mouvementsansterre


João Pedro Stedile : « Nous exigeons des élections directes immédiates et l’application d’un programme populaire d’urgence »
25 mai 2017, 6:15
Filed under: Analyse, Appel à mobilisation, Lutte, répression de l´Etat

« Elections directes tout de suite ! »

João Pedro Stedile, dirigeant du Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) et de la coalition « Front Brésil populaire », composée par plus de 80 organisations populaires et de partis de gauche, analyse dans cet entretien réalisé le 18 mai 2017 pour le journal Brasil de Fato la situation politique brésilienne. Il indique également les différentes sorties de crise possibles pour le pays et le rôle que vont avoir les organisations populaires dans les semaines et mois à venir. Pour lui, le moment est « décisif » et « le candidat des travailleurs est Lula, parce qu’il est le représentant de la majorité du peuple brésilien, le seul capable de s’engager dans un processus de changement et d’appuyer notre plan d’urgence ».

Mémoire des luttes publie, dans une version enrichie de quelques précisions factuelles, ce document.

Brasil de Fato (BdF) : Pourquoi le mastodonte médiatique Globo trouve intérêt à diffuser des enregistrements compromettant pour Michel Temer et pourquoi insiste-il pour que soit organisée une élection indirecte pour désigner un nouveau président ?

João Pedro Stedile (JPS) : Le réseau Globo est devenu le principal parti de la bourgeoisie brésilienne. Il préserve les intérêts du capital, se sert de sa capacité de manipulation de l’opinion publique et articule son action aux autres pouvoirs idéologiques de la bourgeoisie : pouvoir judiciaire, certains magistrats et l’ensemble de la presse. Ils savent que le Brésil et le monde sont plongés dans une grande crise économique, sociale et environnementale provoquée par le fonctionnement du capitalisme. Au Brésil, cette crise est devenue une crise politique parce que la bourgeoisie avait besoin d’exercer son hégémonie directement au sein du Congrès et sur le gouvernement fédéral de sorte à faire porter tout le poids de la sortie de crise sur la classe des travailleurs. De ce point de vue, Globo est donc promoteur et gestionnaire du coup d’Etat.

Pour autant, installer Michel Temer au gouvernement après la destitution de Dilma Rousseff fut comme se tirer une balle dans le pied si l’on considère que les soutiens de ce dernier – d’après Eduardo Cunha lui-même [ancien président de la Chambre des députés, allié de Michel Temer et purgeant désormais une lourde peine de prison pour corruption] – constituent un groupe de « délinquants  », opportunistes et corrompus, non préoccupés par la mise en place d’un projet bourgeois pour le pays, mais seulement par leurs intérêts personnels.

L’opération « Carne fraca » [Stedile fait référence au démantèlement, en mars 2017, d’un réseau de vente de viande avariée impliquant inspecteurs sanitaires, fonctionnaires du ministère de l’agriculture et groupes agroalimentaires] fut une seconde balle tirée dans le pied qui est venue ajouter au discrédit du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) – le parti de Temer –. En effet, plusieurs de ses membres y étaient impliqués. Ce faisant, ce beau monde s’est mis à dos un secteur de la bourgeoisie agro-exportatrice. Maintenant, la bourgeoisie a besoin de construire une alternative à Temer. La forme que prendra cette alternative va se décider dans les heures ou les jours à venir. Elle pourrait prendre la forme de la démission de Temer, d’un jugement du Tribunal suprême électoral ou bien d’une accélération des demandes de destitution déjà soumises au Congrès. Dans quelques semaines, on saura qui va le remplacer et plusieurs facteurs détermineront ce choix. Le résultat ne sera pas le fruit d’un plan machiavélique d’un secteur – Globo par exemple – mais la conséquence d’une réelle lutte de classes, et de la manière dont ces dernières agiront dans les heures, jours et semaines à venir.

BdF : Comment est organisé le camp des golpistes ?

Il est divisé depuis 2014. Et ceci est un atout. Lors des coups d’Etat antérieurs, celui de 1964, et pendant le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso en 1994, la bourgeoisie était unie et dirigée par une seule direction. Elle portait un projet pour le pays et disposait d’une arrière garde importante au sein du capitalisme nord-américain.

Aujourd’hui, elle n’a pas de projet pour le pays. Elle a perdu le soutien des américains parce qu’elle s’est alignée derrière Hillary Clinton pendant la dernière campagne présidentielle. Elle cherche uniquement à préserver ses propres intérêts économiques. Comme le dit le sociologue José de Souza Martins (membre du Parti de la social-démocratie du Brésil – PSDB), « les réformes de la protection sociale et du travail sont des mesures capitalistes qui augmentent l’exploitation des travailleurs, mais qui sont aussi contradictoires avec le développement d’un projet capitaliste de pays  ».

Les golpistes n’ont pas non plus une seule direction. Ils sont divisés entre le pouvoir économique (Henrique Meirelles – le ministre de finances –, JBS, etc.), le groupe des « délinquants  » du PMDB (Romero Juca, chef de la coalition gouvernementale au Sénat, Eliseu Padilha, ministre de la Casa civil [équivalent de premier ministre], Temer, Moreira Franco (secrétaire général de la présidence) qui détiennent le pouvoir législatif mais qui commencent à se fissurer aussi (on l’a vu avec le cas de Renan Calheiros). Il existe, en plus, un groupe idéologique composé de Globo et du pouvoir judiciaire, qui doit aussi faire face à des nombreuses contradictions internes. Personne n’a une idée claire à propos du remplaçant de Temer.

La situation idéale pour eux serait de neutraliser Lula, d’instaurer un gouvernement de transition, accepté par la majorité de la population, dont la ministre Carmen Lucia [présidente de la Cour suprême] pourrait être à la tête jusqu’en 2018 – et se mettre en situation de gagner les prochaines élections.

Mais la division se manifeste aussi dans la désignation des candidats, puisqu’ils n’ont pas réussi encore à créer un nouveau Fernando Henrique Cardoso ou un Collor. Ils testent auprès de l’opinion publique des noms comme João Doria, l’actuel maire de Sao Paulo – ou Luciano Hulk. Mais ils savent, à partir des sondages, qu’ils ne sont pas viables et qu’ils ne feraient qu’aggraver la crise politique.

BdF : Dans ce contexte, que peuvent faire les travailleurs et les organisations populaires ?

JPS : Nous débattons depuis l’année dernière au sein des plus de 80 mouvements populaires et organisations politiques qui font partie du Front Brésil populaire et pensons que l’issue possible pour la classe des travailleurs se trouve dans un ensemble des mesures complémentaires. Premièrement, faire tomber les golpistes et suspendre toutes leurs mesures législatives prises contre le peuple. Ensuite, mettre en place un gouvernement de transition qui convoque l’élection présidentielle pour octobre 2017 et qui étudie une réforme politique immédiate pour garantir l’exercice réel de la volonté du peuple, et enfin qu’un nouveau Congrès soit élu.

Il faut aussi que le nouveau gouvernement s’engage, dès sa prise de fonction, à convoquer une Assemblée constituante exclusive destinée à bâtir un nouveau modèle démocratique qui définisse le régime électoral du pays.

En parallèle, nous proposons un « Plan populaire d’urgence » qui comporte plus de 70 mesures urgentes – qui, d’après nous, devraient sortir le pays de la crise économique, sociale et politique –. Le gouvernement de transition et le nouveau gouvernement devront le mettre en oeuvre.

Pendant la campagne électorale, il faut discuter d’un nouveau projet pour le pays, qui prenne en compte les réformes structurelles indispensables à court et moyen terme, telles que la réforme fiscale, la réforme des médias, la réforme agraire et même la réforme du pouvoir judiciaire. Mais pour que cela soit possible, il faut que les travailleurs, que les masses, occupent les rues de manière urgente. C’est là que le peuple peut exercer sa force, lors des mobilisations, lors des occupations de terrains et avec la pression populaire. Je crois que dans les prochaines heures et les prochains jours, il y aura des réunions d’assemblée pour fixer le calendrier précis des manifestations. Nous pensons de notre côté que la semaine prochaine sera décisive. Nous voulons camper devant le Tribunal électoral suprême pour nous assurer de la démission des golpistes et de la détention des corrompus dénoncés par Joesley Batista.

Nous voulons organiser de grandes mobilisations dans toutes les capitales et les grandes villes du pays le dimanche 21 mai. Nous voulons faire du 24 mai une grande journée de mobilisation nationale à Brasilia, mais également dans tout le pays en occupant les Parlements locaux, les routes. Le peuple veut rentrer dans la lutte et faire pression pour accélérer les changements attendus.

BdF : Les élections directes peuvent-elles apporter des avancées pour le pays ? De quelle manière ? Qui pourraient être les candidats ?

JPS : Bien sûr, les élections directes pour élire un président et un nouveau parlement sont une nécessité démocratique indispensable pour sortir le pays de la crise politique. Seul le résultat des urnes peut amener un gouvernement représentant les intérêts de la majorité et ayant la légitimité nécessaire pour réaliser les changements en faveur du peuple qui permettront la sortie de la crise économique. Parce que c’est la crise économique qui est à la base de toute la crise sociale et politique. Le candidat des travailleurs est Lula, parce qu’il est le représentant de la majorité du peuple brésilien, le seul capable de s’engager dans un processus de changement et d’appuyer notre plan d’urgence.

Il y a aura probablement d’autres candidats, tels que Bolsonaro, le représentant de l’extrême droite, Marina Silva, qui essaiera de capter l’électorat du centre mais dont la base réelle est seulement l’église de « l’Assemblée de Dieu ». Les « tucanos » [nom familier donné aux membres du PSDB] sont en crise à cause de l’implication de Alckin dans plusieurs dénonciations. Doria n’est qu’un playboy de cinquième catégorie. Et le réseau Globo n’a pas eu le temps de construire une alternative comme il l’avait fait avec Collor en 1989.

BdF : Comment empêcher les retours en arrière imposés par l’agenda des golpistes  ?

JPS : Mobiliser, lutter et ne pas abandonner les rues. Dans les prochains jours, nous allons travailler dans la perspective de la grève générale indéfinie. La bataille des prochains jours sera décisive afin de fixer un cap pour le pays dans les années à venir. La force de la classe des travailleurs ne peut s’exprimer que dans les rues.

 

Source : https://www.brasildefato.com.br/2017/05/18/stedile-precisamos-de-elecciones-directas-ya-y-de-un-plan-popular-de-emergencia/



Campagne pour la libération des prisonniers politiques du Mouvement Sans Terre au Brésil

Chers compagnons comme vous le savez le Brésil vit depuis quelques mois un coup d’Etat d’extrême droite. Le gouvernement illégitime de Michel Temer a intensifié la criminalisation et la répression des mouvements populaires et des luttes sociales, en même temps qu’il a multiplié les réformes néolibérales dans le pays.

Ces derniers mois se sont produits plusieurs cas d’arrestations et de persécutions politiques de leaders et activistes populaires, dans le but de démobiliser les mouvements sociaux.

Le Mouvement Sans Terre compte actuellement 16 prisonniers politiques dans tout le pays. Ce sont des personnes emprisonnées pour leur activisme et pour leur lutte pour la terre et pour un monde plus juste.

Nous avons lancé une campagne contre la criminalisation des luttes et pour la libération immédiate des prisonniers politiques du Mouvement des Sans Terre Fabiana et Claudelei, emprisonnés depuis novembre 2016 dans l’État de Paraná, et accusés du délit d’organisation criminelle.

Les emprisonnements font partie de l’Opération Castra, commandée par la Police Civile de Paraná. Une autre action de cette même opération fut l’invasion de l’École Nationale Florestan Fernandes – ENFF, sans ordre judiciaire, en novembre passé, dans l´État de Sao Paulo.

Fabiana est une jeune militante du MST de 22 ans, qui vit dans l’unité agricole productive (asentamiento) Dom Tomás Balduíno.

Claudelei Lima a 39 ans, vit dans l’unité agricole productive (asentamiento) Celso Furtado, est agriculteur, radio-amateur, et plus récemment conseiller municipal de Quedas do Iguaçu.

L’accusation contre ces personnes révèle de la tentative de criminaliser la lutte et l’organisation populaire. C’est pourquoi nous vous invitons à contribuer à la défense de la lutte des défenseurs des droits humains.

La campagne propose plusieurs actions de solidarité :

1. Signer le manifeste d’appui à la libération des prisonnières et prisonniers politiques du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre (ci-joint, ci-dessous)

Vous pouvez signer en ligne ici : http://meucrimeelutar.com.br/

Vous pouvez envoyer votre signature au courriel : meucrimeelutar@gmail.com et srimst@mst.org.br

Vous pouvez envoyer votre photo de soutien à : meucrimeelutar@gmail.com et srimst@mst.org.br

2. Envoyer un message de soutien aux prisonniers et prisonnières : depuis la page web http://meucrimeelutar.com.br/ aux quatre membres du Mouvement des Sans Terre emprisonnés dans l’État de Paraná. Les messages seront envoyés au mail de la campagne, imprimés et remis aux destinataires.

Vous pouvez aussi envoyer directement votre message à meucrimeelutar@gmail.com avec copie à srimst@mst.org.br

3. Diffuser la page Web, le Facebook et le Twitter de la campagne.

Fabiana, Claudelei et tous les prisonniers politiques du MST comptent sur votre solidarité.

MANIFESTE POUR LA LIBERATION DES PRISONNIER(E)S POLITIQUES du MOUVEMENT DES SANS TERRE AU BRESIL- SIGNATURE

Pour la liberté des prisonniers politiques du Mouvement des Travailleurs Sans Terre

A : EXMA. SRA. DRA. JUEZA DE DERECHO DE LA COMARCA DE QUEDAS DO IGUAÇU – TRIBUNAL DE JUSTICIA DEL ESTADO DEL PARANÁ

Actions pénales n° 0003169-83.2016.8.16.0140 y n°0003376-82.2016.8.16.0140

Nous, sympathisant(e) du MST soussignés, demandons à votre Excellence à travers cette lettre l’annulation des détentions préventives contre des membres de ce mouvement social.

Nous comprenons que le MST est l’expression licite de l’exercice de la citoyenneté. Être sans terre, c’est agir pour l’amélioration des conditions de vie de milliers de personnes, dans le cadre des articles de la Constitution, pour que se réalise la réforme agraire au Brésil. Malheureusement cette politique publique ne se concrétise qu’à travers la mobilisation de paysans et paysannes: telle est la raison de l’existence des campements de travailleuses et travailleurs ruraux à Quedas do Iguaçu et Rio Bonito do Iguaçu.

Etre sans terre n’est pas une atteinte à l’ordre public. Ce n’est pas un crime de manifester pour la réforme agraire. L’imputation pour délit d’organisation criminelle représente une violation frontale des droits humains et d’assemblée, prévus dans plusieurs accords internationaux dont le Brésil est signataire, parmi lesquels le Pacte International des Droits civils et de la Déclaration Interaméricaine des Droits Humains.

En outre il n’est pas légitime d’affirmer sans preuves que des membres du MST, pour les simple fait d’être Sans terre, empêchent la production de preuves dans ces procès ou font obstacle à l’application du code pénal.

Toutes les personnes, dont les membres du MST, ont le droit de répondre aux accusations en liberté. Les emprisonnements préventifs contre des adhérents du MST, par leur caractère générique, attentent à la présomption d’innocence. La situation actuelle montre que les Sans terre sont coupables jusqu’à ce qu’ils réussissent à prouver leur innocence, ce qui va en sens contraire de ce qu’établit la Constitution de la République Fédérale du Brésil et plusieurs traités internationaux dont le pays est signataire.

Il n’existe pas de justification légale au maintien des emprisonnements préventifs alors qu’existent d’autres possibilités de mesures de précaution, tous les défenseurs des droits humains qui ont été criminalisés possèdant famille, résidence fixe, et occupation licite.

C’est pourquoi nous exigeons que soient révoqués les emprisonnements préventifs existant contre les adhérents du MST, garantissant à ceux-ci le droit fondamental à l’organisation et à la manifestation, ainsi que le droit d’être considérés innocents et en liberté pour qu’ils puissent prouver qu’ils n’ont commis aucun délit.

Nous croyons dans la Justice et sa capacité de discernement !

Joignez-vous à ce manifeste et envoyez votre signature à meucrimeelutar@gmail.com, avec copie à srimst@mst.org.br

Ou signez directement en ligne à travers le site http://meucrimeelutar.com.br/

Merci pour votre solidarité !

———–

Cassia Bechara

Direction National du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre MST

Collectif des Relations Internationales

Tél: (11) 2131 0850

Skype: cassia.bechara

———————————————————-

Traduction : Thierry Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p27hZR-tI



Mouvement des Sans Terre : l’appel de Fortaleza


unnamedInspirés par les luttes paysannes du Ceara, nous, coordinatrices et coordinateurs nationaux du Mouvement des Travailleurs Sans Terre, nous sommes réunis à Fortaleza, revendiquant la mémoire et l’exemple de Fidel Castro, du centenaire de la Révolution russe et du cinquantenaire du martyr de Che Guevara, pour étudier la conjoncture politique et agraire de notre pays et projeter les défis et les tâches pour la prochaine période.
Il y a une crise structurelle du capitalisme, accentuée depuis 2008, expression des crises économique, politique, social et environnementale, représentée par des propositions autoritaires et fascistes, qui menacent les droits humains des travailleurs et les biens de la nature dans le monde entier. Dans ce contexte, pour que le Capital continue à s’approprier les ressources économiques de la société, il est nécessaire de supprimer les droits historiques de la classe travailleuse afin que ces ressources soient à la disposition exclusive du marché financier. Le Coup d?État et les actes institutionnels du gouvernement illégitime du Brésil, comme la réforme de la sécurité sociale, la réforme du travail, le PEC55 et l’abandon au privé des ressources pétrolières du Pré-Sal, sont des exemples de ce mouvement. Face à ce scénario :

1. Nous réaffirmons la nécessité de réformes structurelles et d’une Réforme Agraire Populaire, qui garantisse la souveraineté alimentaire, la souveraineté nationale contre la vente des terres au capital étranger et la défense des biens de la nature, l’eau (particulièrement l’aquifère Guarani), la terre, les minerais, le pétrole et la biodiversité. Nous sommes contre, et nous combattrons, la Mesure Provisoire 759 de recul de la Réforme Agraire, qui privatise les terres destinées à la Réforme Agraire, en les transformant en marchandises, qui légalise les usurpateurs de terres publiques et exclut du processus d’assentamentos les travailleurs et travailleuses occupant les terres et vivant dans des campements.

2. Nous lutterons contre la privatisation des terres, déguisée en attribution de titre de propriété et qui veut se débarrasser des « assentados », comme mécanisme d’exclusion des politiques de réforme agraire. Nous exigeons l’enregistrement des lots et des assentamentos sous la forme de « Concession de droit réel d’usage de la terre » -CDRU et l’interdiction de vente des terres des assentamentos.

3. Nous nous engageons à lutter avec l’ensemble des travailleurs et travailleuses contre la réforme de la sécurité sociale, la réforme du travail et les autres mesures qui retirent des droits historiquement conquis. Nous nous engageons à la construction du Front Brésil Populaire et à son enracinement dans les communes.

4. Nous sommes solidaires de toutes les formes de luttes et de résistance contre le Coup d’Etat et nous appuierons tous les secteurs de notre peuple qui se mobilisent par la lutte, depuis les peuples indigènes et quillombolas jusqu’aux étudiants dans les écoles occupées pour la défense de l’enseignement public. Ainsi, nous nous joindrons aux journées de luttes du 8 au 15 mars, convoquées par la Confédération nationale des travailleurs de l’Education (CNTE).

5. Nous dénonçons la criminalisation de la lutte sociale qui utilise des arguments juridiques pour poursuivre et condamner la lutte sociale sans preuve et au service des intérêts du capital, résultat de l’orgueil, de l’arrogance et de l’autoritarisme d’un Pouvoir Judiciaire plein de privilèges, mais sans aucun engagement social. Nous exigeons la libération de tous les travailleurs emprisonnés et persécutés.

6. Nous appelons toutes les femmes du monde rural et des zones urbaines à une grande journée de lutte le 8 mars. Les travailleuses sont les plus atteintes par la réforme de la sécurité sociale, ce qui augmente les inégalités de genre dans une société machiste et patriarcale.

7. Nous combattrons la vente de terres au capital étranger, le recul de la réforme agraire et le modèle d’agrobusiness lors des journées de lutte et les occupations au mois d’avril. De plus, nous proposons la réalisation d’une grande Marche Nationale à Brasilia, au courant du second trimestre, pour dénoncer les mesures du gouvernement « golpiste ».

8. Nous défendons la convocation d’élections générales au Congrès et à la Présidence de la République, pour que soit rendu au peuple le droit de choisir ses représentants.

9. Nous travaillerons avec le Front Brésil Populaire et les autres organisations de travailleurs et travailleuses pour construire un Programme d’Urgence qui combatte le chômage, l’inégalité de revenus et la perte de droits. Nous appelons les travailleurs et les travailleuses pour que, dans la prochaine période, nous puissions construire de grandes mobilisations de la classe travailleuse autour du droit à la Terre, au Logement et au Travail.

10. Nous affirmons notre engagement de solidarité avec la lutte de tous les peuples du monde, face à l’offensive du capital, à l’autoritarisme des gouvernements, à la prépondérance de l’empire des Etats Unis, aux guerres insensées, pour la défense des droits de tous les peuples pour la justice et l’égalité.

Nous nous engageons comme militants, hommes, femmes et jeunes à assumer nos tâches pour la défense du peuple brésilien.

Lutter ! Construire la Réforme Agraire Populaire !

Fortaleza, 27 janvier 2017c2eghvuxaaejg3c



La Vía Campesina dénonce la criminalisation croissante et la persécution envers la paysannerie au Brésil
11 novembre 2016, 11:16
Filed under: Appel à mobilisation, Solidarité internationale
09/11/2016
Opinión
  • Ilustración: Francisco Daniel

(Harare, 8 novembre 2016) La Vía Campesina, mouvement paysan international, dénonce la triple alliance entre le gouvernement putschiste de Temer, les intérêts transnationaux et les médias officiels qui cherchent à inventer un scénario dirigé à l’opinion publique pour tenter de criminaliser les mouvements sociaux au Brésil dans leur droit légitime à la résistance et à la protestation.

Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Temer a renforcé son plan stratégique néolibéral avec la réduction des coûts du travail, la récupération de fonds, en privatisant et en octroyant plus de privilèges au secteur de l’agroindustrie, au détriment des secteurs populaires, paysans, indigènes et des populations les plus pauvres. Les ressources financières qui étaient auparavant destinées à divers secteurs publics comme celui de l’éducation, la santé ainsi que les droits des travailleurs et travailleuses ont été piétinés quelques jours à peine après la prise du pouvoir par Temer. Imposant une politique dominée par la peur, la persécution et la criminalisation orchestrées par les  médias de masse, comme Globo, où nos camarades ont été représentés sur écran comme des criminel(le)s, bafouant de cette manière leurs droits civils et leur droit à l’organisation.

Devant ces faits récents qui se sont déroulés contre le Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans Terre MST du Brésil, membre de la Vía Campesina, nous exprimons notre réelle préoccupation face à ces atteintes aux droits civils et à la criminalisation injustifiée des mouvements sociaux.

Dans ce sens, en tant que Vía Campesina International, nous somme venu encourager et inciter la création d’une Déclaration des Droits des Paysans au sein des Nations Unies d’où nous avons souligné l’urgence de pouvoir garantir le droit des paysannes et paysans à la liberté d’association et d’organisation, ainsi que le droit à ne pas être criminalisé en raison de ses plaintes et de ses combats légitimes.

Comme mouvement international, nous observons d’un œil très vigilant ce type de politique de la haine qui se consolide avec le soutien de gouvernement de droite au pouvoir. C’est pour cela que nous dénonçons et appelons à nos organisations, nos amis ainsi que nos alliés à rester en état d’alerte afin que ces actions de persécution, d’emprisonnement et de criminalisation ne se répètent plus, car ils affaiblissent de manière drastique la démocratie.

Les peuples du monde entier ont le droit de résister et de protester face aux politiques néolibérales qui bafouent et restreignent nos droits et atteintes à la vie. C’est pour cette raison qu’au sein de La Vía Campesina nous nous joignons aux cris de dénonce et de résistance depuis la voix des centaines d’organisations, de personnalités, d’intellectuels et d’artistes provenants de divers continents du monde, qui ont manifestés leur solidarité et leur soutien envers le MST et envers tous les peuples organisés au Brésil.

Le MST vous n’êtes pas seuls !

Globalisons la lutte, globalisons l’espoir !

 Source http://www.alainet.org/fr/articulo/181547



BRÉSIL : TEMER ATTAQUE LE MOUVEMENT DES SANS TERRE
5 novembre 2016, 6:46
Filed under: Appel à mobilisation, Formation, répression de l´Etat

Publié le 5 Novembre 2016 par Bolivar Infos. Par Carlos Aznárez (Resumen Latinoamericano), 4 novembre 2016.Traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Rien n’arrive par hasard. Alors que représentant du Mouvement des Sans Terres du Brésil, Joao Pedro Stédile et d’autres membres de cette organisation de masse se trouvent au Vatican pour participer à la Rencontre des Mouvements Populaires avec le Pape François, la police brésilienne attaque violemment l’Ecole Florestan Fernandes que cette organisation possède dans les environs de Sao Paulo.

30471386720_91764d33aa_z

Un déploiement inhabituel d’hommes en uniformes brandissant leurs armes et tirant en l’air sans aucune nécessité, des insultes criées contre les militants du Mouvement des Sans Terre qui se trouvaient là, tout cela dans le cadre d’une claire démonstration de haine et de force contre l’une des plus importantes organisations paysannes du continent, une organisatrice essentielle de la Vía Campesina jouissant d’un prestige mondial pour la tâche qu’elle accomplit depuis des années en défense des travailleurs et des travailleuses des champs et du peuple pauvre du Brésil.

De cette façon, la dictature de Temer, un gouvernement illégitime de quelque façon qu’on le regarde, a voulu « montrer au monde » que dans son pays, ne rentrent déjà pus les droits de l’homme, les recettes démocratiques et encore moins les enseignements professés ces derniers temps par le Pape François en personne. Le gouvernement des riches cherche à faire valoir ses opinions à la pointe du fusil et avec arrogance, comptant pour cela non seulement sur les polices « légales » mais aussi sur les paramilitaires au service des latinfundistes comme c’est arrivé dans l’assaut récent des campements du Mouvement des Sans Terre à Marabá.

Avec la même impudence avec laquelle il a jeté Dilma Rousseff par la fenêtre, Temer croit qu’il peut agir contre tout ce qui affronte son discours néolibéral défaitiste et en ce sens, le Mouvement des Sans Terre et le Front Brasil Popular sont « l’ennemi à abattre ». Mais ce président des monopoles et du FMI se trompe complètement, le peuple brésilien a des années d’expérience dans la défense de ses droits et en ce sens, le niveau de conscience révolutionnaire des membres du Mouvement des Sans Terres est un exemple pour tout le continent. Ils ont construit une organisation de la base et sans faire aucune concession à l’establishment, en conservant son autonomie, en formant des cadres, en intégrant aussi bien les femmes, les hommes et les enfants dans un monde solidaire, parallèle au Brésil « réel » de la consommation, des médias hégémoniques menteurs et de la répression comme style de vie.

formacao-2-640x425

C’est que ce qui effraie des personnages comme Temer et ses acolytes qui croient avoir aujourd’hui réalisé une prouesse en entrant en armes et en tas dans une école que l’éducation populaire et l’internationalisme ont transformé en exemple de la voie à suivre pour les combattants du continent et du monde.

Devant cette attaque brutale des Sans Terre, l’heure est venue pour nous qui avons toujours reçu la solidarité de cette organisation envers nos luttes, de répondre de la même manière en condamnant encore une fois la barbarie mise en place par Temer et par l’oligarchie pro impérialiste brésilienne.

En attaquant le Mouvement des Sans Terre, ils cherchent à affaiblir les luttes de la région. C’est pourquoi l’internationalisme solidaire doit faire sentir sa force contre cette violation en proclamant à haute voix que Nous sommes tous des Sans Terre, Temer dehors !

Source en espagnol :

http://www.resumenlatinoamericano.org/2016/11/04/brasil-hoy-en-el-continente-y-en-el-mundo-todos-y-todas-somos-mst/

URL de cet article : http://bolivarinfos.over-blog.com/ 2016/11/bresil-temer-attaque-le-mouvement-des-sans-terre.html



face à la répression policière, l’Ecole Nationale Florestan Fernandes mobilise la solidarité des mouvemnts sociaux

30140710324_47faa885fa_bDes organisations de la société civile, des parlementaires et des personnalités appellent à participer à un acte contre la criminalisation des mouvements populaires et en solidarité avec l’École Nationale Florestan Fernandes (ENFF).

La mobilisation aura lieu ce samedi à 15h, à l’ENFF (Rua José Francisco Raposo, n ° 1140, Parateí Quarter, Guararema, SP), en réponse à l’action de la police civile, qui aux premières heures de ce vendredi 4 novembre a envahi les locaux de l’école sans aucun mandat. Au cours de l’action, la police a tiré trois balles de revolver et arrêté deux militants, libérés après avoir fourni un témoignage.30470829260_2a873679a0_b

La mobilisation de la police faisait partie de l’opération « Castra », qui couvre trois états: Paraná, São Paulo et du Mato Grosso do Sul, et dont l’objectif principal est de criminaliser et arrêter les dirigeants des camps Dom Tomas Balduino et Héritiers de la lutte pour la terre, militants installés sur des terres de la région centrale de Paraná. Dans cet état, huit militants ont été arrêtés.

Dans l’état de Mato Grosso do Sul, 3 voitures de police immatriculées fans l’état du Paran ont fait irruption dans le Centre de recherche et de formation Geraldo Garcia (CEPEGE) de Sidrolândia. L’action de la police visait des militants du MST Paraná qui se seraient trouvés dans ce centre.

Dans un communiqué, le MST a dénoncé l’«escalade de la répression contre la lutte pour la terre, sous l’influence des lobbys agro-industriels associés à la violence d’un Etat d’exception », et a accusé la compagnie Araupel de collusion avec l’appareil de police et les autorités publiques.

Depuis mai 2014, environ 3000 familles de travailleurs ruraux occupent des zones occupées illégalement par la compagnie Araupel, ces terres ayant été déclarées de propriété publique par la Cour fédérale du Brésil.

Source: http://www.mst.org.br/2016/11/04/policia-invade-enff-sem-mandato-de-busca-e-apreensao.html

Traduction : T.Deronne

URL de cet article : http://wp.me/p27hZR-sU



 Mobilisations internationales « TEMER , DEHORS »

marcha_contra_temer.jpg_1718483346Chers compagnons et compagnes internationalistes,

La lutte contre le Coup d’État au Brésil et contre le gouvernement illégitime de Michel Temer continue.

Le 18 juillet, le Collectif national du Front Brésil Populaire a débattu de la conjoncture politique du pays. Malgré les difficultés induites par un rapport de forces institutionnel défavorable, nous sommes arrivés à la conclusion que la destitution n’est pas une fatalité ; le processus peut donc être inversé.

