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Communiqué de la Brigade Internationale Apolonio de Carvalho du MST présente au Venezuela


MOUVEMENTS SOCIAUX DE L’ALBA · 25 Juillet 2017

Appel à la solidarité

Nous, membres du Mouvement des travailleurs sans terre du Brésil (MST), qui travaillons et vivons au Venezuela au sein la Brigade Internationale Apolonio de Carvalho, dénonçons la grave situation d’insécurité qui pèse l’espace UPSA Caquetios, où nous avons développé avec la Révolution bolivarienne, une école de formation technique et politique.
La Brigade Internationaliste Apolonio de Carvalho (BIAC), qui a été pionnière de l’internationalisme du Mouvement des Sans Terre et a toujours porté haut le drapeau de l’internationalisme révolutionnaire, est arrivée au Venezuela en 2006 pour rejoindre et apprendre de l’expérience de la révolution bolivarienne. Pendant ces 11 années de militantisme au Venezuela, la BIAC a participé à diverses activités dans des domaines tels que la formation, l’éducation populaire et la production agricole. Parmi les activités effectuées aujourd’hui par la BIAC, on compte l’organisation de l’école de Caquetios, située dans la UPSA Caquetios dans l’État de Lara (« Carretera vieja -Yaritagua Barquisimeto » à 800 mts du Club Kilovatico, Ancienne Ferme Bureche).

L’école de formation intégrale (technique et sociopolitique) du domaine de Caquetios se trouve sur un espace récupéré. Elle est actuellement en cours de construction et est administrée par le gouvernement bolivarien en collaboration avec le MST, l’objectif étant d’en faire un centre de formation consacré à la formation technique agro-écologique et à la production de semences autochtones.

Que s’est-il passé à l’école?

Dans la nuit du 22 Juillet, l’école a été envahie par des individus armés qui ont intimidé physiquement et verbalement les collègues brésilien(e)s et vénézuélien(e)s qui vivent et travaillent sur le lieu. Après les avoir menacés de leurs armes, ils ont volé les fournitures, les équipements électroniques, les outils de travail, la nourriture et même un véhicule. Ils ont pris la fuite après avoir ligoté et enfermé toute l’équipe. Etant donné le déroulement de l’attaque, il est légitime de penser qu’il s’agit non pas d’une agression, mais plutôt d’une tentative d’intimidation pour que l’organisation abandonne le projet.

Notre engagement en tant que MST

En dépit de cette agression, nous allons poursuivre le projet de l’école parce que nous savons que nous vivons un moment politique où ces espaces sont essentiels pour le renforcement et la continuité de la Révolution bolivarienne. Pour consolider les objectifs de cet espace de formation, nous lançons un appel à la solidarité, avec pour objectif principal la création d’une structure qui assure la sécurité et la défense, et ce en collaboration avec l’équipe internationale des Sans Terre.

Edson Marcos Bagnara

Coordinateur de la Brigade Internationaliste Apolonio de Carvalho

Luisa Araujo

Directrice de l’Ecole Caquetíos

Contact : Escuela Caquetíos formacioncaquetios@gmail.com

Traduction : Gloria Verges, FAL 33

Source : http://albamovimientos.org/2017/07/venezuela-comunicado-de-la-brigada-internacionalista-apolonio-de-carvalho-del-mst-presente-en-venezuela

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Du Brésil au Venezuela, les mouvements paysans disent « basta ! » à la droite putschiste

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C’est au cri de « que les corrompus nous rendent nos terres !» que des centaines de militant(e)s du Mouvement des Sans Terre ont occupé ce 25 juillet du nord au sud du Brésil de grandes propriétés appartenant à des ministres, des sénateurs, et directement ou à travers des prête-noms, au président de facto Michel Temer. A Rio de Janeiro les travailleurs sans terre ont occupé l’immense hacienda improductive de Ricardo Texeira, ex-président de la puissante fédération brésilienne de football, impliqué comme Temer dans de nombreuses affaires de corruption. L’hacienda Santa Rosa, nous explique Joaquin Pineiro, des Sans Terre, sert de plate-forme au blanchissement de capitaux, et « toutes ces terres de corrompus doivent être rendues à la reforme agraire ». La justice brésilienne a ordonné l’expulsion immédiate, ce 25 juillet, des occupants qui ont décidé de maintenir leur campement.

Temer – un ultra-libéral qui s’accroche au pouvoir depuis le coup d’État mené par la droite parlementaire contre la présidente élue Dilma Roussef – est en train de vendre aux multinationales les terres de l’Amazonie appartenant aux communautés indigènes et aux quilombolas (communautés afro-descendantes). Dans le reste du Brésil, il met aux enchères les terres destinées à la réforme agraire (manière d’acheter le vote des secteurs de l’agrobusiness au sein du congrès et de freiner sa possible destitution pour corruption). Allié privilégié des multinationales, le président de facto multiplie la répression contre les militants sociaux. Les travailleurs sans terre dénoncent l’impunité qui entoure les assassinats et autres exactions, réclament la démission du putschiste, la tenue immédiate d’élections libres et la reprise de la réforme agraire.

