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Les « Sem Terrinha » en action…

Les 18-19 septembre 2013, première rencontre des « Sem Terrinha »  – enfants des familles sans terre – du campement Maria Lindaura (450 familles, région Nord de Sergipe). 150 enfants ont participé aux activités: ludiques (théâtre, bibliothèque, foot bien sûr) mais aussi éducatives – dans le contexte de campements sans eau, électricité, système d’égoût et de fosses septiques, les questions d’éducation en santé sont primordiales pour éviter les maladies qui guettent les familles et leurs enfants. Les parents étaient aussi présents. Et une participation spéciale pour nous: notre « Sem Terrinha » Nilo, déchaîné…

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Lettre unitaire et réunion des organisations rurales avec la présidente Dilma Rousseff

gfgmob_sociales_brasilUne coordination unitaire des mouvements des travailleurs et des populations rurales rencontrera la présidente Dilma ce vendredi 6 juillet 2013, à 15h, au Palais du Planalto, à Brasilia.

Des organisations comme la Contag, le Mouvement des Sans Terre, la Via Campesina, la Fetraf, entre autres, ont publié la Lettre aux travailleur(se)s du Brésil et à la Présidente dont voici le texte intégral :

« Nous, organisations et mouvements sociaux qui habitons les zones rurales, qui travaillons pour produire l’alimentation du peuple brésilien, avons été invités à une réunion avec la présidente Dilma Rousseff. Nous avons accepté l’invitation et nous espérons que ce dialogue va ouvrir une nouvelle étape pour résoudre les problèmes subis par les travailleur(se)s ruraux depuis des décennies et qui affectent les villes.

Par cette lettre, nous voulons expliquer quelle sera notre position lors de la réunion avec la présidente. Le peuple brésilien est dans la rue, exige et réclame des solutions aux problèmes réels de la classe ouvrière, comme la réduction des coûts du transport et son amélioration, il lutte pour l’amélioration des soins de santé (SUS) et pour une éducation publique, gratuite et de qualité, pour la démocratisation des médias, et contre la répression, entre autres. Les luttes exigent des changements structurels. Les luttes sociales sont légitimes : elles seules peuvent améliorer les conditions de vie de notre peuple.

Nous participons et nous continuerons à participer aux luttes populaires qui se déroulent dans les villes et les campagnes. Nous exprimons notre soutien et notre solidarité avec les luttes et les revendications populaires des jeunes, des populations des quartiers populaires et de tou(te)s les travailleur(se)s qui vivent dans les villes.

Dans les zones rurales il y a une énorme dette sociale et les inégalités sociales augmentent. La terre est concentrée dans les mains des grands propriétaires et des entreprises étrangères. Nos ressources naturelles, stratégiques, telles que la terre, l’eau, les forêts, les minéraux, sont privatisées et sont passées sous le contrôle des grandes entreprises. Selon l’IBGE, près de 8.300 propriétaires possèdent à eux seuls 83 millions d’hectares alors que 4,3 millions d’agriculteurs familiaux ne possèdent que 70 millions d’hectares. Or ce sont ces agriculteurs familiaux qui produisent 70% de l’alimentation consommée par la population brésilienne.

Le poison utilisé par l’agro-industrie arrive à notre table et provoque de nombreux problèmes de santé. Les prix alimentaires sont gonflés par le business de la spéculation. L’agriculture brésilienne est dominée par les sociétés transnationales.

Neuf grandes entreprises privées dominent et agissent comme des cartels sur  la production alimentaire, les produits toxiques, l’industrie semencière, imposent partout l’utilisation des pesticides dans l’agriculture; ils déboisent de vastes étendues de forêts et de mangroves; envahissent et persécutent les peuples autochtones, les pêcheurs et les communautés afro-descendantes ainsi que les travailleurs ruraux ; imposent le travail esclave ; criminalisent et persécutent les organisations ; augmentent les prix des aliments pour les populations des villes. C’est le modèle d’agriculture baptisé agro-business qui ne paie pas d’impôt à l’exportation, reçoit de grandes quantités d’argent public et se voit privilégié dans les politiques de l’État et des gouvernements.
Nous voulons le changement !

La rue demande des changements pour améliorer la vie des travailleurs dans les zones rurales comme dans les zones urbaines. Dans l’agriculture, nous voulons des changements profonds. Il est temps que les gouvernements surmontent leurs positions conservatrices et progressent au rythme que les luttes populaires exigent.

La dirigeante Janaina Stronzake, lors d'une action militante du Mouvement des Sans Terre.

La dirigeante Janaina Stronzake, lors d’une action militante du Mouvement des Sans Terre.

Voici ce que nous demandons au gouvernement de Dilma Roussef :

1. Récupérer la souveraineté nationale sur les terres brésiliennes. Nous proposons que le gouvernement annule les achats déjà conclus et exproprie toutes les terres contrôlées par des sociétés étrangères.

2. Accélérer la réforme agraire pour installer et légaliser immédiatement des milliers de familles de producteurs qui vivent encore dans des campements au bord des routes.

