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“Nous demandons à la justice de décréter notre extermination totale” : la lettre de la communauté Guarani-Kaiowá de Pyelito Kue/Mbarakay au Gouvernement et à la Justice Fédérale du Brésil.
21 octobre 2012

Nous – 50 hommes, 50 femmes, 70 enfants -, communautés Guarani-Kaiowá originaires de Tekoha Pyelito kue/Mbrakay, nous voulons exposer par cette lettre notre situation historique et notre décision définitive, face à l’ordre de notre expulsion ordonnée par la Justice Fédérale de Navirai- Mato Grosso du Sud, dossier nº 0000032-87.2012.4.03.6006, daté du 29/09/2012.

Nous avons reçu l’information que nous, les communautés, allons être attaquées et expulsées par la force des rives du fleuve, par la propre Justice Fédérale de Navirai- Mato Grosso du Sud. Ainsi, il est évident pour nous que l’action même de la Justice Fédérale génère et augmente les violences contre nos vies, ignorant nos droits de survivre sur les rives d’un fleuve, à proximité de notre territoire traditionnel Pyelito Kue/Mbarakay.

Ainsi, nous comprenons clairement que cette décision de la Justice Fédérale de Navirai- Mato Grosso du Sud est une partie du génocide historique du peuple indigène natif de Mato Grosso du Sud /Brésil, c’est-à-dire que la propre action de la Justice Fédérale viole et extermine nos vies. Nous voulons manifester au Gouvernement et à la Justice Fédérale que nous avons perdu l’espoir de survivre dignement et sans violence sur notre territoire ancestral et que nous ne croyons plus dans la Justice du Brésil.

A qui allons-nous dénoncer les violences pratiquées contre nos vies ? A quelle justice du Brésil ? Si la Justice Fédérale elle-même génère et alimente des violences contre nous ? Nous avons évalué notre situation actuelle et nous avons conclu que nous allons tous mourir dans peu de temps, nous n’avons pas et nous n’aurons pas de perspective de vivre justement et dignement tant sur la rive du fleuve que loin d’ici. Nous campons ici à 50 mètres du fleuve Hovy où ont déjà été tuées 4 personnes, deux par suicide, deux sous les coups et la torture d’hommes armés au service des grands propriétaires. Nous vivons sur les rives de ce fleuve Hovy depuis plus d’un an, nous ne recevons aucune assistance, nous sommes isolés, encerclés par les hommes armés et nous avons résisté jusqu’à aujourd’hui. Nous ne mangeons qu’une fois par jour. Tout cela nous le subissons quotidiennement pour récupérer notre territoire ancestral Pyleito Kue/Mbarakay.

En réalité nous savons très bien qu’au centre de notre territoire ancestral sont enterrés plusieurs de nos aïeux et aïeules, bisaïeux et bisaïeules. Ici est le cimetière de tous nos ancêtres. Conscients de ce fait historique nous allons et nous voulons être tués et enterrés aux côtés de nos ancêtres ici même où nous sommes aujourd’hui. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et à la Justice Fédérale de ne pas décréter l’ordre de nous expulser mais de décréter notre mort collective et de nous enterrer tous ici. Nous demandons, une fois pour toutes, de décréter notre extermination totale, en plus d’envoyer des tracteurs pour creuser une grande fosse pour y jeter et enterrer nos corps. Telle est la demande que nous les Guarani et Kaiowa de Pyelito Kue/Mbarakay, faisons aux juges fédéraux.

Nous avons tous décidé de ne pas partir d’ici, sachant qu’il ne nous est plus possible de survivre dignement sur notre territoire ancestral, nous avons déjà beaucoup souffert et déjà nous sommes massacrés et nous mourons à un rythme rapide. Nous savons que nous serons expulsés d’ici, des rives du fleuve, par la justice, mais nous n’allons pas quitter les rives du fleuve. En tant que peuple indigène historique, nous décidons simplement d’être tués collectivement ici. Nous n’avons pas d’autre option, telle est notre dernière décision unanime face à la décision de la Justice Fédérale de Navirai- Mato Grosso du Sud.

