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Appel urgent à la solidarité internationale: contre la fermeture du Centre de Formation Paulo Freire

Le 5 septembre dernier, nous avons été surpris d’apprendre la décision judiciaire d’expulsion du Centre de Formation Paulo Freire, dans l’unité productive paysanne Normandia à Caruaru, État du Pernambuco.

Le centre possède une structure juridique appelée Association du Centre de Formation Paulo Freire, qui vise à administrer et à coordonner le centre de formation. En 1999, un auditorium a été construit et quelques logements. Aujourd’hui, le siège social a une capacité d’environ 240 personnes, tandis que l’auditorium compte en moyenne 800 personnes. En outre, l’espace comprend une cuisine, une cafétéria, un télécentre, une maison des jeunes, une académie des villes, créée en partenariat avec le gouvernement de l’État, une académie rurale, un terrain de sport et, récemment, une crèche pour enfants en partenariat avec la FUP (Fédération syndicale Unifiée des Pétroliers).

Le centre de formation n’est plus un espace d’état et est devenu un espace de formation du nord-est. Nous avons aujourd’hui des partenariats dans le domaine de l’éducation avec la ville de Caruaru pour l’organisation de deux classes d’école primaire. Nous avons également noué des partenariats avec le gouvernement de l’état pour organiser le cours «Pied enraciné».

«Pied enraciné» est le thème principal proposé par le centre de formation. Il se déroule en trois étapes, basées sur les expériences et les pratiques en agroécologie. Ce cours est conçu pour toutes les personnes vivant dans les campements et parcelles productives des paysans Sans terre de l’état de Pernambouc.

Le centre de formation Paulo Freire dessert non seulement Pernambouc, mais l’ensemble du nord-est du Brésil, proposant des cours en agroécologie et, conjointement avec différentes universités, des formations en géographie, formation vétérinaire, éducation, sécurité sanitaire et environnementale, éducation à la santé et de nombreux autres cours. Le centre est devenu, sans aucun doute, un espace précieux pour toute la région et sa fermeture serait un gâchis terrible pour tous ceux qui attachent de l’importance à l’éducation et au développement de la population sur le terrain.

Plusieurs délégations internationales de différents pays ont visité le Centre et participé à des cours de formation dispensés par le Centre.

Nous estimons que l’action proposée à l’égard du centre de formation Paulo Freire est une injustice et un affront pour tous ceux qui ont œuvré en faveur d’une vie meilleure pour les habitants du Nord-Est. Il n’y a aucune base juridique réelle qui permette cette expulsion.

Par conséquent, nous demandons respectivement que l’ordre d’expulsion soit immédiatement annulé.

La date limite pour la mise en oeuvre de cette décision judiciaire est le 19 septembre. C’est pourquoi le MST lance un appel à tous et toutes pour que vous envoyiez votre protestation, pour exiger que l’ordre d’expulsion soit stoppé immédiatement.

Les lettres doivent être envoyées avant le 19 septembre aux adresses suivantes:

au bureau régional de l’Incra (Institut national de la réforme agraire) à Recife:

marcos.campos@rce.incra.gov.br
evaluoria@rce.incra.gov.br
tyronilson.santos@rce.incra.gov.br
isaias.leite@rce.incra.gov.br
charles.emery@rce.incra.gov.br

au Gouvernement de l’État de Pernambuco – Oficina del Gobernador Paulo Câmara:
governo@governadoria.pe.gov.br

Juge Tiago Antunes de Aguiar del 24 ° Tribunal Federal de Caruaru
comunica@jfpe.jus.br

avec une copie: srimst@mst.org.br

Traduction: T.D.
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Les Sans Terre présents à l’Assemblée Internationale des Peuples à Caracas

Joao Pedro Stedile, coordinateur national du MST (deuxième à partir de la gauche) lors de l’Assemblée Internationale des Peuples (24-27 février 2019, Caracas)

Du 24 au 27 février 2019 une Assemblée Internationale des Peuples de 90 pays s’est réunie à Caracas. Parmi près de 500 délégués,ceux du Mouvement des Sans Terre du Brésil. Dans l’interview qui suit, leur coordinateur national Joao Pedro Stedile explique pourquoi il faut continuer à muscler la solidarité internationale en défense de la révolution bolivarienne. Les photos décrivent sa visite, au sein d’une délégation de ces mouvements sociaux du monde entier, à la Commune de los Altos de Lidice (Ouest de Caracas) sur laquelle Terra TV sortira un documentaire en avril 2019.

