Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, concentration de la terre, Défense de l'environnement, Droit de la Terre, Histoire, Lutte, réforme agraire, Solidarité internationale, souveraineté alimentaire, violations des droits humains par l'agrobusiness
Le 17 avril est célébrée la Journée internationale des luttes paysannes en hommage à la mémoire des paysannes et paysans qui ont payé de leur vie la lutte en faveur d’un monde meilleur, de la réforme agraire et de la souveraineté alimentaire, ainsi que la protection et la défense de la nature, des semences et de l’eau.
Le 17 avril 1996, à El Dorado dos Carajas, au Brésil, 19 paysans membres du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST) ont été assassinés. 17 ans plus tard, ces crimes restent impunis. Notre continent est aujourd’hui victime d’une offensive de la part de sociétés transnationales guidées par l’avidité du capitalisme financier dont les deux mamelles sont la privatisation et la marchandisation de la terre, de l’agriculture et de la nature. Aussi, les luttes et les résistances paysannes se multiplient dans toutes les régions.
L’agrobusiness, dans sa démesure habituelle, riposte par la violence, l’illégalité et la corruption: au Mexique, au Guatémala, au Honduras, en Colombie, au Paraguay, des centaines de paysannes et paysans sont assassinés par une police et une armée qui foulent leurs droits aux pieds. Au Vénézuéla, en Argentine et au Brésil, des hommes armés et des paramilitaires assassinent les paysans qui, aux côtés de leurs organisations, luttent contre le pillage auquel s’adonnent les transnationales agro-minières et les oligarchies locales. A cette violence physique s’ajoutent la criminalisation des luttes paysannes ainsi qu’une offensive massive sur les semences paysannes: aux quatre coins du continent, de nouveaux projets de loi se multiplient afin de légaliser et généraliser l’utilisation de semences transgéniques tout en freinant l’utilisation et les échanges de nos semences traditionnelles.
A l’occasion de cette journée internationale des luttes paysannes, aux côtés de ses organisations, amis et alliés, la CLOC-Via Campesina lancera des actions dans les villes et villages de plus de 23 pays. Par ailleurs, dans le cadre de l’appel de la Via Campesina à tous les continents, ces mobilisations auront une visibilité continentale et internationale.

En hommage à nos martyrs, et parce que la lutte continue, mobilisons-nous contre l’accaparement des terres, de l’eau, de nos semences traditionnelles et contre la criminalisation de nos luttes.
Chacun à notre niveau, levons-nous pour rappeler que nous sommes déterminés à défendre nos territoires, à dénoncer, à militer en faveur d’une transformation sociale, où souveraineté alimentaire, agroécologie et réforme agraire véritable constitueront la pierre angulaire du camp populaire.
Montrons notre solidarité envers le peuple du Paraguay, en organisant des mobilisations devant les ambassades du Paraguay, en dénonçant un gouvernement qui s’est saisi du pouvoir par un coup d’état et qui persécute les paysannes et paysans, en exigeant par lettre que les prisonniers politiques soient remis en liberté et que justice soit faite pour les victimes du massacre de Curuguaty.
Unissons-nous, rejoignons les actions menées au niveau local et national afin qu’elles acquièrent une visibilité au niveau continental et international au sein de la Via Campesina pour cette journée internationale des luttes paysannes.
Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
Classé dans : Agro-écologie, Appel à mobilisation, Solidarité internationale, souveraineté alimentaire, unité latino-américaine
Chères amies et amis,
je viens de rentrer d’un voyage à Haïti où j’ai participé à un congrès de son mouvement paysan. J’ai profité de cette occasion pour visiter plusieurs régions du pays et les projets que la brigade de la Vía Campesina/ALBA développe en solidarité avec le peuple haïtien.

Je voudrais commencer ma lettre en évoquant les caractéristiques principales de cette nation. C’est un pays montagneux de la taille de l’État brésilien d’Alagoas (27 mille kilomètres carrés), couvert de montagnes comme l’État de Minas Gerais, des montagnes totalement dévastées ou privées de couverture végétale car les paysans au fil des décennies, ont dû recourir au charbon comme unique source d’énergie et de revenus. Toute l’alimentation d’Haïti est préparée au charbon. Pas de cusinières à gaz, mis à part dans les quartiers riches de Port-au-Prince. Le climat est semi-aride dans tout le pays. Il ne pleut que trois mois par an, après vient une sécheresse digne de notre Nord-Est… Ce petit pays surpeuplé compte dix millions d’habitants dont 95% d’afro-descendants et 5% de mulâtres.
Ce sont les héritiers de la première grande révolution sociale de l’Amérique Latine, lorsqu’en 1804, ils se sont rebellés contre les colonisateurs français qui les exploitaient comme esclaves et les condamnaient à un espérance de vie de 35 ans. Ils ont expulsés tous les colonisateurs, ont éliminé l’esclavage et ont redistribiué les terres. Et comme ils savaient que les colonisateurs pouvaient revenir plus armés, ils ont occupé les montagnes, oú ils vivent encore aujourd’hui.
Les colonisateurs revinrent mais ce n’était plus les français mais les capitalistes états-uniens qui occupèrent le pays pendant les premières décennies du Xxème siècle. A leur départ ils laissèrent la dictature du pro-états-unien Duvalier qui a terrorisé la population de 1957 à 1986. L’ont suivi des gouvernements temporaires.
En 1990, fut élu le père Arístide, qui adhérait à la Théologie de la Libération. Il ne démissionna pas, fut renversé par les états-uniens qui l’emmenèrent à Washington pour lui donner des cours de néo-libéralisme. Il est revenu en bon élève pour accomplir un nouveau mandat.
Ensuite fut élu le Président Préval, qui a réussi à accomplir son mandat mais sans aucun changement démocratique. L’actuel gouvernement est manoeuvré par les États-Unis, au terme d’une campagne électorale où 25 millions de dollars ont été investis. Tous savent en Haïti que le peuple ne l’a pas élu.
Il y aurait dû avoir des élections pour former le nouveau parlement, dont le mandat a expiré il y a plus de six mois. Mais personne n’en parle. Il n’y a donc pas de parlement légalement constitué, bien qu’il fonctionne. En pratique le pouvoir réel est exercé par les troupes des Nations Unies, sous le sigle de Minustah !
Ainsi donc, bien qu’il se soit libéré de l’esclavage, le peuple haïtien a vécu peu d’années de démocratie (bourgeoise).
Le peuple vit dans des conditions de pauvreté extrême, avec des carences alimentaires et en biens matériels. La pauvreté s’est aggravée avec le tremblement de terre de janvier 2010 qui a tué des milliers de personnes et a détruit pratiquement toute la ville de Port-au-Prince. Mais c’est un peuple qui maintient sa dignité et sa fierté, uni par la cultura, par la langue créole, que lui seul parle dans le monde, et par le vaudou (équivalent à notre candomblé), pratiqué par presque toute la population. Il y a une sorte de syncrétisme religieux : le dimanche à la messe, le vendredi à la fête.
Dans les zones rurales, il n’y a pas d’écoles. 70% de la population vit en milieu rural. L’analphabétisme affecte 65 % de la population. Il n’y a pas d’énergie électrique à l’intérieur du pays, rien qu’à Port-au-Prince. Il n’y a que trois routes nationales asphaltées. Et pas d’eau potable. Tout le monde doit acheter de l’eau potable aux prix internationaux.
L’an passé, pour la première fois dans son histoire, Haïti a souffert d’une épidémie de choléra qui a tué des centaines de personnes. La maladie médiévale fut apportée par les troupes du Népal de la Minustah, qui faisaient leurs besoins dans le fleuve principal du pays. Quand un tribunal international se décidera-t-il à juger les Nations Unies pour ces morts ?
Plus de 65% de tous les aliments sont importés ou arrivent sous la forme de donations, et la bourgeosie commerçante noire s’en approprie, qui exploite la population.
Quand les familles réussissent à trouver une ressource ou l’autre pour acheter les produits qui viennent de la République Dominicaine, c’est parce qu’elles reçoivent des aides de leur famille travaillant aux États-Unis.
Chávez a sauvé le peuple de Haïti du chaos en apportant le pétrole par le biais du programme Petrocaribe, et a proposé que le gouvernement local destine les ressources à des projets sociaux. Le combustible est revendu par les distributeurs mais le gouvernement n’a jamais expliqué à la population à quoi sont consacrés ces revenus.
Avec un tel scénario il n’est pas difficile d’imaginer quand viendront les prochaines révoltes populaires. Mais ne vous en faites pas, 12 mille soldats de nombreux pays, coordonnés par l’armée brésilienne sous les sigles des Nations Unies, sont là pour contenir de possibles révoltes. Ils circulent en convois fortement armés, rien que pour dire au peuple : « Ne l’oubliez pas, nous sommes ici pour maintenir l’ordre ! » L’ordre de la pauvreté et du nouvel esclavage. Pas de guerre, ni de violence (les taux d’homicides sont les plus bas d’Amérique Latine) : les soldats ne sont là que comme des policiers.
J’ai demandé aux soldats brésiliens ce qu’ils font là puisqu’ils ne manient même pas la langue créole pour communiquer avec la population. La seule réponse que j’ai obtenue est que s’ils s’en vont, ce sont les États-Unis qui viendront… et qu’ils sont beaucoup plus violents !
Le peuple de Haïtí n’a pas besoin de soldats armés mais de solidarité pour développer les forces productives de son territoire et pour produire les biens requis pour satisfaire les immenses nécessités dont il souffre.
Le peuple de Haití a besoin d’appui pour avoir de l’énergie électrique, un réseau de distribution de gaz pour cuisiner et éviter la déforestation. Il a besoin d’un réseau d’eau potable et d’écoles couvrant tous les niveaux, dans tous les villages. Il a besoin de semences et d’outils. Pour le reste il sait très bien coment faire. Il est là, depuis 1804, peuple libre, qui survit et se multiplie malgré tant d’exploiteurs étrangers.

Il y a heureusement d’autres visions dans la manière d’entrer en relation avec la population haïtienne. Le gouvernement de Bahia a envoyé des citernes pour stocker l’eau de pluie, ce qui est bien reçu là-bas. Petrobras (compagnie nationale brésilienne du pétrole) nous a aidés à financer le voyage de 77 jeunes paysans pour qu’ils étudient l’agro-écologie au Brésil. L’église catholique de Minas Gerais a réalisé une collecte spéciale dans toutes les paroisses et finance des projets de développement agricole là-bas, avec des potagers, des élevages de poules, de chèvres et même la multiplication de semences.
Et nous, mouvements sociaux de la Vía Campesina du Brésil, avec nos faibles ressources, maintenons en Haïti une brigade permamente de jeunes volontaires depuis plus de six ans, qui développent des projets d’agriculture, de construction de citernes et d’éducation.
Il faut bien mesurer l’indignation du peuple d’Haïti vis-à-vis des troupes de la Minustah. Si les Nations Unies voulaient envoyer des soldats pourquoi n’ont-elles pas suivi l’exemple de l’Équateur et du Venezuela, dont les soldats n’ont pas d’armes et construisent des maisons, des routes et des dépôts ? Ou l’exemple de Cuba qui maintient sur place cinq mille médecins volontaires dans l’unique service public de santé existant dans le pays, celui où travaillent ces médecins humanistes, donnant un bon exemple de la pratique du socialisme ?
Je crois que notre obligation en tant que frères du peuple haïtien est de continuer à protester et à exiger que les troupes se retirent d’Haïti, de la même manière que nous refuserions sa présence au Brésil ou dans n’importe quelle autre partie du monde. Et de maintenir la solidarité à travers les projets de développement économique et social.
João Pedro Stedile (photo) est membre de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Ruraux sans Terre (Brésil) et de la Via Campesina Brésil.
Source (espagnol) : http://alainet.org/active/62927
Photos : MST
Traduction : Thierry Deronne
Pour aider concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br
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Le Campement National « Hugo Chávez », qui a démarré le 5 Mars 2013 à Brasilia avec 400 militant(e)s Sans Terre venus de tout le Brésil, a été organisé pour dénoncer l’abandon de la réforme agraire par Dilma Roussef et les progrès de l’agro-business au Brésil.
Pour Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), ce campement répond à l’offensive du capitalisme dans les zones rurales et vise à faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère et légalise immédiatement des terres cultivables pour 90.000 familles vivant sous des tentes au Brésil. Actuellement, plus de 150 mille familles vivent dans des campements, dans l’attente de terres. Parmi celles-ci, 90.000 sont membres du Mouvement des Sans Terre. Sous le gouvernement Rousseff seules 31 nouvelles zones ont été expropriées, soit seulement 72 mille hectares. Pendant ce temps, plus de 309 millions d’hectares de terres sont tombés sous le contrôle de l’agro-industrie.

Selon Conceiçao, ces chiffres alarmants sont le résultat de la politique du gouvernement brésilien qui protège les grands propriétaires (« latifundistes »). «Il est inacceptable que le gouvernement continue à renforcer le modèle de l’agrobusiness dans les campagnes, alors que la réforme agraire continue d’être écartée de l’agenda. La démocratisation de la terre est essentielle pour assurer la modification de la structure des grandes propriétés terriennes et consolider un modèle de développement durable dans les zones rurales, c’est pourquoi nous voulons la réforme agraire ».
Par contraste, depuis 1999, le gouvernement vénézuélien a remis plus d’un million d’hectares de terres aux peuples indigènes du pays et la réforme agraire a permis à des dizaines de milliers de paysans de posséder leurs terres. Au total, plus de 3 millions d’hectares de terres leur ont été remis. Alors qu’en 1999, le Venezuela ne produisait que 51% des aliments qu’il consommait, en 2012 la production est de 71%. En janvier 2013 la FAO (Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation) a félicité le Venezuela pour le succès de sa politique de souveraineté alimentaire.
Dès 2007, s’opposant à l’introduction des OGM et à la substitution de cultures vivrières par celles destinées à l’éthanol, Hugo Chavez déclarait son refus d’“enlever le maïs aux gens, à la chaîne alimentaire, pour remplir les automobiles”. Le programme porté par le candidat bolivarien Nicolas Maduro pour les élections présidentielles du 14 avril 2013, le même qui avait valu sa victoire à Hugo Chavez en octobre 2012, prévoit dans son cinquième objectif de poursuivre le développement de l’agro-écologie et de l’agriculture urbaine, la réforme agraire et la protection des réserves d’eau, de la biodiversité, des lacs, mers et forêts, de continuer à s’opposer sur les plans régional et international à toute forme de commercialisation de la nature et à défendre l’équilibre climatique (tel que défini dans le Pacte de Kyoto) ; de démanteler les schémas du charbon sur le marché international qui légitiment le droit de polluer, ou encore de concrétiser un plan national contre le rejet de gaz (effet de serre) et la transformation des industries concernées.
La réforme agraire paralysée au Brésil
Le Brésil est le deuxième pays pour la concentration de la terre dans le monde, devancé seulement par le Paraguay. L’expansion de l’agro-business transforme la terre en pur actif économique et la soumet à la spéculation du marché international. L’arrêt de la réforme agraire au Brésil s’exprime dans les données honteuses du gouvernement de Dilma Rousseff : seules 23.000 personnes ont pu voir leur situation régularisée en 2012.
« Le gouvernement Dilma a fait les pires chiffres de la réforme agraire dans les 20 dernières années. L’objectif du campement est de faire pression pour remettre la réforme agraire à l’ordre du jour. Nous allons nous mobiliser en permanence. Non seulement ici, à Brasilia, mais dans tous les autres Etats. Tout au long de 2013 nous allons organiser des manifestations pour faire valoir nos exigences », explique Luiz Ferreira, coordinateur des sans Terre pour l’État de Bahia.
Le Brésil n’est pas seulement un des pays où les terres sont le plus concentrées, mais aussi le plus grand consommateur de pesticides, pour la 5ème année consécutive. Le Brésil consomme 19% de l’ensemble des produits agrochimiques produits dans le monde. Cette utilisation excessive des pesticides empoisonne la production de la nourriture et l’eau. Selon l’Agence Nationale de Surveillance Sanitaire (ANVISA), 30% des aliments consommés par les Brésiliens sont impropres à la consommation par excès de pesticides.
Campement « Hugo Chavez », Brasilia, mars 2013
Agro-écologie
Par opposition au modèle de production de l’agro-industrie, le campement permanent « Hugo Chavez » vise également à visibiliser le projet d’agriculture agro-écologique dans la société, les universités et les écoles, à discuter avec ces secteurs sur comment « les pesticides, liés à l’agro-industrie, affectent la paysannerie et comment l’agro-écologie, liée à la réforme agraire, s’exprime dans la vie quotidienne de ces gens » explique Ferreira.

Pour lui, en plus de la démocratisation de la terre, il est nécessaire que le gouvernement mette en oeuvre un programme de développement des unités productives, avec un investissement public pour offrir des crédits aux producteurs agricoles et des infrastructures dans les zones de la réforme agraire. Cela permettrait de garantir aux paysans qui se mettent à produire une vie digne, avec accès à l’éducation, à la santé, au crédit agricole et la qualité de l’habitat rural.
Dans le même sens, Ednaldo Ramalho, de la coordination du MST dans l’Etat de Pernambuco, rappelle que « le gouvernement dit que sa priorité est de renforcer les zones de peuplement et les unités productives existantes. Mais comment veut-il faire s’il ne donne pas la priorité à la réforme agraire? Si l’INCRA (Institut de la Réforme Agraire) est en faillite, abandonné ? »
Formation
Le Campement National Hugo Chavez a été conçu et construit comme un lieu de lutte et comme une école. En plus des mobilisations externes, il assure la formation politique et idéologique des 400 militants venus de chaque État du Brésil, par rotation. Selon Erica Souza, de la coordination d’État du MST à Rio de Janeiro, «l’objectif est que le campement dispose d’espaces d’enseignement théorique et pratique, intensifie un processus de formation collective, et permette de mieux connaître le profil des personnes qui y vivent pour construire ensemble l’organisation interne. «
Campement « Hugo Chavez, Brasilia mars 2013.
Pourquoi Chávez ?
Le campement a été baptisé « Hugo Chavez » le jour même de la mort du président du Venezuela (5 mars 2013) après une intense journée de lutte dans la capitale fédérale brésilienne. Au nom du Mouvement des Travailleurs Sans Terre du Brésil, Joao Pedro Stedile avait rappelé lors d’une interview à Telesur le 9 mars 2013, « le combat commun des Sans Terre et du président Chavez : création d’écoles agro-écologiques, luttes contre les OGM, réforme agraire, souveraineté alimentaire, mais aussi promotion incessante des idées des mouvements sociaux au coeur de l’intégration latino-américaine. Beaucoup de présidents lorsqu’ils arrivent au pouvoir, se croient les maîtres du monde, ne conservent que la bouche et perdent les oreilles. Chavez, lui, en toute simplicité, t’écoutait, cherchait à converser avec toi pour apprendre, écouter ».
« Ce furent 14 années de victoires électorales successives, mais aussi de nombreuses luttes contre le capitalisme ». Alexandre Conceiçao, de la Coordination Nationale du Mouvement des sans Terre, poursuit : « Chavez était par nature un combattant anti-capitaliste, et le Campement National est né exactement du même processus de lutte permanente contre l’avancée du capitalisme dans les campagnes et en faveur de la souveraineté des peuples. L’hommage du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre est plus que justifié : Hugo Chavez, après avoir été porté au gouvernement par le peuple, armé de beaucoup de courage, a non seulement entrepris de libérer le peuple vénézuélien, il a aussi compris que le capitalisme était un ennemi à affronter dans toute l’Amérique latine, et qu’en tant que tel devait être combattu collectivement par tous ceux qui refusent de renoncer à la souveraineté de leur pays « .
Source (portugais) : Iris Pacheco, de la page du MST
Photos : MST / Elitiel Guedes
Traduction : Thierry Deronne
URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/23/a-brasilia-le-campement-paysan-national-hugo-chavez-exige-la-reprise-de-la-reforme-agraire/
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De la page du MST
Cette vidéo montre la production et la commercialisation d’aliments produits par la coopérative d’Itapeva, dans l’intérieur de l’État de São Paulo. Il s’agit de la Coopérative des ex-Sans Terre organisés en Unités Productives et des Petits Agriculteurs de la Région de Itapeva (COAPRI).
Ces producteurs qui ont réussi à obtenir des terres cultivables en vertu de la Réforme Agraire contribuent aujourd’hui à l’alimentation scolaire des enfants de la région, en offrant du lait, du yoghourt, des haricots, des fruits et des légumes.
Source : http://www.mst.org.br/node/14116
URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/11/23/les-producteurs-des-cooperatives-organisees-par-le-mouvement-sans-terre-produisent-pour-les-cantines-scolaires-bresiliennes/
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24 septembre 2012
De la page du MST
Ce 21 septembre les Travailleurs Ruraux Sans terre des unités productives de l’État de Paraíba se sont rassemblés à João Pessoa, capitale de l’État, pour recevoir 15 tracteurs destinés aux zones productives, fruit de la négociation avec le gouvernement régional pendant les journées de lutte d’avril 2012.
Pendant la remise des tracteurs, João Pedro Stedile, de la Coordination nationale du MST, a parlé de la nécessité de créer une entreprise brésilienne de production de petits tracteurs pour l’agriculture familiale. “Tous ces tracteurs sont importés et ne font que renforcer des multinationales exploiteuses. Il faut créer une “Embrapa” de petits tracteurs qui renforce la production brésilienne et soit adaptée à notre agriculture familiale” a critiqué Stedile.
Les Sans Terre ont aussi exigé du Gouvernement de l’État la signature de l’accord avec la Banque Nationale de Développement Économique et Social (BNDES) pour l’installation d’agro-industries dans les unités productives. “Cette agro-industrialisation ajoutera une valeur aux produits et augmentera les revenus des agriculteurs et agricultrices” explique le coordinateur.
“Nous ne naissons pas pour mourir au travail. Tous les agriculteurs et agricultrices pouvons allier le travail à l’usage de la technologie” a déclaré pour sa part Elenice da Silva, membre d’une unité de production.
Les 15 tracteurs destinés aux zones productives resteront sous la responsabilité des coopératives et desw associations des unités productives du MST.
Parallèlement à cette activité était organisée une foire agro-écologique pour commercialiser des produits de la réforme agraire provenant des unités productives de tout l’État de Paraíba. On a vendu des produits in natura, de l’artisanat et des produits agro-industriels.
Connaissance scientifique
Pendant le discours offert durant la remise des tracteurs, Stedile a déclaré que tous les changements sociaux seront rendus possibles à travers la réalisation de trois facteurs : “L’organisation populaire et la lutte du peuple sont le premier facteur. Le deuxième, ce sont des gouvernements populaires qui agissent en accord avec la volonté et les énergies populaires. Et enfin, la connaissance, car celui qui ne connaît pas, finira toujours par suivre la pensée de quelqu’un", a-t-il affirmé.
Dans ce sens il a expliqué la nécessité pour les agriculteurs de s’approprier la connaissance scientifique. “Les agriculteurs ont besoin de s’approprier ce savoir scientifique, tout l’effort que nous pourrons appliquer aux machines est bienvenu. Logiquement cette connaissance doit s’allier aux savoirs millénaires de l’agriculture familiale, comme c’est le cas de l’agroécologie”.
Micro-usine
Les travailleurs ruraux ont aussi pu visiter l’expérience développée par le professeur Carlos Cabral, de l’Université Fédérale de Paraíba (UFPB). Il s’agit d’une micro-usine d’huile végétale du coton.
“Ce sont des initiatives comme celles-ci qui doivent être multipliées et stimulées par les gouvernements car cette micro-usine peut servir à récupérer la culture du coton dans le Nord-Est que les multinationales ont délocalisée danss l’État du Mato Grosso. Cela aurait un impact sur l’utilisation de carburant, y compris pour ces tracteurs, stimulerait la production de vêtements à travers la culture du coton et pourrait substituer l’usage de l’huile de soja par celle de coton, qui est beaucoup plus saine” selon Stedile qui a conclu que “un tel investissement n’est rien pour un gouvernement mais peut représenter une avancée pour l’agriculture familiale".
Source : http://www.mst.org.br/content/sem-terra-conquistam-tratatores-para-areas-da-reforma-agraria-na-pb
Url de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/09/25/les-sans-terre-conquierent-des-tracteurs-pour-le-zones-de-reforme-agraire-dans-letat-de-paraiba/
Traduction du portugais : Thierry Deronne
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Le Mouvement des Sans-terres du Brésil est un des plus grands mouvements paysans du monde.
Issu des luttes paysannes existantes au Brésil depuis le début de la colonisation, le MST lutte pour la récupération de la terre afin de rompre avec la profonde injustice générée par le modèle d’agriculture industrielle et par la concentration des terres qui sont à l’origine de l’insécurité alimentaire du pays.
Dans ce documentaire court métrage, nous entrons dans l’univers d’un campement du MST et des membres du mouvement nous expliquent leur lutte et leur projet de société.
http://documentairesemences.blogspot.com/
URL de cet article: http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/07/07/video-un-documentaire-pour-comprendre-le-mouvement-des-sans-terre/
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Pour une information continue en français sur les activités du MST : http://mouvementsansterre.wordpress.com/
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DIAL 3202
Juan Nicastro
samedi 7 juillet 2012, mis en ligne par Dial
La question de la souveraineté alimentaire est réapparue avec force sur le devant de la scène internationale avec les problèmes causés par la production à grande échelle d’agrocarburants [1]. La prise de conscience des effets destructeurs sur la planète d’une agriculture intensive ayant massivement recours aux engrais chimiques et aux pesticides a aussi conduit à une réflexion critique sur les pratiques agricoles et à des tentatives pour mettre en place d’autres modèles de production. Ce texte de Juan Nicastro [2] publié le 12 juin sur le site de Noticias Aliadas présente une série d’initiatives allant dans ce sens.
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Mouvements et organisations populaires engagent des actions pour faire évoluer les habitudes alimentaires.
Les formes de possession de la terre ou de l’eau, les cadres juridiques, la pression des nouvelles technologies promues par les multinationales agricoles, le niveau de compétence des mouvements populaires en matière d’agriculture et d’écologie, le degré d’autonomie dans l’approvisionnement en semences et en intrants agricoles, le changement climatique, la consommation alimentaire des grandes villes, l’approvisionnement et la distribution des produits, les réseaux de commercialisation, le niveau de mobilisation de la société contre les produits transgéniques, autant d’indicateurs qui, déterminants ou favorables, évoluent souvent dans un sens positif et révèlent une amélioration de la souveraineté alimentaire.
La réalité étant ce qu’elle est en Amérique latine, et au vu des effets des dictatures et de la vague néolibérale dans les années 1990, on constate que parvenir à la souveraineté alimentaire constitue une transformation sociale complexe qui ne se réduit pas à des questions de production agricole. C’est un processus qui conduit à encourager ou accompagner de profonds changements dans les formes d’alimentation, d’organisation entre les êtres humains et de relation avec la terre. Si le concept a gagné en publicité, pour de grands secteurs – surtout en milieu urbain –, la souveraineté alimentaire demeure un problème de paysans. À la lecture des intentions initiales, la tâche apparaît d’autant plus complexe.
Nous allons voir ci-après quelques exemples, des situations qui se répètent en divers endroits du continent et qui illustrent plusieurs de ces défis.
À Córdoba, ville du centre de l’Argentine, est apparu un nouveau groupe de défenseurs de la souveraineté alimentaire, le Mouvement des agriculteurs urbains. Pour ce dernier, un changement s’impose dans les villes. Matías Sánchez, un de ses membres, explique à Noticias Aliadas que, « face au plat de nourriture que nous allons manger en ville, il faut reconnaître qu’il présente trois défauts graves : premièrement, le prix ; c’est un produit cher, fruit de spéculations mondiales plus que d’une vraie relation avec la production. Deuxièmement, ce plat n’a pas de vraie saveur, le choix repose sur des valeurs esthétiques ou publicitaires, il dépend de l’emplacement dans les rayons des supermarchés, et non des qualités nutritives. Et troisièmement, il est empoisonné, vicié par des produits chimiques d’un bout à l’autre du processus de transformation, de fabrication, d’approvisionnement, de conservation et d’emballage. En plus de revenir à une alimentation saine et accessible, nous voulons être des consommateurs responsables et, ensuite, des producteurs. Il est nécessaire que les citoyens réagissent. »
Au Paraguay, la communauté El Triunfo, dans l’ouest du pays, est un exemple des 36 occupations de terres – représentant 7 000 hectares au total – réalisées par l’Association des agriculteurs du Haut Paraná (ASAGRAPA) vers 1989. El Triunfo dispose de 900 hectares qui sont la propriété collective de la communauté depuis 2002. Une partie de cette terre est réservée à un usage collectif – elle abrite deux écoles, un centre de formation et un hangar – et le reste est réservé à un usage privé. Il y a quelques années, les paysans se consacraient à la culture intensive du soja. Aujourd’hui, ils cultivent haricots, riz, maïs, manioc et toute sorte de légumes verts et plantes maraîchères. Chaque paysan détient entre sept et dix hectares, qu’il utilise pour sa propre consommation, pour des productions traditionnelles ou pour produire des légumes qu’il commercialise ensuite à la foire régionale de Ciudad del Este, capitale du département du Haut Paraná sur la frontière avec l’Argentine et le Brésil, afin de se procurer ce qu’il ne produit pas dans ses champs (huile, sel, outils, médicaments, etc.). D’une monoculture destinée à l’exportation, les paysans sont passés à une diversité de cultures ; ils ont délaissé les produits chimiques toxiques et ils apprennent des techniques de culture durable pour bonifier les sols et produire des aliments biologiques. D’une certaine façon, ils reprennent tout depuis le début et, lentement, les terres redeviennent extrêmement fertiles. Mais actuellement tout l’enjeu est de dépasser ce stade : il s’agit de consolider les communautés, d’engager des discussions sur de nouveaux modèles de communauté paysanne, de sensibilisation politique et d’organisation communautaire, pour développer les projets associatifs et communautaires. Dans cet esprit, les paysans considèrent que la propriété collective des moyens de production (terre, outillage, machines, camions pour écouler la production) leur garantit que, en dépit d’un usage privé de la terre, il ne se créera pas de différence au sein de la communauté.
Dans le nord de l’Argentine, le Mouvement paysan de Santiago del Estero (MOCASE) a apporté la preuve de la relation entre la formation et les autres maillons de la chaîne qui conduit à la souveraineté alimentaire, en produisant de nouvelles propositions pédagogiques et de formation qui répondent aux besoins des jeunes paysans indiens et renforcent leurs capacités de leadership dans les communautés. Dans son centre situé à Quimilí, dans la province septentrionale de Santiago del Estero, l’École d’agriculture biologique accomplit depuis 2006 de belles avancées, école pensée dans le cadre d’un processus participatif auquel on a associé les centrales paysannes du MOCASE et du Mouvement national paysan indien (MNCI) pour encourager l’agriculture locale durable, consolider la production familiale et communautaire, promouvoir les échanges entre les jeunes du mouvement, développer les technologies et les sciences qui réduisent les incidences environnementales, élaborer des méthodes éducatives qui établissent une correspondance entre la production d’aliments biologiques et les marchés locaux, et valoriser l’art et le métier d’agriculteur en en soulignant les attraits.
Ángel Strappazón, dirigeant du MOCASE, a informé Noticias Aliadas que « le MNCI continue d’aller de l’avant, avec le lancement de l’Université paysanne qui œuvrera au niveau national à la formation de jeunes paysans, Indiens et travailleurs ruraux et urbains » et qui offrira des programmes dans les domaines de l’agriculture biologique, de la promotion de la santé communautaire, de la communication populaire, de l’enseignement agricole, et de la défense des droits humains à l’échelle territoriale. « Cette université préparera à la carrière d’ingénieur en agriculture biologique. Nous insistons sur la formation stratégique de jeunes, de cadres politiques, mais guidés par la possibilité d’appliquer un nouveau paradigme politique, celui de la souveraineté alimentaire, qui constitue indéniablement un des axes d’une nouvelle ère de civilisation, fondée sur la protection de la biodiversité, une production suffisante pour résoudre le problème de la faim, et l’écologie. Il s’agit de façonner un sujet politique nouveau. »
Le Venezuela est, avec la Bolivie et l’Équateur, un des pays où la dynamique politique a fini par modifier les lois pour donner des conditions favorables à l’agriculture biologique. La Loi pour des pratiques agricoles intégrales saines dispose que « en vue de la transformation du modèle économique et social de la Nation, l’exécutif, par le biais de ses organes et services compétents, défendra l’agriculture biologique comme base scientifique de l’agriculture tropicale durable, à l’intérieur du système de production du pays, avec l’élaboration et l’exécution des projets nécessaires pour encourager et stimuler le processus de production d’aliments biologiquement de bonne qualité, en quantités suffisantes pour nourrir la population, et promouvoir l’enseignement et l’apprentissage de pratiques agricoles écologiques ».
Dans le même ordre d’idée, un accord passé avec Cuba a permis l’installation de 17 laboratoires de production d’engrais et d’agents de lutte biologiques pour une gestion écologique des systèmes de production agricole de l’Institut national pour des pratiques agricoles intégrales saines. Le laboratoire Cipriano Castro, par exemple, dans l’État occidental du Táchira, produit des intrants qu’il fournit gratuitement aux petits producteurs et réalise des enquêtes participatives dans les mêmes unités de production pour améliorer la qualité des intrants et vérifier le travail des producteurs qui adoptent cette technologie.

Mobilisation de l’unité productive "Filhos de Sepé" dans le cadre de la lutte pour la réforme agraire au Brésil.
Au Brésil, depuis 1999, la colonie Filhos de Sepé, qui appartient au Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST), occupe 6 000 hectares à quelque 40 kilomètres de la ville de Porto Alegre, à l’extrême sud du pays. Elle rassemble 700 familles qui pratiquent une nouvelle forme de campement : des unités de 15 à 20 familles sont créées, dont les parcelles sont disposées en triangles qui convergent vers un « centre » de manière à ce que les habitations restent proches les unes des autres (pour les besoins des tâches collectives) mais que chaque paysan occupe la parcelle qui lui revient.
Les gens de Filhos de Sepé ont observé que non seulement la culture biologique de riz est rentable mais aussi que le rendement par hectare est exactement deux fois plus élevé qu’avec des produits toxiques. Ils ont renoué avec l’ancienne tradition consistant à utiliser des canards pour préparer la terre avant de la cultiver. « Les canards mangent toutes les herbes et nettoient le terrain beaucoup mieux que n’importe quel poison chimique, en plus de l’enrichir avec leurs excréments. Nous laissons pendant des mois les canards sur la terre pour qu’ils la préparent. Ensuite, au moment de semer le riz, nous les retirons puis nous les vendons ou les mangeons », a raconté Huli Zang, du MST, au cours d’un entretien avec le journaliste uruguayen Raúl Zibechi publié en 2006 par l’Agence latino-américaine d’information (ALAI) [3]. Mais se pose aujourd’hui le problème de la certification car ceux qui en sont chargés sont liés aux entreprises qui commercialisent des produits transgéniques. « La destruction des barbelés du domaine a été moins difficile que la lutte contre les moyens technologiques employés par les transnationales », déclarait Zang. La colonie Filhos de Sepé fête ses 14 années de travail sans produits toxiques.
Toute l’Amérique latine connaît une intensification du rejet des produits transgéniques, fréquemment sous la forme d’actions coordonnées entre divers mouvements sociaux. Cette union des forces du refus débouche sur une action coordonnée en faveur de nouvelles lois protectrices, de réseaux de commerce équitable, d’une production agricole biologique, d’une bonne santé communautaire, d’une éducation populaire, entre autres, ce qui accroît l’efficacité de la chaîne de production. Témoin le développement des réseaux de commerce équitable, où des personnes qui ont commencé en tant que militants « politiques » consomment et/ou produisent aujourd’hui des produits biologiques, ou soutiennent de différentes manières les circuits de distribution de produits respectueux de l’environnement.
Ces quelques exemples ne visent pas à passer sous silence des questions clés comme le fait que la souveraineté alimentaire sera impossible sans souveraineté sur le territoire, le débat sur le modèle agroalimentaire mondial et ses multinationales, la gravité du changement climatique ou l’accaparement de l’eau, entre autres. Mais il faut aussi considérer que, face à l’intensité de la crise mondiale, l’intérêt pour ces expériences concrètes participe de ce que le sociologue portugais Boaventura de Sousa Santos suggère lorsqu’il déclare que « la réalité est la somme de tout ce qui existe et de tout ce qui surgit en elle comme possibilités nouvelles et comme luttes pour sa concrétisation ».
Dial – Diffusion de l’information sur l’Amérique latine – D 3202.
Traduction de Gilles Renaud pour Dial.
Source (espagnol) : Noticias Aliadas, 12 juin 2012.
En cas de reproduction, mentionner au moins l’auteur, le traducteur, la source française (Dial - http://enligne.dial-infos.org) et l’adresse internet de l’article.
Notes
[1] Voir DIAL 3079 – « PAYS DU SUD – Le scandale des agrocarburants » et DIAL 3190 – « BRÉSIL – La Conférence Rio+20 va relancer la polémique sur les agrocarburants.
[2] Voir, du même auteur, DIAL 3108 – « ARGENTINE – « La production alimentaire doit être locale » : entretien avec Claudia Giaccone ».
[3] Voir DIAL 2901 – « BRÉSIL – Pour les paysans sans terre, l’acquisition de terres n’est qu’une étape de la lutte ».