Source : http://www.mst.org.br/node/14003

Traduction du portugais : Thierry Deronne

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/23/nous-demandons-a-la-justice-de-decreter-notre-extermination-totale-la-lettre-de-la-communaute-guarani-kaiowa-de-pyelito-kuembarakay-au-gouvernement-et-a-la-justice-federale-du-bre/

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(Vidéos:) documentaire sur l’histoire de l’unité de production Zumbi dos Palmares (Paraíba) et reportage sur la lutte de l’unité « Terra Prometida » (Minas Gerais)
19 octobre 2012

Page du MST

Nous présentons le documentaire réalisé par les étudiants diplômés du Cours d’Éducation Rurale de l’Université Fédérale de Paraíba (UFPB), consacré à l’unité productive Zumbi dos Palmares, municipalité de Mari, État de Paraíba. Le récit porte sur la lutte pour la terre, quelques unes des conquêtes de cette communauté agricole et un peu de l’histoire de l’école de Zumbi dos Palmares.
Réalisation:

Leidson F. Martins – Éducation Rurale /UFPB
Kamila Karine dos S. Wanderley – Éducation Rurale/UFPB
Camila dos Santos Rocha – Éducation Rurale /UFPB
Rivamberg Virgulino – Éducation Rurale/UFPB

Nous publions également le reportage vidéo produit par la FASFI Brésil, qui veut alerter l’opinion sur le droit à la terre, au logement et à une vie digne, du point de vue des enfants qui grandissent dans une zone marquée par les conflits de la réforme agraire, à Felisburgo (Minas Gerais). Il s’agit de l’unité productive « Terre Promise » (Terra Prometida) où s’est produit le Massacre de Felisburgo.

Sources : http://www.mst.org.br/Documentario-narra-a-historia-do-assentamento-Zumbi-dos-Palmares-na-Paraiba et http://www.mst.org.br/node/13985

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/19/videos-documentaire-sur-lhistoire-de-lunite-de-production-zumbi-dos-palmares-paraiba-et-reportage-sur-la-lutte-de-lunite-terra-prometida-minas-gerais/

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Journées des Enfants Sans Terre au Brésil

Au mois d’octobre est commémorée la Journée des enfants au Brésil.

La date officielle remonte aux années 20 (décret nº 4.867 du 5 novembre 1924), mais c’est en 1960 que cette célébration est devenue populaire, lorsque l’usine de jouets Estrella, conjoitement avec Johnson & Johnson, lança une campagne pour augmenter ses ventes : la semaine du « bébé robuste ».

Depuis lors l’enfant est une « cible-clef » pour la consommation. Le marché cherche à manipuler ses désirs pour promouvoir des ventes de toute sorte.

Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre a fait du mois d’octobre une référence de la lutte des Enfants Sans Terre.

Depuis 1994, nous cherchons à développer les Rencontres des petits Sans terre dans les états où nous sommes organisés. Ces rencontres sont des moments remplis de mystique pour toute l’organisation, car les enfants s’y engagent des préparatifs jusqu’à la réalisation.

C’est un espace dans lequel les enfants apportent leur envie de lutter, de jouer, d’apprendre et de revendiquer.
Cette année seront réalisés des rencontres dans les états et dans les régions, réunissant des enfants dans tout le Brésil.

 

 

Voir plus de photos de la rencontre dans l’État du Ceará 

 

 

Source : http://www.mst.org.br/content/jornada-sem-terrinha-2012

Traduction du portugais : Thierry Deronne

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/15/journees-des-enfants-sans-terre-au-bresil/

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Sommet de la SIP au Brésil : des mouvements sociaux exigent la démocratisation des médias.
15 octobre 2012, 4:51
Filed under: Appel à mobilisation, Démocratisation des médias, Lutte
11 octobre 2012

Par José Coutinho Júnior
De la Page du MST

La Société Inter-Américaine de Presse (SIP), organisation de patrons de médias, va réaliser au Brésil sa 68ème assemblée pour discuter du « futur du journalisme et de la liberté de la presse ». Seront présents plus de 600 journalistes et entrepreneurs de 34 pays différents, comme Arthur Sulzberger Jr. du New York Times et Juan Luis Cebrián, président du journal espagnol El País. Du Brésil participeront au débat l’ex-président Fernando Henrique Cardoso, et Eurípedes Alcântara, directeur de rédaction de Veja.