3. Politique publique de soutien, d’encouragement et de crédit pour la production d’une alimentation bon marché,  saine, sans poisons, et renforcement de la paysannerie. Adoption de programmes structurels pour les jeunes et pour les femmes rurales.

4. Garantir les droits des populations rurales, avec la reconnaissance et la délimitation immédiate des terres indigènes, afro-descendantes et les droits des personnes affectées par les barrages, des territoires de la pêche et autres.

5. L’interdiction immédiate des pesticides déjà interdits dans d’autres pays, l’interdiction de la pulvérisation aérienne, et une politique visant à réduire l’utilisation des pesticides dans le domaine. Révision en profondeur de la politique de libération des OGM et contrôle social.

6. Que le gouvernement assume une politique de contrôle de la déforestation à travers le pays et soutienne la récupération des zones abîmées et le reboisement pour l’ agriculture paysanne et familiale.

7. L’annulation de la privatisation des ressources naturelles comme l’eau, l’énergie, les minéraux, les forêts, les rivières et les mers. Nous proposons de supprimer d’urgence au congrès national, le projet de code minier, et que le gouvernement / congrès ouvrent un vaste débat national avec les travailleurs brésiliens, afin de produire un nouveau code en fonction des intérêts du peuple brésilien.

8. Mise en œuvre immédiate de programmes visant à éradiquer l’analphabétisme et à garantir des écoles pour toutes les communautés rurales.

9. Suspension de toutes les concessions privatisant des terres irriguées dans le nord du Brésil pour leur attribution immédiate à l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire qui doit les remettre aux unités agricoles familiales et paysannes ; Adoption de politiques structurelles de démocratisation de l’eau pour aider les familles à faire face à la sécheresse.

10. Suppression de la loi Kandir qui exonère de l’impôt les principaux exportateurs de matières premières agricoles, énergétiques et minérales.

Nous soutenons également toutes les revendications populaires et la réforme politique nécessaire de notre pays, avec la convocation immédiate d’un référendum.

Enfin, à travers cette lettre, nous vous demandons votre soutien, travailleurs,  hommes et femmes, habitant dans  les villes.

Continuons ensemble à nous mobiliser et à nous battre.

Comptez sur nous !

Brésil, le 4 Juillet 2013.

CONTAG, Confédération Nationale des Travailleurs de l’Agriculture

Fédération Nationale des Agriculteurs Familiaux – FETRAF.

Coordination des Peuples Indigènes du Brésil – APIB

Via Campesina – Brésil

Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre – MST.

Mouvement des Victimes des Barrages – MAB

Mouvement des Femmes Rurales – MMC

Mouvement des Pêcheurs et Pêcheuses du Brésil – MPP

Coordination Nationale des Communautés Afro-descendantes – CONAQ

Association des Salariés Ruraux de Minas Gerais – ADERE

Mouvement Populaire des Paysans – MCP

Mouvement national pour la souveraineté populaire sur l’exploitation minière – MAM

Conseil Indigéniste missionnaire, CIMI

Pastorale de la Jeunesse Rurale, PJR

Association Brésilienne de Réforme Agraire -ABRA

Association brésilienne des Étudiants Ingéniérie Forestière – ABEEF

Fédération brésilienne des étudiants en agronomie – FEAB

Rencontre nationale des étudiants de biologie – ENEBIO

Coordination Nationale de l’Agro-écologie -ANA

Coordination des entités de la région semi-aride (Nord-Est) – ASA

Plus d’informations auprès des journalistes:

Iris Pacheco – 61 83384640 iris@mst.org.br

Mayra Lima – 61-96846534 mayra.lima @ gmail.com

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Source : http://www.mst.org.br/Em-reuni%C3%A3o-com-Dilma-movimentos-do-campo-exigir%C3%A3o-garantia-de-direitos

Traduction : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Travailleurs Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/07/04/lettre-unitaire-et-reunion-des-organisations-rurales-avec-la-presidente-dilma-rousseff/



Au coeur des Sans Terre, une certaine école…

Le soleil éclatant sur Guararema (Etat de Sao Paulo), perdu dans la campagne brésilienne. Un grand portail donne accès à ce terrain, des grands arbres luxuriants et tropicaux entourent un chemin de roches et de terre.

Nous voilà dans “l’Escola Nacional Florestan Fernandes”, une école réservée au Mouvement des Sans Terres.

Les bâtiments imposants dominent le terrain où deux types de batiments se différencient entre les maisons traditionnelles latino-américaines et les habitats qui servent de logements pour les résidents. Ces logements qui sont au nombre de 5 peuvent accueillir jusqu’à 200 personnes.

Dans l’espace pédagogique, une bibliothèque où l’on peut trouver une salle d’étude avec un espace détente. Beaucoup de salles de cours avec des noms de célèbres militants, telles que la salle “Rosa Luxembourg” avec des portraits de militants comme Che Guevara, Emilliano Zapato ou encore le philosophe Karl Marx.

