sans Terre ont occupé l’INCRA à Goiania

Traduction : Thierry Deronne

Source (portugais) : http://www.mst.org.br/content/mst-faz-mobiliza%C3%A7%C3%B5es-em-17-estados-no-distrito-federal-e-tranca-60-rodovias

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/22/le-mouvement-des-sans-terre-se-mobilise-dans-18-etats-dont-le-district-federal-et-bloque-plus-de-60-routes-dans-tout-le-bresil/



17 avril : Journée internationale des luttes paysannes – Appel de la CLOC-VIA CAMPESINA

b_350_0_16777215_00___images_Logo_actualizado-Cloc-Via_2011.jpg

Le 17 avril est célébrée la Journée internationale des luttes paysannes en hommage à la mémoire des paysannes et paysans qui ont payé de leur vie la lutte en faveur d’un monde meilleur, de la réforme agraire et de la souveraineté alimentaire, ainsi que la protection et la défense de la nature, des semences et de l’eau.

Le 17 avril 1996, à El Dorado dos Carajas, au Brésil, 19 paysans membres du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) ont été assassinés. 17 ans plus tard, ces crimes restent impunis. Notre continent est aujourd’hui victime d’une offensive de la part de sociétés transnationales guidées par l’avidité du capitalisme financier dont les deux mamelles sont la privatisation et la marchandisation de la terre, de l’agriculture et de la nature. Aussi, les luttes et les résistances paysannes se multiplient dans toutes les régions.

L’agrobusiness, dans sa démesure habituelle, riposte par la violence, l’illégalité et la corruption: au Mexique, au Guatémala, au Honduras, en Colombie, au Paraguay, des centaines de paysannes et paysans sont assassinés par une police et une armée qui foulent leurs droits aux pieds. Au Vénézuéla, en Argentine et au Brésil, des hommes armés et des paramilitaires assassinent les paysans qui, aux côtés de leurs organisations, luttent contre le pillage auquel s’adonnent les transnationales agro-minières et les oligarchies locales. A cette violence physique s’ajoutent la criminalisation des luttes paysannes ainsi qu’une offensive massive sur les semences paysannes: aux quatre coins du continent, de nouveaux projets de loi se multiplient afin de légaliser et généraliser l’utilisation de semences transgéniques tout en freinant l’utilisation et les échanges de nos semences traditionnelles.

A l’occasion de cette journée internationale des luttes paysannes, aux côtés de ses organisations, amis et alliés, la CLOC-Via Campesina lancera des actions dans les villes et villages de plus de 23 pays. Par ailleurs, dans le cadre de l’appel de la Via Campesina à tous les continents, ces mobilisations auront une visibilité continentale et internationale.

En hommage à nos martyrs, et parce que la lutte continue, mobilisons-nous contre l’accaparement des terres, de l’eau, de nos semences traditionnelles et contre la criminalisation de nos luttes.

Chacun à notre niveau, levons-nous pour rappeler que nous sommes déterminés à défendre nos territoires, à dénoncer, à militer en faveur d’une transformation sociale, où souveraineté alimentaire, agroécologie et réforme agraire véritable constitueront la pierre angulaire du camp populaire.

Montrons notre solidarité envers le peuple du Paraguay, en organisant des mobilisations devant les ambassades du Paraguay, en dénonçant un gouvernement qui s’est saisi du pouvoir par un coup d’état et qui persécute les paysannes et paysans, en exigeant par lettre que les prisonniers politiques soient remis en liberté et que justice soit faite pour les victimes du massacre de Curuguaty.

Unissons-nous, rejoignons les actions menées au niveau local et national afin qu’elles acquièrent une visibilité au niveau continental et international au sein de la Via Campesina pour cette journée internationale des luttes paysannes.

