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Rude coup pour l’agrobusiness: les députés chavistes votent la Loi des Semences

CW4v2l5UkAAQYhVAprès deux ans d’un débat marqué par  la forte participation des mouvements sociaux (dont l’équipe des Sans Terre au Venezuela), le parlement vénézuélien, qui dispose jusqu’au 5 janvier 2016 d’une majorité chaviste, a approuvé le projet de la Loi des Semences (nous avons rendu compte sur ce blog de la longue marche de cette loi d’initiative populaire, NdT) (1)

Les organisations qui ont défendu cette loi la définissent comme « fruit d’un consensus anti-OGM et anti-brevet ». Depuis plusieurs jours les citoyen(ne)s avaient manifesté leur appui sur les réseaux sociaux ou depuis les balcons de  l’hémicycle aux député(e)s qui discutaient et votaient les articles de ce texte.

Son élaboration a commencé en octobre 2013 sous l’impulsion de mouvements paysans, d’organisations écologistes, de mouvements politiques et sociaux qui appuient le processus révolutionnaire. L’objectif du texte est de promouvoir la production d’aliments sur la base d’une conception agro-écologique, d’interdire les OGM, et de retirer aux grands groupes privés un négoce potentiel qui brasse des milliards de dollars dans le monde entier.

L’approbation de la loi repose sur les articles 127 et 305 de la Constitution Bolivarienne. L’article 127 stipule que “l’État protègera l’environnement, la diversité biologique, les ressources génétiques, les écosystèmes, les parcs nationaux et le patrimoine naturel, ainsi que toute zone qui revêt un intérêt écologique particulier. Le génome des êtres vivants ne peut faire l’objet de brevet commercial et la loi sur la bioéthique régulera cette matière. C’est l’obligation fondamentale de l’État de garantir que la population puisse vivre dans un milieu libre de pollution, où l’air, l’eau, les sols, les côtes, le climat, la couche d’ozone, les espèces vivantes seront protégées spécialement, conformément à la loi”.

Pour sa part l’article 305 prévoit : “l’État encouragera l’agriculture soutenable comme base stratégique du développement rural intégral afin de garantir la sécurité alimentaire de la population, comprise comme la disponibilité suffisante et stable d’aliments dans le cadre national et l’accès opportun et permanente à ceux-ci par les consommateurs”.

En fait la loi applique le mandat constitutionnel sur des thèmes sensibles comme l’interdiction de breveter le vivant. Son objet est de « préserver, protéger, garantir la production, la multiplication, la conservation, la libre circulation et l’usage des semences autochtones; ainsi que la promotion, la recherche, l’innovation, la distribution et l’échange de celles-ci, à partir d’une vision agro-écologique socialiste, en privilégiant la production nationale de semences”.CWSFA5OWsAEtRhcCWTTK52WwAMJoiL

Réactions de l’entreprise privée

Cette politique va en sens inverse de celles impulsées depuis une dizaine d’années, y compris dans des pays considérés comme progressistes – le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, par rapport à des pays néo-libéraux comme le Mexique, la Colombie, le Pérou, le Chili. Alors que tout le continent reste dominé par le modèle des transnationales qui contrôlent le marché des semences dans le monde: Monsanto, Syngenta, DuPont, Dow, Bayer, BASF-, au Venezuela la Révolution Bolivarienne a choisi la voie d’un modèle écosocialiste, tracé dans la plate-forme électoral de Chavez puis de Maduro : le Plan de la Patrie 2013 – 2019. (2)

La nouvelle norme a fait l’objet des critiques de l’opposition de droite, qui a refusé de voter en sa faveur. Après la séance, le député Ivan Colmenares, de l’État de Portuguesa, a déclaré que “cette loi de semences n’est pas viable vu sa nature trop idéologique, son caractère anti-OGM et son caractère anticonstitutionnel”. Colmenares la considère comme “discriminatoire envers le secteur privé et envers la population qui n’est pas alignée sur le processus de changement. Elle est également très contradictoire puisqu’elle défend les semences originaires des ethnies et des paysans sans propositions tangibles pour leur production ”.

Cette position exprime directement la position de la principale Chambre de l’agro-business, Fedeagro, dont le président Antonio Pestana, dès le lendemain des élections législatives du 6 décembre qui ont vu la nette victoire de la droite, demandait que «soit donné en priorité un coup d’arrêt à la Loi des Semences ”.

Pour le représentant patronal, cette loi serait approuvée par des personnes qui « de manière irrationnelle, font passer leur idéologie avant tout autre chose ”. Il a rapidement révélé la sienne : “Il y a un autre thème qui est celui de la Commission Nationale de Biosécurité. Nous devons permettre à nos chercheurs de parler d’OGMs; si ceux-ci sont mauvais pour la santé des vénézuéliens alors il faut empêcher leur entrée dans le pays, mais s’ils disent qu’ils ne nuisent ni à l’environnement ni aux consommateurs, nous devons permettre que les agriculteurs vénézuéliens puissent opter pour cette technologie qui a donné de bons résultats dans d’autres pays ”.

En outre Fedeagro a exigé que soit éliminée la Loi des Terres de 2001 – une des “causes” qui poussèrent le patronat vénézuélien à organiser le coup d’État contre le président Chavez en avril 2002 – et que les terres soient rendues aux grands propriétaires.

Pour les mouvements sociaux il s’agit d’un pas important dans un travail collectif d’organisation qui a pris des années. Il se concrétise dans une bataille plus générale entre deux projets parvenus au plus haut degré d’antagonisme. Si la droite tente d’éliminer la Loi des Terres et la Loi des Semences elle aura face à elle, c’est prévisible, une population décidée à les défendre.