« Le Venezuela est très important parce que c’est la bataille du siècle »

Carlos Aznarez – Pourquoi une Assemblée internationale des peuples maintenant?

Joao Pedro Stedile – L’effort que nous faisons avec cette articulation, sans nous substituer à d’autres comme celle des partis et des syndicats, est d’essayer de rassembler toutes les forces populaires pour que nous puissions promouvoir des luttes communes contre les ennemis communs que sont les impérialistes. C’est la raison principale pour laquelle il faut chercher de nouvelles formes d’articulation internationale qui promeuvent les luttes et qui essaient de donner une unité aux divers espaces et formes d’organisation dans nos pays. Dans cette première Assemblée, à cause du degré de conflit au Venezuela, qui est maintenant l’épicentre de la lutte des classes mondiales, du moins en Occident, où l’impérialisme veut faire basculer le Venezuela, notre numéro un, la priorité zéro pour nous tous est de partir d’ici avec un agenda de mobilisations, de dénonciations, pour que nos mouvements puissent se développer dans chacun des pays où nous sommes.

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Je me fais l’avocat du diable : chaque fois que ce type de réunion se tient, il est proposé à chacun de retourner dans leurs pays et de coordonner les actions, puis, pour une raison ou l’autre, même internes de chaque pays, ces choses ne sont pas menées à bien ou les documents et résolutions sont restés au placard.

Telle est notre réflexion autocritique : nous devons sortir du monde du papier et essayer de promouvoir davantage des actions. Je crois que nous devrions promouvoir des luttes et des actions concrètes parce que les forces populaires qui sont ici sont déjà habituées aux processus d’articulation populaire dans leurs pays, elles sont mieux préparées, elles ont plus de vocation, pour construire des processus unitaires et de lutte sociale. En d’autres termes, ce n’est pas une réunion bureaucratique qui vient avec le logo ou le parti, voilà des gens qui sont impliqués dans leur pays dans de véritables processus de lutte. Nous sommes donc persuadés qu’à leur retour dans leur pays, ils inscriront la question du Venezuela, la question de l’internationalisme, à leur ordre du jour permanent dans les luttes nationales qu’ils mènent déjà.

Le Venezuela est aujourd’hui un tournant dans la lutte anti-impérialiste, comment pensez-vous qu’il soit plus valable ou plus efficace de faire preuve de solidarité avec le Venezuela sur le continent ?

Il est vrai qu’il y a une grande confusion et c’est pourquoi le Venezuela est un point clé, car même certains secteurs de gauche d’Amérique latine et d’Europe se laissent influencer par ce que dit la presse bourgeoise. Nous avions invité plusieurs forces européennes qui refusaient de venir parce que le Venezuela n’est pas la démocratie. Regardez, un pays qui a tenu 25 élections en 20 ans, où la presse privée est majoritaire, où l’opposition manifeste tous les jours comme elle le veut, comment peut-on dire qu’il n’y a pas de démocratie dans ce pays ? Ainsi, ces idées de la bourgeoisie ont aussi affecté des secteurs de la gauche, des plus institutionnels, qui plus tard n’évoluent que par logique électorale, que s’ils sont dans une année électorale, ils croient qu’il est commode pour nous d’être proches des Vénézuéliens car ils sont très radicaux. Comme par le passé, ils se sont isolés de Cuba, mais il y a Cuba, après 60 ans de résistance et maintenant avec son peuple heureux et instruit.

Le Venezuela est donc très important parce que c’est la bataille du siècle. Si l’empire réussit à renverser le Venezuela, cela signifie qu’il aura plus de forces pour renverser Cuba, le Nicaragua, tous les processus qui se proposent pour le changement, même cette gauche institutionnelle qui ne pense qu’aux élections avec une défaite du Venezuela aura plus de difficultés pour gagner les élections. Donc, même pour la lutte institutionnelle ou publique, il est très important de défendre le Venezuela et de le transformer en tranchée de résistance et de creuser ici la tombe, au moins, du gouvernement Trump.