Source : http://viacampesina.org/fr/index.php/actions-et-nements-mainmenu-26/17-avril-journde-la-lutte-paysanne-mainmenu-33/776-17-avril-journee-internationale-des-luttes-paysannes-appel-de-la-cloc-via-campesina

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

Commentaires fermés


Une militante des Sans Terre est emprisonnée pour avoir dénoncé la privatisation de l’eau dans l’État de Paraíba

9 avril 2013, de la page du MST

20130409001608

La compagne Cícera Soares Timóteo arrêtée dans le cadre de la répression de la lutte des Sans Terre, État de Paraíba (avril 2013)

Le 8 avril 2013, les Sans Terre ont occupé le périmètre irrigué de Várzeas de Souza, dans la municipalité de Sousa, État de Paraíba, pour dénoncer le manque de rigueur dans l’inspection des terrains irrigués qui devraient être destinés prioritairement à la réforme agraire , ainsi que l’usage abusif de produits agro-toxiques dans la production agricole de maïs par le Groupe Santana, entreprise d’agro-business qui bénéficie en outre de l’irrigation.

Les travailleuses et travailleurs ruraux revendiquent l’eau pour les unités productives Nova Vida I et II, la terre pour les 350 sans terre qui vivent dans les campements de la région, ainsi que la supression de la licitation des lots de terre 20 et 21 qui totalisent près de mille hectares de terres irriguées.

Le Groupe Santana est également dénoncé par les familles des Sans Terre comme l’entreprise d’agro-business qui bénéficie le plus des politiques publiques fédérales et de l’État de Paraiba d’accès à l’eau dans les terres semi-arides : “Le Groupe Santana utilise cette irrigation pour la production de maïs et de sorgho et la fabrication d’aliments pour animaux, alors qu’en ce moment d’étiage, l’eau devrait servir en priorité pour la consommation humaine, suivie de la consommation animale, et en dernier lieu pour la consommation végétale. Elle n’est pas faite pour gonfler les comptes en banque des entreprises d’agro-buisiness”.

Le 8 mars 2012 près de cinq cents militants du MST avaient déjà réalisé une mobilisation dans cette zone.

movimento-MST

Répression

Pour réprimer les protestations d’avril 2013 la militante du Mouvement Sans Terre (MST) Cícera Soares Timóteo a été arrêtée et accusée de vol, de dommages au patrimoine privé et d’incendie. La note du mouvement explique que "le groupe Santana, principal priviligié des politiques de la distribution d’eau, se positionne en victime et accuse injustement la compagne Cícera par le biais du Ministère Public de l’état de Paraíba, qui a délivré un mandat d’arrêt”.

Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre exige la libération immédiate de Cícera Soares et le retrait du mandat d’arrêt. Il promet de continuer à dénoncer et à résister à la privatisation de l’eau et de la terre et de lutter pour la transformation du modèle de production en terre semi-aride avec pour objectif le développement humain de la population de l’état de Paraíba.

Nous n’acceptons plus l’industrie de la sécheresse ni ce modéle qui déshumanise, nous dénonçons le fait que ce sont les enfants et les femmes qui souffrent le plus des déviations des fonds publics, alors que ceux-ci devraient être utilisés pour rendre vivable la terre semi-aride au lieu d’être historiquement utilisés en faveur des oligarchies, et dans le cas présent, en faveur des entreprises de l’agro-business".

seca-300x145071123-004w
Source : http://www.mst.org.br/Sem-Terra-e-presa-por-denunciar-a-privatizacao-da-agua-no-semi-arido-Paraibano

Traduction : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/10/une-militante-des-sans-terre-est-emprisonnee-pour-avoir-denonce-la-privatisation-de-leau-dans-letat-de-paraiba/

Commentaires fermés


Quand prendra fin le massacre des militants Sans Terre par les mercenaires de l’agro-business au Brésil ?

Par Wesley Lima, de la page du MST

Le dirigeant du Mouvement des Sans Terre, Fábio Santos da Silva, assassiné le 2 avril de quinze balles par des hommes de main, à Iguaí, dans la région sud-ouest de Bahia, a été enterré ce 3 avril 2013.

La veillée funèbre avait commencé dans la Communauté Rurale Ribeirão das Flores, s’est poursuivie à la Chambre Municipale d’Iguaí, pour que les citoyens puissent accompagner et partager le deuil et la douleur de la famille, des amis et des compagnes et des compagnons de lutte.