Egalement un énorme terrain de “futebol”, entouré d’herbes hautes. Dans les espaces verts, un jardin separé en deux parties, une partie réservée pour les plantations médicinales et l’autre, pour les fruits et légumes qui serviront pour les repas au refectoire, dont la plupart des aliments frais est cultivée par eux-mêmes.

Ecrit par Grazziani et Nassim. Photos : Melis

Portrait de Djacira Maria De Oliveira Araujo

Assise sur un banc, entourée de plantes tropicales et sous un soleil de plomb, Djacira Maria De Oliveira Araujo, directrice de coordination politique et pédagogique de l’école parle de son engagement dans le mouvement des sans terres (MST).  Le CPP (coordination politique et pédagogique) est d’après ses indications, composée de quatre personnes qui se  consacrent à des tâches différentes : trois directeurs, Erivan Hilario, Diego Ferrari, Paulo Almeida et enfin elle-même.  Cette CPP organise, en outre, la vie d’une « brigade » de militants qui vivent à l’école durant toute l’année. Ces derniers sont choisis par le MST et assurent l’entretien du lieu, « chacun a son rôle à assumer », explique la directrice avec conviction.  

Avant de devenir directrice de cette école, Djacira a réalisé différents projets pour le MST dans d’autres états du pays. Elle énumère  les principales actions du mouvement. Tout d’abord, le MST lutte pour l’occupation des terres, puis pour la réforme agraire, enfin pour la transformation sociale.

La directrice met au clair certains termes très importants à la bonne compréhension de l’association. En effet, un acampamento est le fait d’occuper des terres. Lorsque l’enquête de l’état  aboutit  « acampamento devient assentamento ». La régularisation est officialisée par l’INCRA (Institut National de la Colonisation de la Réforme Agraire).

Le conflit de la répartition inégale des terres remonte au temps de la colonisation, raconte-t-elle. En effet, dès l’arrivée des Portugais, les terres des natifs du Brésil leur ont été soustraites par les colons. De ce fait, le Brésil en subit encore maintenant les séquelles. Même si l’on suppose que la situation s’est améliorée, l’abolition tardive de l’esclavage ralentit ce processus de recherche d’égalité.

Après cette longue réflexion sur l’objectif de l’association, Djacira explique les fondements de l’organisation de l’école. Celle-ci est structurée en quatre secteurs : la production (plantes, poules..), les services qui concernent le nettoyage et la cuisine notamment, la pédagogie (enfants, culture, cours, communication, secrétariat de l’école) et l’administration.  Chaque unité de travail a un responsable.

Dans le secteur pédagogique, la directrice ajoute que l’accueil des étudiants révolutionnaires est pris en charge, c’est-à-dire qu’il est gratuit. Cependant, ils donnent du leur en participant aux activités de l’école. Selon les mots de la directrice, il y a un esprit de camaraderie. D’ailleurs ici tout le monde s’appelle  « campanheiro/a »

D’un point de vue financier, l’école a été construite grâce aux donations et aux bénéfices tirés des œuvres que de très grands artistes ont faites spécialement pour cette cause : le chanteur brésilien Chico Buarque, le photographe Sebastião Salgado avec son livre Terra, le Prix Nobel portugais de littérature José Saramago.  Cependant, les organismes internationaux donnent dorénavant beaucoup moins, notamment en Europe, à cause de la crise.

Comme ils cultivent un potager et un verger, ils produisent une partie de leur propre nourriture  mais ne peuvent pas vivre en autosuffisance (tout ce qui est périssable est acheté). Ils sont aidés par le mouvement lui-même, qui produit des aliments biologiques dans d’autres assentamentos, par exemple le riz ou le sucre. 

Enfin, le MST est considéré comme la référence sur tout le territoire latino-américain. D’autant plus que l’école, qui est l’unique école au Brésil du Movimento dos Sem Terras, se situe près de São Paulo, la plus grande ville d’Amérique latine.

Ecrit par Sitara et Sonia. Photos : Melis

 Portrait de Diego Ferrari

Sur une terrasse ensoleillée, Diego Ferrari s’installe. A 33 ans, cet argentin fait partie de l’école du MST depuis un mois et demi. Son père étant chef d’entreprise, il grandit dans le confort et le bien-être. Là-bas, il intègre une organisation « Front Dario Santillan » s’occupant des SDF, des orphelins  et femmes victimes de violence. Cette organisation est en partenariat avec le MST. C’est pourquoi à présent il est l’un de leurs membres actifs.

Il est l’un des coordinateurs de l’école, concernant les cours de formation politique d’Amérique latine. Ce qui lui plait le plus dans le MST, c’est de rendre les gens heureux, égaux et éviter les injustices .Pour lui, le changement  a été radical, il quitte un espace urbain afin de se retirer  en autarcie a la campagne. Il rajoute d’un air nostalgique «  en effet, ça été un sacrifice de vouloir vivre mes rêves ». Diego est un homme ambitieux et rempli de sagesse, il vit pour le bien être des personnes et de la nature. Auparavant, il était enfermé dans une fausse réalité, nous dit-il. Le vrai sens de la vie, il l’a appris ici. Pour lui, l’homme doit aimer la nature et la protéger. Il compte mener sa vie selon ces principes. Malgré le fait qu’il se sente bien au Brésil, il compte retourner prochainement en Argentine car il y a laissé tous ses proches. Il appréhende son retour au pays puisque beaucoup de ses amis sont de  droite. De plus, son père n’a jamais adhéré à ses idées et ne cautionne donc pas ce mode de vie. Pour lui, la jeunesse est synonyme de révolution. En clin d’œil à notre ville, il conclue en ajoutant qu’il aime la culture urbaine des périphéries de Paris et la liberté d’expression des jeunes.

