Classé dans : Entraves judiciaires et politiques, Lutte, réforme agraire, répression de l´Etat, violations des droits humains par l'agrobusiness
Impunité des grands propriétaires terriens
João Pedro Stedile est membre de la Coordination Nationale du MST et de la Via Campesina Brésil.
Traduction : Milena Merlino
Source : http://www.alainet.org/active/63734
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/02/le-massacre-de-carajas-et-le-pacte-des-latifundistes-avec-le-pouvoir-judiciaire-par-joao-pedro-stedile/
Classé dans : Appel à mobilisation, Entraves judiciaires et politiques, Lutte, réforme agraire, répression de l´Etat, Solidarité internationale, violations des droits humains par l'agrobusiness
9 avril 2013, de la page du MST

La compagne Cícera Soares Timóteo arrêtée dans le cadre de la répression de la lutte des Sans Terre, État de Paraíba (avril 2013)
Le 8 avril 2013, les Sans Terre ont occupé le périmètre irrigué de Várzeas de Souza, dans la municipalité de Sousa, État de Paraíba, pour dénoncer le manque de rigueur dans l’inspection des terrains irrigués qui devraient être destinés prioritairement à la réforme agraire , ainsi que l’usage abusif de produits agro-toxiques dans la production agricole de maïs par le Groupe Santana, entreprise d’agro-business qui bénéficie en outre de l’irrigation.
Les travailleuses et travailleurs ruraux revendiquent l’eau pour les unités productives Nova Vida I et II, la terre pour les 350 sans terre qui vivent dans les campements de la région, ainsi que la supression de la licitation des lots de terre 20 et 21 qui totalisent près de mille hectares de terres irriguées.
Le Groupe Santana est également dénoncé par les familles des Sans Terre comme l’entreprise d’agro-business qui bénéficie le plus des politiques publiques fédérales et de l’État de Paraiba d’accès à l’eau dans les terres semi-arides : “Le Groupe Santana utilise cette irrigation pour la production de maïs et de sorgho et la fabrication d’aliments pour animaux, alors qu’en ce moment d’étiage, l’eau devrait servir en priorité pour la consommation humaine, suivie de la consommation animale, et en dernier lieu pour la consommation végétale. Elle n’est pas faite pour gonfler les comptes en banque des entreprises d’agro-buisiness”.
Le 8 mars 2012 près de cinq cents militants du MST avaient déjà réalisé une mobilisation dans cette zone.
Répression
Pour réprimer les protestations d’avril 2013 la militante du Mouvement Sans Terre (MST) Cícera Soares Timóteo a été arrêtée et accusée de vol, de dommages au patrimoine privé et d’incendie. La note du mouvement explique que "le groupe Santana, principal priviligié des politiques de la distribution d’eau, se positionne en victime et accuse injustement la compagne Cícera par le biais du Ministère Public de l’état de Paraíba, qui a délivré un mandat d’arrêt”.
Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre exige la libération immédiate de Cícera Soares et le retrait du mandat d’arrêt. Il promet de continuer à dénoncer et à résister à la privatisation de l’eau et de la terre et de lutter pour la transformation du modèle de production en terre semi-aride avec pour objectif le développement humain de la population de l’état de Paraíba.
“Nous n’acceptons plus l’industrie de la sécheresse ni ce modéle qui déshumanise, nous dénonçons le fait que ce sont les enfants et les femmes qui souffrent le plus des déviations des fonds publics, alors que ceux-ci devraient être utilisés pour rendre vivable la terre semi-aride au lieu d’être historiquement utilisés en faveur des oligarchies, et dans le cas présent, en faveur des entreprises de l’agro-business".


Source : http://www.mst.org.br/Sem-Terra-e-presa-por-denunciar-a-privatizacao-da-agua-no-semi-arido-Paraibano
Traduction : Thierry Deronne
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/10/une-militante-des-sans-terre-est-emprisonnee-pour-avoir-denonce-la-privatisation-de-leau-dans-letat-de-paraiba/
Classé dans : Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, réforme agraire, répression de l´Etat
“Sur l’hacienda Gama pèse de forts soupçons d’accaparement. Si cette terre est publique, nous attendons du gouvernement qu’il la destine à la réforme agraire. La terre est abandonnée, il n’y a que de l’herbe sèche. Pourquoi ne pas créer une unité productive destinée aux travailleurs qui vont produire des aliments pour la société ?" s’indigne Edimar Tavares, membre du Mouvement des Travailleurs Sans terre de Brasilia et ses environs.