Fernando Vicente Prieto – @FVicentePrieto

Notes:

(1)        Lire notamment « Au Venezuela, le peuple légifère contre Monsanto »https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/12/20/comment-faire-une-loi-au-venezuela/ et « Le Venezuela lutte contre les transnationales en produisant ses semences autochtones”, http://wp.me/p2ahp2-1vp
(2)        Lire « Ce que va faire la révolution bolivarienne de 2013 à 2019 » https://venezuelainfos.wordpress.com/2013/04/15/ce-que-va-faire-la-revolution-bolivarienne-de-2013-a-2019/

Source : http://notas.org.ar/2015/12/24/asamblea-nacional-venezuela-aprueba-ley-semillas/

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-29x

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Syngenta condamnée: la Justice responsabilise l’entreprise de la mort d’un Sans Terre au Paraná

L´attaque ayant lieu en 2007 a eu comme conséquence l´assassinat du travailleur rural Keno, et d´autres paysans blessés. La condamnation de  Syngenta est bien accueillie par les mouvements sociaux puisqu´il est toujours très difficile de  responsabiliser les entreprises des violacions des droits humains commises par elles mêmes.

L´entreprise suisse productrice des OGM et des agro toxiques, Syngenta, a été responsabilisée par la justice de l´assassinat du travailleur  rural Valmir Mota de Oliveira (plus connu comme Keno) et pour la tentative d´assassinat d´ Isabel de Nascimento de Souza. Les deux étaient membres de La Vía Campesina et ils ont été les victimes de l´attaque des gardes privées armées,  en 2007.

La résolution, présentée par le juge de droit Pedro Ivo Moreira, de la Cour Civile de Première Instance de la région de Cascavel (Etat de Paraná, Brésil), a été publiée dans le Journal  Officiel de l´État mercredi dernier, le 17 novembre. La sentence détermine que l´entreprise doit payer les  indemnités   aux familiers de Keno et à la victime Isabel pour les préjudices moraux et matériaux qu´elle a provoqués. L´ action a été jugée en 2010, à manière de tentative d´obtenir des réponses de l´ État quant à la responsabilité de la corporation Syngenta concernant l´attaque mise en pratique par la milice armée privée.

Cette résolution est bien appréciée par los mouvements sociaux et les organisations des droits humains, puisque la responsabilité des entreprises qui commettent des violacions aux droits humains est un défi d´ordre global. “Actuellement, les entreprises transnationales ont une grande liberté de participation transnationale, mais il n´y a pas de normes ni de mécanismes nationaux ni internationaux suffisants pour les obliger à respecter les droits humains ou pour les responsabiliser en cas de violacions.. La condamnation de Syngenta, dans ce cas, est une exception à la règle, explique l´avocat populaire de Terre de Droits, Fernando Prioste, qui a suivi le cas.mst1

Sur la décision

Le juge a reconnu que ce qui a eu lieu dans la station expérimentale de l´entreprise Syngenta a été un vrai massacre. Dans sa décision, il affirme que ´´dire que ce qui s´est passé a été une confrontation, c´est fermer les yeux devant la réalité, puisque […] il n´y a pas de doute qu´ en fait, il s´agit d´un massacre avec un visage de remise des possessions ´´. Ainsi, on voit que la version de Syngenta a été refusée para le Pouvoir Judiciaire. L´entreprise se défend en disant que l´attaque de 2007 serait-il le résultat d´une confrontation entre des gardes privés et des membres de la Via Campesina.

Lors de sa défense, Syngenta a reconnu l´illégalité de l´action contre La Via Campesina et le MST. L´entreprise a affirmé que ´´plus que la protection de n´importe quelle exploitation agricole, c´est clair que la garde privée avait comme objectif de défendre une position idéologique contre le MST [Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre] afin de propager l´idée que toute action a toujours une réaction´´.   Ainsi, la transnationale essayait d´évader ses responsabilités, en soutenant que l´attaque n´avait pas été fait par l´entreprise, mais par une milice ayant à sa tête les propriétaires des exploitations agricoles.

Toutefois, dans sa décision, le juge a reconnu que ´´la mauvaise élection dans le service externalisé de provision de sécurité, et aussi le financement indirect des activités illicites, tout  cela devient un fait à une grande responsabilité civile´´.

En outre, le juge a fortement désapprouvé l´attaque en affirmant que même si l´invasion à la propriété a été illégitime, cela n´admet pas le fait d´agir de sa propre main, et d´imposer la peine de mort aux occupants. Bien au contraire, il faut chercher les moyens légaux de solution au conflit, puisque la loi considère délictueux l´exercice arbitraire à partir des raisons personnelles´´.  C´est ainsi que la décision judiciaire qui a condamné Syngenta confirme le fond idéologique de l´action des gardes, mais aussi responsabilise l´entreprise de cette action.

La décision judiciaire n´est pas encore définitive. Syngenta, à travers son défenseur, Renne Ariel Dotti, pourra faire recours au Tribunal de Justice de l´État de Paraná. Selon l´avocat populaire de Terre de Droits, Fernando Prioste,  on attend que le Tribunal mentionné maintienne la décision dont l´objectif est celui de trouver la vérité concernant les faits ayant eu lieu en octobre 2007. “Les preuves contre l´entreprise sont-elles indubitables “, a-t-il dit. “Un éventuel acquittement de Syngenta signifierait la complicité du système de justice concernant les massacres, tel le prouve ce cas. ”

mst2Des manifestants protestent pour la mort de Keno devant le siège de l´entreprise, en Suisse, en 2008

Exception à la règle

Consultée sur la décision, Isabel Nascimento dos Santos s´est déclarée heureuse, bien ailleurs la réparation économique. Gravement blessée pendant l´attaque conçu et pratiqué par Syngenta en 2007, l´agricultrice a remarqué la reconnaissance de la part de la Justice, et la responsabilité de l´entreprise dans cette affaire.

“Il s´agit maintenant de lever la tête, d´essayer d´oublier un peu la souffrance que nous avons vécue´´. La lutte a-t-elle pris fin? “Jamais! On va tout droit en avant, on va donner suite au travail de Keno”.

Le représentant du MST de la région de Cascavel, Eduardo Rodrigues, remarque l´importance de la décision. Selon Rodrigues, c´est très fréquent de vérifier de l´impunité des grandes entreprises qui violent les droits, et au même temps, c´est fréquent de constater que des membres du mouvement paysan sont-ils criminalisés pour leur lutte opposée au modèle de l´agro affaire. “L´ attaque n´a pas eu lieu sans la connaissance de la multinationale”, a dénoncé l´agriculteur. “Ils n´ont pas donné que leur soutien institutionnel, ils ont même donné leur soutien financier et de la logistique”.