Ecrit par Camelia, Inès, Karina et Cassandra. Photos : Melis

Portrait de Claudio

La fumée du barbecue embaume l’air de la forêt. Quelques habitants, après avoir durement travaillé dans la rénovation d’une maison, commencent leur pause déjeuner. La chaleur est étouffante. Claudio, 37 ans, est un habitant de cette école depuis un an. Enseignant en sciences et propriétaire d’une terre, il a voulu être

solidaire en contribuant au Mouvement des Sans Terres (MST) : « c’est un processus de rotation ». En effet, les gens viennent y vivre pendant deux ou trois ans, puis d’autres viennent à leur place.

Claudio, s’occupe de la production : « j’aide dans la production des salades, des fruits… ». Selon lui, la vie à « l’intérieur » de l’école n’est pas plus difficile. En effet, ceux qui viennent habiter ici « ont déjà l’habitude de vivre en communauté ». Leur vie est organisée par un emploi du temps. La discipline est très rigide, mais Claudio s’y est habitué. Pour lui, le MST contribue à la population discriminée et défavorisée. Le MST existe depuis 30 ans. « Avant, le mouvement était incompris. Mais maintenant, j’y crois », affirme Claudio. Le MST a réussi à convaincre plus de population. De son point de vue: « en étant riche, c’est dur, on n’a pas conscience de devoir partager ou pas ». Mais si l’individu est extrêmement riche : « quand t’as conscience que t’as énormément d’argent, tu peux te permettre de partager, car tu sais que cela ne va pas t’appauvrir ». Il n’y a qu’une condition pour appartenir au MST : « Juste contribuer ». 

Pour Claudio, le MST a subi des améliorations : « nous avons des terres raisonnables pour survivre ». « Dans les années 80, quand les paysans n’avaient pas de terres, ils partaient à la ville. Maintenant, ils viennent ici ». Claudio ne dément pas : le grand problème est judiciaire. « Quand le MST fait un pas en avant, d’autres le font reculer ». 
Quant à la question « Etes-vous heureux ici ? », il hésite : « oui mais cela aurait pu être mieux ». Ce qui lui manque, c’est le choix des matières enseignées : « par exemple, pour étudier les sciences, il faut aller ailleurs ». Et ce n’est pas tout. Ceux qui choisissent d’appartenir au MST ne peuvent plus être eux-mêmes. Chacun est obligé de se soumettre aux autres, afin d’être sur un pied d’égalité. Claudio, auparavant autoritaire, ne peut pas l’être ici. Chaque personne doit remplir une fiche d’auto-évaluation sur ses vices. Dès son arrivée, puis régulièrement jusqu’à la fin, afin de suivre l’évolution de son comportement : « on ne peut pas être soi-même ici ».

Ecrit par Adèle, Bintou, Elizabeth et Lucille. Photos : Dania

Portrait de Marquinho

Un petit air de samba et ça y est, il est lancé. Á vingt ans à peine, Marquinho a quitté sa famille pour rejoindre l’ecole du MST. Cela n’entame pas pour autant sa bonne humeur. Ses parents étant eux-mêmes travailleurs agricoles, il fut dès son plus jeune âge confronté au problème du partage inégal des terres. C’est à 12 ans qu’il s’engage personnellement dans l’organisation. Lorsque ses parents lui parlent de cette école, il prend donc la décision d’y vivre afin de participer au combat mené pour la justice. Cela lui permet de poursuivre ses études tout en agissant pour la cause qu’il défend. Ce combat est en effet une affaire familiale car ses parents sont eux-mêmes engagés dans une assentamento, la “Nova Conquista”. Malgré une prise de contact régulière, ses proches lui manquent. Mais il sait que ce sacrifice n’est pas vain. Un an déjà qu’il a integré l’organisation, et il s’y sent comme chez lui. A sa maniere, il veille au bon déroulement des taches, en s’occupant volontairement tantôt du jardin, de tout ce qui touche à la production agricole, tantôt de la cuisine, via l’éxécution de taches diverses (vaisselle, nettoyage du refectoire…). Ici pas de salaire, ni de chef, chacun contribue à sa maniere au bien-être de la communauté, chacun régit soi-même son propre travail. La vie en communauté ne semble pas être un frein pour lui. Il s’est assez bien adapté à la vie en communauté ce qui est de bon augure pour l’année qui lui reste à passer ici.

