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Campagne pour la libération des prisonniers politiques du Mouvement Sans Terre au Brésil

Chers compagnons comme vous le savez le Brésil vit depuis quelques mois un coup d’Etat d’extrême droite. Le gouvernement illégitime de Michel Temer a intensifié la criminalisation et la répression des mouvements populaires et des luttes sociales, en même temps qu’il a multiplié les réformes néolibérales dans le pays.

Ces derniers mois se sont produits plusieurs cas d’arrestations et de persécutions politiques de leaders et activistes populaires, dans le but de démobiliser les mouvements sociaux.

Le Mouvement Sans Terre compte actuellement 16 prisonniers politiques dans tout le pays. Ce sont des personnes emprisonnées pour leur activisme et pour leur lutte pour la terre et pour un monde plus juste.

Nous avons lancé une campagne contre la criminalisation des luttes et pour la libération immédiate des prisonniers politiques du Mouvement des Sans Terre Fabiana et Claudelei, emprisonnés depuis novembre 2016 dans l’État de Paraná, et accusés du délit d’organisation criminelle.

Les emprisonnements font partie de l’Opération Castra, commandée par la Police Civile de Paraná. Une autre action de cette même opération fut l’invasion de l’École Nationale Florestan Fernandes – ENFF, sans ordre judiciaire, en novembre passé, dans l´État de Sao Paulo.

Fabiana est une jeune militante du MST de 22 ans, qui vit dans l’unité agricole productive (asentamiento) Dom Tomás Balduíno.

Claudelei Lima a 39 ans, vit dans l’unité agricole productive (asentamiento) Celso Furtado, est agriculteur, radio-amateur, et plus récemment conseiller municipal de Quedas do Iguaçu.

L’accusation contre ces personnes révèle de la tentative de criminaliser la lutte et l’organisation populaire. C’est pourquoi nous vous invitons à contribuer à la défense de la lutte des défenseurs des droits humains.

La campagne propose plusieurs actions de solidarité :

1. Signer le manifeste d’appui à la libération des prisonnières et prisonniers politiques du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (ci-joint, ci-dessous)

Vous pouvez signer en ligne ici : http://meucrimeelutar.com.br/

Vous pouvez envoyer votre signature au courriel : meucrimeelutar@gmail.com et srimst@mst.org.br

Vous pouvez envoyer votre photo de soutien à : meucrimeelutar@gmail.com et srimst@mst.org.br

2. Envoyer un message de soutien aux prisonniers et prisonnières : depuis la page web http://meucrimeelutar.com.br/ aux quatre membres du Mouvement des Sans Terre emprisonnés dans l’État de Paraná. Les messages seront envoyés au mail de la campagne, imprimés et remis aux destinataires.

Vous pouvez aussi envoyer directement votre message à meucrimeelutar@gmail.com avec copie à srimst@mst.org.br

3. Diffuser la page Web, le Facebook et le Twitter de la campagne.

Fabiana, Claudelei et tous les prisonniers politiques du MST comptent sur votre solidarité.

MANIFESTE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIER(E)S POLITIQUES du MOUVEMENT DES SANS TERRE AU BRESIL- SIGNATURE

Pour la liberté des prisonniers politiques du Mouvement des Travailleurs Sans Terre

A : EXMA. SRA. DRA. JUEZA DE DERECHO DE LA COMARCA DE QUEDAS DO IGUAÇU – TRIBUNAL DE JUSTICIA DEL ESTADO DEL PARANÁ

Actions pénales n° 0003169-83.2016.8.16.0140 y n°0003376-82.2016.8.16.0140

Nous, sympathisant(e) du MST soussignés, demandons à votre Excellence à travers cette lettre l’annulation des détentions préventives contre des membres de ce mouvement social.

Nous comprenons que le MST est l’expression licite de l’exercice de la citoyenneté. Être sans terre, c’est agir pour l’amélioration des conditions de vie de milliers de personnes, dans le cadre des articles de la Constitution, pour que se réalise la réforme agraire au Brésil. Malheureusement cette politique publique ne se concrétise qu’à travers la mobilisation de paysans et paysannes: telle est la raison de l’existence des campements de travailleuses et travailleurs ruraux à Quedas do Iguaçu et Rio Bonito do Iguaçu.

Etre sans terre n’est pas une atteinte à l’ordre public. Ce n’est pas un crime de manifester pour la réforme agraire. L’imputation pour délit d’organisation criminelle représente une violation frontale des droits humains et d’assemblée, prévus dans plusieurs accords internationaux dont le Brésil est signataire, parmi lesquels le Pacte International des Droits civils et de la Déclaration Interaméricaine des Droits Humains.

En outre il n’est pas légitime d’affirmer sans preuves que des membres du MST, pour les simple fait d’être Sans terre, empêchent la production de preuves dans ces procès ou font obstacle à l’application du code pénal.