Rodrigues a avoué qu´il voudrait bien que cette  décision soit appliquée à d´autres cas de responsabilité des entreprises pour les attaques qu´elles perpètrent. “J´espère que cette décision rendra plus forte notre lutte, en faisant visible nos copains”.

Il y a beaucoup d´obstacles à surmonter afin de parvenir à que les entreprises respectent les droits humains et qu´elles deviennent responsables des violations qu´elles commettent. Cette réalité a provoqué la discussion de l´Organisation des Nations Unies (ONU) sur l´établissement d´un traité international qui puisse créer des mécanismes de prévention, de réparation et de responsabilité en ce qui le sujet des entreprises et des droits humains.

Le groupe de travail de l´ONU, qui mène à bien des activités pour l´établissement de ce traité, visitera le Brésil en décembre prochain. On espère que les représentants  de l´ ONU puissent  utiliser la condamnation de Syngenta comme une référence au moment des évaluations des grandes entreprises qui commettent des violacions contre les droits humains moyennant des entreprises externalisées.

Sur ce dossier

Le 21 octobre 2007, près de 40 tueurs de l´entreprise “NF Sécurité”, ont attaqué le campement de La Vía Campesina, situé au campus d´expérimentation des OGM de la transnationale Syngenta, à Santa Tereza de l´ Ouest (État de Paraná). Le lieu avait été récupéré par environ 150 membres de La Vía Campesina, et du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), ce même matin-là.

Les occupants dénonçaient les réalisations des essais illégaux avec du maïs transgénique dans la zone au Parc National d´Iguazú. Les membres de La Vía Campesina ont voulu même dénoncer les entreprises biotechnologie agissant d´une telle manière à imposer un modèle d´agriculture provoquant des dommages climatiques et de l´environnement moyennant l´utilisation des OGM et des agro toxiques. Et de cette façon, essayer de pouvoir rendre invisible la production des aliments sains pour les paysans, les communautés originaires et traditionnelles.

Des miliciens de l´entreprise “NF Sécurité” fortement armés ont envahi le lieu en tirant de coups de revolver sur les personnes présentes dans cet espace.  Selon les informations de La Vía Campesina, l´action avait  été promue par Syngenta, qui utilisait des services de “NF Sécurité”, et aussi avec la participation de la Société Rurale de la Région Ouest (SRO), et le  Mouvement des Producteurs Ruraux (MPR), lié à l´agro affaire. Des indices signalent que l´entreprise de sécurité ne serait- elle qu´une façade. Et qu´elle aurait embauché des gardes d´une manière illégale pour les opérations d´attaque.  Outre Keno, les tireurs ont ciblé Isabel et ils ont aussi blessé trois  agriculteurs.

Possédant le19 % du marché des agro chimiques, et la troisième entreprise ayant le plus grand gain dans la commercialisation des semences du monde, très proche de Monsanto et de Dupont, Syngenta, avec d´autres transnationales, rend encore plus grave la scène de violence dans le campus moyennant l´imposition d´un modèle d´agriculture basé sur la monoculture, sur la super exploitation du travailleur, sur la dégradation de l´environnement, sur l´utilisation des agro toxiques et sur l´appropriation des ressources naturelles et génétiques.

Dans le lieu où il y a eu l´attaque, aujourd´hui se dresse le Centre de Recherche en  Agroecologie Valmir Mota de Oliveira, “Keno”.

>> Sur le sujet de la responsabilité des entreprises pour les violations des droits humains, Terre de Droits a conçu une guide afin de fournir une  évaluation sur les  possibilités de plaider contre les entreprises dans le domaine international.

Source : http://www.alainet.org/fr/articulo/173897



Lutter, construire la réforme agraire populaire ! Manifeste pour le VIème Congrès des Travailleurs Sans Terre (février 2014)

MST 2014 1

Nous, Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (MST), après trente ans de lutte, prenons les engagements suivants :

1 ) La terre, l’eau, les forêts, la faune, la flore, les minéraux, le soleil, bref tous les produits de la nature doivent être au service du peuple et doivent être préservés pour les générations futures .

2 ) L’accès à la terre doit être démocratisé et sa fonction sociale réalisée. Toutes les familles paysannes doivent avoir le droit de vivre et de travailler la terre et de vivre sur elle.

3 ) Nous soutenons la démarcation de tous les territoires appartenant aux peuples indigènes, aux communautés autochtones traditionnelles, quilombos des afro-descendants, riverains, mineurs et pêcheurs artisanaux.

4 ) Nous devons prioriser une production alimentaire saine, garantir la santé des producteurs, des consommateurs et la préservation de la nature. La nourriture est un droit et ne peut être réduite à des marchandises, sources d’exploitation et de lucre.

5 ) Nous soutenons le principe de la souveraineté alimentaire, pour que chaque communauté et chaque région produise la nourriture nécessaire à sa population.

6) La production agricole doit être agro-écologique et doit abolir l’utilisation des pesticides et des semences génétiquement modifiées.

7 ) Les semences sont un patrimoine des peuples au service de l’humanité, et ne peuvent être soumises à aucune propriété privée.

8) Promouvoir différentes formes de coopération agricole et développer dans les zones rurales une agro-industrie sous le contrôle de travailleurs.

9) Lutter contre la déforestation et impulser le reboisement des zones dégradées avec des arbres indigènes et fruitiers.

10 ) Développer, sous la forme de coopératives, la souveraineté énergétique de chaque communauté, profitant des sources d’énergie renouvelables, pour répondre aux besoins de la population.

11 ) Toutes les personnes vivant en zone rurale ont droit à l’éducation publique, gratuite, de qualité et à tous les niveaux, sur leur lieu de résidence.

12 ) Garantir le droit de la population paysanne à produire et à jouir des biens culturels et de l’accès aux différents médias.

13 ) Les travailleurs/employés ruraux doivent jouir des mêmes droits sociaux, de la même sécurité sociale et des mêmes garanties que les travailleurs/employés urbains.

14 ) Les relations sociales de production doivent abolir l’exploitation, l’oppression et l’aliénation. Les travailleurs doivent contrôler le résultat de leur travail.

15 ) Combattre toutes les formes de violence contre les femmes, enfants et personnes âgées. Il faut éliminéer toutes les formes de discrimination sociale, de genre, d’appartenance ethnique, religieuse ou d’orientation sexuelle.