A la sortie de la Chambre Municipale, la famille, les amis et les militants du Mouvement des Sans Terre ont réalisé une marche pour accompagner le cercueil jusqu’aux portes de la ville. Les percussions, les slogans repris en choeur et toutes sortes de musiques ont exprimé l’indignation générale.

Cette marche a pour but de nouer un dialogue avec la société, dans le sens de dénoncer les faits et d’exiger au pouvoir judiciaire que justice soit faite et que les assassins ne restent pas impunis” a déclaré le Député Fédéral Valmir Assunção (Parti des Travailleurs de Bahía, PT-BA).

La direction du Mouvement des Sans Terre affirme que les milittants de la région subissent des menaces continuelles dans le but de fragiliser la lutte, et d’éviter ainsi de nouvelles mobilisations et occupations de terres.

Après la marche la dépouille mortelle a été ramenée à la Communauté rurale pour y être enterrée en présence de la famille.


Combien de fois nous les paysans et travailleurs serons-nous assassinés ? C’est ce genre d’action, menée par des mercenaires, lâche et cruelle, que nous subissons dans les zones rurales du Brésil. Cet assassinat, qui a toutes les caractéristiques d’une exécution, ne peut rester impuni. Fábio, qui fut également un candidat au poste d’échevin pour le Parti des Travailleurs (PT) dans la région, était un grand lutteur, combattant et militant des causes sociales. Comme tous les militants du MST, il voulait voir la réforme agraire mise en œuvre. Compagnon Fabio, ici, nous allons continuer ton combat. Je me solidarise avec la famille. Fabio, présent, présent, présent !" Sur ces mots s’est conclue la cérémonie.

Historique

Depuis 2010, à partir des occupations réalisées par les familles du campament Mãe Terra, à Iguaí, les militants du Mouvement des Sans Terre de la région ont commencé à recevoir des menaces des grands propriétaires.

Face aux menaces, le Mouvement a convoqué une réunion avec le Médiateur Agraire, pour dénoncer publiquement cette offensive des grands propriétaires contre la lutte pour la redistribution de la terre en vertu de la réforme agraire. Rien n’a été fait.

C’est dans ce marasme que Fábio Santos a été assassiné. C’est pourquoi les Sans Terre exigent la justice de la part du pouvoir judiciaire.

Violence dans les zones rurales



Selon la Commission Pastorale de la Terre (CPT) on a compté 29 assassinats de travailleurs ruraux lors de conflits pour la terre en 2011. Un nombre moindre qu’en 2010, quand furent assassinés 34 travailleurs.

Entretemps il y a eu une augmentationde près de 178% pour le nombre de travailleuses et travailleurs ruraux menacés de mort.

Les données démontrent que dans les zones rurales, dans les quatre premiers mois de 2010, 12 travailleurs ont été assassinés dans des conflits ruraux. Dans la même période en 2011, huit avaient été tués.

Ce qui démontre que la violence continue et que l’impunité persiste face aux assassinats et aux menaces.

Source : http://www.mst.org.br/Sem-Terra-cobram-justica-durante-enterro-de-dirigente-do-MST-na-Bahia

Traduction : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/05/quand-prendra-fin-le-massacre-des-militants-sans-terre-par-les-mercenaires-de-lagro-business-aux-bresil/

Commentaires fermés


Les Sans Terre conquièrent une unité productive de plus dans l’État de Sergipe

4 avril 2013, de la page du MST

Ce mercredi 3 avril 2013, les Sans Terre de l’État de Sergipe ont célébré l’occupation, la mise en production de l’ex-grande propriété Japao, transformée aujourd’hui légalement en projet d’unité productive "Daniel Ricardo" dans la municipalité de Canindé de San Francisco (Haut Sertao de Sergipe).«Pour les 43 familles de l’unité agricole, c’est un jour empreint d’une grande joie : grâce à notre combat, cette terre nous appartient», a déclaré Laurena Barbosa dos Santos, coordinatrice de l’unité.

Il y a huit ans, lorsque les familles MST ont occupé le grand domaine improductif Japao, l’ancien propriétaire a réagi avec brutalité. «Une nuit, le fils du grand propriétaire et dix hommes armés ont incendié notre campement», se rappelle Barnabas, un des premiers à s’être installé sur ces terres. «Nous n’avons pu que récupérer quelques affaires et partir. La plupart des baraques furent brûlées. Tout le monde a dû déménager dans un autre campement sur le bord de la route».