«Nous avons quitté l’hacienda Gama, suivant l’accord du lundi avec le médiateur agraire national. Toutefois, le gouvernement du District Fédéral (GDF) ne nous a pas présenté d’alternative. Le gouvernement n’a même pas assisté à la réunion», a expliqué Edimar Tavares.
Ce mardi (4/12), les familles du campement du 22 août ont donc quitté les terres occupées de l’hacienda Gama pour occuper une autre zone située du District Fédéral -473 appartenant à Terracap, organisme chargé des dossiers immobiliers du gouvernement de Brasilia. Ce site-ci a servi à la plantation d’eucalyptus, mais est actuellement abandonné et improductif. Le groupe est sous forte pression de la police.

Edimar a dénoncé l’action du Gouvrnement du District Fédéral à l’hacienda Gama. «Ils détruisent nos cabanes. Une unité productive voisine nous a aidé à sauver le peu que nous avons, mais nous exigeons du gouvernement d’arrêter de faire passer des buldozzers sur les biens des familles».

Source : http://www.mst.org.br/node/14160
Traduction: T. Deronne
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/12/07/a-brasilia-la-police-expulse-les-sans-terre-qui-veulent-produire-des-aliments-sur-des-terres-publiques-abandonnees/
Classé dans : Analyse, Appel à mobilisation, concentration de la terre, Démocratisation des médias, Entraves judiciaires et politiques, réforme agraire, répression de l´Etat
25 octobre 2012. Par Eduardo Sales de Lima, du journal "Brasil de Fato".
Silvio Mieli est journaliste et professeur de la Faculté de Communication et de Philosophie de l’Université Catholique Pontificale (PUC-Sao Paulo). Son avis rejoint les récentes manifestations pour la démocratisation de la communication au Brésil, comme celle qui a eu lieu le 15 octobre 2012 à Sao paulo en face de l’hôtel Renaissance, où se déroulait une réunion de la SIP (Inter American Press Association, groupe de patrons de médias). À cette occasion, des représentants du collectif « Intervozes » et du « Forum National pour la Démocratisation de la Communication » (BDNF) entre autres organisations, ont déroulé des banderoles dénonçant des abus commis par des chaïnes de radio et de télévision, par des journaux et des magazines.
Par ailleurs, une des conclusions de l’étude récente du chercheur Tiago Cubas, du Noyau d’Études, Recherches et Projets sur la Réforme Agraire (Nera/Unesp) intitulée « São Paulo agraire: représentations du différend territorial entre paysans et ruralistes de 1988 à 2009 », va précisément dans ce sens : les médias privés totalisent la vision des relations capitalistes en milieu rural, en propageant des stéréotypes et en refusant le sujet et les méthodes de production alternatifs.
Dans l’interview qui suit, Silvio Mieli analyse la situation actuelle de la lutte pour la démocratisation de la communication au Brésil.
Brasil de Fato - Des violences physiques sont commises par le gouvernement ou privés contre les paysans sans terre par le biais de polices et de milices armées. La couverture médiatique de ces événements est tendancieuse. Pourquoi la violence contre les pauvres est-elle naturalisée, voire même ignorée par les médias actuels ?
Silvio Mieli – En premier lieu il faut se souvenir que les médias sont ultra-conservateurs. Que les conservateurs trouvent naturel qu’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Et tout aussi naturel — c’est typique des conservateurs – que soit utilisée la violence contre ceux qui veulent sortir de cette situation. Comme dit le philosophe Giorgio Agamben, les médias aime les indignés mais passifs. Les grands journaux n’ont aucun problème pour montrer les enfants affamés vivant dans une décharge publique mais réprouveront fortement toute action directe pour corriger cette injustice.
La concentration du pouvoir dans les médias est un miroir de la concentration des terres. Dans le premier cas on vole des terres publiques ou on rachète des terres volées. Dans le second cas on prend possession du spectre électromagnétique en usant d’influences politiques ou du pouvoir économique, ou des deux à la fois. C’est pour ces raisons que le système est capable de tout quand il s’agit de discuter de la propriété foncière ou de celle d’un organe d’information. Ce n’est pas un hasard si le slogan de la démocratisation des médias en 1980 a été : « Réforme agraire dans les airs ». Sur la terre comme dans les ondes hertziennes nous sommes confrontés aux mêmes problèmes : la question de la propriété, de leur usage social et quels modèles de développement doivent être mis en pratique.
BdF – Concrètement, quel genre de relations existe entre les journaux locaux (et nationaux) et l’agro-industrie pour criminaliser toujours plus les paysans pauvres ?