Toutes les personnes, dont les membres du MST, ont le droit de répondre aux accusations en liberté. Les emprisonnements préventifs contre des adhérents du MST, par leur caractère générique, attentent à la présomption d’innocence. La situation actuelle montre que les Sans terre sont coupables jusqu’à ce qu’ils réussissent à prouver leur innocence, ce qui va en sens contraire de ce qu’établit la Constitution de la République Fédérale du Brésil et plusieurs traités internationaux dont le pays est signataire.

Il n’existe pas de justification légale au maintien des emprisonnements préventifs alors qu’existent d’autres possibilités de mesures de précaution, tous les défenseurs des droits humains qui ont été criminalisés possèdant famille, résidence fixe, et occupation licite.

C’est pourquoi nous exigeons que soient révoqués les emprisonnements préventifs existant contre les adhérents du MST, garantissant à ceux-ci le droit fondamental à l’organisation et à la manifestation, ainsi que le droit d’être considérés innocents et en liberté pour qu’ils puissent prouver qu’ils n’ont commis aucun délit.

Nous croyons dans la Justice et sa capacité de discernement !

Joignez-vous à ce manifeste et envoyez votre signature à meucrimeelutar@gmail.com, avec copie à srimst@mst.org.br

Ou signez directement en ligne à travers le site http://meucrimeelutar.com.br/

Merci pour votre solidarité !

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Cassia Bechara

Direction National du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre MST

Collectif des Relations Internationales

Tél: (11) 2131 0850

Skype: cassia.bechara

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Traduction : Thierry Deronne

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face à la répression policière, l’Ecole Nationale Florestan Fernandes mobilise la solidarité des mouvemnts sociaux

30140710324_47faa885fa_bDes organisations de la société civile, des parlementaires et des personnalités appellent à participer à un acte contre la criminalisation des mouvements populaires et en solidarité avec l’École Nationale Florestan Fernandes (ENFF).

La mobilisation aura lieu ce samedi à 15h, à l’ENFF (Rua José Francisco Raposo, n ° 1140, Parateí Quarter, Guararema, SP), en réponse à l’action de la police civile, qui aux premières heures de ce vendredi 4 novembre a envahi les locaux de l’école sans aucun mandat. Au cours de l’action, la police a tiré trois balles de revolver et arrêté deux militants, libérés après avoir fourni un témoignage.30470829260_2a873679a0_b

La mobilisation de la police faisait partie de l’opération « Castra », qui couvre trois états: Paraná, São Paulo et du Mato Grosso do Sul, et dont l’objectif principal est de criminaliser et arrêter les dirigeants des camps Dom Tomas Balduino et Héritiers de la lutte pour la terre, militants installés sur des terres de la région centrale de Paraná. Dans cet état, huit militants ont été arrêtés.

Dans l’état de Mato Grosso do Sul, 3 voitures de police immatriculées fans l’état du Paran ont fait irruption dans le Centre de recherche et de formation Geraldo Garcia (CEPEGE) de Sidrolândia. L’action de la police visait des militants du MST Paraná qui se seraient trouvés dans ce centre.

Dans un communiqué, le MST a dénoncé l’«escalade de la répression contre la lutte pour la terre, sous l’influence des lobbys agro-industriels associés à la violence d’un Etat d’exception », et a accusé la compagnie Araupel de collusion avec l’appareil de police et les autorités publiques.

Depuis mai 2014, environ 3000 familles de travailleurs ruraux occupent des zones occupées illégalement par la compagnie Araupel, ces terres ayant été déclarées de propriété publique par la Cour fédérale du Brésil.

Source: http://www.mst.org.br/2016/11/04/policia-invade-enff-sem-mandato-de-busca-e-apreensao.html

Traduction : T.Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p27hZR-sU



Syngenta condamnée: la Justice responsabilise l’entreprise de la mort d’un Sans Terre au Paraná

L´attaque ayant lieu en 2007 a eu comme conséquence l´assassinat du travailleur rural Keno, et d´autres paysans blessés. La condamnation de  Syngenta est bien accueillie par les mouvements sociaux puisqu´il est toujours très difficile de  responsabiliser les entreprises des violacions des droits humains commises par elles mêmes.

L´entreprise suisse productrice des OGM et des agro toxiques, Syngenta, a été responsabilisée par la justice de l´assassinat du travailleur  rural Valmir Mota de Oliveira (plus connu comme Keno) et pour la tentative d´assassinat d´ Isabel de Nascimento de Souza. Les deux étaient membres de La Vía Campesina et ils ont été les victimes de l´attaque des gardes privées armées,  en 2007.

La résolution, présentée par le juge de droit Pedro Ivo Moreira, de la Cour Civile de Première Instance de la région de Cascavel (Etat de Paraná, Brésil), a été publiée dans le Journal  Officiel de l´État mercredi dernier, le 17 novembre. La sentence détermine que l´entreprise doit payer les  indemnités   aux familiers de Keno et à la victime Isabel pour les préjudices moraux et matériaux qu´elle a provoqués. L´ action a été jugée en 2010, à manière de tentative d´obtenir des réponses de l´ État quant à la responsabilité de la corporation Syngenta concernant l´attaque mise en pratique par la milice armée privée.