53117901_1809038209202923_2213661607903363072_o.jpgDans vos discours et déclarations, vous avez tendance à critiquer les erreurs des gouvernements néo-développementaux, mais il y a une tendance qui veut que pour sortir de cette offensive impérialiste, il faut recourir une fois de plus à la social-démocratie : comment voyez-vous cela, est-ce valable ou faut-il se définir plus clairement en proposant le chemin du socialisme ?

L’évaluation que nous faisons, c’est qu’il y a une crise profonde du mode de production capitaliste et que l’issue qu’ils trouvent pour résoudre leurs entreprises, leur accumulation, est de s’emparer d’une forme encore plus offensive de ressources naturelles, que ce soit le pétrole, les minerais, l’eau, la biodiversité, et d’augmenter le taux d’exploitation de la classe ouvrière en retirant les droits historiques conquis durant la décennie après la Deuxième guerre mondiale. Sur le plan idéologique, ce que le capital promeut, c’est le retour de l’extrême droite, comme lors de la crise des années 1930, il a fait appel aux idées fascistes et nazies.

L’avantage que nous avons en ce moment, c’est que ce projet ne peut pas être répété comme une proposition de la droite parce qu’ils n’ont pas de mouvement de masse dans la classe ouvrière comme l’ont eu le fascisme et le nazisme, et cela nous donne un peu de sécurité. Mais, d’un autre côté, comme ils n’ont pas de masses, ils nous font la lutte idéologique et utilisent toutes les armes qu’ils ont, la télévision, Internet, les réseaux, les fausses nouvelles, dans le but de nous vaincre sur le plan de l’idéologie.

52951207_1809037585869652_2169241136277749760_o.jpgSur ce plan, le capital a déjà vaincu la social-démocratie. En Amérique latine, l’Europe et la social-démocratie dans le monde entier étaient une manière d’humaniser le capital, mais le capital ne veut plus être humain. Le capital, pour se rétablir, doit être le diable, pour aller jusqu’aux dernières conséquences, que ce soit en termes de manipulation de l’État ou de super-exploitation de la nature et du travail humain.

Alors, ce serait une erreur de la gauche que de penser que pour gagner à nouveau les élections, il faut être encore plus sociaux-démocrates. Maintenant, nous devons essayer de retourner au travail de base, à la lutte idéologique, à la récupération de notre base sociale qui est la classe ouvrière déplacée, précaire, qui fait face à de nombreux problèmes. Mais nous devons le réorganiser sous d’autres formes qui ne sont pas seulement syndicales et partisanes comme nous en avions l’habitude, mais avec de nouvelles formes, de nouveaux mouvements, pour avoir une base sociale qui met sur la table de nouvelles formes y compris la démocratie participative, car il ne suffit pas de gagner des élections, comme cela a été prouvé en Uruguay, Brésil et Argentine. Bien sûr, il est important de gagner les élections, mais nous avons la force accumulée pour réaliser des changements structurels dans l’économie et dans le régime politique.

Il y a un phénomène en Europe qui attire l’attention et c’est les gilets jaunes. Curieusement, cette vague vient d’Europe et non d’Amérique latine comme on aurait pu l’imaginer, avec une approche antisystème. Croyez-vous que ce phénomène pourrait prendre sa place dans ces nouvelles formes de lutte que nous devons donner à l’empire ?

Sans aucun doute. Nous sommes très intéressés par le processus d’articulation, nous allons essayer d’envoyer nos gens pour rester un peu et apprendre avec eux les formes qu’ils ont adoptées. Cela a attiré notre attention parce qu’ils font partie de la classe ouvrière, ce n’est pas un mouvement de la petite bourgeoisie ou d’étudiants désabusés comme cela se faisait autrefois en Europe avec ces occupations sur les places publiques, qui était un peu à gauche, plus maintenant. Nous percevons qu’il y a des initiatives depuis la classe ouvrière précaire qui était en dehors des syndicats, des partis, mais qui ont réagi à cette contradiction quand ils ont vu que le capitalisme ne résout plus précisément leurs problèmes quotidiens et ils ont adopté cette forme qui nous semblait très intéressante.

