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BRÉSIL : LE MOUVEMENT DES SANS TERRES RÉAGIT À LA VENTE DE TERRES
23 juillet 2016, 7:32
Filed under: Appel à mobilisation, Lutte

Publié le 22 Juillet 2016 par Bolivar Infos. Telesur, 22 juillet 2016. Traduction Françoise Lopez.

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Le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terres (MST) a assuré qu’il réagirait par des occupations si le président provisoire du Brésil Michel Temer prend la décision de permettre la vente de terres aux étrangers.

« Nous allons donner un avertissement aux entreprises : si on prend cette décision irresponsable, ils n’oseront pas acheter des terrains ici parce que nous allons occuper toutes les zones qui auront été cédées au capital étranger.

Stédile a fait cette annonce au Premier Festival National des Arts et de la Culture de la Réforme Agraire qui a eu lieu à en Belo Horizonte après que des médias aient révélé les intentions de Temer de faciliter l’acquisition de terres brésiliennes aux étrangers.

Pour cela, a rappelé l’Agence Brésil, il faudra réévaluer un avis du Barreau Général de l’Union qui, en 2010, a interdit la vente de la terre aux étrangers.

Dans une autre partie de son intervention, le dirigeant des Sans Terres a critiqué la décision du président de supprimer le Ministère du Développement Agraire qui, a-t-il dit, a représenté un préjudice incalculable car ce organe était le responsable d’une série de politiques publiques destinées à la production d’aliments.

Il a aussi accusé le gouvernement provisoire de vouloir relever l’âge de la retraite dans le cadre d’une proposition de réforme de la sécurité sociale et a déploré qu’il ait donné l’autorisation de pulvériser des substances chimiques contre le moustique Aedes aegypti par avions.

D’autre part, Stédile a annoncé que le Front Brésil Populaire dont font partie le MST et d’autres mouvements sociaux envisage une grève générale avant le vote qui clôturera le processus de procès politique contre la présidente Dilma Rousseff au Sénat.

La destitution n’a rien à voir avec les erreurs de Dilma et encore moins avec ce qu’on appelle les pédalages fiscaux, a-t-il dit et il a souligné qu’en réalité, cela répond à un plan des élites pour imposer une politique néolibérale et réduire les droits des travailleurs.

Même le Ministère Public Fédéral a reconnu qu’il n’y a pas eu de délit. C’est comme si quelqu’un était condamné pour l’assassinat d’une personne vivante, a-t-il affirmé.

Le contexte

Le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terres (MST) est né suite à la conjonction de différents facteurs socio-économiques entre les années 1975 et 1985. Il a 3 objectifs : la terre, la réforme agraire et une société plus juste.

Il utilise des formes de lutte comme les manifestations de rues, les concentrations régionales, les audiences avec les gouverneurs et les ministres, les grèves de la faim, les campements dans les villes.

Source en espagnol :

http://www.telesurtv.net/news/Brasil-Movimiento-Sin-Tierra-reaccionara-a-venta-de-suelos–20160722-0002.html

URL de cet article :

http://bolivarinfos.over-blog.com/2016/07/bresil-le-mouvement-des-sans-terres-reagit-a-la-vente-de-terres.html

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LES SANS TERRE DU BRÉSIL CONSTRUISENT UNE NOUVELLE ÉCOLE AU VENEZUELA
18 juillet 2016, 8:33
Filed under: Formation

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Caquetios, Etat de Lara (ouest du Venezuela). A gauche,  Edson Marcos, coordinateur de la Brigada Apolonio

Etat de Lara (ouest du Venezuela), juillet 2016. Edson Marcos (gauche), coordinateur de la Brigada Apolonio de Carvalho des Sans Terre au Venezuela, et Celia Rodrigues, coordinatrice de l’école intégrale « Caquetíos ».

T.D. – Celia, Edson, quel bilan faites-vous de l’accord qui lie les Sans Terre du Brésil au gouvernement vénézuélien ?

Edson Marcos – Nous sommes ici depuis dix ans. Dix ans de multiples activités. Tous les Sans Terre venus du Brésil pour travailler dans le cadre de cet accord ont beaucoup, beaucoup appris. Aujourd’hui nous sommes en train de construire une école de formation sociopolitique et technique, agroécologique, provisoirement baptisée « Caquetios » comme l’Unité de Production Agricole où elle est basée. Nous disposons de terres productives. Les chambres, le réfectoire son quasi prêts, il manque encore quelques détails, mais nous démarrerons bientôt avec une capacité d’hébergement de soixante personnes par formation.