Le jeune du Maranhão dit être heureux ici, considérant avoir trouver “une famille” à Guararema, au sein de ses semblables, les insoumis anti fazendeiros.

Ecrit par Djeneba, Grace, Anthony et Clara. Photos : Charity

Mistica e revolução

“On doit résister !”.Les chants des Sans Terre réveillent la “Escola Nacional  Florestan Fernandes”, une école dans laquelle les Sans Terres enseignent leur vision de la pédagogie. “C’est le temps de la rébellion !”, crient-ils en levant le poing. “Internationalisation de la lutte ! Internationalisation de l’espoir !’, insistent-ils en frappant sur des tambours. Un homme et une femme dressent les drapeaux des sans-terres. Ils crient ensuite en espagnol : “Patrie libre, nous vaincrons !”. Le public les accompagne en chœur.

S’en suit une assemblée. L’amphithéâtre est plein. Rempli de gens de multiples origines. Les drapeaux des Sans Terres accroches au mur, au nombre de deux. Au milieu, leurs initiales : MST (Mouvement des Sans Terres). Le MST est un mouvement social d’éducation et de pédagogie qui consiste a se battre pour que tous les petits agriculteurs aient des terres. En effet au Brésil, 1% de la population possède 47% des terres. Aussi, le Brésil est le second pays, après le Paraguay, ayant une répartition inégalitaire des terres. La seule issue de ces paysans pour vivre est la lutte contre les inégalités. Leur objectif est de comprendre les autres cultures, et ils ont une vision futuriste sur une meilleure société plus juste et plus égalitaire.

Le MST a diverses pédagogies. Premièrement, la pédagogie de l’organisation collective. Le MST est en effet le mouvement le plus organisé après l’armée selon les medias. Chaque personne a des fonctions et des taches mais aucun individu n’est plus important qu’un autre. “Le fait de s’organiser est un acte pédagogique”.C’est l’action qui montre l’unité, pas les idées ou les paroles :“L’unité est le plus grand patrimoine de notre mouvement”.D’ailleurs, en 2014, aura lieu le 6eme congrès national du MST, qui est l’instance la plus importante et qui consiste à critiquer les points faibles ou les défauts, à discuter du chemin à prendre, des idées et des partenaires stratégiques à qui s’allier.

Deuxièmement, la pédagogie de la terre et de la culture qui a pour objectif de produire ; d’occuper une terre pour avoir un travail. Le MST “ne veut pas abandonner la culture de la campagne”. Il arbore un aspect mystique de l’agriculture. En effet, la dimension spirituelle combinée aux héritages de l’Eglise du peuple natif sont très importants dans la recherche d’une société parfaitement égalitaire. Tout cela représente une dimension subjective qui aide les Sans Terres à se former, notamment “grâce à la musique, aux poèmes, aux chants…”. L’aspect mystique les “aide à aller plus loin”. Bien évidemment, dans leur culture, les Sans Terres n’utilisent pas de “poison”, c’est à dire de produits chimiques : tout est bio. Ensuite, la pédagogie de l’histoire. Pour les Sans Terres, il faut cultiver la mémoire des anciens. Le MST est la continuité d’un ensemble de mouvements qui existaient avant lui, et qui laissera place à d’autres après lui. C’est un mouvement ponctuel, il y a eu quelque chose avant et il y aura quelque chose après. En outre, la pédagogie du mouvement qui a pour objectif de combattre la routine, la passivité, dans une dynamique permanente : “Le MST est comme un être vivant. Il n’est pas statique. Il vit. Il bouge. Il évolue.”Il y a un mouvement concret, physique, et un mouvement intellectuel, dans les idées. Il ne faut pas être passif dans l’action. Enfin, la pédagogie de l’alternance. “On ne peut pas être Sans Terres sans étudier”; la pratique est liée à la théorie. Les agriculteurs Sans Terres doivent suivre le principe de l’étude: lier les idées et réfléchir.

Le MST est donc un mouvement avec des idées structurées et dogmatiques. Par exemple, les Sans Terres considèrent que fermer une école est un crime contre l’Humanité. Autre exemple de leur conviction : « il faut qu’un sujet s’informe, il faut qu’un sujet s’éduque ». Ainsi, « la pédagogie du Mouvement des Sans Terres nait de la lutte. »

Ecrit par Adèle, Elizabeth, Bintou et Lucille. Photos : Dania

Sources : http://voyagebresil2013.blogspot.com/p/sur-uneterrasse-ensoleillee-diego.html et http://voyagebresil2013.blogspot.com/p/on-doit-resister.html

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/27/au-coeur-des-sans-terre-une-certaine-ecole/



Une victoire : les familles d’une unité productive du Mouvement des Sans Terre obtiennent la reconnaissance légale de l’école « Zumbi dos Palmares » dans l’État de Parana
3 avril 2013. Par de Souza Geani, de la page du MST

Au bout de dix ans de lutte, les familles installées dans l’unité productive Valmir Mota de Oliveira, à Cascavel, état de Parana, viennent d’obtenir une grande victoire. Leur école a été reconnue comme l’école municipale « Zumbi dos Palmares », par voie du décret n ° 11.167 du 6 mars 2013, publié au Journal Officiel  du 13 mars de cette année. «Cette école est une nouvelle étape dans le long cours de la lutte et de la résistance», a déclaré Izabel Geni, coordinatrice régionale du MST. 