Cependant, ce n’est pas une forme que nous devrions appliquer dans chaque pays, mais leur importance est qu’ils ont été créatifs et ont découvert une forme qui sert la réalité française. C’est ce que nous devons rechercher au Brésil, en Argentine et dans chacun des pays. En d’autres termes, promouvoir un débat dans les forces populaires pour rechercher de nouvelles formes de lutte qui ralentiront le capital et leur feront du mal, parce que ce n’est pas seulement avec des manifestations, des slogans et des mots d’ordre, des rassemblements, on de freinera pas le capital. Là-bas, les gilets jaunes de France ont causé des dégâts parce qu’ils ont coupé les routes et tout le monde sait que les capitaux ne circulent plus dans les camions qui transportent les marchandises. Je félicite les camarades et j’espère que la gauche française apprendra d’eux et s’impliquera afin de tirer des leçons du point de vue méthodologique sur la manière dont nous devons travailler avec les masses désorganisées.

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53211100_1809038265869584_61881407764430848_o.jpgComment le MST propose-t-il la lutte en ce moment au Brésil où le temps passe, Lula est toujours en prison, il y a des contradictions dans le gouvernement, mais ils continuent à avancer sur les droits des travailleurs et les acquis ?

Le MST se trouve aujourd’hui dans une situation très complexe parce que nous devons redoubler d’efforts et de travail, parce que notre mouvement a une base paysanne, il a développé son expérience de lutte de classe dans les campagnes contre les grand propriétaires terriens et l’agrobusiness, qui sont les grandes multinationales. C’est là que nous nous sommes formés, que nous avons politisé et que nous avons compris que la Réforme Agraire n’est pas seulement une terre pour ceux qui la travaillent comme les idées zapatistes l’ont défendues au 20ème siècle, mais maintenant la Réforme Agraire est une lutte contre le capital international, contre sa technologie des transgènes et agrotoxiques. C’est cette lutte qui nous a politisés pour extrapoler ce que sont les mouvements paysans classiques.

Face à l’échec de la prison pour Lula et à la victoire de Bolsonaro, de nouveaux défis nous sont imposés qui extrapolent la lutte pour la réforme agraire. En même temps, pour appliquer la Réforme agraire, nous devons gagner dans la lutte politique. Ensuite, le MST doit faire preuve de plus de prudence dans la réforme agraire, car la droite est prête à ce que nous tombions dans un piège et que nous soyons battus. Maintenant, dans les campagnes, nous devons agir avec beaucoup plus de sagesse et beaucoup plus de gens pour nous protéger de la répression à venir. Pour l’instant, les milices du capital a été très ponctuelle, nous n’avons pas encore fait face à la répression de l’État, du gouvernement de Bolsonaro, mais nous ne doutons pas que c’est ce qu’ils veulent.

Sur le plan politique, ce que nous devons faire, et nous préparons nos militants, c’est essayer d’aller en ville avec notre militantisme, notre expérience, et d’y développer un mouvement qui agit précisément à la périphérie avec toutes les forces, et pour cela nous avons créé au Brésil un large front unitaire des mouvements populaires appelé le Front Populaire Brésil. Nous sommes en train de développer notre manière de faire du travail de base, que nous appelons Congrès du Peuple, c’est un nom pompeux, mais il essaie de défier, de faire du porte-à-porte pour parler aux gens, pour poser des questions sur leurs problèmes et pour les motiver à aller à une assemblée populaire dans leur quartier, leur paroisse, leur lieu de travail. Après les assemblées où les gens disent leurs problèmes, essayez de tenir des assemblées municipales, puis des assemblées provinciales, pour arriver un jour, l’année prochaine ou à la fin de l’année, à un Congrès national du peuple comme moyen de stimuler les gens à participer à la politique, à récupérer de nouveaux moyens de communication, à distribuer notre journal, à en discuter avec le peuple, à utiliser les réseaux Internet, à tenir des événements culturels, à atteindre le peuple par la musique, le théâtre et pas seulement par le discours politique que personne n’entend. Nous devons utiliser d’autres pédagogies de masse pour que les masses comprennent ce qui se passe au Brésil, la créativité dont je parlais.