16 ) Combattre toutes les formes de travail forcé et d’esclavage, exproprier les fermes et les entreprises qui les pratiquent et sanctionner leurs propriétaires et responsables.

17 ) Garantir l’accès à la formation permanente, technico-scientifique et politique, pour tous les habitant(e)s des zones rurales. La connaissance doit être un outil de conscientisation, de libération et d’élévation culturelle permanente.

Les zones rurales doivent être un endroit où il fait bon vivre. Où les gens voient leurs droits respectés et jouissent de conditions de vie dignes. C’est pourquoi nous maintenons notre ferme engagement de lutter pour la transformation sociale !

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En route vers le VIème Congrès du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST) | 10-14 février 2014, Brasília / DF

Traduction : T.D.

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/12/30/lutter-construire-la-reforme-agraire-populaire-manifeste-pour-le-vieme-congres-des-travailleurs-sans-terre-fevrier-2014/



Justice tardive dans l’affaire du « massacre de Felisburgo »

12/10/13. La Justice brésilienne a condamné hier le grand propriétaire Adriano Chafik et un de ses tueurs à gages, Washington Agostinho da Silva, pour l’assassinat en 2004 de cinq paysans membres du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), lors du « massacre de Felisburgo”.

Le juge Glauco Soares Fernandes, de l’état de Minas Gerais, a émis une sentence de 115 ans de prison pour Chafik y de 97 ans pour da Silva, tous deux protégés par un hábeas corpus. Deux autres accusés pour ce massacre, Francisco de Assis Rodrigues de Oliveira et Milton Francisco de Souza, seront jugés le 23 janvier 2014. Le massacre s’est produit dans la grande propriété Nova Alegría, dans la municipalité de Felisburgo.

Ce grand domaine était occupé par les paysans sans terre en vertu de l’article de la Constitution brésilienne sur la réforme agraire, qui stipule que les terres improductives doivent être expropriées et remises aux producteurs agricoles pour réaliser leur fonction sociale d’alimenter la population. Lors de ce massacre des militants du Mouvement des Sans Terre furent incendiées 27 de leurs maisons et une école du mouvement social.

Ce précédent marque une étape importante car en général les meurtres des militants du Mouvement des Travailleurs Sans Terre restent impunis à travers tout le pays. La majorité des juges sont liés, voire achetés, par les groupes privés ou les grands propriétaires, et les grands médias privés, monopolistiques au Brésil, ne cessent de criminaliser les mouvements sociaux, parmi lesquels les militants des Sans Terre présentés comme des criminels et des agresseurs.

Bande dessinée des Sans Terre

hqSemTerra!Source: http://www.mst.org.br/node/15311

Traduction du portugais : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre du Brésil, on peut contacter Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : http://bit.ly/188XHiJ



Lettre unitaire et réunion des organisations rurales avec la présidente Dilma Rousseff

gfgmob_sociales_brasilUne coordination unitaire des mouvements des travailleurs et des populations rurales rencontrera la présidente Dilma ce vendredi 6 juillet 2013, à 15h, au Palais du Planalto, à Brasilia.

Des organisations comme la Contag, le Mouvement des Sans Terre, la Via Campesina, la Fetraf, entre autres, ont publié la Lettre aux travailleur(se)s du Brésil et à la Présidente dont voici le texte intégral :

« Nous, organisations et mouvements sociaux qui habitons les zones rurales, qui travaillons pour produire l’alimentation du peuple brésilien, avons été invités à une réunion avec la présidente Dilma Rousseff. Nous avons accepté l’invitation et nous espérons que ce dialogue va ouvrir une nouvelle étape pour résoudre les problèmes subis par les travailleur(se)s ruraux depuis des décennies et qui affectent les villes.

Par cette lettre, nous voulons expliquer quelle sera notre position lors de la réunion avec la présidente. Le peuple brésilien est dans la rue, exige et réclame des solutions aux problèmes réels de la classe ouvrière, comme la réduction des coûts du transport et son amélioration, il lutte pour l’amélioration des soins de santé (SUS) et pour une éducation publique, gratuite et de qualité, pour la démocratisation des médias, et contre la répression, entre autres. Les luttes exigent des changements structurels. Les luttes sociales sont légitimes : elles seules peuvent améliorer les conditions de vie de notre peuple.

Nous participons et nous continuerons à participer aux luttes populaires qui se déroulent dans les villes et les campagnes. Nous exprimons notre soutien et notre solidarité avec les luttes et les revendications populaires des jeunes, des populations des quartiers populaires et de tou(te)s les travailleur(se)s qui vivent dans les villes.

Dans les zones rurales il y a une énorme dette sociale et les inégalités sociales augmentent. La terre est concentrée dans les mains des grands propriétaires et des entreprises étrangères. Nos ressources naturelles, stratégiques, telles que la terre, l’eau, les forêts, les minéraux, sont privatisées et sont passées sous le contrôle des grandes entreprises. Selon l’IBGE, près de 8.300 propriétaires possèdent à eux seuls 83 millions d’hectares alors que 4,3 millions d’agriculteurs familiaux ne possèdent que 70 millions d’hectares. Or ce sont ces agriculteurs familiaux qui produisent 70% de l’alimentation consommée par la population brésilienne.

Le poison utilisé par l’agro-industrie arrive à notre table et provoque de nombreux problèmes de santé. Les prix alimentaires sont gonflés par le business de la spéculation. L’agriculture brésilienne est dominée par les sociétés transnationales.

Neuf grandes entreprises privées dominent et agissent comme des cartels sur  la production alimentaire, les produits toxiques, l’industrie semencière, imposent partout l’utilisation des pesticides dans l’agriculture; ils déboisent de vastes étendues de forêts et de mangroves; envahissent et persécutent les peuples autochtones, les pêcheurs et les communautés afro-descendantes ainsi que les travailleurs ruraux ; imposent le travail esclave ; criminalisent et persécutent les organisations ; augmentent les prix des aliments pour les populations des villes. C’est le modèle d’agriculture baptisé agro-business qui ne paie pas d’impôt à l’exportation, reçoit de grandes quantités d’argent public et se voit privilégié dans les politiques de l’État et des gouvernements.
Nous voulons le changement !