L’école itinérante « Zumbi dos Palmares » a commencé ses activités en 2003, dans le campement Dorcelina Folador,à l’intérieur de la grande propriété Complexo Cajati. Comme les écoles de la ville n’étaient pas capables d’accueillir tous les enfants et les jeunes du campement, les familles se sont vues dans la nécessité de construire leur propre centre d’études et initialement les Sans Terre ont construit l’école avec les ressources disponibles, c’est-à dire avec des bâches de plastique noire. L’école a commencé par organiser les premières années scolaires, et un an plus tard, en 2004, a offert ses services aux familles d’un autre campement qui se trouvait sur la même grande propriété. Sans salles de classe adéquates, la seule issue était de faire la classe au milieu des champs d’avoine.

En 2010, 83 familles ont pu s’installer légalement dans une partie de la grande propriété de Cajati, et c’est ainsi que fut créée l’unité productive Valmir Mota de Oliveira. L’école itinérante « Zumbi dos Palmares » devint alors partie prenante de cette nouvelle réalité, passant des classes maternelles à celles de l’école primaire et secondaire.

 Études garanties

Aujourd’hui, l’école compte 240 élèves, des classes initiales aux classes finales, et s’appuie sur une équipe de 11 enseignants d’éducation primaire et secondaire, et cinq éducateurs pour l’enseignement maternel et primaire.

Pour l’élève Marli dos Reis, de la 1ère année de secondaire, «étudier ici est bien mieux car en ville il y trop d’élèves dans les classes et on ne dispose pas de l’accompagnement de l’enseignant. Ici, nous avons cette possibilité».

Cette reconnaissance de l’école, rebaptisée « école municipale rurale Zumbi dos Palmares », oblige la municipalité à prendre en charge ses besoins.

Les travailleurs de l’unité agricole ont également introduit la demande de création d’une école pour prendre en charge l’État de Parana, mais les familles attendent toujours la conclusion des autorisations légales pour initier les constructions. L’idée est de construire un bâtiment supplémentaire à côté de l’école municipale, qui recevra aussi le nom du combattant afrodescendant Zumbi dos Palmares.

Pour pouvoir continuer le processus, les familles attendent la lettre que le Secrétaire de l’Education  municipale doit envoyer à l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire (INCRA), demandant l’octroi d’utilisation du terrain et ainsi pouvoir commencer les travaux.

Source : http://www.mst.org.br/node/14605

Traduction : Thierry Deronne 

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URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/04/04/une-victoire-les-familles-dune-unite-productive-du-mouvement-des-sans-terre-obtiennent-la-reconnaissance-legale-de-lecole-zumbi-dos-palmares-dans-letat-de-parana/



Le mouvement des Travailleurs Sans terre crée un site Internet pour… et par les enfants des militant(e)s, les « Sem terrinhas »
12 février 2013, 6:14
Filed under: École rurale, Création artistique, Formation

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Le Mouvement des Sans Terre lance sa page destinée aux enfants des militants, les Sem Terrinha. Élaborée collectivement par les secteurs de l’Éducation, de la  Culture, de la Comunication et de la Jeunesse du mouvement, la page a pour objectif d’informer, éduquer et amuser les enfants « Sem Terrinha » (littéralement, petits « Sans terre », NdT)  par le biais de nouvelles, d’histoires, de vidéos, de musiques et de jeux.

Selon Maria Cristina Vargas, du secteur de l’éducation du MST, “la page est un espace où les enfants peuvent accéder au débat politique de la lutte pour la terre dans un langage qui se place à leur niveau de compréhension. Comme les adultes, les enfants sont partie prenante de l’ensemble du processus du mouvement. Nous ne pensons pas à eux seulement comme la continuité du Mouvement des sans Terre mais aussi à partir de leurs besoins concrets de comprendre la réalité dans laquelle ils vivent aujourd’hui”.

La construction de la page s’insère dans le débat sur de meilleures conditions de structure et d’éducation dans les unités productives. Pour Cristina, “nous savons que toutes les unités productives n’ont pas encore accès à internet mais cela fait partie de notre lutte : faire que les unités de production agricole possèdent des écoles et que celles-ci soient équipées de la structure nécessaire pour une formation de qualité des enfants”.

En plus des sessions pour les enfants la page des « Sem Terrinha » possède des espaces destinés aux éducateurs dans lesquels les documents, textes pour la formation et pistes de travail avec les enfants seront disponibles comme outils de formation pour ces professionnels.

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Mais le plus grand objectif selon Cristina sera de transformer la page des « Sem Terrinha » en un espace construit également par les enfants qui peuvent envoyer leurs dessins, lettres, histoires et nouvelles pour qu’elles soient diffusées. “Nous voulons que les enfants envoient leurs productions ainsi que leurs questions sur le quotidien des communautés où ils vivent. Pourquoi ne pourrions-nous pas avoir de reporters « Sem Terrinha », produisant des contenus pour la page ?”