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53220902_1809038945869516_2147537150407606272_o.jpgLula et sa libération restent-ils à l’ordre du jour du MST ?

C’est la deuxième grande question en politique : la liberté de Lula est au centre de la lutte des classes au Brésil. Il n’y a pas de successeur à Lula parce que celui qui choisit le leadership populaire ce n’est pas un parti, c’est le peuple, c’est pourquoi on l’appelle le leadership populaire parce que le peuple choisit ses dirigeants et Lula est le dirigeant populaire du Brésil.

C’est une tâche fondamentale pour la lutte des classes que nous réussissions à libérer Lula pour qu’il redevienne le principal porte-parole, celui qui a la capacité d’aider à mobiliser les masses contre le système et le projet de l’extrême droite. C’est pourquoi l’extrême droite est horrifiée et l’empêche même de parler, de donner des interviews, ce qui va à l’encontre de la Constitution. N’importe quel narcotrafiquant au Brésil parle à la télévision nationale, mais Lula ne peut même pas donner une interview à un journal écrit.

Nous sommes donc dans cette lutte pour la liberté de Lula qui dépendra de deux facteurs importants : la solidarité internationale. Je profite donc de cette occasion pour demander à tout le monde de nous aider, maintenant qu’il y a une campagne massive de soutien avec la nomination de Lula au prix Nobel de la paix.

Le deuxième facteur est la mobilisation nationale : au Brésil nous encourageons à converger la campagne pour Lula avec la lutte concrète, pour que les gens commencent à réaliser qu’ils devront se mobiliser contre les mesures du gouvernement néolibéral, pour la défense des droits historiques de la classe ouvrière qu’ils cherchent à éliminer.

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Par Carlos Aznárez, Resumen Latinoamericano / traduit par Venesol

Photos: CRBZAlba Ciudad.



Nous appelons à la solidarité avec les paysans Sans terre du Brésil: une mafia locale du régime Bolsonaro menace d’expulser 450 familles qui vivent depuis 20 ans dans une région du Minas Gerais.

Nous, les familles du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans terre du Sud de Minais Gerais, du Quilombo Campo Grande, dénonçons l’agression fasciste perpétrée contre nos vingt années de lutte.

Après de nombreuses années, les familles disposent déjà d’infrastructures d’énergie électrique, de maisons construite par nos maçons, et produisent une grande diversité de produits agro-écologiques, tels que le café, de nombreuses variétés de maïs, haricots, légumes, fruits, bétail à graines biologiques, poulets, cochons, etc… Ces familles génèrent, avec leur travail, la souveraineté alimentaire, non seulement pour ceux qui produisent et vivent sur la terre, mais pour des milliers de personnes qui ont accès à une alimentation saine, sans poison et de qualité.

Les camps génèrent également une distribution des revenus. La terre, qui étaient aux mains d’un seul propriétaire, apporte désormais une vie digne à près de 450 familles de plus de 2 000 personnes qui rêvaient déjà de posséder la terre avec un décret de l’État.

Or, aujourd’hui, à travers un pacte juridique entre les grands propriétaires, députés du groupe des ruralistes et entreprises agroalimentaires de la région, s’organise un processus d’expulsion pour les familles qui vivent, luttent et résistent depuis 20 années.

Refusons cette expulsion !

Il y a deux mois, les familles étaient presque définitivement installées, elles peuvent à présent perdre tout ce qu’elles ont construit au fil des ans.

C’est l’un des plus anciens conflits agraires du pays.

Nous demandons à toutes les organisations, sympathisants, d’envoyer l’e-mail ci-dessous aux adresses suivantes:

bhe.vagraria@tjmg.jus.br  (personnel agraire)

contato@crdhsulmg.com.br  (entité qui suit l’affaire)

 

A l’attention du Docteur Walter Ziwicker Esbaille Junior,

Je vous écris à propos de l’action de reprise de possession n ° 0024.11.188.917-6 déposée le 17/06/2011, pour vous demander d’agir pour empêcher cette dépossession et cette expulsion, par conformité aux articles 22 à 20 de la DUDH garante des droits sociaux, du droit de travailler, le choix du travail. Les 450 familles, soit plus de 2000 personnes, occupent ces terres depuis plus de 20 ans, ont établi leurs maisons, leur production et la reproduction de la vie dans ce lieu.