Cependant, les familles n’ont pas abandonné le combat et ont reconquis les terres, démontrant une fois de plus que seule la lutte sociale apporte des conquêtes pour la classe des travailleurs. La terre a été remise aux familles des Sans Terre grâce à l’accord signé entre le gouvernement de l’Etat de Sergipe et l’Institut national de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA).

Selon Gileno Damascena Silva, dirigeant du MST de Sergipe, «la reconnaissance de la propriété de Japao conclut le cycle du premier Accord de la Terre, qui a permis l’établissement légal de plus d’un millier de familles dans le Haut Sertao de Sergipe». L’unité agricole a été baptisée Daniel Ricardo, en l’honneur de Daniel Ricardo dos Santos, fils de la région de Canindé, grand ami et  militant de la cause des premiers campements du Mouvement des Sans terre, décédé cette année.

Des dizaines de producteurs et d’habitants des campements du MST Sergipe ont participé à cette activité, ainsi que des personnalités et des représentants de l’État. Le vice-gouverneur de l’Etat de Sergipe, Jackson Barreto (PMDB), a réaffirmé l’importance de la réforme agraire et de la lutte du MST en faveur du développement du Brésil.

Source : http://www.mst.org.br/node/14609

Traduction : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/04/les-sans-terre-conquierent-une-unite-productive-de-plus-dans-letat-de-sergipe/

Commentaires fermés


A Brasilia le campement paysan national "Hugo Chavez" exige la reprise de la réforme agraire.

Le Campement National « Hugo Chávez », qui a démarré le 5 Mars 2013 à Brasilia avec 400 militant(e)s Sans Terre venus de tout le Brésil, a été organisé pour dénoncer l’abandon de la réforme agraire par Dilma Roussef et les progrès de l’agro-business au Brésil.

Pour Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), ce campement répond à l’offensive du capitalisme dans les zones rurales et vise à faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère et légalise immédiatement des terres cultivables pour 90.000 familles vivant sous des tentes au Brésil. Actuellement, plus de 150 mille familles vivent dans des campements, dans l’attente de terres. Parmi celles-ci, 90.000 sont membres du Mouvement des Sans Terre. Sous le gouvernement Rousseff seules 31 nouvelles zones ont été expropriées, soit seulement 72 mille hectares. Pendant ce temps, plus de 309 millions d’hectares de terres sont tombés sous le contrôle de l’agro-industrie.

Selon Conceiçao, ces chiffres alarmants sont le résultat de la politique du gouvernement brésilien qui protège les grands propriétaires (« latifundistes »). «Il est inacceptable que le gouvernement continue à renforcer le modèle de l’agrobusiness dans les campagnes, alors que la réforme agraire continue d’être écartée de l’agenda. La démocratisation de la terre est essentielle pour assurer la modification de la structure des grandes propriétés  terriennes et consolider un modèle de développement durable dans les zones rurales, c’est pourquoi nous voulons la réforme agraire ».

Par contraste, depuis 1999, le gouvernement vénézuélien a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples indigènes du pays et la réforme agraire a permis à des dizaines de milliers de paysans de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres leur ont été remis. Alors qu’en 1999, le Venezuela ne produisait que 51% des aliments qu’il consommait, en 2012 la production est de 71%. En janvier 2013 la FAO (Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation) a félicité le Venezuela pour le succès de sa politique de souveraineté alimentaire.

Dès 2007, s’opposant à l’introduction des OGM et à la substitution de cultures vivrières par celles destinées à l’éthanol, Hugo Chavez déclarait son refus d’“enlever le maïs aux gens, à la chaîne alimentaire, pour remplir les automobiles”. Le programme porté par le candidat bolivarien Nicolas Maduro pour les élections présidentielles du 14 avril 2013, le même qui avait valu sa victoire à Hugo Chavez en octobre 2012, prévoit dans son cinquième objectif de poursuivre le développement de l’agro-écologie et de l’agriculture urbaine, la réforme agraire et la protection des réserves d’eau, de la biodiversité, des lacs, mers et forêts, de continuer à s’opposer sur les plans régional et international à toute forme de commercialisation de la nature et à défendre l’équilibre climatique (tel que défini dans le Pacte de Kyoto) ; de démanteler les schémas du charbon sur le marché international qui légitiment le droit de polluer, ou encore de concrétiser un plan national contre le rejet de gaz (effet de serre) et la transformation des industries concernées.