Adresse de la page des Sem Terrinha : http://www.mst.org.br/semterrinha/

Source de cet article : http://www.mst.org.br/node/14254

Traduction du portugais : Thierry Deronne

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Les enfants de l’École Itinérante font des recherches sur les semences autochtones (Paraná)

De la Page du MST

Les étudiants de l’École Itinérante Maria Aparecida R. Franciosi, localisée dans la pré-unité de production Eli Vive, district de Lerroville, à Londrina (État de Paraná) ont presenté les résultats de leur recherche sur les semences autochtones qu’ils ont menée localement.

La recherche qui a pris un peu plus d’um mois, a été planifiée et exécutée par près de 400 participants depuis l’enseignement infantile à l’enseignement moyen et par leurs professeurs, soucieux de recenser tout ce que les familles produisent, ou cessent de produire, ou stockent en matière de semences autochtones.

“Tous nos étudiants ont participé, chaque classe a assumé la responsabilité d’étudier un type de semences en particulier comme le maïs, le café, le riz, le haricot ou la pastèque. En plus de cela ces groupes doivent offrir un exposé et produire un type de nourriture avec le type de semences étudié”, explique Maria Antonia Assis, une des coordinatrices de l’école.

Selon Igor Denadai, éducateur, le travail développé a deux grands objectifs : recenser les semences autochtones et rapprocher l’école de la communauté.

“Ce travail resserre les liens car nous avons visité les 540 maisons des travailleurs établis dans cette pré-unité productive pour les interroger sur ce qu’ils font avec les semences, depuis le stockage, la production jusqu’à la récolte”. Et Il souligne “un autre aspect très important, c’est que ce travail a permis de recenser aussi le nombre d’habitants qui vivent dans notre secteur. Actuellement nous comptons 1.593 habitants.”

L’étudiante Silvana Nascimento Ribeiro, de huit ans, qui étudie en quatrième année de l’enseignement fondamental, explique que le travail lui a enseigné l’importance de cultiver des semences sans utiliser de produits toxiques. « Ce fut très bien et très important de le dire dans l’exposé sur les semences. J’ai appris que nous ne devons pas utiliser de poison pour cultiver. Avant nous n’avions pas besoin de poison et nous devons continuer ainsi. »

Le membre de la coordination de l’École Latino-Américaine d’Agro-écologie (ELAA), José Maria Tardin, explique que cette recherche paraît simple mais constitue um portrait important de la réalité des paysans. “Elle nous montre em détail combien nous prenons possession politiquement et techniquement de notre capacité de produire et d’étudier. La recherche ne peut pas dormir sur une étagère, il faut l’utiliser dans les salles de classe, dans les familles, elle doit être discutée aussi par le secteur de production de l’unité productive Eli Vive et du MST en général. Cette école doit être félicitée pour cette importante initiative” a-t-il conclu.

Source : http://www.mst.org.br/Criancas-de-Escola-Itinerante-pesquisam-sobre-sementes-crioulas-no-PR

Url de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/09/29/les-enfants-de-lecole-itinerante-font-des-recherches-sur-les-semences-autochtones-parana/

Traduction du portugais : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br



« L’éducation doit être construite avec la participation active des ruraux »

Par Mayrá Lima

De la page internet du MST, www.mst.org.br

Le gouvernement fédéral a lancé la semaine dernière le « Programme National d’Education Rurale » (Pronacampo). Selon le gouvernement, 1,8 million de reais seront investis pour apporter un soutien technique et financier aux Etats, au District Fédéral et aux municipalités pour la mise en œuvre de la politique d’éducation rurale.

Parmi les actions prévues dans ce programme, figurent la construction de trois mille écoles, l’installation de moyens informatiques sur vingt mille unités et l’acquisition de huit mille autocars, deux mille bateaux à moteur, et 180 000 vélos.

En outre, le gouvernement entend mettre en place un enseignement complet dans dix mille écoles rurales et communautaires.

Le Ministère de l’Education (MEC) confirme également que 23,18 % de la population rurale de plus de 15 ans est analphabète et que 50,9% ne termine pas le cycle élémentaire. En parallèle, la situation des écoles rurales n’est pas des plus encourageantes: pour 76 000 écoles, on compte 6,2 millions d’élèves inscrits et 342 800 professeurs, parmi lesquels seuls 182 500 ont fait des études supérieures.

La majorité des écoles ont des infrastructures précaires: pas d’électricité, pas de bibliothèque, et beaucoup n’ont pas non plus l’eau courante et connaissent peu de demandes d’inscription de la part des élèves.

« Nos revendications et notre campagne contre la fermeture des écoles et notre lutte pour la création de plus d’unités d’enseignement en milieu rural commencent à faire effet sur le gouvernement », dit Vanderlúcia Simplício, du secteur Education du MST, sur la page internet du MST.