La rue demande des changements pour améliorer la vie des travailleurs dans les zones rurales comme dans les zones urbaines. Dans l’agriculture, nous voulons des changements profonds. Il est temps que les gouvernements surmontent leurs positions conservatrices et progressent au rythme que les luttes populaires exigent.

La dirigeante Janaina Stronzake, lors d'une action militante du Mouvement des Sans Terre.

La dirigeante Janaina Stronzake, lors d’une action militante du Mouvement des Sans Terre.

Voici ce que nous demandons au gouvernement de Dilma Roussef :

1. Récupérer la souveraineté nationale sur les terres brésiliennes. Nous proposons que le gouvernement annule les achats déjà conclus et exproprie toutes les terres contrôlées par des sociétés étrangères.

2. Accélérer la réforme agraire pour installer et légaliser immédiatement des milliers de familles de producteurs qui vivent encore dans des campements au bord des routes.

3. Politique publique de soutien, d’encouragement et de crédit pour la production d’une alimentation bon marché,  saine, sans poisons, et renforcement de la paysannerie. Adoption de programmes structurels pour les jeunes et pour les femmes rurales.

4. Garantir les droits des populations rurales, avec la reconnaissance et la délimitation immédiate des terres indigènes, afro-descendantes et les droits des personnes affectées par les barrages, des territoires de la pêche et autres.

5. L’interdiction immédiate des pesticides déjà interdits dans d’autres pays, l’interdiction de la pulvérisation aérienne, et une politique visant à réduire l’utilisation des pesticides dans le domaine. Révision en profondeur de la politique de libération des OGM et contrôle social.

6. Que le gouvernement assume une politique de contrôle de la déforestation à travers le pays et soutienne la récupération des zones abîmées et le reboisement pour l’ agriculture paysanne et familiale.

7. L’annulation de la privatisation des ressources naturelles comme l’eau, l’énergie, les minéraux, les forêts, les rivières et les mers. Nous proposons de supprimer d’urgence au congrès national, le projet de code minier, et que le gouvernement / congrès ouvrent un vaste débat national avec les travailleurs brésiliens, afin de produire un nouveau code en fonction des intérêts du peuple brésilien.

8. Mise en œuvre immédiate de programmes visant à éradiquer l’analphabétisme et à garantir des écoles pour toutes les communautés rurales.

9. Suspension de toutes les concessions privatisant des terres irriguées dans le nord du Brésil pour leur attribution immédiate à l’Institut National de Colonisation et de Réforme Agraire qui doit les remettre aux unités agricoles familiales et paysannes ; Adoption de politiques structurelles de démocratisation de l’eau pour aider les familles à faire face à la sécheresse.

10. Suppression de la loi Kandir qui exonère de l’impôt les principaux exportateurs de matières premières agricoles, énergétiques et minérales.

Nous soutenons également toutes les revendications populaires et la réforme politique nécessaire de notre pays, avec la convocation immédiate d’un référendum.

Enfin, à travers cette lettre, nous vous demandons votre soutien, travailleurs,  hommes et femmes, habitant dans  les villes.

Continuons ensemble à nous mobiliser et à nous battre.

Comptez sur nous !

Brésil, le 4 Juillet 2013.

CONTAG, Confédération Nationale des Travailleurs de l’Agriculture

Fédération Nationale des Agriculteurs Familiaux – FETRAF.

Coordination des Peuples Indigènes du Brésil – APIB

Via Campesina – Brésil

Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre – MST.

Mouvement des Victimes des Barrages – MAB

Mouvement des Femmes Rurales – MMC

Mouvement des Pêcheurs et Pêcheuses du Brésil – MPP

Coordination Nationale des Communautés Afro-descendantes – CONAQ

Association des Salariés Ruraux de Minas Gerais – ADERE

Mouvement Populaire des Paysans – MCP

Mouvement national pour la souveraineté populaire sur l’exploitation minière – MAM

Conseil Indigéniste missionnaire, CIMI

Pastorale de la Jeunesse Rurale, PJR

Association Brésilienne de Réforme Agraire -ABRA

Association brésilienne des Étudiants Ingéniérie Forestière – ABEEF

Fédération brésilienne des étudiants en agronomie – FEAB

Rencontre nationale des étudiants de biologie – ENEBIO

Coordination Nationale de l’Agro-écologie -ANA

Coordination des entités de la région semi-aride (Nord-Est) – ASA

Plus d’informations auprès des journalistes:

Iris Pacheco – 61 83384640 iris@mst.org.br

Mayra Lima – 61-96846534 mayra.lima @ gmail.com

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Source : http://www.mst.org.br/Em-reuni%C3%A3o-com-Dilma-movimentos-do-campo-exigir%C3%A3o-garantia-de-direitos

Traduction : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Travailleurs Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/07/04/lettre-unitaire-et-reunion-des-organisations-rurales-avec-la-presidente-dilma-rousseff/



La Via Campesina lance un appel historique à la mobilisation populaire « Egidio Brunetto » (juin 2013)

b_350_0_16777215_00___images_stories_nosconferences_chavannescaled.jpgL’appel lancé par la Via Campesina depuis Djakarta en juin 2013 frappe par son haut niveau de combativité, appelant à « la mobilisation populaire, la confrontation avec les puissants, la résistance active » pour réaliser enfin la réforme agraire intégrale, la souveraineté alimentaire, l’agro-écologie et en finir avec les OGM et les stratégies capitalistes dans le monde entier, avec pour principaux outils de lutte « la formation, l’éducation et la communication« , et en misant sur la force des « mouvements de jeunesse » au sein de l’organisation.

img-Rdigio-BrunettoC’est en mémoire d’un militant du Mouvement des Sans Terre qu’est baptisé ce texte. Décédé le 28 novembre 2011 à la suite d’un accident de voiture alors qu’il se rendait dans l’unité productive agricole Itamaraty (état de Matogrosso do Sul), Egidio Brunetto (photo) fut un dirigeant de tous les fronts de bataille du Mouvement des sans terre et de la cause paysanne mondiale. Fils de paysans, il a travaillé dès son enfance et a milité d’abord dans la Pastoral de la Terra (État de Santa Catarina) avant d’adhérer au MST en 1980. Engagé dans la lutte internationale, notamment aux côtés de la réforme agraire menée par la révolution bolivarienne au Venezuela, Egidio fut aussi un des fondateurs de la Via Campesina.