La réforme agraire paralysée au Brésil

Le Brésil est le deuxième pays pour la concentration de la terre dans le monde, devancé seulement par le Paraguay. L’expansion de l’agro-business transforme la terre en pur actif économique et la soumet à la spéculation du marché international. L’arrêt de la réforme agraire au Brésil s’exprime dans les données honteuses du gouvernement de Dilma Rousseff : seules 23.000 personnes ont pu voir leur situation régularisée en 2012.

« Le gouvernement Dilma a fait les pires chiffres de la réforme agraire dans les 20 dernières années. L’objectif du campement est de faire pression pour remettre la réforme agraire à l’ordre du jour. Nous allons nous mobiliser en permanence. Non seulement ici, à Brasilia, mais dans tous les autres Etats. Tout au long de 2013 nous allons organiser des manifestations pour faire valoir nos exigences », explique Luiz Ferreira, coordinateur des sans Terre pour l’État de Bahia.

Le Brésil n’est pas seulement un des pays où les terres sont le plus concentrées, mais aussi le plus grand consommateur de pesticides, pour la 5ème année consécutive. Le Brésil consomme 19% de l’ensemble des produits agrochimiques produits dans le monde. Cette utilisation excessive des pesticides empoisonne la production de la nourriture et l’eau. Selon l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire (ANVISA), 30% des aliments consommés par les Brésiliens sont impropres à la consommation par excès de pesticides.

Campement « Hugo Chavez », Brasilia, mars 2013

Agro-écologie

Par opposition au modèle de production de l’agro-industrie, le campement permanent « Hugo Chavez » vise également à visibiliser le projet d’agriculture agro-écologique dans la société, les universités et les écoles, à discuter avec ces secteurs sur comment « les pesticides, liés à l’agro-industrie, affectent la paysannerie et comment l’agro-écologie, liée à la réforme agraire, s’exprime dans la vie quotidienne de ces gens » explique Ferreira.

Pour lui, en plus de la démocratisation de la terre, il est nécessaire que le gouvernement mette en oeuvre un programme de développement des unités productives, avec un investissement public pour offrir des crédits aux producteurs agricoles et des infrastructures dans les zones de la réforme agraire. Cela permettrait de garantir aux paysans qui se mettent à produire une vie digne, avec accès à l’éducation, à la santé, au crédit agricole et la qualité de l’habitat rural.

Dans le même sens, Ednaldo Ramalho, de la coordination du MST dans l’Etat de Pernambuco, rappelle que « le gouvernement dit que sa priorité est de renforcer les zones de peuplement et les unités productives existantes. Mais comment veut-il faire s’il ne donne pas la priorité à la réforme agraire? Si l’INCRA (Institut de la Réforme Agraire) est en faillite, abandonné ? »

Formation

Le Campement National Hugo Chavez a été conçu et construit comme un lieu de lutte et comme une école. En plus des mobilisations externes, il assure la formation politique et idéologique des 400 militants venus de chaque État du Brésil, par rotation. Selon Erica Souza, de la coordination d’État du MST à Rio de Janeiro, «l’objectif est que le campement dispose d’espaces d’enseignement théorique et pratique, intensifie un processus de formation collective, et permette de mieux connaître le profil des personnes qui y vivent pour construire ensemble l’organisation interne. «

Campement « Hugo Chavez, Brasilia mars 2013.

Pourquoi Chávez ?