Celia Rodrigues – Nous sommes présents ici avec toute notre volonté, toute notre mystique, pour apporter notre pierre à la construction de la révolution bolivarienne. « Caquetios » est un défi que nous devons relever avec l’ensemble du peuple vénézuélien, de ses collectifs. L’objectif est de fortifier le mouvement populaire, les communes et en particulier le mouvement paysan du Venezuela.

T.D. – C’est le Ministère des Communes qui soutient le projet ?

Edson Marcos – Oui mais nous sommes aussi soutenus par celui de l’Agriculture et des Terres, et par celui de l’Agriculture Urbaine. En fait, nous avons des relations avec l’ensemble du gouvernement : nous envisageons un accord avec le Ministère de l’Éducation et avec celui de l’Enseignement Supérieur pour réunir des enseignants, des techniciens qui pourront  apporter d’autres contenus a l’école.

Celia Rodrigues – Quand nous parlons d’institution au Brésil et au Venezuela, nous parlons de deux choses différentes ! Car ici a lieu une révolution, malgré toutes les contradictions qu’elle porte. Nous comprenons que nous devons agir autant dans le champ institutionnel que dans le champ de notre autonomie sociale. Nous sommes des alliés du gouvernement bolivarien mais nous ne sommes pas « gouvernementalistes ». Et l’institution est claire aussi sur ce point : notre autonomie est respectée.

De gauche à droite : Willians Sivira, Juan José Moreno, militants de la communicarion populaire, Anaemilia Borba et Denir Sosa, responsables pédaggiques et d'organisation.

De gauche à droite : Willians Sivira, Juan José Moreno, militants vénézuéliens de la communication populaire, Ana Emilia Borba et Denir Sosa, responsables brésiliens de la formation et de l’organisation.

T.D. – Dans cette école, les étudiants pourront produire leur propre alimentation ?

Edson Marcos – L’idée est de garder le maximum d’autonomie en matière d’alimentation, d’où cette intégration des étudiant(e)s au travail de la terre, ce qui leur permettra aussi d’expérimenter la production de semences.  Nous avons créé une fondation, le gouvernement nous appuie dans l’infrastructure pour inviter les étudiants et pour planifier la mise en culture de cette grande étendue de terres autour de l’école.

T.D. – Vous avez déjà réussi à sauver un maïs indigène…

Edson Marcos – Oui, il y a un peu plus d’un an, nous sommes tombés sur ce maïs du type « guanape », qui avait pratiquement disparu du pays. Nous avons semé six quintaux de cette variété excellente, très productive et très résistante, ici et dans une plantation à 40 km d’ici. Nous sommes en train de récolter les grains, nous en avons déjà envoyé dans d’autres lieux du pays. Nous produisons d’autres semences agroécologiques : coriandre, aubergine, pois cajan, salade, choux, navets, et d’autres légumes.11393067_852056694849922_1080582383842064742_n

T.D. – Cette école sera une plate-forme ouverte à tout type de formation proposée par  les mouvements sociaux: de l’agroécologie au théâtre populaire…

Edson Marcos – En effet. Nous somme dans la phase d’administration, de penser la stratégie politique de l’espace, avec une planification ouverte à tous ceux qui veulent venir suivre ou donner des cours ici. Ce sont ces différentes formations qui vont faire croitre le projet. Notre tâche, ici, est transitoire, nous n’allons pas demeurer ici indéfiniment. Nous allons former une équipe vénézuélienne pour assumer la coordination de l’école, avec nous au début, puis elle-même, totalement.

Celia Rodrigues – L’école doit remplir sa fonction sociale d’échange de connaissances pour nos organisations, y compris pour les militants de la Brigade des Sans Terre au Venezuela, nous espérons que tous ceux qui passent par ici gardent une impression aussi positive que les étudiant(e)s de notre Ecole Nationale Florestan Fernandes (au Brésil, NdT). Que tous sachent qu’ici ils peuvent apprendre quelque chose, et que nous, brésiliens, voulons apprendre aussi.tierraCelia3aulas5aulas4

T.D. – Au Brésil, les Travailleurs Ruraux Sans terre sont le mouvement social le plus mobilisé contre un coup d’État qui est aussi médiatique…

Edson Marcos – Dans la dernière période du gouvernement progressiste, de Lula a Dilma, le Mouvement des Sans Terre s’en est tenu plus ou moins à sa position d’autonomie et nous avons parfois exprimé de dures critiques sur sa politique. Mais la priorité du moment est de le défendre. Dès le coup d’Etat, nous sommes descendus dans la rue pour défendre ce gouvernement, non pour ses erreurs mais pour ses réussites. Les gains pour les travailleurs et pour les plus pauvres ont été très importants. Le retour au néo-libéralisme, pour nous, constitue une très forte régression. Aujourd’hui de nombreux citoyens et mouvements ont rejoint le « Front Populaire » pour mener la lutte. 100 % des médias brésiliens appartiennent aux grandes corporations. Qui paie l’orchestre choisit la musique : les contenus, les éditoriaux, sont en faveur du coup d’Etat et cherchent à désorganiser le monde du travail. La situation est très dure car nous n’avons pas réellement de médias alternatifs pour toucher l’ensemble des citoyens. Reste le travail de base comme outil principal pour diffuser la contre-information.comedor3comedor4compasEntretien : Thierry Deronne. Photos : T. D. et Brigade Apolonio de Carvalho.