Nous faisons appel à vous pour résoudre ce conflit et garantir le droit des familles à rester sur ces lieux

Nom / Organisation, Etat, pays, date

Nous sommes la résistance!

La lutte pour Adrianopolis est la lutte pour la démocratie !

 

Traduction : T.Deronne

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Alexandre Conceição, dirigeant du Mouvement des Travailleurs Sans Terre : « Nous n’avons pas peur de faire face à un gouvernement fasciste »

A moins d’une semaine d’une journée électorale mémorable pour l’Amérique latine, les mouvements sociaux brésiliens redoublent d’efforts pour empêcher qu’un projet ouvertement fasciste ne s’impose dans les urnes. Dans cette interview, Alexandre Conceição (photo), dirigeant national du Mouvement des Travailleurs Sans Terre, analyse les raisons du « phénomène Bolsonaro » et explique comment la plus grande organisation populaire du continent est prête à faire face à un éventuel gouvernement d’extrême droite: « Nous avons résisté aux coups, aux gouvernements dictatoriaux, gouvernements néolibéraux et nous résisterons sûrement à un gouvernement fasciste s’il accède au pouvoir. « 

Texte: Noda (par Lucio Garriga et Gerardo Szalkowicz)

– Comment se passe la campagne?

– Nous sommes dans une campagne très forte où les ennemis de la classe ouvrière et d’un continent libre d’Amérique latine sont ensemble dans la candidature fasciste de Bolsonaro. Le pouvoir économique, le pouvoir judiciaire et le pouvoir des médias le soutiennent ouvertement. Et maintenant, nous vivons également une cyberguerre via les réseaux sociaux, en particulier dans WhatsApp, une très forte campagne de mensonges contre nos candidats. Si nous pouvions nous débarrasser des réseaux sociaux pendant deux jours, Bolsonaro coulerait complètement, car il ne donne pas d’interviews et ne participe pas aux débats politiques, c’est sa stratégie.

Cette campagne instaure la haine et la violence en promettant que le gouvernement résoudra les problèmes de corruption. C’est la dimension de la candidature à laquelle nous devons faire face. Haddad après moins de 40 jours de campagne et partant de 4 points d’intention de vote, en compte maintenant près de 42 points, donc huit pour atteindre 50%. Ils essaient de faire de Bolsonaro un mythe, mais rien n’est mythique, c’est un monstre qui abandonnera la souveraineté nationale.

-Comment analysez-vous le « phénomène Bolsonaro »?

-Bolsonaro est la consolidation du coup d’Etat à travers une candidature fasciste basée sur une campagne qui promeut la haine, la violence et la misogynie. Son projet politique et économique est de livrer les richesses naturelles et la privatisation de tous nos biens et de toutes nos sociétés nationales. D’où son soutien aux capitaux étrangers, en particulier aux entreprises américaines.

Les églises évangéliques ont-elles influencé l’ascension de Bolsonaro?

-Les églises évangéliques font également partie de cet ensemble de forces réactionnaires, à travers leurs pasteurs qui ne pensent qu’en termes d’argent et non de religion. Ils ont joué un rôle très important contre la démocratie, pour la défense de « la famille », de la propriété privée et pour lutter contre la violence avec davantage de violence. Les églises évangéliques ont joué un rôle fondamental pour que le candidat fasciste continue de progresser, en particulier dans les quartiers pauvres. Mais il faut dire que ce n’est pas toute l’église évangélique, il y a beaucoup de pasteurs qui sont avec la démocratie et soutiennent Haddad.

Comment vous préparez-vous à un éventuel gouvernement de Bolsonaro, compte tenu de leurs menaces contre le mouvement des sans terre?