Le campement a été baptisé « Hugo Chavez » le jour même de la mort du président du Venezuela (5 mars 2013) après une intense journée de lutte dans la capitale fédérale brésilienne. Au nom du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, Joao Pedro Stedile avait rappelé lors d’une interview à Telesur le 9 mars 2013, « le combat commun des Sans Terre et du président Chavez : création d’écoles agro-écologiques, luttes contre les OGM, réforme agraire, souveraineté alimentaire, mais aussi promotion incessante des idées des  mouvements sociaux au coeur de l’intégration latino-américaine. Beaucoup de présidents lorsqu’ils arrivent au pouvoir, se croient les maîtres du monde, ne conservent que la bouche et perdent les oreilles. Chavez, lui, en toute simplicité, t’écoutait, cherchait à converser avec toi pour apprendre,  écouter ».

« Ce furent 14 années de victoires électorales successives, mais aussi de nombreuses luttes contre le capitalisme ». Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des sans Terre, poursuit : « Chavez était par nature un combattant anti-capitaliste, et le Campement National est né exactement du même processus de lutte permanente contre l’avancée du capitalisme dans les campagnes et en faveur de la souveraineté des peuples. L’hommage du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre est plus que justifié : Hugo Chavez, après avoir été porté au gouvernement par le peuple, armé de beaucoup de courage, a non seulement entrepris de libérer le peuple vénézuélien, il a aussi compris que le capitalisme était un ennemi à affronter dans toute l’Amérique latine, et qu’en tant que tel devait être combattu collectivement par tous ceux qui refusent de renoncer à la souveraineté de leur pays « .

Source (portugais) : Iris Pacheco, de la page du MST

Photos : MST / Elitiel Guedes

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/23/a-brasilia-le-campement-paysan-national-hugo-chavez-exige-la-reprise-de-la-reforme-agraire/

Commentaires fermés


(vidéo et photos) Des Femmes Sans Terre organisent le campement "Hugo Chavez" à Brasilia pour une durée indéterminée

5 mars 2013, de la page du MST


Dans la matinée du 5 mars 2013, près de 700 femmes paysannes ont construit un campement de Sans Terre à Brasilia, sur un terrain jouxtant l’immeuble de l’Institut National de Colonisation et de la Réforme Agraire (Incra).

Cette action entre dans le programme d’actions et de luttes des Femmes de Via Campesina, organisée chaque année au mois de mars, et dont l’objectif principal est de faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il mette en oeuvre la réforme agraire.

Le campement ne s’est pas fixé de date limite et a accueilli dès son installation près de 700 personnes. Il vise à en réunir pour le moins deux mille à la fin de la semaine.

Rosana Fernandes, de la coordination nationale du MST, explique que “l’objectif principal du campement est de faire pression pour que le gouvernement légalise les terres occupées par 150 mille familles qui campent à travers le Brésil”. En tant qu’alternative au modèle de l’agro-business, cette série de luttes défend le modèle productif agro-écologique et la défense de notre souveraineté agro-alimentaire. Nous exigeons la concrétisation de la Réforme Agraire pour développer le pays et éliminer la pauvreté.

Le moment politique actuel paralyse cette réforme alors qu’elle est la clef du développement d’une agriculture saine et agro-écologique. La production d’aliments sains et la souveraineté alimentaire sont un des thèmes défendus par les paysannes. 30% des aliments consommés par les brésiliens sont impropres à la consommation rien que par leur contamination par des produits agro-toxiques, selon des données de l’Agence Nationale de Surveillance de la Santé (Anvisa). “C’est une bannière que nous voulons maintenir au coeur de de notre journée de lutte et de notre campement, et nous voulons mener le débat avec le reste de la société, lui montrer que nous défendons le modèle agro-écologique et pourquoi nous le défendons. Nous voulons aussi réaliser un processus de formation avec les militants qui séjourneront en permanence dans le campement”.

Un millier de militantes paysannes du Mouvement des Sans Terre et du Mouvement Populaire Paysan (MPC) ont installé le campement "Hugo Chavez" à Brasilia pour une durée indéterminée et ont organisé un acte de solidarité avec le peuple vénézuélien dès l'annonce de la mort du président bolivarien. Brasilia, 6 mars 2013..

Un millier de militantes paysannes du Mouvement des Sans Terre et du Mouvement Populaire Paysan (MPC) ont installé le campement "Hugo Chavez" à Brasilia pour une durée indéterminée et ont organisé un acte de solidarité avec le peuple vénézuélien à l’Ambassade de la République Bolivarienne. Brasilia, 6 mars 2013..