S.M. – Toutes les familles qui monopolisent les médias au Brésil sont (directement ou indirectement) de grands propriétaires terriens. La famille Saad (groupe Bandeirantes), qui a récemment investi dans le domaine de la presse écrite, est une famille de grands éleveurs, Octávio Frias (père) a été l’un des plus gros entrepreneurs agricoles du pays. Donc, en plus de la servilité vis-à-vis du pouvoir, ils possèdent des intérêts directs dans le secteur. Beaucoup d’hommes politiques, même ceux qui se croient très puissants, sont devenus les office-boys des grandes sociétés. En ce qui concerne les moyens de communication principaux, ils sont devenus les promoteurs des événements de ces grandes entreprises.
BdF – Après la soi-disant "démocratisation" (post-dictatoriale), quel a été le poids des médias (locaux et nationaux) dans le processus de naturalisation de la violence envers les pauvres et les paysans sans terre et comment ont-ils fait obstacle à la réforme agraire ?
S.M. – Généralement on dit que les médias ne sont pas le quatrième pouvoir mais le cinquième élément. Nous avons l’eau, la terre, le feu, l’air et… les médias. Nous vivons immergés dedans. D’où l’importance de la qualité de ce qui est produit par ce moyen. Mais dans notre cas, peut-on vraiment parler de « redémocratisation » si parmi tant de problèmes hérités de la dictature, l’accès aux médias reste aussi limité ? C’est une autre dimension de la vie nationale : nous vivons un état d’exception permanent. Le modèle de communication mis en place par la dictature, même au terme du régime militaire, est toujours debout. Il suffit d’enquêter sur le rôle des médias dans les récentes affaires importantes du secteur agricole ou environnemental et de vérifier comment ils opèrent (affaires Raposa Serra do Sol, MP 458, code forestier, Belo Monte…).
BdF – Que pourrait faire un gouvernement plus progressiste ou une société plus éclairée pour faire évoluer ces véhicules médiatiques vers une communication plus équilibrée ?
S.M. – Prenons l’exemple de la « pentecôtalisation » des médias au Brésil. L’invasion des médias par des sociétés qui s’autoproclament des églises constitue un des plus graves problèmes contemporains des médias au Brésil. Nous vivions déjà avec une série d’autres problèmes, nous avons celui-ci en plus. Qu’a fait l’État ? Il a renforcé l’espace et la puissance de ces groupes, notamment grâce à des alliances politiques-partisanes. Il a offert des réseaux de télévision à des grands groupes qui ne représentent aucune force culturelle locale, attaquent les traditions religieuses de matrice africaine et font le prosélytisme du capitalisme comme religion.Il est clair que nous devons nous battre pour le contrôle social des médias, mais je pense que le salut ne passe pas par la réforme de ce qui existe, ni par le retrait des messages de l’État.
Dans la lutte pour la démocratisation de la communication il faut utiliser la même tactique que celle du Mouvement des Travailleurs sans Terre : l’occupation du spectre non productif (que ce soit au sein des champs pédagogique, culturel ou social, ce qui se défend sur des bases constitutionnelles). Je ne parle pas d’occuper les studios de la Globo mais en plus de l’espace que le mouvement social a conquis à travers Internet, de lutter pour des médias appartenant aux mouvements sociaux. Pourquoi pas une MSTV, une télévision du Mouvement des travailleurs Sans Terre ? Le moment est venu pour les mouvements sociaux de s’adresser au peuple directement, sans passer par des intermédiaires et pas seulement sur internet, mais aussi au moyen d’ondes électromagnétiques, ou de ce qu’il en reste.
Source : http://www.mst.org.br/node/14033
Traduction du portugais : Thierry Deronne
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/11/25/bresil-pourquoi-pas-une-television-des-sans-terre/
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Classé dans : Histoire, Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, Organisation, réforme agraire, répression de l´Etat, violations des droits humains par l'agrobusiness
Nous présentons le documentaire réalisé par les étudiants diplômés du Cours d’Éducation Rurale de l’Université Fédérale de Paraíba (UFPB), consacré à l’unité productive Zumbi dos Palmares, municipalité de Mari, État de Paraíba. Le récit porte sur la lutte pour la terre, quelques unes des conquêtes de cette communauté agricole et un peu de l’histoire de l’école de Zumbi dos Palmares.
Réalisation:
Leidson F. Martins – Éducation Rurale /UFPB
Kamila Karine dos S. Wanderley – Éducation Rurale/UFPB
Camila dos Santos Rocha – Éducation Rurale /UFPB
Rivamberg Virgulino – Éducation Rurale/UFPB
Nous publions également le reportage vidéo produit par la FASFI Brésil, qui veut alerter l’opinion sur le droit à la terre, au logement et à une vie digne, du point de vue des enfants qui grandissent dans une zone marquée par les conflits de la réforme agraire, à Felisburgo (Minas Gerais). Il s’agit de l’unité productive "Terre Promise" (Terra Prometida) où s’est produit le Massacre de Felisburgo.