– La situation sera très difficile car ils encourageront davantage la violence à travers les milices, les attaques des médias et la criminalisation. Nous avons résisté aux coups, aux gouvernements dictatoriaux, aux gouvernements néolibéraux et certainement, nous résisterons à un gouvernement fasciste s’il accédera au pouvoir. Nous devons réadapter la sécurité et notre stratégie pour continuer à occuper des terres, mais également à produire des aliments tout en veillant à la protection de la vie, de l’environnement et des territoires de la réforme agraire. Nous espérons également avoir beaucoup de solidarité de la part de l’Amérique latine et du monde entier. Je me souviens du coup d’État au Honduras de 2009 et d’une chanson de résistance hondurienne qui disait « ils ont peur parce que nous n’avons pas peur ». Nous n’avons pas peur de faire face à un gouvernement fasciste.

Source : https://www.nodal.am/2018/10/brasil-entrevista-de-nodal-a-alexandre-conceicao-dirigente-nacional-del-movimiento-sin-tierra-no-tenemos-miedo-de-enfrentar-a-un-gobierno-fascista/

Traduction : Thierry Deronne

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Les Sans Terre du Brésil appuient la création de Terra TV

Participez à la création de Terra TV en faisant un don ! https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv



APPEL À DES MOBILISATIONS INTERNATIONALES POUR LA LIBERTÉ DE LULA
13 avril 2018, 9:11
Filed under: Appel à mobilisation, Solidarité internationale

Observant le rite amical réservé aux visiteurs de l’école, Lula a planté un arbre sur les terrains de l’École des Sans Terre qui est aussi l’École des Mouvements Sociaux de toute l’Amérique Latine

Du 17 au 25 avril dans toutes les Ambassades du Brésil!

Quelques jours avant le deuxième anniversaire du Coup d?État, le Brésil et le monde tout entier ont assisté très étonnés à l?emprisonnement de Luis Inácio Lula da Silva, depuis 30 ans le leader populaire le plus important du pays et l?un des présidents ayant la plus grande reconnaissance internationale pour le combat contre la pauvreté et la réduction de l?inégalité.

La peine de prison d?un innocent dans le cadre d?un procès fautif et porteur d?absurdes juridiques innombrables (manque de preuves matérielles, fait d?être basé sur des déclarations des délateurs condamnés en échange de bénéfices de réduction de peine), représente la continuité du Coup de 2016. Et cela expose aussi l?abandon et la subversion des institutions démocratiques brésiliennes par la force de la droite.

À partir du 17 avril 2016 les forces du coup d?État ont suivi un plan très clair. D?abord elles ont déposé la présidente Dilma Rouseff, avançant ensuite de façon dévastatrice dans une nouvelle offensive néolibérale avec de nouvelles privatisations, en livrant les richesses naturelles au capital étranger, en démontant l?industrie nationale et en supprimant les investissements et les droit sociaux, entre autres méchancetés.

En même temps, les institutions au service des classes dominantes, telles que certains secteurs du pouvoir judiciaire et les médias, cherchent à contrôler ensemble la vie politique du pays et user politiquement et matériellement le mouvement populaire et les forces de gauche. Elles ont conçu un théâtre juridique fondé sur une intense campagne de diffamation pour arrêter un innocent, accusé de corruption passive et condamné sans preuves. C?est pour cela que Lula est un prisonnier politique.

Pour donner suite à leur projet stratégique, les forces du Coup d?État cherchent la légitimité dans la victoire des élections de 2018. Ils savent pourtant que cela ne sera possible que s?ils éliminent toute possibilité de victoire de la gauche. La peine injuste et pressée de Lula a l’intention assez claire de le retirer de la dispute, puisqu?il est en tête des sondages. Les forces du Coup utiliseront tous les moyens à leur disposition pour empêcher une victoire du peuple dans les urnes.

Pour finir, nous invitons toutes les Organisations Politiques et Sociales, Mouvements Populaires du Monde et citoyens qui luttent contre toute forme d?injustice et d’arbitraire à participer à une ample campagne internationale pour la liberté de Lula.