Le texte de l’appel

(Djakarta, 12 Juin 2013) Nous, à La Vía Campesina, en appelons à toutes les organisations rurales et urbaines et aux mouvements sociaux à construire une nouvelle société fondée sur le souveraineté alimentaire et la justice. Nous sommes rassemblés ici, honorant la mémoire de nos ami(e)s et dirigeant(e)s et de celles et ceux dont le courage et l’engagement nous inspirent. La Via Campesina, mouvement paysan international rassemble plus de 200 millions de paysan(e)s, petits producteurs, paysan(e)s sans terre, femmes, jeunes, autochtones, les migrant(e)s et les travailleurs et travailleuses agricoles et alimentaires, de 183 organisations provenant de 88 pays. Nous sommes ici en Asie, terre de la majorité des paysan(e)s du monde pour célébrer nos deux premières décennies de luttes.

Depuis notre rencontre de Mons (Belgique) en 1993 et celle de Tlaxcala (Mexique) en 1996, où nous avons élaboré notre vision radicale sur la souveraineté alimentaire, nous avons réussi à replacer les paysannes et paysans au centre de la résistance au modèle du commerce néo-libéral ainsi que du processus de construction d’alternatives. Nous, peuples de la terre, sommes des acteurs essentiels dans la construction non seulement d’un modèle agricole différent, mais aussi d’un monde juste, diversifié et égalitaire. Nous sommes celles et ceux qui nourrissons l’humanité et prenons soin de la nature. Les générations futures dépendent de nous pour protéger notre terre.

Maintenant plus que jamais un autre monde est nécessaire. La destruction de notre terre, provoquée par la surexploitation et la dépossession des peuples et par l’appropriation des ressources naturelles a engendré la crise climatique actuelle, et de profondes inégalités mettant en danger l’humanité et la vie. La Via Campesina refuse catégoriquement cette destruction menée par les grandes entreprises.

Nous construisons de nouvelles relations entre les peuples et la nature, basées sur la solidarité, la coopération et la complémentarité. C’est une éthique de vie qui anime toutes nos luttes. La Via Campesina s’engage à donner une visibilité à toutes les luttes locales dans le monde entier, s’assurant qu’elles soient comprises dans une perspective internationale. Elle s’engage également à intégrer dans un mouvement global pour la souveraineté alimentaire, le changement social et l’autodétermination pour les peuples du monde.

Nous appelons nos organisations, nos alliés, amies, amis, et tous ceux et celles qui œuvrent à un avenir meilleur, à rejeter ‘l’économie verte’ et à construire la souveraineté alimentaire.

NOTRE MANIERE D’ALLER DE L’AVANT

La souveraineté alimentaire maintenant – transformer notre monde

La Souveraineté Alimentaire est l’élément central de la lutte pour la justice sociale, rassemblant de nombreux secteurs tant ruraux qu’urbains. La souveraineté alimentaire est le droit fondamental pour que tous les peuples, nations et États puissent contrôler leurs propres systèmes et politiques alimentaires et agricoles, garantissant à chacun une alimentation adaptée, abordable, nutritive et culturellement appropriée. Elle requiert le droit des peuples à définir et contrôler leurs modes de production, de transformation et distribution aux niveaux locaux et internationaux.

Depuis bientôt deux décennies notre vision de souveraineté alimentaire a inspiré une génération d’activistes engagé(e)s dans le changement social. Notre vision du monde passe par une révolution agricole ainsi qu’une transformation socio-économique et politique.

La souveraineté alimentaire articule l’importance cruciale de la production locale et soutenable, le respect des droits humains pour tous, des prix équitables pour les aliments et les produits agricoles, des échanges équitables entre pays, et la sauvegarde des communs contre la privatisation.

Aujourd’hui, nous sommes confronté(e)s à une crise majeure de notre histoire, qui est systémique. Les systèmes alimentaires, d’emplois, énergétiques, économiques, climatiques, écologiques, éthiques, sociaux, politiques et institutionnels s’effondrent dans de nombreuses parties du monde. La crise énergétique amplifiée par la raréfaction des énergies fossiles est traitée avec de fausses solutions allant des agrocarburants à l’énergie nucléaire; cette dernière constituant l’une des plus grandes menaces de la vie sur terre.

Nous rejetons le capitalisme caractérisé par des mouvements destructeurs de capitaux financiers et spéculatifs dans l’agriculture industrielle, la terre et la nature. Il génère de vastes accaparements de terres et des expulsions brutales de paysannes et paysans de leurs territoires, détruit communautés, cultures et écosystèmes. Il crée un grand nombre de migrant(e)s et de sans emplois, augmentant les inégalités existantes.

Les transnationales, en connivence avec les gouvernements et les institutions internationales, imposent – sous prétexte du concept d’économie verte – des monocultures d’OGM, des projets miniers, des barrages et des exploitations de gaz de schiste par fracturation à grande échelle, de grandes plantations forestières et d’agrocarburants, ainsi que la privatisation de nos mers, fleuves et lacs et de nos forêts. La Souveraineté Alimentaire remet le contrôle des communs dans les mains des populations.

L’Agro-écologie est notre option aujourd’hui et pour l’avenir

L’agriculture paysanne, la pêche artisanale et le pastoralisme produisent la plus grande partie de l’alimentation. L’agro-écologie paysanne est un système social et écologique qui comprend une grande variété de savoirs et de pratiques ancrées dans chaque culture et zone géographique. Elle élimine la dépendance aux agrotoxiques et la production animale industrielle hors sol, utilise des énergies alternatives et garantit une alimentation saine et abondante. Elle renforce la dignité, honore les savoirs paysans traditionnels et innovants. Elle restaure la fertilité et l’intégrité de la terre. La production alimentaire du futur doit être basée sur un nombre croissant de personnes produisant de manière plus résiliente et diversifiée.