Au Venezuela, les amis de Temer rêvent, impatients, de mener la même politique sauvage de privatisation de l’économie, de restitution des terres aux grands propriétaires  et de répression des mouvements sociaux. Leur violence raciste et de classe (que les médias internationaux déguisent en « révolte populaire » comme ils l’ont fait pour les mobilisations de la droite contre Dilma Roussef) n’est que la répétition générale de ce qu’ils feraient une fois au pouvoir. Depuis le coup d’État contre le président Chavez en 2002 jusqu’à aujourd’hui, en passant par les 43 morts des « guarimbas » de 2014, cette droite est responsable de la violence et de la majorité des morts. Des mouvements paysans ont répondu en occupant des terres improductives appartenant à ces partisans du coup d’État.

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La grande différence avec le Brésil est qu’ici, le gouvernement bolivarien, malgré ses inerties conservatrices, résiste aux violences de la droite et continue à donner des réponses positives aux revendications des paysan(ne)s : ce lundi ; après des années de luttes amères, d’expulsions à l’aube, l’Institut National des Terres leur a enfin remis 5.000 hectares du grand domaine Las Mercedes (État de Barinas) et leur a octroyé le titre de propriété. Comme l’explique le journaliste Marco Teruggi : « Il faut poursuivre le mouvement avec d’autres récupérations stratégiques comme les grandes propriétés de Cajarito El Diamante, La Primavera, El Otoño, celles du Sud du Lac de Maracaibo, une longue liste de terres encore aux mains de ceux qui, historiquement, ont vécu de la pauvreté des paysans et financent aujourd’hui les violences de l’extrême droite putschiste. Manière de donner un double signal : en direction des grands propriétaires pour les décourager de continuer à financer la déstabilisation, et en direction des mouvements sociaux, pour montrer qu’on peut renforcer une dynamique positive depuis l’État en faveur de ceux qui veulent semer la terre. » (1)

Thierry Deronne, Venezuela, 26 juillet 2017

Note

  1. Lire, de Marco Teruggi : Campesinos rescatan 5 mil hectáreas de un terrateniente financista de la violencia, http://www.hastaelnocau.wordpress.com/2017/07/25/campesinos-rescatan-5-mil-hectareas-de-un-terrateniente-financista-de-la-violencia

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VII Conférence Internationale de La Via Campesina – Document politique de l’Assemblée des jeunes

25/07/2017

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Nous, jeunesse de La Via Campesina, unie à l’occasion de notre IVe Assemblée internationale des jeunes, nous sommes rassemblé dans le Pays basque – Euskal Herria pour renforcer notre mouvement pour la souveraineté alimentaire. Nous sommes paysan-nes, pêcheurs-ses, peuples autochtones originaires d’Afrique, des Amériques, d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient et représentons des organisations venues de 47 pays. Nous avons convergé pour échanger des idées, développer des stratégies et faire entendre la voix de la jeunesse.

Les luttes de la jeunesse sont le reflet du contexte politique global dans lequel nous sommes particulièrement affecté-e-s. La crise mondiale présente des dimensions économique, sociale, politique et culturelle. Nous assistons à une attaque de plus en plus forte de la démocratie par le capitalisme. Nous éprouvons une violence structurelle et la criminalisation de nos luttes et mouvements sociaux. Un nombre de plus en plus important de militant-e-s paysan-ne-s ou environnementaux-les est ciblé et assassiné. Nous subissons des migrations forcées dues aux guerres, au changement climatique et aux conditions économiques et sociales oppressantes. Nos ressources (terre et territoires, semences, ressources marines, ressources en eau, etc.) sont accaparées par les industries extractives, y compris l’agribusiness, les activités minières et même le secteur des énergies renouvelables (centrales hydro-electriques, fermes solaires, etc.). Le travail de la jeunesse et des migrant-e-s est sous-évalué et brutalement exploité.

Le patriarcat et la discrimination fondée sur l’âge freinent la visibilité et la participation des jeunes aux processus décisionnels. Les médias capitalistes dominants continuent de propager le postulat erroné selon lequel l’agriculture n’a pas d’avenir et que seul l’emploi urbain dans le secteur formel peut être source de prospérité.

La terre et les territoires sont maintenant perçus comme des marchandises, exploitées via des investissements spéculatifs et via l’accaparement des terres. Ceci a pour résultat des coûts élevés et une disponibilité limitée de la terre. Cela restreint la possibilité pour les jeunes, notamment les jeunes femmes, d’accéder à la terre. Au même moment, les dures réalités et la faible rentabilité de l’agriculture fait qu’il est difficile pour les jeunes de prospérer grâce à la terre. L’accaparement des terres par le capital transnational pour les investissements industriels, la production d’énergie, l’extractivisme et le développement sont des phénomènes répandus. La situation est encore aggravée par les conséquences graves et différenciées du changement climatique.

Ensemble, ces processus forcent les jeunes à migrer à quitter les zones rurales. Les jeunes sont privé-e-s de toute opportunité et de leur responsabilité à jouer un rôle significatif dans l’action de nourrir les peuples et la Terre Mère. Les campagnes voient leur population vieillir et cela a un impact direct et des conséquences immédiates sur le présent et l’avenir de l’Humanité.

Nous luttons pour la démocratisation de nos sociétés et pour la participation pleine et entière de la jeunesse aux processus décisionnels. Nous devons nous assurer qu’au sein de nos propres organisations, les jeunes sont capables de développer des compétences de leadership. Nous devons promouvoir des politiques publiques fortes et notamment une réforme agraire intégrale et populaire afin de garantir aux jeunes leur droit de rester sur la terre.

Nous exhortons les Nations Unies à adopter la Déclaration des droits paysans qui affirme notre droit universel, en tant que jeunes, à la terre, à l’autodétermination et la souveraineté alimentaire.

Nous condamnons les assassinats, les injustices et les massacres du capitalisme patriarcal. Nous nous déclarons solidaires de tous les peuples opprimés se battant pour la paix et la dignité.

En nous appuyant sur notre expérience, nous rejetons les allégations selon lesquelles le libre-échange accroît le bien-être de notre société. Nous exigeons que l’agriculture soit exclue des accords commerciaux et que la voix des jeunes paysan-ne-s soit reconnue dans les processus décisionnels.

L’agroécologie paysanne est notre chemin vers la souveraineté alimentaire et la solution à la crise mondiale pluridimensionnelle. L’agroécologie est une vision politique et d’un mode de vie qui nous a été légué par nos ancêtres, nous rejetons toute cooptation de ce terme par l’agri-business. Les processus et les écoles d’agroécologie que nous avons créé au sein de notre mouvement se développent à travers le monde en engendrent une multitude d’expériences couronnées de succès. Nous réaffirmons que les formations en agroécologie se doivent d’être intégrales, globales et de réunir des aspects aussi bien techniques que politiques et idéologiques, y compris des compétences essentielles en communication et des outils méthodologiques. La méthodologique de « paysan à paysan » que nous appliquons dans nos écoles d’agroécologie est un instrument important et probant d’échange d’information et de renforcement des processus de communication et de formation au sein de notre mouvement. Nous constatons que cette méthode respecte les traditionnels de nos territoires et de nos peuples, de manière à ce que nous puissions transmettre ce savoir entre les générations. Nous proposons d’étendre et de défendre notre méthode de formation en agroécologie et de la rendre accessible partout dans notre mouvement et à travers le monde.

Nous travaillons à combler le fossé entre la jeunesse urbaine et rurale. Malgré les apparences, les combats auxquels nous faisons face sont le résultat des mêmes forces oppressives du capital et du pouvoir mondiaux. Nous devons inclure dans notre mouvement tous les jeunes qui pratiquement l’agriculture urbaine, qui tentent de retourner à la terre, qui construisent la souveraineté alimentaire au niveau des communautés ou qui travaillent pour la justice sociale, à quelque titre que ce soit.

Il n’y aura pas de souveraineté alimentaire ou de justice sans féminisme ou sans égalité entre toutes et tous. Nous reconnaissons et respectons la diversité sous toutes ces formes, y compris la diversité raciale, de genre, de sexualité ou de classe. Nous allons éradiquer le patriarcat et les discriminations où qu’elles aient lieu. Nous nous engageons à mener le travail difficile d’identifier nos propres biais et les façons dont nous pouvons nous-même relayer le patriarcat malgré de bonnes intentions.

La lutte de la jeunesse mondiale n’est pas seulement la nôtre. Nous devons continuer à construire des solidarités et des convergences entre nos luttes via le partage d’informations et la création collective de savoirs.

Nous, jeunesse de La Via Campesina, devons exploiter la richesse de notre diversité culturelle, géographique, identitaire et linguistique pour continuer à renforcer notre mouvement grâce à une lutte permanente et une mobilisation active.

Nous réaffirmons notre lutte pour la terre, les territoires et nos droits collectifs sur les ressources nécessaires à pratiquer l’agroécologie paysanne comme mode de vie. Nous réaffirmons notre droit, notre capacité et notre engagement à remplir notre rôle dans la construction de la souveraineté alimentaire. Les semences que nous semons aujourd’hui nous nourriront dans le futur. La terre est prête et fertile.

Nous investissons dans la jeunesse paysanne, semer aujourd’hui pour récolter demain.

URL de cet article : http://www.alainet.org/fr/articulo/187061



Les paysan-ne-s de plus de 70 pays se retrouvent pour construire la souveraineté alimentaire

19/07/2017

7_conferencia_vc.jpgNous nourrissons nos peuples et construisons le mouvement pour changer le monde!

La septième Conférence internationale de La Via Campesina, le plus grand mouvement paysan au monde, commence aujourd’hui à Derio, une ville tranquille de la province de la Biscaye, au Pays basque. Elle s’y tiendra jusqu’au 24 juillet.

Plus de 450 représentant-e-s de mouvements paysans venus du monde entier se rassembleront pour continuer leur lutte contre le capitalisme et pour proposer des outils concrets de construction d’un autre monde, basé sur la dignité et la souveraineté alimentaire.

Cette conférence, organisée tous les 4 ans, est un rassemblement unique de mouvements paysans et l’espace de décision le plus important de La Via Campesina.

«Ce moment est unique car nous sommes un mouvement très divers et pourtant très uni dans les multiples luttes que nous menons. Nous sommes ceux et celles qui travaillent la terre et nourrissent le monde mais nos territoires sont constamment attaqués. Nous faisons face à une criminalisation croissance. Cette conférence est un pas de plus dans l’internationalisation de nos luttes et dans la création d’une stratégie pour contrer les forces mondiales du Capital et construire un mouvement pour le changement», déclare Elizabeth Mpofu, paysanne au Zimbabwe et coordinatrice générale de La Via Campesina.

«La Via Campesina continue de grandir, nous sommes maintenant près de 200 organisations. Nous sommes une force politique de référence à l’échelle internationale», ajoute Unai Aranguren, membre européen du Comité de coordination international de La Via Campesina.

La VIIe Conférence internationale a été précédée par la IVème Assemblée internationale des jeunes (du 16 au 17 juillet) et par laVème Assemblée internationale des femmes (du 17 au 18 juillet), des espaces pour que les jeunes paysan-ne-s et les femmes du mouvement puissent exprimer les enjeux qui leur sont propres et faire des propositions dans cette lutte.

L’Assemblée des jeunes a fait écho au fait que les jeunes sont celles et ceux le plus concerné-es par les migrations. Il est aujourd’hui plus urgent et plus nécessaire que jamais pour les mouvements sociaux d’investir dans la jeunesse paysanne. Il fait d’une part promouvoir une réforme agraire qui permette aux jeunes paysan-ne-s d’accéder à la terre, aux territoires et de pouvoir les contrôler et d’autre part intensifier les formations sur les pratiques agro-écologiques paysannes. Les jeunes ont aussi témoigné de leur solidarité à l’égard de la « Marche pour la défense de la souveraineté alimentaire et de la Terre Mère », organisée par le mouvement pour la terre en Euskal Herria.

L’Assemblée des Femmes a souligné la multiplication des cas de violences faites aux femmes, qu’elles soient domestiques, dans le travail agricole ou ailleurs dans la société patriarcale. Les participant-e-s ont également réaffirmé leur engagement à poursuivre leur lutte pour aboutir à un changement, basé sur le féminisme et la souveraineté alimentaire.

Avec un intense programme de quatre jours, le mouvement paysan réfléchira et discutera sur de nombreux sujets, dont la souveraineté alimentaire, l’agroécologie paysanne, les réseaux autonomes de formation, les droits des migrants, le commerce, la justice climatique, la criminalisation des mouvements sociaux et la construction d’alliances. Il discutera également du projet de Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales, initié par La Via Campesina et qui a déjà atteint un stade avancé de négociation au sein du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies. De nouvelles lignes d’action stratégiques seront définies, fixant le cadre de la lutte pour les 4 années à venir et accueillant de nouveaux membres et leaders.

Ce dimanche 23 juillet, La Via Campesina, EHNE Bizkaia (l’organisation hôte et membre du mouvement mondial au Pays basque) et leurs alliés marcheront, avec des paysans et des paysannes de la région, jusque Bilbao en solidarité avec toutes celles et tous ceux qui luttent pour défendre leurs terres et territoires contre les grands projets d’infrastructures.

Lundi 24, des visites de terrain seront organisées dans le Pays basque pour tou-te-s les participant-e-s. Des visites plus longues des 26 au 28 juillet sont également prévues pour les participant-e-s des 9 régions de La Via Campesina.

19 Juillet 2017, Derio



João Pedro Stedile : « Nous exigeons des élections directes immédiates et l’application d’un programme populaire d’urgence »
25 mai 2017, 6:15
Filed under: Analyse, Appel à mobilisation, Lutte, répression de l´Etat

« Elections directes tout de suite ! »

João Pedro Stedile, dirigeant du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) et de la coalition « Front Brésil populaire », composée par plus de 80 organisations populaires et de partis de gauche, analyse dans cet entretien réalisé le 18 mai 2017 pour le journal Brasil de Fato la situation politique brésilienne. Il indique également les différentes sorties de crise possibles pour le pays et le rôle que vont avoir les organisations populaires dans les semaines et mois à venir. Pour lui, le moment est « décisif » et « le candidat des travailleurs est Lula, parce qu’il est le représentant de la majorité du peuple brésilien, le seul capable de s’engager dans un processus de changement et d’appuyer notre plan d’urgence ».

Mémoire des luttes publie, dans une version enrichie de quelques précisions factuelles, ce document.

Brasil de Fato (BdF) : Pourquoi le mastodonte médiatique Globo trouve intérêt à diffuser des enregistrements compromettant pour Michel Temer et pourquoi insiste-il pour que soit organisée une élection indirecte pour désigner un nouveau président ?

João Pedro Stedile (JPS) : Le réseau Globo est devenu le principal parti de la bourgeoisie brésilienne. Il préserve les intérêts du capital, se sert de sa capacité de manipulation de l’opinion publique et articule son action aux autres pouvoirs idéologiques de la bourgeoisie : pouvoir judiciaire, certains magistrats et l’ensemble de la presse. Ils savent que le Brésil et le monde sont plongés dans une grande crise économique, sociale et environnementale provoquée par le fonctionnement du capitalisme. Au Brésil, cette crise est devenue une crise politique parce que la bourgeoisie avait besoin d’exercer son hégémonie directement au sein du Congrès et sur le gouvernement fédéral de sorte à faire porter tout le poids de la sortie de crise sur la classe des travailleurs. De ce point de vue, Globo est donc promoteur et gestionnaire du coup d’Etat.

Pour autant, installer Michel Temer au gouvernement après la destitution de Dilma Rousseff fut comme se tirer une balle dans le pied si l’on considère que les soutiens de ce dernier – d’après Eduardo Cunha lui-même [ancien président de la Chambre des députés, allié de Michel Temer et purgeant désormais une lourde peine de prison pour corruption] – constituent un groupe de « délinquants  », opportunistes et corrompus, non préoccupés par la mise en place d’un projet bourgeois pour le pays, mais seulement par leurs intérêts personnels.

L’opération « Carne fraca » [Stedile fait référence au démantèlement, en mars 2017, d’un réseau de vente de viande avariée impliquant inspecteurs sanitaires, fonctionnaires du ministère de l’agriculture et groupes agroalimentaires] fut une seconde balle tirée dans le pied qui est venue ajouter au discrédit du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) – le parti de Temer –. En effet, plusieurs de ses membres y étaient impliqués. Ce faisant, ce beau monde s’est mis à dos un secteur de la bourgeoisie agro-exportatrice. Maintenant, la bourgeoisie a besoin de construire une alternative à Temer. La forme que prendra cette alternative va se décider dans les heures ou les jours à venir. Elle pourrait prendre la forme de la démission de Temer, d’un jugement du Tribunal suprême électoral ou bien d’une accélération des demandes de destitution déjà soumises au Congrès. Dans quelques semaines, on saura qui va le remplacer et plusieurs facteurs détermineront ce choix. Le résultat ne sera pas le fruit d’un plan machiavélique d’un secteur – Globo par exemple – mais la conséquence d’une réelle lutte de classes, et de la manière dont ces dernières agiront dans les heures, jours et semaines à venir.

BdF : Comment est organisé le camp des golpistes ?

Il est divisé depuis 2014. Et ceci est un atout. Lors des coups d’Etat antérieurs, celui de 1964, et pendant le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso en 1994, la bourgeoisie était unie et dirigée par une seule direction. Elle portait un projet pour le pays et disposait d’une arrière garde importante au sein du capitalisme nord-américain.

Aujourd’hui, elle n’a pas de projet pour le pays. Elle a perdu le soutien des américains parce qu’elle s’est alignée derrière Hillary Clinton pendant la dernière campagne présidentielle. Elle cherche uniquement à préserver ses propres intérêts économiques. Comme le dit le sociologue José de Souza Martins (membre du Parti de la social-démocratie du Brésil – PSDB), « les réformes de la protection sociale et du travail sont des mesures capitalistes qui augmentent l’exploitation des travailleurs, mais qui sont aussi contradictoires avec le développement d’un projet capitaliste de pays  ».

Les golpistes n’ont pas non plus une seule direction. Ils sont divisés entre le pouvoir économique (Henrique Meirelles – le ministre de finances –, JBS, etc.), le groupe des « délinquants  » du PMDB (Romero Juca, chef de la coalition gouvernementale au Sénat, Eliseu Padilha, ministre de la Casa civil [équivalent de premier ministre], Temer, Moreira Franco (secrétaire général de la présidence) qui détiennent le pouvoir législatif mais qui commencent à se fissurer aussi (on l’a vu avec le cas de Renan Calheiros). Il existe, en plus, un groupe idéologique composé de Globo et du pouvoir judiciaire, qui doit aussi faire face à des nombreuses contradictions internes. Personne n’a une idée claire à propos du remplaçant de Temer.

La situation idéale pour eux serait de neutraliser Lula, d’instaurer un gouvernement de transition, accepté par la majorité de la population, dont la ministre Carmen Lucia [présidente de la Cour suprême] pourrait être à la tête jusqu’en 2018 – et se mettre en situation de gagner les prochaines élections.

Mais la division se manifeste aussi dans la désignation des candidats, puisqu’ils n’ont pas réussi encore à créer un nouveau Fernando Henrique Cardoso ou un Collor. Ils testent auprès de l’opinion publique des noms comme João Doria, l’actuel maire de Sao Paulo – ou Luciano Hulk. Mais ils savent, à partir des sondages, qu’ils ne sont pas viables et qu’ils ne feraient qu’aggraver la crise politique.

BdF : Dans ce contexte, que peuvent faire les travailleurs et les organisations populaires ?

JPS : Nous débattons depuis l’année dernière au sein des plus de 80 mouvements populaires et organisations politiques qui font partie du Front Brésil populaire et pensons que l’issue possible pour la classe des travailleurs se trouve dans un ensemble des mesures complémentaires. Premièrement, faire tomber les golpistes et suspendre toutes leurs mesures législatives prises contre le peuple. Ensuite, mettre en place un gouvernement de transition qui convoque l’élection présidentielle pour octobre 2017 et qui étudie une réforme politique immédiate pour garantir l’exercice réel de la volonté du peuple, et enfin qu’un nouveau Congrès soit élu.

Il faut aussi que le nouveau gouvernement s’engage, dès sa prise de fonction, à convoquer une Assemblée constituante exclusive destinée à bâtir un nouveau modèle démocratique qui définisse le régime électoral du pays.

En parallèle, nous proposons un « Plan populaire d’urgence » qui comporte plus de 70 mesures urgentes – qui, d’après nous, devraient sortir le pays de la crise économique, sociale et politique –. Le gouvernement de transition et le nouveau gouvernement devront le mettre en oeuvre.

Pendant la campagne électorale, il faut discuter d’un nouveau projet pour le pays, qui prenne en compte les réformes structurelles indispensables à court et moyen terme, telles que la réforme fiscale, la réforme des médias, la réforme agraire et même la réforme du pouvoir judiciaire. Mais pour que cela soit possible, il faut que les travailleurs, que les masses, occupent les rues de manière urgente. C’est là que le peuple peut exercer sa force, lors des mobilisations, lors des occupations de terrains et avec la pression populaire. Je crois que dans les prochaines heures et les prochains jours, il y aura des réunions d’assemblée pour fixer le calendrier précis des manifestations. Nous pensons de notre côté que la semaine prochaine sera décisive. Nous voulons camper devant le Tribunal électoral suprême pour nous assurer de la démission des golpistes et de la détention des corrompus dénoncés par Joesley Batista.

Nous voulons organiser de grandes mobilisations dans toutes les capitales et les grandes villes du pays le dimanche 21 mai. Nous voulons faire du 24 mai une grande journée de mobilisation nationale à Brasilia, mais également dans tout le pays en occupant les Parlements locaux, les routes. Le peuple veut rentrer dans la lutte et faire pression pour accélérer les changements attendus.

BdF : Les élections directes peuvent-elles apporter des avancées pour le pays ? De quelle manière ? Qui pourraient être les candidats ?

JPS : Bien sûr, les élections directes pour élire un président et un nouveau parlement sont une nécessité démocratique indispensable pour sortir le pays de la crise politique. Seul le résultat des urnes peut amener un gouvernement représentant les intérêts de la majorité et ayant la légitimité nécessaire pour réaliser les changements en faveur du peuple qui permettront la sortie de la crise économique. Parce que c’est la crise économique qui est à la base de toute la crise sociale et politique. Le candidat des travailleurs est Lula, parce qu’il est le représentant de la majorité du peuple brésilien, le seul capable de s’engager dans un processus de changement et d’appuyer notre plan d’urgence.

Il y a aura probablement d’autres candidats, tels que Bolsonaro, le représentant de l’extrême droite, Marina Silva, qui essaiera de capter l’électorat du centre mais dont la base réelle est seulement l’église de « l’Assemblée de Dieu ». Les « tucanos » [nom familier donné aux membres du PSDB] sont en crise à cause de l’implication de Alckin dans plusieurs dénonciations. Doria n’est qu’un playboy de cinquième catégorie. Et le réseau Globo n’a pas eu le temps de construire une alternative comme il l’avait fait avec Collor en 1989.

BdF : Comment empêcher les retours en arrière imposés par l’agenda des golpistes  ?

JPS : Mobiliser, lutter et ne pas abandonner les rues. Dans les prochains jours, nous allons travailler dans la perspective de la grève générale indéfinie. La bataille des prochains jours sera décisive afin de fixer un cap pour le pays dans les années à venir. La force de la classe des travailleurs ne peut s’exprimer que dans les rues.

 

Source : https://www.brasildefato.com.br/2017/05/18/stedile-precisamos-de-elecciones-directas-ya-y-de-un-plan-popular-de-emergencia/



Campagne pour la libération des prisonniers politiques du Mouvement Sans Terre au Brésil

Chers compagnons comme vous le savez le Brésil vit depuis quelques mois un coup d’Etat d’extrême droite. Le gouvernement illégitime de Michel Temer a intensifié la criminalisation et la répression des mouvements populaires et des luttes sociales, en même temps qu’il a multiplié les réformes néolibérales dans le pays.

Ces derniers mois se sont produits plusieurs cas d’arrestations et de persécutions politiques de leaders et activistes populaires, dans le but de démobiliser les mouvements sociaux.

Le Mouvement Sans Terre compte actuellement 16 prisonniers politiques dans tout le pays. Ce sont des personnes emprisonnées pour leur activisme et pour leur lutte pour la terre et pour un monde plus juste.

Nous avons lancé une campagne contre la criminalisation des luttes et pour la libération immédiate des prisonniers politiques du Mouvement des Sans Terre Fabiana et Claudelei, emprisonnés depuis novembre 2016 dans l’État de Paraná, et accusés du délit d’organisation criminelle.

Les emprisonnements font partie de l’Opération Castra, commandée par la Police Civile de Paraná. Une autre action de cette même opération fut l’invasion de l’École Nationale Florestan Fernandes – ENFF, sans ordre judiciaire, en novembre passé, dans l´État de Sao Paulo.

Fabiana est une jeune militante du MST de 22 ans, qui vit dans l’unité agricole productive (asentamiento) Dom Tomás Balduíno.

Claudelei Lima a 39 ans, vit dans l’unité agricole productive (asentamiento) Celso Furtado, est agriculteur, radio-amateur, et plus récemment conseiller municipal de Quedas do Iguaçu.

L’accusation contre ces personnes révèle de la tentative de criminaliser la lutte et l’organisation populaire. C’est pourquoi nous vous invitons à contribuer à la défense de la lutte des défenseurs des droits humains.

La campagne propose plusieurs actions de solidarité :

1. Signer le manifeste d’appui à la libération des prisonnières et prisonniers politiques du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (ci-joint, ci-dessous)

Vous pouvez signer en ligne ici : http://meucrimeelutar.com.br/

Vous pouvez envoyer votre signature au courriel : meucrimeelutar@gmail.com et srimst@mst.org.br

Vous pouvez envoyer votre photo de soutien à : meucrimeelutar@gmail.com et srimst@mst.org.br

2. Envoyer un message de soutien aux prisonniers et prisonnières : depuis la page web http://meucrimeelutar.com.br/ aux quatre membres du Mouvement des Sans Terre emprisonnés dans l’État de Paraná. Les messages seront envoyés au mail de la campagne, imprimés et remis aux destinataires.

Vous pouvez aussi envoyer directement votre message à meucrimeelutar@gmail.com avec copie à srimst@mst.org.br

3. Diffuser la page Web, le Facebook et le Twitter de la campagne.

Fabiana, Claudelei et tous les prisonniers politiques du MST comptent sur votre solidarité.

MANIFESTE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIER(E)S POLITIQUES du MOUVEMENT DES SANS TERRE AU BRESIL- SIGNATURE

Pour la liberté des prisonniers politiques du Mouvement des Travailleurs Sans Terre

A : EXMA. SRA. DRA. JUEZA DE DERECHO DE LA COMARCA DE QUEDAS DO IGUAÇU – TRIBUNAL DE JUSTICIA DEL ESTADO DEL PARANÁ

Actions pénales n° 0003169-83.2016.8.16.0140 y n°0003376-82.2016.8.16.0140

Nous, sympathisant(e) du MST soussignés, demandons à votre Excellence à travers cette lettre l’annulation des détentions préventives contre des membres de ce mouvement social.

Nous comprenons que le MST est l’expression licite de l’exercice de la citoyenneté. Être sans terre, c’est agir pour l’amélioration des conditions de vie de milliers de personnes, dans le cadre des articles de la Constitution, pour que se réalise la réforme agraire au Brésil. Malheureusement cette politique publique ne se concrétise qu’à travers la mobilisation de paysans et paysannes: telle est la raison de l’existence des campements de travailleuses et travailleurs ruraux à Quedas do Iguaçu et Rio Bonito do Iguaçu.

Etre sans terre n’est pas une atteinte à l’ordre public. Ce n’est pas un crime de manifester pour la réforme agraire. L’imputation pour délit d’organisation criminelle représente une violation frontale des droits humains et d’assemblée, prévus dans plusieurs accords internationaux dont le Brésil est signataire, parmi lesquels le Pacte International des Droits civils et de la Déclaration Interaméricaine des Droits Humains.

En outre il n’est pas légitime d’affirmer sans preuves que des membres du MST, pour les simple fait d’être Sans terre, empêchent la production de preuves dans ces procès ou font obstacle à l’application du code pénal.

Toutes les personnes, dont les membres du MST, ont le droit de répondre aux accusations en liberté. Les emprisonnements préventifs contre des adhérents du MST, par leur caractère générique, attentent à la présomption d’innocence. La situation actuelle montre que les Sans terre sont coupables jusqu’à ce qu’ils réussissent à prouver leur innocence, ce qui va en sens contraire de ce qu’établit la Constitution de la République Fédérale du Brésil et plusieurs traités internationaux dont le pays est signataire.

Il n’existe pas de justification légale au maintien des emprisonnements préventifs alors qu’existent d’autres possibilités de mesures de précaution, tous les défenseurs des droits humains qui ont été criminalisés possèdant famille, résidence fixe, et occupation licite.

C’est pourquoi nous exigeons que soient révoqués les emprisonnements préventifs existant contre les adhérents du MST, garantissant à ceux-ci le droit fondamental à l’organisation et à la manifestation, ainsi que le droit d’être considérés innocents et en liberté pour qu’ils puissent prouver qu’ils n’ont commis aucun délit.

Nous croyons dans la Justice et sa capacité de discernement !

Joignez-vous à ce manifeste et envoyez votre signature à meucrimeelutar@gmail.com, avec copie à srimst@mst.org.br

Ou signez directement en ligne à travers le site http://meucrimeelutar.com.br/

Merci pour votre solidarité !

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Cassia Bechara

Direction National du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre MST

Collectif des Relations Internationales

Tél: (11) 2131 0850

Skype: cassia.bechara

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Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p27hZR-tI



Mouvement des Sans Terre : l’appel de Fortaleza


unnamedInspirés par les luttes paysannes du Ceara, nous, coordinatrices et coordinateurs nationaux du Mouvement des Travailleurs Sans Terre, nous sommes réunis à Fortaleza, revendiquant la mémoire et l’exemple de Fidel Castro, du centenaire de la Révolution russe et du cinquantenaire du martyr de Che Guevara, pour étudier la conjoncture politique et agraire de notre pays et projeter les défis et les tâches pour la prochaine période.
Il y a une crise structurelle du capitalisme, accentuée depuis 2008, expression des crises économique, politique, social et environnementale, représentée par des propositions autoritaires et fascistes, qui menacent les droits humains des travailleurs et les biens de la nature dans le monde entier. Dans ce contexte, pour que le Capital continue à s’approprier les ressources économiques de la société, il est nécessaire de supprimer les droits historiques de la classe travailleuse afin que ces ressources soient à la disposition exclusive du marché financier. Le Coup d?État et les actes institutionnels du gouvernement illégitime du Brésil, comme la réforme de la sécurité sociale, la réforme du travail, le PEC55 et l’abandon au privé des ressources pétrolières du Pré-Sal, sont des exemples de ce mouvement. Face à ce scénario :

1. Nous réaffirmons la nécessité de réformes structurelles et d’une Réforme Agraire Populaire, qui garantisse la souveraineté alimentaire, la souveraineté nationale contre la vente des terres au capital étranger et la défense des biens de la nature, l’eau (particulièrement l’aquifère Guarani), la terre, les minerais, le pétrole et la biodiversité. Nous sommes contre, et nous combattrons, la Mesure Provisoire 759 de recul de la Réforme Agraire, qui privatise les terres destinées à la Réforme Agraire, en les transformant en marchandises, qui légalise les usurpateurs de terres publiques et exclut du processus d’assentamentos les travailleurs et travailleuses occupant les terres et vivant dans des campements.

2. Nous lutterons contre la privatisation des terres, déguisée en attribution de titre de propriété et qui veut se débarrasser des « assentados », comme mécanisme d’exclusion des politiques de réforme agraire. Nous exigeons l’enregistrement des lots et des assentamentos sous la forme de « Concession de droit réel d’usage de la terre » -CDRU et l’interdiction de vente des terres des assentamentos.

3. Nous nous engageons à lutter avec l’ensemble des travailleurs et travailleuses contre la réforme de la sécurité sociale, la réforme du travail et les autres mesures qui retirent des droits historiquement conquis. Nous nous engageons à la construction du Front Brésil Populaire et à son enracinement dans les communes.

4. Nous sommes solidaires de toutes les formes de luttes et de résistance contre le Coup d’Etat et nous appuierons tous les secteurs de notre peuple qui se mobilisent par la lutte, depuis les peuples indigènes et quillombolas jusqu’aux étudiants dans les écoles occupées pour la défense de l’enseignement public. Ainsi, nous nous joindrons aux journées de luttes du 8 au 15 mars, convoquées par la Confédération nationale des travailleurs de l’Education (CNTE).

5. Nous dénonçons la criminalisation de la lutte sociale qui utilise des arguments juridiques pour poursuivre et condamner la lutte sociale sans preuve et au service des intérêts du capital, résultat de l’orgueil, de l’arrogance et de l’autoritarisme d’un Pouvoir Judiciaire plein de privilèges, mais sans aucun engagement social. Nous exigeons la libération de tous les travailleurs emprisonnés et persécutés.

6. Nous appelons toutes les femmes du monde rural et des zones urbaines à une grande journée de lutte le 8 mars. Les travailleuses sont les plus atteintes par la réforme de la sécurité sociale, ce qui augmente les inégalités de genre dans une société machiste et patriarcale.

7. Nous combattrons la vente de terres au capital étranger, le recul de la réforme agraire et le modèle d’agrobusiness lors des journées de lutte et les occupations au mois d’avril. De plus, nous proposons la réalisation d’une grande Marche Nationale à Brasilia, au courant du second trimestre, pour dénoncer les mesures du gouvernement « golpiste ».

8. Nous défendons la convocation d’élections générales au Congrès et à la Présidence de la République, pour que soit rendu au peuple le droit de choisir ses représentants.

9. Nous travaillerons avec le Front Brésil Populaire et les autres organisations de travailleurs et travailleuses pour construire un Programme d’Urgence qui combatte le chômage, l’inégalité de revenus et la perte de droits. Nous appelons les travailleurs et les travailleuses pour que, dans la prochaine période, nous puissions construire de grandes mobilisations de la classe travailleuse autour du droit à la Terre, au Logement et au Travail.

10. Nous affirmons notre engagement de solidarité avec la lutte de tous les peuples du monde, face à l’offensive du capital, à l’autoritarisme des gouvernements, à la prépondérance de l’empire des Etats Unis, aux guerres insensées, pour la défense des droits de tous les peuples pour la justice et l’égalité.

Nous nous engageons comme militants, hommes, femmes et jeunes à assumer nos tâches pour la défense du peuple brésilien.

Lutter ! Construire la Réforme Agraire Populaire !

Fortaleza, 27 janvier 2017c2eghvuxaaejg3c




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