Sources : http://www.mst.org.br/Documentario-narra-a-historia-do-assentamento-Zumbi-dos-Palmares-na-Paraiba et http://www.mst.org.br/node/13985
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/19/videos-documentaire-sur-lhistoire-de-lunite-de-production-zumbi-dos-palmares-paraiba-et-reportage-sur-la-lutte-de-lunite-terra-prometida-minas-gerais/
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Classé dans : Appel à mobilisation, Création artistique, répression de l´Etat, Solidarité internationale
Le latifundio médiatique mondial du spectre radio-électrique, à savoir le quasi monopole privé des ondes radio et TV qui prévaut encore dans la plupart des pays, oblige nos mouvements sociaux à certaines ruses pour visibiliser la lutte. C’est le cas du rappeur Emicida qui est monté sur le podium du VMB 2012, un prix promu par la chaîne commerciale MTV pour les meilleurs artistes de l’année, et qui au moment de recevoir le prix de la meilleure musique de l’année, a offert sa chanson en déployant un drapeau du MST. Emicida, qui concourait pour cinq prix, a triomphé dans la catégorie de la meilleure musique avec “Doigt dans la plaie”, oeuvre composée après l’expulsion de 1600 familles de la communauté de Pinheirinho, à São José dos Campos, au début de l’année.Après la réception du prix, le rappeur a brandi le drapeau du Mouvement des Sans Terre et a dénoncé la Garde Civile Métropolitaine qui a ouvert le feu, incendié les maisons et empêché les familles pauvres de la communauté de Moinho, dans le quartier de Campos Elíseos, à São Paulo, de se réinstaller.Emicida est revenu sur le podium aux côtés de Rashid, pour offrir la pièce musicale “Dedo na Ferida” ("le doigt dans la plaie") avec le drapeau du MST. Un autre drapeau du mouvement a été hissé pendant cette présentation près des installations du DJ Nyack.
Le rappeur a levé le drapeau du MST mais il n’apparaît dans aucun plan proche. Lorsque le DJ intervenait, les caméras de MTV ne montraient que la moitié de la bannière du Mouvement des Sans Terre, sans en montrer le symbole.
Source : http://www.mst.org.br/Emicida-homenageia-MST-durante-premiacao-e-show-no-VMB%20
Traduction du portugais : Thierry Deronne
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URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/09/23/le-rappeur-emicida-gagne-un-prix-et-fait-un-show-sur-mtv-avec-le-drapeau-du-mouvement-des-sans-terre-du-bresil/
Classé dans : Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, répression de l´Etat, violations des droits humains par l'agrobusiness
1302185889_Dossie contra criminalizacao dos movimentos sociais[1] 
Par Reynaldo Costa, de La Page du MST
Quatre mercenaires fortement armés ont envahi ce jeudi (24 mai 2012) le campement de Roseli Nunes, dans la ville de Senador La Roque, dans l’état du Maranhão. Ces « pistoleros » font partie d’une milice rurale forte de 15 hommes établie dans une hacienda voisine à la zone occupée.
Les habitants du campement avaient été précédemment intimidés par ces hommes de main qui les avaient prévenus qu’ils feraient envahir le campement pour y rechercher les dirigeants du MST. Organisés, les travailleurs ruraux sans terre ont réussi à faire échouer l’attaque des quatre hommes arrivés au camp en moto. Après leur reddition, les bandits armés ont été remis à la police.
Cependant, sans les avoir même entendus, le chef de la police locale les a libérés contre le paiement d’une caution pour simple détention illégale d’arme. L’autorité n’a pas pris en compte les menaces subies par les travailleurs ruraux sans terre.
Tension permanente
La milice qui fait régner la terreur autour du campement est soutenue par les propriétaires des zones de Cipo Cortado, Rollete, la Boca da Mata et Barreirão, et est commandée par Zé Bonfim, mercenaire responsable de la mort de nombreux travailleurs ruraux sans terre dans des conflits de terre dans la région pendant les décennies du joug de l’Union Rurale Démocratique (UDR). D’autres informations indiquent qu’un sergent et trois policiers à la retraite dirigent la milice.
Ce n’est pas la première fois que des bandits armés menacent des familles de travailleurs ruraux sans terre qui vivent à cet endroit. Dès la fin de 2007, une milice qui gardait le siège social de l’hacienda "Cipo Cortado" a intimidé les Sans Terre qui avaient occupé la zone, par des tirs d’armes à feu et des patrouilles organisées aux abords du campement.