L’agro-écologie vise à défendre la biodiversité, refroidit la planète et protège nos sols. Notre modèle agricole peut, non seulement nourrir l’ensemble de l’humanité mais c’est aussi le seul moyen d’arrêter l’avancée de la crise climatique grâce à une production locale en harmonie avec les forêts, les cours d’eau ; l’amélioration de la biodiversité et en replaçant les matières organiques dans les cycles naturels.

Justice sociale et climatique, et solidarité

En nous basant sur notre diversité géographique et culturelle, notre mouvement pour la souveraineté alimentaire s’est renforcé en intégrant la justice sociale et l’égalité. En pratiquant la solidarité plutôtque la compétition, en rejetant le patriarcat, le racisme, le colonialisme et l’impérialisme, nous nous battons pour des sociétés participatives et démocratiques, sans exploitations d’enfants, de femmes, d’hommes ni de la nature.

Nous exigeons la justice climatique et sociale. Ceux qui souffrent le plus du chaos climatique et environnemental ne sont pas ceux qui en sont responsables. Ceux qui poussent aux fausses solutions de l’économie verte empirent la situation. C’est pourquoi la dette climatique et écologique doit être réparée. Nous exigeons l’arrêt immédiat des mécanismes de marché de carbone, géo-ingénierie, REDD, agrocarburants.

Nous maintiendrons de manière permanente notre combat contre les entreprises transnationales en manifestant notre opposition par un boycott de leurs produits et en refusant toute coopération avec leur pratiques d’exploitations. Les accords de libre échange et d’investissements ont crée les conditions de vulnérabilité extrême et des injustices pour des millions d’entre nous. Leur mise en œuvre engendre violence, militarisation et criminalisation de la résistance. Un autre résultat tragique est le déplacement massif des populations qui migrent pour ne trouver que des emplois faiblement rémunérés, précaires et dangereux où sévissent des violations de droits humains et la discrimination.

La Via Campesina a réussi à mettre les droits des paysan(ne)s à l’ordre du jour du Conseil des Droits Humains des Nations Unies, nous demandons donc à tous les gouvernements nationaux d’appliquer ces droits. Notre combat pour les droits humains est au cœur de la solidarité et inclut les droits et la protection sociale des travailleurs/ses migrants et des travailleurs/ses du secteur alimentaire.

Un monde sans violence et sans discrimination contre les femmes

Notre lutte vise à construire une société basée sur la justice, l’égalité et la paix. Nous demandons le respect de tous les droits des femmes. En rejetant le capitalisme, le patriarcat, la xénophobie, l’homophobie et les discriminations basées sur le genre, les races ou l’ethnicité, nous réaffirmons notre engagement pour la totale égalité des femmes et des hommes. Ceci implique la fin de toutes les formes de violences domestiques, sociales et institutionnelles contre les femmes en zones rurales et urbaines. Notre campagne contre les violences faites aux femmes est au cœur de nos luttes.

Paix et démilitarisation

Les guerres et conflits d’appropriations, prolifération de bases militaires, criminalisation des résistances augmentent. Ces violences sont intrinsèques au système capitaliste mortifère basé sur la domination, l’exploitation et le pillage. Nos engagements sont ceux du respect, de la dignité, de la Paix.

Nous pleurons et honorons les centaines de paysannes et paysans qui ont été menacés, persécutés, incarcérés ou même assassinés dans leurs luttes. Nous exigeons que tous ceux qui violent les droits humains et les droits de la Nature et qui perpétuent ces crimes soient poursuivis et punis. Nous exigeons la libéralisation immédiate des prisonniers politiques.

La terre et les territoires

Nous défendons une Réforme Agraire intégrale. Elle sécurise l’ensemble des droits fonciers, reconnaît les droits des peuples autochtones à leurs territoires , garantit l’accès et le contrôle des zones de pêche et écosystèmes aux communautés de pêcheurs, reconnaît les routes pastorales. Seules ces réformes garantissent un avenir pour les jeunes des campagnes.

La réforme agraire intégrale se caractérise par une distribution massive de terre, de ressources productives, assurant des conditions de vie satisfaisantes et garantissant un accès permanent aux jeunes, femmes, aux sans-emplois, aux sans-terres, aux personnes déplacées et à tous ceux et celles qui veulent s’engager dans la production alimentaire agro-écologique à petite échelle. La terre n’est pas une marchandise. Les lois et régulations existantes doivent être renforcées et de nouvelles lois sont nécessaires pour la protéger des spéculations et des accaparements.

Les semences, les communs et l’eau

Les semences sont au cœur de la souveraineté alimentaire. Des centaines d’organisations à travers le monde se joignent à nous pour mettre en œuvre le principe des «Semences comme Patrimoine des Peuples au Service de l’Humanité ». Notre défi est maintenant de continuer à garder nos semences de vie dans les mains de nos communautés, en multipliant les semences dans nos fermes et nos territoires. Nous continuons à lutter contre l’appropriation abusive des semences due à diverses formes de propriété intellectuelle et contre la contamination des stocks par la technologie OGM. Nous nous opposons à la distribution de paquets technologiques combinant semences OGM avec l’utilisation massive de pesticides.

Nous allons continuer à partager les semences sachant que notre connaissance, notre science, nos pratiques de gardiens de la diversité des semences sont cruciales pour l’adaptation au changement climatique.

Les cycles de la vie coulent au travers de l’eau. L’eau est un élément essentiel des écosystèmes et de toute vie. L’eau est un commun et donc elle doit être préservée.

MISER SUR NOS FORCES

Notre force est la création et le maintien de l’unité dans la diversité.
Nous présentons notre vision inclusive, large, pratique, radicale et pleine d’espoir comme une invitation à se joindre à nous dans la transformation de nos sociétés et la protection de la Terre Mère.

  • La mobilisation populaire, la confrontation avec les puissants, la résistance active, l’internationalisme et l’engagement local sont des éléments nécessaires pour effectuer le changement social.

  • Dans notre lutte courageuse pour la souveraineté alimentaire nous continuons à bâtir des alliances stratégiques essentielles avec les mouvements sociaux, y compris avec les travailleurs/ses, les organisations urbaines, les immigrant(e)s, les groupes résistants aux méga-barrages et à l’industrie minière.