Cette résolution est bien appréciée par los mouvements sociaux et les organisations des droits humains, puisque la responsabilité des entreprises qui commettent des violacions aux droits humains est un défi d´ordre global. “Actuellement, les entreprises transnationales ont une grande liberté de participation transnationale, mais il n´y a pas de normes ni de mécanismes nationaux ni internationaux suffisants pour les obliger à respecter les droits humains ou pour les responsabiliser en cas de violacions.. La condamnation de Syngenta, dans ce cas, est une exception à la règle, explique l´avocat populaire de Terre de Droits, Fernando Prioste, qui a suivi le cas.mst1

Sur la décision

Le juge a reconnu que ce qui a eu lieu dans la station expérimentale de l´entreprise Syngenta a été un vrai massacre. Dans sa décision, il affirme que ´´dire que ce qui s´est passé a été une confrontation, c´est fermer les yeux devant la réalité, puisque […] il n´y a pas de doute qu´ en fait, il s´agit d´un massacre avec un visage de remise des possessions ´´. Ainsi, on voit que la version de Syngenta a été refusée para le Pouvoir Judiciaire. L´entreprise se défend en disant que l´attaque de 2007 serait-il le résultat d´une confrontation entre des gardes privés et des membres de la Via Campesina.

Lors de sa défense, Syngenta a reconnu l´illégalité de l´action contre La Via Campesina et le MST. L´entreprise a affirmé que ´´plus que la protection de n´importe quelle exploitation agricole, c´est clair que la garde privée avait comme objectif de défendre une position idéologique contre le MST [Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre] afin de propager l´idée que toute action a toujours une réaction´´.   Ainsi, la transnationale essayait d´évader ses responsabilités, en soutenant que l´attaque n´avait pas été fait par l´entreprise, mais par une milice ayant à sa tête les propriétaires des exploitations agricoles.

Toutefois, dans sa décision, le juge a reconnu que ´´la mauvaise élection dans le service externalisé de provision de sécurité, et aussi le financement indirect des activités illicites, tout  cela devient un fait à une grande responsabilité civile´´.

En outre, le juge a fortement désapprouvé l´attaque en affirmant que même si l´invasion à la propriété a été illégitime, cela n´admet pas le fait d´agir de sa propre main, et d´imposer la peine de mort aux occupants. Bien au contraire, il faut chercher les moyens légaux de solution au conflit, puisque la loi considère délictueux l´exercice arbitraire à partir des raisons personnelles´´.  C´est ainsi que la décision judiciaire qui a condamné Syngenta confirme le fond idéologique de l´action des gardes, mais aussi responsabilise l´entreprise de cette action.

La décision judiciaire n´est pas encore définitive. Syngenta, à travers son défenseur, Renne Ariel Dotti, pourra faire recours au Tribunal de Justice de l´État de Paraná. Selon l´avocat populaire de Terre de Droits, Fernando Prioste,  on attend que le Tribunal mentionné maintienne la décision dont l´objectif est celui de trouver la vérité concernant les faits ayant eu lieu en octobre 2007. “Les preuves contre l´entreprise sont-elles indubitables “, a-t-il dit. “Un éventuel acquittement de Syngenta signifierait la complicité du système de justice concernant les massacres, tel le prouve ce cas. ”

mst2Des manifestants protestent pour la mort de Keno devant le siège de l´entreprise, en Suisse, en 2008

Exception à la règle

Consultée sur la décision, Isabel Nascimento dos Santos s´est déclarée heureuse, bien ailleurs la réparation économique. Gravement blessée pendant l´attaque conçu et pratiqué par Syngenta en 2007, l´agricultrice a remarqué la reconnaissance de la part de la Justice, et la responsabilité de l´entreprise dans cette affaire.

“Il s´agit maintenant de lever la tête, d´essayer d´oublier un peu la souffrance que nous avons vécue´´. La lutte a-t-elle pris fin? “Jamais! On va tout droit en avant, on va donner suite au travail de Keno”.

Le représentant du MST de la région de Cascavel, Eduardo Rodrigues, remarque l´importance de la décision. Selon Rodrigues, c´est très fréquent de vérifier de l´impunité des grandes entreprises qui violent les droits, et au même temps, c´est fréquent de constater que des membres du mouvement paysan sont-ils criminalisés pour leur lutte opposée au modèle de l´agro affaire. “L´ attaque n´a pas eu lieu sans la connaissance de la multinationale”, a dénoncé l´agriculteur. “Ils n´ont pas donné que leur soutien institutionnel, ils ont même donné leur soutien financier et de la logistique”.

Rodrigues a avoué qu´il voudrait bien que cette  décision soit appliquée à d´autres cas de responsabilité des entreprises pour les attaques qu´elles perpètrent. “J´espère que cette décision rendra plus forte notre lutte, en faisant visible nos copains”.