En novembre 2010, des travailleurs ruraux sans terre ont été enlevés et emmenés jusqu’au siège social de l’hacienda où ils ont été interrogés avec des armes à feu pointées sur leurs têtes. Les bandits armés ont essayé d’obtenir des informations sur les dirigeants du MST dans la zone.
Dans les périodes de culture, des propriétaires voisins au camp ouvrent les clôtures de leurs latifundio pour que le bétail aille manger les récoltes des travailleurs ruraux sans terre.
250 familles Sans Terre occupent l’hacienda Cipo Cortado depuis novembre 2007. La ferme est une des 12 propriétés qui composent le domaine Boca da Mata Berreirão. En juin 2008, la Justice Fédérale a décrété l’expropriation du domaine de 114 mille hectares et en a cédé la propriété à l’Institut National de Colonisation et de la Réforme Agraire (Incra). Cependant, jusqu’à aujourd’hui, la zone n’a pas été récupérée par l’Institut en raison de la résistance des propriétaires terriens.
Les chiffres prouvent l’existence d’un mouvement violent contre des paysans, indigènes et quilombolas dans l’État de Maranhão. Selon les données de la Commission Pastorale de la Terre (CPT), environ 90 personnes sont menacées de mort dans cet état.
Ce jeudi, 12 familles ont été expulsées d’une propriété qu’elles occupaient depuis plus de cinq ans alors que d’après des rapports, cette propriété était abandonnée avant d’être mise en production par les travailleurs ruraux sans terre. Dans l’intervention, des hommes encapuchonnés sont arrivés, armés. et ont oblgé les familles à s’en aller.
Samedi dernier (19), la demeure du travailleur rural sans terre Francisco d’Assis a été envahie dans le quartier municipal d’Itinga de Maranhão. Il a été menacé de mort avec sa femme et leurs enfants. Francisco coordonne un groupe de familles qui attendent l’expropriation de l’hacienda Monte Alto, vouée à la Réforme agraire selon l’ordonnance présidentielle.
Le 28 avril, dans la ville de Grajaú, la Cacique de la Terre Indigène Canabrava Maria Amélia Guajajara, 52 ans, a été assassinée par des mercenaires se déplaçant en moto.
Le 14 avril, Raimundo Alves Borges dit "la Tête", leader et président de l’Unité de Production Agricole Terra Bela du MST, Buriticupu-MA, a été exécuté par des bandits armés.
Source : http://www.mst.org.br/Pistoleiros-invadem-acampamento-no-Maranhao
Traducteur : Ermelindo Tadeu Giglio pour www.mouvementsansterre.wordpresss.com
Classé dans : Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, répression de l´Etat, violations des droits humains par l'agrobusiness
Les 80 familles des campements d’Uberaba, dans le Triangle Mineiro, ont entamé la semaine passée, une marche jusqu’à la place Rui Barbosa, située dans le centre ville, pour dénoncer les violencs de la Police Militaire au cours d’une action d’expulsion.
Après les faits, une lettre a été envoyée au Défenseur Agraire National et Président de la Commission Nationale de Lutte contre la Violence rurale, le juge Gercino José da Silva Filho, afin de réclamer la protection des familles des campements, et de punir les policiers impliqués dans cette action.
« Le commandement de police d’Uberaba a toujours maintenu cette posture violente contre les mouvements sociaux dans la région. C’est aujourd’hui le moment de renouveler ces dénonciations », affirme Maísa, dirigeante régionale du MST. Evaldo Soares dos Santos, également dirigeant, complète à son tour : « il y a eu un grand abus de pouvoir. Ce fut une action conjointe des patrons d’usines, des propriétaires terriens et du pouvoir public pour nous déloger d’un domaine sans mandat de justice ».
La Commission des Droits de l’Homme a promis de faire parvenir cette dénonciation au « Défenseur Public » de l’Etat de Minas Gerais, avec l’ensemble des preuves recueillies.
La marche
Avant d’arriver à la place, les manifestants se sont arrêtés en face de l’Université Fédérale du Triangle Mineiro (UFTM), en soutien au mouvement de grève des fonctionnaires qui réclament une augmentation des salaires. Les étudiants, professeurs et employés de l’université ont salué ce soutien par une salve d’applaudissements.
Une audience publique populaire a également été réalisée, avec la présence de représentants de l’Incra, du Ministère du Développement Agricole, de la Commission des Droits de l’Homme de l’Assemblée Législative du Minas Gerais, de la CPT (Commission Pastorale de la Terre), et des syndicats et autres mouvements sociaux. Le pouvoir public local n’a dépêché aucune autorité afin d’accompagner l’évènement.