En utilisant les hashtag #LulaLivre, #LulaInocente ou #LulaPresoPolitico, nous sommes en train d?organiser des Comités de Solidarité dans le monde tout entier, et entre le 17 et le 25 avril 2018 nous nous mobiliserons vers les Ambassades et Consulats Brésiliens pour exprimer notre refus à l?emprisonnement de Lula et notre solidarité avec l?ancien président et avec le peuple brésilien.

Avec les hashtags #LulaLivre, #LulaInocente et #LulaPresoPolitico nous organisons des Comités de Solidarité partout dans le monde. Entre le 17 et le 25 avril 2018 nous allons protester devant les ambassades et les consulats brésiliens pour exprimer notre répudiation de l’incarcération de Lula et notre solidarité avec l’ancien président et le peuple brésilien.

Nous réitérons que dans ce cadre de sérieuse offensive de la droite brésilienne, toutes les actions internationales organisées du 17 au 25 avril sont extrêmement importantes, car durant cette période il se peut que de nouvelles décisions judiciaires concernant le droit de Lula de se défendre en liberté se présentent, et il sera important de lui apporter du soutien. Nous informons que La Via Campesina Internacional a déjà planifié des actions le 17 avril en mémoire du massacre de 21 militants du MST à Eldorado de Carajás (Brésil, 1996) et la Confédération Syndicale Internationale (CSI) a appelé ses affiliés nationaux à organiser des événements internationaux #LulaLibre le 23 avril.

Nous vous prions de nous informer sur les villes, les endroits et les horaires des actes par l’adresse électronique freelulabrasil@gmail.com, et de nous envoyer des photos, des vidéos et d?autres enregistrements de vos activités.



Campagne urgente de solidarité avec Lula

Chers compagnes et compagnons

Depuis l’Amérique Latine, à tou(te)s ceux et celles qui sont solidaires du peuple du Brésil

Nous vous demandons de voir s’il est possible que vous envoyiez des messages de solidarité au président Lula, destinés aux  juges de deuxième instance : Il y aura d’autres instances mais dans celle-ci ils peuvent condamner et demander une peine de prison sans qu’un crime n‘ait été commis. Une telle condamnation pourrait éliminer le droit d’Ignacio Lula da Silva de participer aux prochaines élections présidentielles d’octobre, alors que les enquêtes lui donnent 42 % de préférence, soit plus que tous les candidats du centre et de la droite réunis.

Ci-dessous nous publions un modèle suggéré de message, mais dites-le avec vos propres mots !

Et pour les mouvements et collectifs qui le peuvent, nous recommanderions que le 22 janvier, ils se rendent aux ambassades ou aux consulats du Brésil pour remettre ce type de message et demander aux diplomates qu’ils l’envoient au tribunal.

Les messages de solidarité, nous vous demandons d’en envoyer copie à : neystrozake@gmail.com, qui les transmettra aux avocats qui suivent le procès.

Ceux qui souhaitent plus d’information sur le procès peuvent accéder à Facebook : https://www.facebook.com/Lulastruth/ ou le site  www.averdadedelula.com.br

Mille mercis pour la solidarité !!

ALBA    – articulation des mouvements populaires des Amériques


Messieurs les juges du Tribunal de la Justice Fédérale de Porto Alegre,
thompson.flores@trf4.jus.br  / gebran@trf4.jus.br

Objet :
Solidarité avec le Président Lula

Messieurs,
Nous avons suivi, depuis l’Amérique Latine et d’autres continents, l’importance que revêt pour le peuple brésilien les politiques sociales du Président Lula dans le combat contre les inégalités.

Nous avons pris connaissance de la sentence du Juge Sergio Moro, de Curitiba.
Et nous avons appris qu’il n’y a aucune preuve de corruption ni d’actes illicites du Président Lula.

Depuis l’Amérique Latine et d’autres parties du monde nous savons que ce jugement est purement politique et a pour objectif principal d’empêcher que le Président Lula puisse présenter sa candidature aux prochaines élections d’octobre.

C’est pourquoi nous voulons manifester notre indignation et manifester notre solidarité au président Lula, au peuple du Brésil et nous espérons que votre tribunal respecte les lois brésiliennes et garantisse le droit du président Lula à être candidat.

Seul le peuple brésilien a le droit de décider de son futur politique.

Respectueusement

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