Il y a beaucoup d´obstacles à surmonter afin de parvenir à que les entreprises respectent les droits humains et qu´elles deviennent responsables des violations qu´elles commettent. Cette réalité a provoqué la discussion de l´Organisation des Nations Unies (ONU) sur l´établissement d´un traité international qui puisse créer des mécanismes de prévention, de réparation et de responsabilité en ce qui le sujet des entreprises et des droits humains.

Le groupe de travail de l´ONU, qui mène à bien des activités pour l´établissement de ce traité, visitera le Brésil en décembre prochain. On espère que les représentants  de l´ ONU puissent  utiliser la condamnation de Syngenta comme une référence au moment des évaluations des grandes entreprises qui commettent des violacions contre les droits humains moyennant des entreprises externalisées.

Sur ce dossier

Le 21 octobre 2007, près de 40 tueurs de l´entreprise “NF Sécurité”, ont attaqué le campement de La Vía Campesina, situé au campus d´expérimentation des OGM de la transnationale Syngenta, à Santa Tereza de l´ Ouest (État de Paraná). Le lieu avait été récupéré par environ 150 membres de La Vía Campesina, et du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), ce même matin-là.

Les occupants dénonçaient les réalisations des essais illégaux avec du maïs transgénique dans la zone au Parc National d´Iguazú. Les membres de La Vía Campesina ont voulu même dénoncer les entreprises biotechnologie agissant d´une telle manière à imposer un modèle d´agriculture provoquant des dommages climatiques et de l´environnement moyennant l´utilisation des OGM et des agro toxiques. Et de cette façon, essayer de pouvoir rendre invisible la production des aliments sains pour les paysans, les communautés originaires et traditionnelles.

Des miliciens de l´entreprise “NF Sécurité” fortement armés ont envahi le lieu en tirant de coups de revolver sur les personnes présentes dans cet espace.  Selon les informations de La Vía Campesina, l´action avait  été promue par Syngenta, qui utilisait des services de “NF Sécurité”, et aussi avec la participation de la Société Rurale de la Région Ouest (SRO), et le  Mouvement des Producteurs Ruraux (MPR), lié à l´agro affaire. Des indices signalent que l´entreprise de sécurité ne serait- elle qu´une façade. Et qu´elle aurait embauché des gardes d´une manière illégale pour les opérations d´attaque.  Outre Keno, les tireurs ont ciblé Isabel et ils ont aussi blessé trois  agriculteurs.

Possédant le19 % du marché des agro chimiques, et la troisième entreprise ayant le plus grand gain dans la commercialisation des semences du monde, très proche de Monsanto et de Dupont, Syngenta, avec d´autres transnationales, rend encore plus grave la scène de violence dans le campus moyennant l´imposition d´un modèle d´agriculture basé sur la monoculture, sur la super exploitation du travailleur, sur la dégradation de l´environnement, sur l´utilisation des agro toxiques et sur l´appropriation des ressources naturelles et génétiques.

Dans le lieu où il y a eu l´attaque, aujourd´hui se dresse le Centre de Recherche en  Agroecologie Valmir Mota de Oliveira, “Keno”.

>> Sur le sujet de la responsabilité des entreprises pour les violations des droits humains, Terre de Droits a conçu une guide afin de fournir une  évaluation sur les  possibilités de plaider contre les entreprises dans le domaine international.

Source : http://www.alainet.org/fr/articulo/173897



Le groupe ETC dénonce la prise de contrôle du marché mondial des semences et des aliments par les grands groupes privés

Monsanto_semillasTrois entreprises contrôlent les 53 % du marché mondial de semences, six compagnies de pesticides dominent les 76 % du secteur et dix corporations se partagent les 41 % du marché des fertilisants. Avec noms propres et gains chiffrés, un rapport international vient d’offrir des données dures sur les multinationales de l’agrobusiness. “La concentration du pouvoir des corporations et la privatisation de la recherche doivent être discutées comme des thèmes centraux dans la recherche de solutions au problème de qui va nous alimenter” conclut Kathy Jo Wetter, coordinatrice de l’enquête depuis les États-Unis, et qui souligne un des mensonges principaux du modèle de l’agro-business : “C’est un grand mensonge de dire que le modèle agro-industriel peut combattre la faim dans le monde”. Et d’insister sur la nécessité d’en finir avec les oligopoles et de fortifier un autre modèle.

Le Groupe ETC est un espace de référence en matière d’études sur les corporations de l’agro. Fort de trente ans de travail et possédant des bureaux au Canada, aux États-Unis et au Mexique, il publie périodiquement des documents sur les cinq continents, basés sur le croisement d’information officielle avec celle des entreprises. “Semences, sols et paysans. Qui contrôle les produits agricoles ?” résume la situation des multinationales de l’agriculture.