  • Nos principaux outils sont la formation, l’éducation et la communication. Nous encourageons l’échange des savoirs accumulés concernant les méthodes et contenus de formation culturelle, politique, idéologique et technique. Nous multiplions nos écoles et nos expériences d’enseignement et nos instruments de communication avec notre base.

  • Nous sommes déterminé(e)s à créer des espaces qui vont favoriser l’ émancipation des jeunes en milieu rural. Notre plus grand espoir pour l’avenir, c’est la passion, l’énergie et l’engagement pris par la jeunesse dans notre mouvement.

Nous allons de l’avant à partir de cette VIème Conférence Internationale de La Via Campesina, accueillant de nouvelles organisations, confiant(e)s en nos forces et rempli(e)s d’espoir pour l’avenir.

Pour la terre et la souveraineté de nos peuples! Dans la solidarité et dans la lutte !

« En hommage à Egidio Brunetto, continuons la lutte !« 

En hommage à Egidio Brunetto, continuons la lutte !

A Jakarta, le 11 juin 2013, s’est ouverte la VI conférence internationale de La Via Campesina.

Plus d’info sur la VI conférence en images et sons : http://tv.viacampesina.org/?lang=fr

Plus d’info sur la Via Campesina : http://viacampesina.org/en/

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/07/04/la-via-campesina-lance-un-appel-historique-a-la-mobilisation-populaire-egidio-brunetto-depuis-djakarta/



Les centrales syndicales et le Mouvement des Sans Terre fixent au 11 juillet une grève générale pour les droits des travailleurs, la démocratisation des médias et la réforme agraire au Brésil

Protestation populaire face au siège du grand groupe privé Globo qui détient le quasi monopole de l'information, pour exiger la démocratisation du champ médiatique au Brésil. Source : Brasil de Fato

Protestation populaire face au siège du grand groupe privé Globo qui détient le quasi monopole de l’information au Brésil, pour exiger la démocratisation du champ médiatique (1). Source : Brasil de Fato

"Ses idées étaient les mêmes que les nôtres ! Nous voulons que cette Dilma nous revienne !"

« Ses idées étaient les mêmes que les nôtres ! Nous voulons que cette Dilma nous revienne ! » Photo de Joao Godinho/ Jornal O TEMPO

 

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26/06/2013, de la rédaction de Brasil de Fato

Lors d’une réunion réalisée le 25 juin les grandes centrales syndicales du Brésil et le Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST) ont fixé au 11 juillet prochain la Journée Nationale des Luttes sur le thème « Pour les libertés démocratiques et les droits des travailleurs« . Les paralysations, grèves et manifestations auront pour objectif de déverrouiller l’ordre du jour de la classe des travailleurs au Congrès National et dans les cabinets ministériels, en plus de construire et d’impulser l’agenda qui s’est exprimé dans les rues de tout le pays ces jours derniers.

Participeront à la mobilisation nationale la Centrale Unique des Travailleurs (CUT), la Centrale des Travailleurs et Travailleuses du Brésil (CTB), la Force Syndicale, l’Union Générale des Travailleurs (UGT), la Centrale Syndicale et Populaire (CSP) Conlutas, la Centrale Générale des Travailleurs du Brésil (CGTB), la Centrale des Syndicats du Brésil (CSB) et la Nouvelle Centrale Syndicale des Travailleurs (NCST), en plus du Mouvement des Sans Terre (MST).

La réunion a permis d’établir une plate-forme unitaire de lutte :

1) Education : pour l’investissement de 10% du PIB, l’amélioration de la qualité, les maternelles dans les grandes villes, etc.;

2) Santé : garantie des investissements en conformité avec la Constitution, amélioration du Système Unique de Santé (SUS), appel à la participation de médecins cubains, etc.;

3) Réduction de la durée de la journée de travail à 40 heures : approbation du projet qui se trouve au Parlement.

4) Transport public de qualité : proposition de tarif zéro dans toutes les grandes villes ;

5) Contra la PEC 4330 – projet gouvernemental qui institutionnalise la sous-traitance sans aucun droit, comme le Fonds de Garantie pour le Temps de Service (FGTS) et les congés;

6) Contre la vente de concessions pétrolières au privé ;

7) Pour la Réforme Agraire : solution des problèmes des paysans sans terre vivant dans les campements, expropriations des grandes propriétés, ressources pour la production d’aliments sains, légalisation des zones appartenant aux communautés afro-descendantes (quilombolas) entre autres revendications;

8) Pour la fin du système actuel qui affecte les droits des travailleurs à la retraite.

En outre les mouvements sociaux défendront dans cette mobilisation les revendications suivantes : réforme politique et plébiscite populaire ; réforme urbaine pour affronter la crise des grandes villes et la spéculation immobilière ; démocratisation des médias, avec la présentation au Congrès National du Projet de Loi d’Initiative Populaire construit avec le Forum National de Démocratisation de la Communication  (FNDC) en phase de collecte des signature dans tout le Brésil.

La mobilisation nationale dénoncera également le génocide de la jeunesse afro-descendante et des populations indigènes ; la répression et la criminalisation des luttes et des mouvements sociaux ; et l’impunité des bourreaux de la dictature civile-militaire. Les centrales syndicales et les mouvements démocratiques rejetteront avec force l’approbation de la loi sur l’avortement  et la réduction de la majorité pénale.

Ces revendications ont été présentées le 26 juin à la Présidente Dilma Roussef lors d’une réunion au palais présidentiel de Planalto, à Brasília.

Photo: Antonio Cruz/ABr

 

Note :
(1) Sur la démocratisation des médias, voir https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/05/12/le-mouvement-des-sans-terre-entre-dans-la-campagne-pour-la-democratisation-des-medias-au-bresil/

manifestação_paulista_Marcelo-Camargo_ABrSource : Brasil de Fato, http://www.brasildefato.com.br/node/13356

Traduction : Thierry Deronne

Pour soutenir concrètement le Mouvement des Sans Terre, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br

URL de cet article : https://mouvementsansterre.wordpress.com/2013/06/26/les-centrales-syndicales-et-le-mouvement-des-sans-terre-fixent-au-11-juillet-une-greve-generale-pour-les-droits-des-travailleurs-les-libertes-democratiques-et-la-reforme-agraire-au-bresil/

 




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