La Direction Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil et d’autres organisations paysannes affiliées à Via Campesina expriment leur affection pour ce « leader d’origine pauvre qui n’a jamais trahi son peuple. Nous l’avons connu lors des premiers forums sociaux organisés pour débattre de la sortie du néo-libéralisme. Avec lui nous avons construit une proposition continentale d’agro-écologie qui puisse servir de base pour une politique de production d’aliments sains pour toute la population, et un réseau continental d’écoles d’agro-écologie et d’expériences de semences. Ensemble nous avons jeté les bases d’un projet d’intégration continentale, mais populaire, qui aille plus loin que les articulations gouvernementales et commerciales, un réseau de mouvements sociaux proposant des initiatives productives, d’éducation, sociales et politiques. »

Hugo Chavez visite une unité de production du Mouvement des Sans Terre (Brésil, Tapes, janvier 2003)

Hugo Chavez visite une unité de production du Mouvement des Sans Terre (Brésil, Tapes, janvier 2003)

Evo Morales parle au peuple bolivien dès qu'il apprend le décès de Hugo Chavez, La Paz, 5 mars 2013.

Evo Morales s’adresse au peuple bolivien dès qu’il apprend le décès de Hugo Chavez, La Paz, 5 mars 2013.

Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

Source (portugais) : http://www.mst.org.br/Mulheres-Sem-Terra-montam-acampamento-em-Brasilia-por-tempo-indeterminado

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/03/07/video-et-photos-des-femmes-sans-terre-organisent-le-campement-hugo-chavez-a-brasilia-pour-une-duree-indeterminee/

Commentaires fermés


Impunité au Brésil pour les assassins des Travailleurs Sans Terre : une militante de plus assassinée

7 février 2013

"Une femme de combat qui a toujours contribué à la militance du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST) et à la Commission Pastorale de la Terre (CPT) à Rio de Janeiro". C’est ainsi que le secrétaire de l’État du MST décrit la productrice rurale Regina dos Santos Pinho, 56 ans, assassinée dans l’unité productive Zumbi dos Palmares. Elle était sans contact avec le voisinage depuis dimanche, et son corps n’a été découvert que le mercredi 6 février.

“C’est un crime barbare et nous voulons que ses causes soient élucidées. En prinicpe nous ne voyons pas de relation directe avec la lutte pour la terre et avec l’assassinat de  Cícero. Mais nous ne pouvons rien écarter ni affirmer” a expliqué la dirigeante du MST, Marina dos Santos.
L’assassinat de Regina se produit onze jours après l’exécution de Cícero Guedes dos Santos, 48 ans, leader du MST à Campos dos Goytacazes. Regina a été trouvée à son domicile avec un lien rouge autour du cou et à demi-nue.
Selon le délégué de la 146a DP, Carlos Augusto Guimarães, l’hypothèse d’un meurtre lié à un vol est écartée, de l’argent et des objets de valeur appartenant à la victime ayant été retrouvés à son domicile.  Pour Guimarães les motifs seraient d’ordre sexuel ou liés à la la lutte pour la terre. L’Institut pour la Réforme Agraire a envoyé des délégués pour accompagner l’enquête.
Regina militait au MST depuis près de dix ans. La police a été avertie par des voisins surpris par l’absence de la militante à la messe du Septième Jour de l’assassinat de Cícero. Regina et Cícero étaient de très proches amis. Tous deux étaient devenus des références de l’agro-écologie dans l’unité productive Zumbi do Palmares. Ils avaient conquis leur titre de propriété de la terre et continuaient à lutter pour la réforme agraire. Avec ces deux morts la peur s’installe dans la zone.

Source : http://www.mst.org.br/content/viol%C3%AAncia-em-campos-rj-continua-mais-uma-militante-do-mst-assassinada

Traduction du portugais : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/02/09/impunite-au-bresil-pour-les-assassins-des-travailleurs-sans-terre-une-militante-de-plus-assassinee/

Commentaires fermés



Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 325 followers

%d bloggers like this: