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LIVRE – Vie et lutte des Sans Terre au sud du Brésil : une occupation au Parana, de Susana Bleil
27 juin 2012, 11:29
Filed under: Histoire, Organisation

mardi 26 juin 2012, mis en ligne par Dial

- Karthala, 2012
- collection Signes de temps
- ISBN : 978-2-8111-0707-9
- 344 pages, 29 euros
- Préface de Luc Boltanski.

Quatrième de couverture

Le Brésil, un pays immense, grand comme quinze fois la France, compte des exploitations agricoles qui peuvent dépasser les 100 000 hectares. Certaines peuvent reposer sur de faux titres de propriété. À côté d’elles, des milliers de paysans « sans terre » sont chassés de leur lopin par les hommes de main de gros fermiers et sont contraints de migrer dans les favelas (bidonvilles) de famine.

Le Mouvement des Sans Terre (MST) organise ceux qui veulent retrouver leur dignité en « occupant » des morceaux de ces milliers d’hectares souvent laissés en jachère. Ils y créent des « exploitations coopératives » pour nourrir leurs familles, avoir les moyens d’instruire et d’éduquer leurs enfants, c’est-à-dire de reprendre le goût de la vie.

Le livre de Susana Bleil, elle-même brésilienne et aujourd’hui maître de conférences à l’Université du Havre, est la reprise pour un plus large public de sa thèse en sociologie soutenue en mai 2009 à Paris (EHESS). Elle y retrace l’occupation d’une terre par seize familles Sans Terre. Elle en décrit les références lointaines, tant spirituelles (tout un courant de l’Église catholique du Brésil), avec les grandes figures qui l’ont porté – les évêques Pedro Casaldáliga et Helder Câmara, le théologien franciscain Leonardo Boff, le dominicain frei Betto –, que politiques (les méthodes d’analyse marxiste plus que l’adhésion au matérialisme historique) et même pédagogiques (celle de Paulo Freire).

Sur les années 2000 à 2003, elle suit l’évolution de cette communauté humaine organisée en coopérative agricole (COPAVI), qui gagne progressivement la confiance des habitants de la ville voisine, au début hostiles à leur occupation. Elle termine par l’analyse du sens quasi religieux, bien que nettement sécularisé, de la mística, lors de la fête du dixième anniversaire de leur communauté. Il s’agit en effet, à travers la mística, de « faire mémoire » au sens fort du terme, entre eux et avec tous les amis venus les rejoindre à cette occasion, au terme de ces dix ans de galère et finalement de victoire.

Table des matières

Préface de Luc Boltanski, p. 7
Sigles, p. 13

Introduction, p. 15
- Le contexte rural des années 1960-1980, p. 16
- La singularité du MST et des militants Sans Terre, p. 17
- Un assentamento des Sans Terre organisé autour d’une coopérative agricole, p. 20
- La méthode de recherche : entre la voix et le regard, p. 22
- Un sujet encore méconnu du public français, p. 23

PREMIÈRE PARTIE
Constituer la concentration de la terre en problème public

1. Force et violence des hiérarchies sociales, p. 29
- L’affaire Southall : quand l’État aide les riches, p. 31
La rhétorique de la haine, p. 32
Supprimer aux Sans Terre leur humanité : le pouvoir des mots, p. 33
- La persistance des antagonismes sociaux, p. 38
Racines du pouvoir et de la violence illimités des propriétaires terriens, p. 41
L’usage de la terre : la riche plantation et la roça misérable, p. 42
L’accès à la terre : un droit réservé aux « hommes bons », p. 43
Vivre dépossédé de soi, p. 46
L’esclavage et son héritage : le « désordre » éthique et moral, p. 47
Rapport du frère dominicain Xavier Plassat, p. 50
Le stigmate du travailleur rural : bête, incapable, paresseux
et analphabète
, p. 52
Jeca Tatu : mythe et réalité de la race dégénérée, p. 52
- Le choc culturel des colons européens : « Nous ne sommes pas des esclaves ! », p. 57

2. L’engagement de l’Église. Constitution d’un « public politique », p. 61
- Sources lointaines, p. 62
La théologie de la libération : un engagement radical, p. 63
Le rôle des intellectuels français dans la constitution de la critique sociale, p. 64
L’engagement motivé par la foi : dévouement sacré et éternel, p. 66
- Le concept de « public politique », p. 69
- Témoigner de l’intolérable, p. 72
Pedro-Maria Casaldáliga : l’évêque de la liberté, p. 75
Dom Helder Câmara : l’action doit être éthique et morale, p. 81
Leonardo Boff : « Le Christ comme modèle d’action révolutionnaire », p. 87
Frère Betto : l’intellectuel de la mística de l’engagement, p. 89
- La genèse d’un public politique par les Communautés de base, p. 92
La pastorale de la terre : méthode d’enquête et dénonciation publique, p. 97
Les martyrs et les assassins sont à la messe, p. 99
La propriété privée mise en question, p. 102

Annexe n° 1
Lettre de dom Pedro Casaldáliga au pape Jean-Paul II, p. 105
Annexe n° 2
Lettre de dom Xavier Maupeou au pape Benoît XVI, p. 115

3. Préhistoire et naissance du Mouvement des Sans Terre, p. 117
- L’histoire d’un échec : la réforme agraire, p. 117
L’invention d’une grammaire de classe par le Parti communiste brésilien, p. 120
Les Ligues paysannes : version critique des travailleurs ruraux, p. 123
Les paradoxes politiques de la loi régularisant la propriété foncière, p. 128
- Occuper, la croix et la Bible en main, p. 129
Droit à la terre et occupation, p. 131
Rattachement à un courant de l’Église, p. 133
Un événement fondateur du MST : l’encruzilhada Natalino, p. 138
- De la lutte collective à un public politique, p. 146

DEUXIÈME PARTIE
L’Assentamento Santa Maria : une communauté politique

4. Quand le terrain construit le chercheur, p. 155
- Le choix d’un terrain d’étude, p. 156
- Condition d’insertion : « Apprivoisement réciproque », p. 157
- Une confiance jamais définitivement acquise, p. 163

5. Constituer la communauté, p. 167
- Fondateurs et fondations, p. 167
Le courage des pionniers, p. 167
L’incarnation du leader politique : Solange Czycza, p. 170
Une socialisation politique précoce : Célia de Sousa Soares, p. 173
Du mépris à l’engagement : Terezinha Gonçalves, p. 176
Dureté d’une vie nouvelle, p. 180
- Des règles pour faire lien, p. 183
- La COPAVI et le MST : une fraternité militante, p. 186
- Récit d’occupation de Santa Maria, p. 188

6. L’action militante. Devenir une famille « élargie », p. 195
- S’engager dans une deuxième famille, p. 199
Avoir le « collectif dans le sang », p. 204
Accepter d’être formé dans les réunions, p. 205
Manger ensemble : confirmer la communauté au quotidien, p. 208
- Étendre la « famille » aux proches, p. 210
Être converti « à la cause », facteur de longévité dans la communauté, p. 214
Le « monde » qui soutient la COPAVI, p. 220
- Se faire reconnaître par le village de Paranacity, p. 222
Agir selon des valeurs civiques et morales, p. 222
Le soutien de l’Église des pauvres et de la municipalité de Paranacity, p. 225
- Résoudre les conflits internes avec l’aide d’un tiers, p. 226
« La lutte politique est importante… mais pas plus que la famille ! », p. 227
« Entre la règle générale et le bien-être de chaque associé », p. 230
Difficulté à sortir de la logique individualiste, p. 233

TROISIÈME PARTIE
L’utopie au quotidien

7. Une culture politique métissée. Personnalisme chrétien et socialisme, p. 243
- Organiser le peuple, valoriser la personne, p. 247
Signes et marqueurs, p. 252
Valoriser la culture populaire, p. 254
Une grammaire affective au fondement de la communauté, p. 257
Faire de l’occupation un acte fondateur, p. 259
- Un Che Guevara non violent, p. 261
- L’utopie en acte : la coopérative, p. 265
- L’œuvre de Paulo Freire : la bible du MST, p. 270
Gestation d’une pensée, p. 271
L’appropriation de la pensée de Paulo Freire par le MST, p. 277
Une école à soi, p. 280

8. L’enchantement par la mística , p. 285
Repères historiques et usages politiques des célébrations, p. 28
- Le sens de la mística, p. 289
Une pratique préexistante au MST, p. 301
Une mística ratée : les limites de la participation du sociologue, p. 304
Rendre visible et sensible l’idéal et l’avenir dans le présent de l’action, p. 306
Une mística célèbre une tragédie, p. 309
- De la mémoire à l’espoir, p. 310
La mémoire collective, une force pour avancer, p. 310
Le pouvoir d’imaginer un autre monde, p. 313

Conclusion Une communauté militante, p. 317
- L’étoffe des cadres, p. 318
- L’occupation de terre, un « rite de passage », p. 320
- Les épreuves quotidiennes au sein de la COPAVI, p. 322
- La régénération de l’engagement politique par la mística, p. 324

Annexe n° 3
Brasilia « ferme la bouche » de l’INCRA, p. 327
Glossaire, p. 329
Cartes, p. 333

Source: http://www.alterinfos.org/spip.php?article5608

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

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