C’est pour rompre le silence sur ce sommet que diverses organisations qui défendent la démocratisation des médias réaliseront un acte politique et festif ce 15 octobre, dès 10 h. 30 , en face de l’hôtel Renaissance, Alameda Santos (2233) où a lieu l’évènement de la SIP. L’initiative de la campagne « Pour exprimer la liberté” émane du Forum National pour la Démocratisation de la Communication (FNDC) et du Front Pauliste pour la Liberté d’Expression (Frentex).

En plus de protester contre la concentration des médias dans peu de mains, cet acte posera la question : la SIP défend-elle la liberté de la presse ? Les informations qu’elle diffuse sont-elles de l’intérêt de la société en général ? ou sa « liberté de presse » concerne-t-elle des informations qui favorisent les groupes représentés par les propriétaires de médias ?

Dénonciations

Ce débat sur la liberté de la presse est d’autant plus douteux qu’il sera mené par les grands barons de la communication au Brésil et dans le monde.

Selon le professeur Perseu Abramo, auteur du livre « Modèles de manipulation dans la grande presse », “la relation entre presse et réalité ressemble à celle d’un miroir déformé et un objet qu’il reflète en apparence : l’image dans le miroir a quelque chose à voir avec l’objet, mais non seulement ce n’est pas l’objet mais ce n’est même pas son image ; c’est l’image d’un autre objet qui ne correspond pas à l’objet réel ».

Les grands médias membres de la SIP, sont responsables de la satanisation du président vénézuélien Hugo Chávez, de la criminalisation des luttes des mouvements sociaux et populaires, de la légitimation des coups d’État au Paraguay ou au Honduras, (comme jadis des campagnes contre le Président Salvador Allende), de l’exigence de l’extradition du fondateur de Wikileaks Julian Assange et, dans le cas du Brésil, de créer une opinion publique et une forte pression sur le Tribunal Suprême Fédéral (STF) durant le jugement du cas “Mensalão”, condamnant d’avance les accusés.

Source : http://www.mst.org.br/node/13961

Traduction du portugais : Thierry Deronne

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/15/des-mouvements-sociaux-du-bresil-exigent-la-democratisation-des-medias/

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Des familles conquièrent une unité productive après 13 ans de lutte dans l’État du Paraná

3 octobre 2012

Par Geani Paula de Souza

De la Page du MST



Tant de terre, tant de terre !”. C’est avec ces mots prononcés haut et fort qu’a commencé la “mystique” (acte politico-culturel) du tirage au sort des terrains destines à l’Unité productive  Valmir Mota de Oliveira, localisé dans la municipalité de Cascavel (PR), ce 2 octobre.

C’est après 13 ans d’occupation du complexe Cajati par le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre que les 83 familles ont reçu leur lopin de terre pour garantir leur production, chacune recevant un lot de sept hectares puisque en 2010 déjà une des haciendas du complexe fut destinée à la réforme agraire.

C’est une grande conquête que la création d’une unité productive dans la région de Cascavel, après tant d’affrontements avec la société rurale et les grands médias de la bourgeoisie qui opèrennt ici” explique Geni Teixeira, coordinatrice du MST dans la région,qui parle avec émotion lorsqu’elle se rappelle des grands conflits qui ont eu lieu tout au long de cette lutte. Un des victimes est le compagnon Valmir Mota, ou Keno, dont le nom a été donné en hommage à cette unité.

Un des grands défis pour les familles est de développer l’agro-écologie sur leurs terrains et de “montrer à la société de Cascavel qu’il est possible de cultiver une alimentaion saine, au milieu d’un endroit oú il n’y avait qu’un tracteur, aujourd’hui plusieurs familles vont produire”, explique Geni.

La lutte continue, le problème de la terre est loin d’être résolu, puisqu’il y a encore plus de 400 familles qui campent dans la zone dans l’attente d’une terre.

Source : http://www.mst.org.br/Familias-conquistam-Assentamento-apos-13-anos-de-luta-no-Parana

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/10/05/des-familles-conquierent-une-unite-productive-apres-13-ans-de-lutte-dans-letat-du-parana/

Traduction du portugais : Thierry Deronne

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