Les trois entreprises qui contrôlent 53 % du marché mundial de semences sont Monsanto (26 %), DuPont Pioneer (18,2 %) et Syngenta (9,2 %). A elles trois elles elles Font un chiffre d’affaires de 18 milliards de dollars annuels. Entre la quatrième et la dixième place on trouve Vilmorin (du groupe français Limagrain), WinField, l’allemande KWS, Bayer Cropscience, Dow AgroSciences et les japonaises Sakata et Takii.

Ces dix entreprises dominent les 75 % du marché mundial de semences. Chiffre d’affaires annuel : 26 miliards de dollars.

Le rapport explique que les grandes compagnies ont déjà acheté la majeure partie des entreprises qu’elles pouvaient acquérir dans leurs pays d’origine et que la nouvelle stratégie est d’acquérir et d’établir des alliances avec des compagnies d’Inde, d’Afrique et d’Amérique Latine. Exemples, l’états-unienne Arcadia Biosciences et l’argentine Bioceres (parmi ses directeurs on trouve Gustavo Grobocopatel et Víctor Trucco, parmi d’autres référents de l’industrie locale des OGM). Le Groupe ETC lance l’alarme sur le fait que le cartel des semences impulse la privatisation des semences à travers la “protection plus sévère de la propriété intellectuelle” et le découragement la pratique la plus ancienne de l’agriculture : conserver des semences de la récolte pour les utiliser lors des prochaines semailles.

Le cadre légal impulsé par les entreprises de l’agro et les gouvernements s’appelle UPOV 91 (Union Internationale pour la Protection des Licences Végétales) qui interdit l’échange de variétés entre paysans.

Le secteur de l’agro-chimique est lui aussi entre peu de mains. Dix compagnies contrôlent 95 % du secteur. Syngenta (23 % du marché et 10 milliards de dollars annuels), Bayer CropScience (17 % et 7,5 milliards), Basf (12 % et 5,4 milliards), Dow AgroSciences (9,6 % et 4,2 milliards) et Monsanto (7,4 % et 3,2 milliards). Entre les sixième et dixième rangs on trouve DuPont, Makhteshim (acquise par la chinoise Agrochemical Company), l’australienne Nufarm et les japonaises Sumitomo Chemical et Arysta LifeScience. Ces dix entreprises totalisent un chiffre d’affaires de 41 milliards l’an.

Le rapport signale l’augmentation exponentielle des produits agro-chimiques dans les pays du sud. Les auteurs mettent en cause l’augmentation de l’exposition chimique et son impact sur la santé publique.

Les oligopoles ont envahi tout le système agro-alimentaire” résume Kathy Jo Wetter du bureau états-unien du Groupe ETC, pour exiger “de remettre en vigueur les régulations nationales en matière de concurrence et d’établir des mesures qui défendent la sécurité alimentaire globale”. Elle critique vivement le discours des entreprises qui promettent d’en finir avec la faim sur la base du modèle agricole actuel : “C’est un grand mensonge que d’affirmer qu’en intensifiant la production industrielle avec les technologies du nord (semences OGM, pesticides et génétique animale promus par les corporations) la population mondiale aura des aliments pour survivre”.

En ce qui concerne les fertilisants, dix compagnies contrôlent 41 % du marché pour un chiffre d’affaires de 65 milliards de dollars. Il s’agit des entreprises Yara (6,4 %), Agrium Inc (6,3 %), The Mosaic Company (6,2 %), PotashCorp (5,4 %), CF Industries (3,8 %), Sinofert Holdings (3,6 %), K+S Group (2,7 %), Israel Chemicals (2,4 %), Uralkali (2,2 %) et Bunge Ltd (2 %).

Le Groupe ETC a également analysé le secteur phramaceutique : sept compagnies accaparent 72 % du marché global. Quant au secteur de la génétique du bétail, quatre firmes dominent 97 % de la recherche et du développement sur la volaille (poules d’engraissement, pondeuses et dindes).

Silvia Ribeiro, directrice pour l’Amérique Latine du Groupe ETC, a souligné la nécessité d’un autre modèle agricole : “Le réseau paysan de production d’aliments est pratiquement ignoré ou reste invisible pour ceux qui élaborent les politiques qui doivent résoudre les thèmes de l’alimentation, de l’agriculture et de la crise climatique. Cela doit changer, les paysans sont les seuls à disposer réllement la capacité et la volonté d’alimenter ceux qui souffrent de la faim”.

Pour réduire la concentration

Le groupe ETC alerte sur le fait que la concentration du marché agro-alimentaire a provoqué une haute vulnérabilité du système alimentaire mondial. “Il est temps de dépoussiérer les régulations nationales sur la concurrence et de commencer à considérer des mesures internationales pour défendre la sécurité alimentaire du monde” exige le rapport. Autre recommandation : pour les aliments et l’agriculture le niveau de concentration de quatre compagnies ne peut excéder 25 % du marché et une seule entreprise ne peut en occuper plus de 10 %. Le rapport propose d’interdire à toute entreprise la vente de semences dont la productivité dépende des produits agro-chimiques de la même entreprise.