En août 2011, la journée de lutte de la Via Campesina (Jornada de Lutas da Via Campesina) a dénoncé la fermeture des écoles en milieu rural. Des marches et des occupations ont eu pour objectif de réclamer à l’Etat des politiques d’éducation pour la campagne.

« Nous avons des données officielles indiquant qu’au cours des 10 dernières années, 37 765 écoles ont été fermées à la campagne. Les étudiants, transférés dans les écoles urbaines, dépendent du transport scolaire, qui souvent est de très mauvaise qualité. Nous avons soumis ces questions au MEC dans le cadre de la campagne « Fermer les écoles est un crime' », dit Vanderlúcia.

Interview.


Mayrá Lima – Pendant la journée de lutte, en août 2011, l’éducation rurale et la fermeture des écoles rurales ont été la cible des protestations. Pensez-vous que le Pronacampo a été une réponse à cette mobilisation?

 Vanderlúcia Simplício – Dès que la présidente Dilma (Roussef) a pris ses fonctions, nous avons présenté nos réclamations, et avons demandé à ce que la présidente puisse prolonger et renforcer les initiatives du gouvernement Lula; nous avons proposé d’interrompre la fermeture des écoles à la campagne, de mettre en place le Programme National d’Alphabétisation des Jeunes et des Adultes (Programa Nacional de Alfabetização de Jovens e Adultos),  le Programme National de formation des Enseignants (Programa Nacional de Formação de Educadores),  en renforcement du programme National d’Education de la Réforme Agraire (Programa Nacional de Educação na Reforma Agrária – Pronera), les initiatives de la Licence en Education Rurale (Licenciatura em Educação no Campo), en créant un Programme national de formation d’éducateurs ruraux; nous avons proposé la création de lois interdisant la fermeture des écoles rurales, et améliorant les infrastructures des écoles qui demeurent en milieu rural.

Pendant la Journée d’août, nous avons présenté une demande de construction de 350 écoles pour les unités de production agricole issues de la Réforme Agraire et pour les communautés des mouvements sociaux qui composent la Via Campesina.

M.L. – Quelles avancées peut-on constater?

V. S. – Nos revendications et notre campagne contre la fermeture des écoles, et la lutte pour la création de plus d’unités d’enseignement en milieu rural commencent à faire effet sur le gouvernement, si l’on considère le lancement de Pronacampo.

Le ministre de l’Education, Aloizio Mercadante, a souligné que l’un des objectifs les plus urgents est l’élaboration d’une loi conjointement avec les Conseils d’Education municipaux et des Etats, et en dialogue avec la société civile, en vue d’empêcher la fermeture des écoles rurales. Il a également insisté sur la priorité à la construction et à la rénovation des écoles, en plus de l’investissement pour l’accroissement des cursus de formation des éducateurs ruraux, qui est aussi une revendication des mouvement sociaux ruraux.

Notre grande préoccupation est l’offre de formation des éducateurs. La proposition du gouvernement fédéral est de réaliser toute cette formation via l’Université Ouverte du Brésil (UAB). Nous refusons que le processus de formation soit fait uniquement à distance, avec pour seule préoccupation de remplir partiellement les objectifs du gouvernement. La formation à distance ne doit intervenir qu’en de rares exceptions.

M. L. – Comment analysez-vous l’insertion du Pronacampo dans l’ensemble des autres politiques publiques déjà instaurées dans le cadre de l’éducation rurale?

V. S. – Pendant le gouvernement Lula, nous avons obtenu les directives d’éducation rurale, la création du Conseil National d’Education Rurale (CONEC) et la signature du Décret de l’Education rurale, qui a, entre autres, mis en place le Programme National de l’éducation pour la réforme agraire (Pronera) en tant que politique publique.

Nous restons préoccupés et attentifs, car nous ne savons pas quelles mesures seront prises par le Pronacampo pour réaliser les demandes d’éducation et les projets de terrain pour lesquels luttent les mouvements sociaux, comme ceux qui impliquent le Pronera et les Licences en Education Rurale. L’éducation doit être construite avec la participation active des ruraux et, dans sa mise en œuvre, à partir de leurs représentations via les mouvements sociaux.

M.L. – Face à ce qui a été lancé, quels sont les principaux défis déjà identifiés par ces mouvements sociaux?

V. S. -Pour son bon fonctionnement, le Pronacampo devra réussir à s’articuler avec d’autres secteurs au sein du MEC, et, en-dehors, avec les autres ministères qui pourraient également répondre aux attentes des unités de production agricole, pour garantir une véritable politique publique d’Education rurale. Ce  du MST, programme réaffirme que l’Education rurale est l’un de nos droits et un devoir de l’Etat.

Source (en portugais) : http://www.mst.org.br/e-preciso-uma-educacao-construida-com-o-protagonismo-dos-sujeitos-do-campo

Traduction de Zoé Macêdo pour www.mouvementsansterre.wordpress.com

Pour soutenir concrètement le MST dans sa lutte, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

Pour une information continue en français sur les activités du MST :https://mouvementsansterre.wordpress.com/




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