Expulsion
Dans la nuit du 17 avril, près de 80 familles, femmes, enfants, jeunes, adultes et personnes âgées, ont occupé l’hacienda Inhumas, en montant un campement afin de loger l’ensemble des personnes. La propriété de 890 hectares avait déjà été occupée par le passé, car l’Incra avait déjà effectué une expertise et décrété que cette aire était non productive, et soumise sur-le-champ à l’expropriation pour la Réforme Agraire.
Aux alentours de 5h30, le matin du 18 avril, les occupants ont été surpris par un coup de feu, tiré par des milices. Les travailleurs tentèrent de dialoguer avec les miliciens, pour éviter qu’il y ait des blessés. Après une intense négociation, les milices ont accepté d’attendre l’arrivée de la police.
Vers 8 heures, un lieutenant et un soldat sont arrivés au campement, accompagnés du locataire de l’hacienda. Ils ont allégué que l’occupation était illégale et ont menacé d’arrêter les travailleurs si ceux-ci n’évacuaient pas le domaine. Une demi-heure plus tard, douze voitures de la police militaire sont arrivées sur les lieux, avec des hommes lourdement armés. Ces derniers ont donné à peine 10 minutes aux occupants pour qu’ils démontent le campement et rassemblent leurs affaires. Le major présent au cours de cette action a menacé d’entrer et de « passer un grand coup de balai », utilisant des chiens pour intimider plus encore les familles.
Comme la région est dominée par la plantation de canne à sucre, il est de notoriété publique que l’usine Vale do Tijuco, qui appartient au groupe CMAA, est intéressée par ces 890 hectares afin d’étendre sa production. Ainsi l’entreprise a-t-elle envoyé deux autobus pour assister la police dans son transfert illégal des familles.
Les familles ont été emmenées jusqu’à la place Pie XII, dans le quartier Gameleira, en face de l’église Saint José. Les deux premiers jours, les occupants ont pu bénéficier des dépendances de l’église afin d’utiliser les toilettes et les douches, mais, après le second jour, il leur a été interdit d’entrer.
Ce furent neuf jours de campement précaire sur la place, sans accès aux conditions minimales d’hygiène et de repos. Ce fut seulement après que la pluie ne commence à tomber que la police permit que des abris en toile soient dressés afin d’abriter les manifestants.
Source : http://www.mst.org.br/node/13279
Traduction : Cécile Fontaine, pour www.mouvementsansterre.wordpress.com
Classé dans : Entraves judiciaires et politiques, Lutte, répression de l´Etat, violations des droits humains par l'agrobusiness
NdT : nous avions relayé il y a quelques semaines l’appel du Mouvement des travailleurs Sans Terre aux amis du monde entier pour que justice soit enfin rendue dans ce cas tristement exemplaire d’impunité. La lutte semble aujourd’hui porter ses fruits.
Par Luiz Felipe Albuquerque
De La Page web du MST, www.mst.org.br

16 ans après l’événement connu comme le Massacre de Eldorado dos Carajás, le Tribunal de Justice de l’État du Pará a émis dans la matinée du 7 mai un mandat d’arrêt contre le Colonel Mario Colares Pantoja et contre le Major José Maria Pereira de Oliveira, deux policiers militaires condamnés pour leur participation directe dans le massacre de 21 travailleurs Sans Terre dans la municipalité de Eldorado dos Carajás, au sud-est de l’État du Pará, en 1996.
Les deux policiers avaient été jugés et condamnés en 2002 mais restaient depuis en liberté, déposant depuis dix ans recours après recours auprès du Pouvoir Judiciaire. Mais le ministre du Tribunal Suprême Fédéral (STF) Gilmar Mendes a demandé en mars 2012 que le dossier du procès retourne au Tribunal de Justice du Pará, face à ce qu’il a qualifié comme une tentative de retarder l’exécution des peines. Sur cette base le juge Edmar Pereira, de la Première Chambre de la Cour d’Assises, a émis le mandat pour que les condamnés purgent leurs peines.
Pantoja a été condamné à 228 ans de prison et le major Oliveira à 158 ans et 4 mois, mais le code pénal brésilien limite la peine maximale à 30 ans de réclusion.
“Il est important d’attendre l’exécution du mandat et que soit rendu effectif l’emprisonnement, ce n’est qu’alors que nous pourrons dire que l’impunité a pris fin. L’émission d’un document ne garantit rien”, affirme Giane Alvarez, avocate du MST.
“De tous les crimes perpétrés contre les agriculteurs dans l’état du Para, on compte très peu de condamnations des responsables intellectuels ou des exécutants. Et quand ils sont condamnés il est plus rare encore que soient appliquées les décisions de la justice” souligne Giane.