ETC recommande aux gouvernements de mettre en oeuvre des politiques de concurrence qui comprennent des mesures fortes contre les monopoles combinées à des actions concrètes pour protéger les petits producteurs et les consommateurs. Il demande au Comité pour la Sécurité Alimentaire de l’ONU d’évaluer sérieusement la capacité du modèle industriel de l’agro-business et de fortifier par des mesures concrètes le réseau des aliments paysans “de manière à garantir avec succès la sécurité alimentaire”.

Darío Aranda

Source (espagnol) : http://www.pagina12.com.ar/diario/sociedad/3-248242-2014-06-10.html

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2014/06/11/le-groupe-etc-denonce-la-prise-de-controle-du-marche-mondial-des-semences-et-des-aliments-par-les-grands-groupes-prives/ 



Les Sans Terre organisent une grande mobilisation pour la terre et contre la répression des grands groupes économiques

odebÀ travers tout le pays, des milliers de militant-e-s du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) ont réalisé, des dernières semaines, plus de 60 occupations de grandes propriétés terriennes, de bâtiments publics, ainsi que des blocages de routes et des marches dans les capitales de São Paulo, Salvador, Belo Horizonte e Recife. Les actions font partie des Journées nationales de lutte pour la réforme agraire, qui ont débuté à la fin de ce mois d’avril.

 

Dans l’Etat de São Paulo, 1500 Sans Terre, après avoir réalisé une marche de trois jours, se joignaient, à leur arrivée dans la capitale, aux militant-e-s du MTST (Mouvement des Travailleurs Sans Toit) pour occuper les locaux de l’entreprise de construction Odebrecht. Odebrecht SA est le plus grand groupe industriel brésilien, le plus grand constructeur de barrages au monde et une des plus grandes entreprises de construction du pays. L’entreprise participe à la construction plusieurs stades de football prévus pour la Coupe du Monde au Brésil. Odebrecht SA investit aussi aujourd’hui dans les secteurs immobiliers et agroalimentaire. Elle a notamment racheté l’usine Alcídia, qui transforme de la canne-à-sucre en éthanol dans la région du Pontal do Paranapanema, située dans l’Etat de São Paulo et dominée par la monoculture de canne-à-sucre. Ces dernières années, l’entreprise a aussi profité des programmes de sous-traitance lancés par le gouvernement Brésilien, notamment en remportant la gestion de l’aéroport de Galeão (ville de São Paulo). En 2010, Odebrecht SA a destiné 10,8 millions de reais au financement de partis politiques, dont le Parti des Travailleurs (PT, parti de la présidente Dilma Rousseff), en pleine campagne électorale (voir l’article de Anne Vigna dans le Monde diplomatique Brésil: http://www.diplomatique.org.br/artigo.php?id=1501).

 

La mobilisation conjointe du MST et du MTST (un des mouvements urbains les plus combatifs au Brésil ces dernières années) se fait à partir d’une réalité sociale commune: dans les villes comme dans les campagnes, ces dernières années ont été marquées par une expulsion toujours plus grande des populations pauvres de leur habitat, sous la pression des grandes entreprises de l’agroalimentaire (dans les campagnes) et de l’immobilier (dans les villes) – qui sont parfois les mêmes, comme dans le cas d’Odebrecht SA.

 

Lors de son sixième Congrès national, en février de cette année, le MST avait défini le renforcement de l’unité entre travailleurs des villes et des campagnes comme une de ses priorités. Face aux mobilisations importantes, la répression a été extrêmement violente. Le 2 mai, dans l’Etat du Ceara (Nord-Est), deux Sans Terre étaient gravement blessés par balles – ils participaient de l’occupation d’une grande propriété terrienne dans la municipalité d’Ibaratema. Dans la nuit du 4 mai, dans l’Etat du Paraná (Sud du pays), l’agriculteur et militant du MST Valdair Roque était tué à coups d’arme à feu, lors d’une embuscade. Le 7 mai, deux membres du MST, Francisco Laci Gurgel Fernandes et Francisco Alcivan Nunes tombaient sous les balles de tueurs à moto, peu après une mobilisation qui avait réuni 500 membres du MST dans la région d’Apodi (Etat du Rio Grande do Norte, Nord-Est du pays), lieu d’intenses disputes entre petits agriculteurs et grandes entreprises de l’agronégoce. Il y a quelques semaines, un rapport international rappelait que le Brésil est un des pays les plus dangereux au monde pour les personnes qui luttent pour la redistribution des terres.

 

Source : http://amisdessansterre.wordpress.com/2014/05/09/mobilisations-pour-la-terre-et-assassinats-au-bresil/



Un Congrès de masse et combatif

Mobilisation des Sans Terre devant le Palais présidentiel, Brasilia, 12 février 2014

Mobilisation des Sans Terre devant le Palais présidentiel, Brasilia, 12 février 2014

Assemblée du Congrès national du MST, Brasilia, 11 février 2014

Le sixième Congrès national du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre (MST) s’est achevé vendredi dernier, 14 février. De lundi à vendredi, 14 000 militant-e-s Sans Terre ont monté leur campement au centre de la capitale Brasilia et débattu de l’avenir de la lutte pour la terre au Brésil, des alliances à réaliser entre travailleurs ruraux et urbains pour affronter le capitalisme financier et l’agronégoce, de la libération de la femme. Le mot d’ordre qui a donné le ton du Congrès: « Lutter! Construire la Réforme Agraire Populaire. »

Un nouveau modèle de Réforme Agraire

Les débats n’ont pas évité les difficultés affrontées par le MST. Elles étaient résumées par João Pedro Stedile, dirigeant national du MST: depuis les années 2000, une avalanche de capital étranger a déboulé sur les terres brésiliennes. Conséquence: 85% des terres agricoles sont contrôlées aujourd’hui par les firmes de l’agronégoce, et recouvertes par les monocultures de soja, maïs, eucaliptus, destinés à l’exportation. Ce modèle de production entraîne un renforcement de la concentration des terres, et expulse les travailleurs ruraux  de la campagne. Pour compléter le tableau, le lobby de l’agronégoce domine largement les médias et la classe politique, au-delà des différences partisanes. Ces facteurs expliquent le recul de la réforme agraire au cours de la dernière décennie.

Tout n’est pourtant pas perdu. Comme le soulignait Stedile, « l’agronégoce est temporaire. Il va succomber sous ses propres contradictions »: ce modèle de production empoisonne terres et travailleurs par l’usage intensif de produits agrotoxiques, ne crée pas d’emplois, entraîne une désindustrialisation du pays et place le Brésil dans une situation de dépendance face à la demande en matières premières – et la fluctuation de leurs prix – sur le marché mondial.

« Face à ce modèle, nous devons défendre un nouveau type de Réforme Agraire », a martelé João Pedro Stedile: une Réforme Agraire Populaire, qui va au-delà de la simple redistribution des terres: elle implique un changement de la matrice productive de l’agriculture brésilienne, fondé sur les principes de l’agro-écologie, le développement d’agro-industries décentralisées produisant des aliments destinés au marché intérieur, le développement de l’éducation et l’accès aux services de santé à la campagne.

Reprise des luttes

Un vaste programme, qui ne pourra être appliqué, selon Stedile, que si l’ensemble des organisations de travailleurs du pays unissent leur lutte à celle du MST, à travers d’une reprise générale des luttes sociales. Le jeudi soir (13 février), Stedile appelait à l’unité de toutes les composantes de la gauche au cours d’un acte politique en faveur de la réforme agraire, regroupant des secteurs larges de la société, des évêques au très à gauche PSTU (Parti socialiste des travailles unifiés), en passant par le secrétaire général de la présidence, Gilmar Carvalho (PT, Parti des Travailleurs).

Stimuler la participation populaire

Les débats n’ont pas fait l’économie des défis internes posés au MST. Pour Jaime Amorim, dirigeant de l’Etat de Pernambouc (Nord-Est), l’heure est venue de reprendre le chemin des occupations massives de latifundia à travers le pays, seule issue pour arracher la réforme agraire face à un gouvernement qui l’a reléguée au placard. Une option partagée par Gilmar Mauro, dirigeant national de l’organisation. Pour Mauro, l’organisation doit, pour retrouver son punch, stimuler l’horizontalité et la participation la plus large de sa base, stimuler la participation des femmes et passer le témoin à une nouvelle génération de dirigeants. Comme le soulignait le dirigeant: « C’est la classe travailleuse qui va réaliser la réforme agraire, et pas une poignée de dirigeants qui le feront à leur place », rappelait le dirigeant. Avant de conclure: « Plus que tout, nous devons lutter. Car c’est dans la lutte que le travailleur devient protagoniste de son histoire, qu’il se forme et qu’il transforme la société. »

Un élément important: ont été invités lors du débat de mercredi sur la lutte des classes au Brésil, aux côtés de représentants des traditionnelles  centrales syndicales CUT et Força Sindical, une représentante du Mouvement Passe Livre, à l’origine des grandes manifestations de juin 2013, et de la combative centrale Intersindical, issue d’une rupture avec la CUT (liée au PT). Quand le nouveau rejoint l’ancien…

Mobilisation déterminée

Après la parole, les actes. Le jeudi 13 février, les 15 000 militant-e-s réalisaient une gigantesque marche à travers Brasilia. Arrivés devant le Palais gouvernemental, le MST montrait sa détermination: confronté à la violence policière qui voulait l’empêchait de dérouler ses banderoles devant l’entrée du bâtiment, les manifestant-e-s ne reculaient pas, malgré les tirs au Taser, les gaz lacrymogènes et les balles en caoutchouc. Ils montaient, devant le Palais présidentiel, leurs baraquements en bois, symbolisant les près de 200 000 familles attendant une terre sous des bâches à travers le pays. En même temps, ils réalisaient une action poussant le Suprême Tribunal Fédéral – ultra-conservateur, qui bloque systématiquement tous les procès de désappropriation de terres – à interrompre sa session en cours. La pression allait payer: le lendemain, la présidente Dilma Rousseff (PT) recevait, pour la première fois en trois années de présidence, une délégation du MST. À l’issue de la réunion, elle s’engageait à octroyer une terre à 30 000 familles en 2014 et à remettre la réforme agraire à l’ordre du jour.

Reste à voir si ces promesses se concrétiseront. N’oublions pas que, mardi 11 février, durant le Congrès du MST, la présidente visitait une plantation de soja et célébrait la « victoire de l’agrobusiness » brésilien, qui a connu en 2013 une production record. Le facteur déterminant sera, sans doute, la capacité du MST à radicaliser sa lutte. Les premiers tests viendront rapidement, lors des Journées d’action du 8 mars, puis des mobilisations de l’ »avril rouge. » Un signal important a été donné à Brasilia.

Source : http://amisdessansterre.wordpress.com/2014/02/18/un-congres-de-masse-et-combatif/



Lutter, construire la réforme agraire populaire ! Manifeste pour le VIème Congrès des Travailleurs Sans Terre (février 2014)

MST 2014 1

Nous, Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), après trente ans de lutte, prenons les engagements suivants :

1 ) La terre, l’eau, les forêts, la faune, la flore, les minéraux, le soleil, bref tous les produits de la nature doivent être au service du peuple et doivent être préservés pour les générations futures .

2 ) L’accès à la terre doit être démocratisé et sa fonction sociale réalisée. Toutes les familles paysannes doivent avoir le droit de vivre et de travailler la terre et de vivre sur elle.

3 ) Nous soutenons la démarcation de tous les territoires appartenant aux peuples indigènes, aux communautés autochtones traditionnelles, quilombos des afro-descendants, riverains, mineurs et pêcheurs artisanaux.

4 ) Nous devons prioriser une production alimentaire saine, garantir la santé des producteurs, des consommateurs et la préservation de la nature. La nourriture est un droit et ne peut être réduite à des marchandises, sources d’exploitation et de lucre.

5 ) Nous soutenons le principe de la souveraineté alimentaire, pour que chaque communauté et chaque région produise la nourriture nécessaire à sa population.

6) La production agricole doit être agro-écologique et doit abolir l’utilisation des pesticides et des semences génétiquement modifiées.

7 ) Les semences sont un patrimoine des peuples au service de l’humanité, et ne peuvent être soumises à aucune propriété privée.

8) Promouvoir différentes formes de coopération agricole et développer dans les zones rurales une agro-industrie sous le contrôle de travailleurs.

9) Lutter contre la déforestation et impulser le reboisement des zones dégradées avec des arbres indigènes et fruitiers.

10 ) Développer, sous la forme de coopératives, la souveraineté énergétique de chaque communauté, profitant des sources d’énergie renouvelables, pour répondre aux besoins de la population.

11 ) Toutes les personnes vivant en zone rurale ont droit à l’éducation publique, gratuite, de qualité et à tous les niveaux, sur leur lieu de résidence.

12 ) Garantir le droit de la population paysanne à produire et à jouir des biens culturels et de l’accès aux différents médias.

13 ) Les travailleurs/employés ruraux doivent jouir des mêmes droits sociaux, de la même sécurité sociale et des mêmes garanties que les travailleurs/employés urbains.

14 ) Les relations sociales de production doivent abolir l’exploitation, l’oppression et l’aliénation. Les travailleurs doivent contrôler le résultat de leur travail.

15 ) Combattre toutes les formes de violence contre les femmes, enfants et personnes âgées. Il faut éliminéer toutes les formes de discrimination sociale, de genre, d’appartenance ethnique, religieuse ou d’orientation sexuelle.

16 ) Combattre toutes les formes de travail forcé et d’esclavage, exproprier les fermes et les entreprises qui les pratiquent et sanctionner leurs propriétaires et responsables.

17 ) Garantir l’accès à la formation permanente, technico-scientifique et politique, pour tous les habitant(e)s des zones rurales. La connaissance doit être un outil de conscientisation, de libération et d’élévation culturelle permanente.

Les zones rurales doivent être un endroit où il fait bon vivre. Où les gens voient leurs droits respectés et jouissent de conditions de vie dignes. C’est pourquoi nous maintenons notre ferme engagement de lutter pour la transformation sociale !

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En route vers le VIème Congrès du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST) | 10-14 février 2014, Brasília / DF

Traduction : T.D.

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/12/30/lutter-construire-la-reforme-agraire-populaire-manifeste-pour-le-vieme-congres-des-travailleurs-sans-terre-fevrier-2014/




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