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2ew



Note du Mouvement sans terre sur la mise à l’écart de la présidente Dilma Roussef
18 juillet 2016, 8:30
Filed under: Appel à mobilisation, répression de l´Etat

MST

 13/05/2016
Declaración
 
Il s’agit d’un coup d’état institutionnel et anti-démocratique qui ne respecte pas la volonté de 54 millions d’électeurs.

Le mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) s’oppose à la décision du Sénat Fédéral brésilien, de ce jeudi (12), d’autoriser le processus d’impeachment contre la présidente Dilma Roussef et de mise à l’écart temporaire de son mandat. Nous sommes convaincus, comme l’affirme le texte de la procédure, que la présidente n’a commis aucun crime lié aux maquillages des comptes publiques. Si cela était le cas, la procédure devrait également concerner son vice-présidente, Michel Temer, qui remplace Dilma Roussef, ainsi que le sénateur Antonio Anastasia, de l’état du Minas Gerais.

 

C’est un coup d’état institutionnel et anti-démocratique qui ne respecte pas la volonté de 54 millions  d’électeurs et est initié par les secteurs les plus conservateurs de la société, en particulier le patronat néolibéral et soumis aux intérêts des entreprises étasuniennes. Un coup d’état soutenu par une campagne permanente des grands groupes de presse – en particulier, le réseau Globo – qui ont eu un traitement totalement partial de la situation, ajouté à l’attitude arbitraire du pouvoir judiciaire.

Ce coup d’état autorisé par le Sénat n’a pas respecté le résultat des urnes sur le choix de la chef d’Etat, mais, comme annoncé par son vice-présidente usurpateur, mettra en place un programme régressif, néolibéral, avec des tristes souvenir pour le peuple brésilien des temps des  gouvernements Collor et Fernando Henrique Cardoso. Son gouvernement sera anti-populaire et marquera une régression sociale qui plusieurs fois a été refusé par la majorité de la population dans les urnes. Les élites brésiliennes incapables de cohabiter avec la démocratie et de se soumettre à la volonté populaire ont écarté la présidente sans aucune preuve de crime, seulement en faveur de leur projet de coup budgétaire dans les secteurs sociaux, le chômage et la privatisation.

Le « chemin vers la récession » du putschiste Michel Temer accentuera davantage la crise sociale et économique et amplifiera l’instabilité politique du pays. Le nouveau gouvernement qui s’annonce, par son parcours historique, ne représente pas une rupture avec les pratiques de corruptions que nous avons tous dénoncé dans les rues.

Nous espérons que le Sénat revienne sur sa décision lors de la prochaine votation. Et si cela n’arrive pas, les forces démocratiques et contraire au coup d’état doivent faire un recours auprès de la Cour Suprême. La société brésilienne sait que nous traversons une crise économique, politique, sociale et environnementale. Cette crise ne sera pas surmontée avec des coups d’état. Elle a besoin d’un large débat au sein de la société brésilienne qui rassemble la majeur partie des forces populaires et sociales, pour construire un nouveau projet de pays qui soit en capacité de surmonter les crises.

En relation à la crise politique instaurée, nous défendons avec tous les mouvements populaires, que seulement une reforme politique profonde, qui rendra au peuple le droit de choisir ses représentants légitimes, peut être une véritable solution. L’actuel congrès n’a pas les conditions, ni la volonté politique. C’est pourquoi il faut que le Sénat approuve la réalisation du référendum, qui donne au peuple le droit de choisir une assemblée constituante, qui débouchera sur une reforme politique avec la réalisation des élections générales dans des conditions démocratiques.

Le MST restera mobilisé en défense de la démocratie et les droits sociaux, à côté du Front Brésil Populaire et des milliers des travailleurs et travailleuses qui n’accepteront pas le coup d’état. Nous continuerons la lutte contre les grands latifundiaires et les agrobusiness pour la réforme agraire populaire et pour le droit constitutionnel de tous les travailleurs ruraux d’avoir l’accès à la terre et condition de vie digne à la campagne.

12 mai 2016




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