Pour elle la solution des problèmes liés à la question agraire du pays ne se réduit pas au problème de l’impunité.
"Le dénouement de cette affaire a cependant un caractère symbolique quant aux changements en cours dans la région. L’idée de l’impunité est peut être en train de changer. Tout ne va pas se résoudre en un jour mais c’est un bon signe” note Giane.
Le massacre de Eldorado dos Carajás.
Le Massacre de Eldorado dos Carajás s’est produit en 1996, durant une opération de Police Militaire pour réprimer le barrage de l’autoroute PA 150, dans la municipalité de Eldorado do Carajás, dans le sud-est de l’État du Pará.
Lors de cette attaque 19 travailleurs ruraux sans terre furent assassinés dans l’heure par la PM. Deux autres membres du Mouvement Sans Terre moururent par suite des blessures reçues durant cette action brutale. Plus de 60 personnes furent été blessées, et beaucoup conservent des séquelles pour le restant de leur vie.
Même si plus de 150 policiers militaires ont participé au massacre, mais seuls Pantoja et Oliveira ont condamnés. Le gouverneur de l’époque Almir Gabriel (PSDB) n’a pas été puni.
Source : http://www.mst.org.br/Tribunal-de-Justica-do-Para-determina-prisao-de-envolvidos-no-Massacre-de-Eldorado-dos-Carajas
Traduction : Thierry Deronne, pour www.mouvementsansterre.wordpress.com
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
Pour une information continue en français sur les activités du MST :http://mouvementsansterre.wordpress.com/
Classé dans : Entraves judiciaires et politiques, Histoire, Lutte, Occupation de grandes propriétés et mise en production, réforme agraire, répression de l´Etat, Solidarité internationale
16 ans d’impunité /Grande mobilisation nationale pour exiger reforme agraire et justice. 5 avril 2012.
Par José Coutinho Júnior
De la page internet du MST, www.mst.org.br
Quand je mourrai
Fatigué de la guerre
Je mourrai bien réconcilié
Avec ma terre :
Canne, kaki,
igname, citrouille
Là où seul le vent était semé autrefois
Amplitude, nation, désert sans fin
O Manuel, Miguilim,
Allons-y !
Chico Buarque, « Assentamento » (Unité de production paysanne)
«Mourir réconcilié avec ma terre." Malheureusement, un grand nombre de paysans sans terre sont morts sans posséder une terre qu’ils auraient pu appeler "la leur". En témoigne le massacre d’Eldorado dos Carajas, qui a eu lieu à la BR 155, en 1996, au sud de l’État du Pará, au cours duquel 155 officiers de police ont utilisé des armes à feu contre 1500 paysans sans terre, femmes et enfants compris.
La Police Militaire a assassiné 19 paysans et cela a mis en lumière pour l’ensemble du pays la question de la violence en zone rurale contre ceux qui luttent pour la réforme agraire. Jusqu’à ce jour, personne n’a été puni pour le massacre, et les survivants, mutilés à la fois physiquement et psychologiquement, sont toujours privés de soins médicaux appropriés.
En 2002, le président d’alors, Fernando Henrique Cardoso, a reconnu le 17 avril comme Journée Internationale de la Lutte pour la Terre. Le MST effectue actuellement des journées de lutte, avec occupations, marches et actes à travers tout le Brésil pour exiger du gouvernement qu’il donne la priorité au programme de réforme agraire et honorer la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie pour défendre la terre.
"Notre jour de lutte part tristement du massacre de l’Eldorado dos Carajas. Le latifundio (immense propriété terrienne qui ne produit pas d’aliments) est intrinsèquement violent, il empêche les gens de vivre et de travailler. Ce qui est arrivé à Carajas nous donne la force et la clarté pour lutter, parce que s’il reste des grandes proprietés rurales aux mains de quelques uns, alors les inégalités, la violence et l’absence de démocratie dans les zones rurales vont continuer", dit Jaime Amorim, dirigeant du MST de l’Etat de Pernambuco.
Pour Don Thomas Baldwin, évêque émérite de l’Etat de Goiás, co-fondateur de la Commission Pastorale de la Terre (CPT), « ce jour rappelle la force de la marche des travailleurs qui commence avec Zumbi dos Palmares (photo) et s’étend jusqu’à aujourd’hui dans l’histoire du Brésil. La lutte pour la réforme agraire ne signifie pas seulement d’obtenir un morceau de terre, mais de changer notre pays. La lutte est profonde, large et appelle le changement."
La terre est là devant nos yeux et face à nos bras, une énorme moitié d’un pays immense, mais les gens ( combien de personnes en fait ? 15 millions? Plus encore ?) ne peuvent pas la travailler, ni vivre avec une dignité simple que seul le travail peut donner, parce que les descendants de ces hommes voraces qui ont dit autrefois: "Cette terre est à moi», ont rencontré quelques uns de leurs semblables suffisamment naïfs pour croire qu’il suffisait que cela fût dit, et ont entouré les terres de lois qui les protègent, de polices qui les gardent, de gouvernements qui les représentent et les défendent, et d’hommes armés payés pour tuer » (José Saramago).
Seize ans après le massacre, les conflits dans les zones rurales continuent, cette année, trois membres du MST ont été assassinés à Minas Gerais. A Pernambuco, deux autres compagnons du MST sont tombés sous les balles d’hommes armés ces derniers jours.
Jaime croit que la violence contre les paysans est aujourd’hui plus sélective. "Nous avons deux types de violence: la première, perpétrée par des grands groupes de propriétaires de terre qui attaquent les leaders locaux, comme c’est arrivé cette année. La seconde est la violence d’Etat, qui utilise l’appareil judiciaire pour empêcher les gens de regarder vers l’avenir et de discerner la perspective d’une véritable réforme agraire. Le fait d’avoir de nombreux campements qui attendent depuis 10, 15 ans l’expropriation par l’Etat en vertu de la réforme agraire est en lui-même un acte de violence."
Don Thomas dit que cette violence existe parce que «le gouvernement refuse systématiquement la réforme agraire, en soutenant le discours des grands propriétaires terriens et les entreprises selon lequel "l’agro-industrie est le modèle du progrès". " Tous ceux qui s’opposent à ce soi-disant progrès, selon cette logique, sont des obstacles à éliminer. "
S’y ajoute le rôle des médias, dont les informations reflètent les intérêts des élites alignées sur l’agro-industrie. "La presse a changé sa position: anciennement elle criminalisait le mouvement et la lutte et disqualifiait ses dirigeants. Aujourd’hui, elle essaie d’ignorer les luttes, et la population, privée d’information, perd contact avec ce thème et finit par croire que le mouvement est dissous ou que la lutte pour la réforme agraire n’est plus importante » explique le leader du MST.
Et si tout d’un coup
Nous ne souffrions plus
La douleur que nous feignons
Et que nous subissons
Si tout d’un coup
Nous échappions
Au fer du suplice
Au son d’une chanson
Alors, je t’inviterai
Pour la fantaisie
De ma guitare
(Chico Buarque – fantaisie)
Pour que la réforme agraire devienne une réalité et le bonheur ne soit plus une simple fantaisie, nous devons lutter. Pour Jaime, «nous sommes ravis par la journée des luttes de cette année, parce que ce sera une démonstration de force. Nous construisons une union plus étroite entre les différentes composantes du mouvement rural, car nous avons tous été attaqués par le même appareil. Nous devons être unis pour lancer un grand cri pour la réforme agraire et contre les grands propriétaires terriens. "
Le fleuve paysan s’est mis de nouveau en mouvement; des faucilles, des houes et des drapeaux se sont levés dans l’avalanche irrésistible d’espoirs, dans cette rencontre avec la vie – et dans le cri refoulé du peuple sans terre résonne à l’unisson de la clarté d’un nouveau jour : "RÉFORME AGRAIRE, UN COMBAT DE TOUS! » (Sebastiao Salgado).
« Terre », 15 ans.
Les passages en gras et la première photo (noir et blanc) de cet article proviennent du livre « Terre » qui a été publié il ya 15 ans. Le livre se compose de photos du photographe Sebastião Salgado qui traitent de la vie des peuples indigènes et des paysans dans un pays dont les terres ne leur appartiennent pas plus. La préface est de José Saramago, et les chansons de Chico Buarque, dont le CD accompagne le livre. Les trois ensemble, constituent la collection « Terre », créée en 1997. Pour Don Thomas, l’art avec un point de vue politique est fondamental car «les gens qui luttent célébrent, chantent, improvisent en groupes, inventent leurs ballades, leur folklore. La marche du peuple est empreinte de poésie, inspiré par le mystique et le prophétique. "
Jaime estime que «le MST a toujours produit de la culture, et cela sert de source d’inspiration-, pour tous ceux qui suivent le mouvement depuis l’extérieur, pour que des artistes célèbres s’engagent, soutiennent le mouvement. Mais les moments où l’art est le plus proche de la lutte politique sont les moments de mobilisation. Art, culture, éducation avancent de pair avec le mouvement. "
Traduction : Prof. Marcos Câmara de Castro
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
Pour une information continue en français sur les activités du MST : http://mouvementsansterre.wordpress.com/