C’est pourquoi, il est fondamental pour nous de reprendre le processus de mobilisations de rues et la dénonciation internationale, qui continue  d’être un moyen de pression fondamental sur les Sénateurs et même sur le gouvernement « golpiste ».

Au Brésil, nous allons continuer les événements et les mobilisations nationales, en donnant la priorité à quelques dates clés :

  • 05 août : Ouverture des Jeux Olympiques – Mobilisation nationale sur le thème « Temer, Dehors » et sur la dénonciation du Coup d’Etat, à Rio de Janeiro.
  • 9 août : Date prévue pour le premier vote en plénière du Sénat – Marches dans toutes les capitales du pays.
  • Du 24 au 29 août : Période du vote final du Sénat – Manifestation nationale à Brasilia.

Nous appelons tous nos camarades internationalistes, les brésilien(e)s résidant à l’extérieur, les mouvements et organisations de travailleurs du monde entier, à organiser des événements devant les ambassades et les consulats brésiliens, des manifestations de rue, des rassemblements devant vos parlements pour exiger la non-reconnaissance du gouvernement illégitime de Temer, et toute action possible contre le Coup d’État et pour le « Temer Dehors », renforçant ainsi au niveau international les actions au Brésil.

Nous envoyons en annexe un flyer pour dialoguer avec la société, qui explique à la population le Coup d’État et les mesures du gouvernement « golpiste ». Il est en portugais, anglais, espagnol et français. Ceci pour une large diffusion et reproduction.

La solidarité et l’appui de la classe ouvrière du monde et de tous les secteurs démocratiques et progressistes est fondamental pour que nous parvenions, ensemble, à vaincre le processus en cours .

Le Coup d’État contre la démocratie brésilienne est un coup contre toutes les démocraties du monde !

TEMER DEHORS ! 

LA VERITE SUR LE COUP D’ETAT

La destitution d’un président de la République n’est possible, selon notre Constitution, que s’il a commis un crime.

Les auteurs de la demande de destitution de la Présidente Dilma Roussef argumentent qu’elle a utilisé la procédure de « pédalages » budgétaires.

Cette pratique ne constitue pas un crime et a déjà été utilisée par d’autres présidents, comme Fernando Henrique Cardoso et Lula.

Michel Temer, quand il était Vice-Président en exercice, a utilisé cette même procédure lorsqu’il devait assumer la présidence.Il y a plus de 24 gouverneurs dans tout le pays qui l’ont utilisée, y compris Geraldo Alckim, de São Paulo et l’ex-gouverneur de Minais Gerais, Aécio Neves.

Si le Tribunal Fédéral Suprême était fidèle à la Constitution, il devrait annuler ce processus.

Le jugement de la présidente est tellement manipulé que, parmi les députés qui ont approuvé le coup d’État, plus de 100 d’entre eux sont l’objet d’instructions dans le cadre de l’opération Lava Jato (Enquête contre la corruption lié à l’entreprise Petrobras).

Le rapporteur de la procédure au Sénat est le sénateur du Minais Gerais Antônio Anastasia, ex-gouverneur de son Etat, qui a aussi pratiqué des « pédalages » budgétaires pendant les cinq années de son mandat.

Le sénateur Romero Jucà (PMDB-RO) a révélé, dans des enregistrements de conversations téléphoniques avec ses alliés, que le véritable objectif de la destitution est d’arrêter l’  « opération Lava Jato », car la présidente Dilma refusait de protéger les parlementaires impliqués. A cause de cela, entre autres, ils se sont mis d’accord pour appuyer Michel Temer et ses plans de coup d’Etat.

Avec la crise économique et politique, le gouvernement de la présidente Dilma a diminué les contrats publicitaires avec les grandes entreprises de communication , comme Globo et l’Editeur Abril. Leurs propriétaires, mécontents, se sont mis à promouvoir les manifestations contre le gouvernement et pour la destitution de la Cheffe d’Etat.

Le fait est que la destitution, sans base légale, s’apparente à un coup d’état, organisé par les politiciens les plus corrompus, les grands moyens de communication et les entreprises anti-patriotes.

LE GOUVERNEMENT ILLEGITIME DE TEMER EST CONTRE LES TRAVAILLEURS ET CONTRE LE BRESIL .

Il a pris une mesure provisoire qui autorise la privatisation d’entreprises d’État dans le secteur électrique, les ports et les aéroports brésiliens.

Il  a préparé une loi qui permet au capital étranger d’acheter intégralement nos entreprises aériennes, ainsi que les terres et les ressources naturelles.

Il favorise le maintien des taux d’intérêt les plus hauts du monde, ce qui va provoquer en 2016 le transfert de 500 milliards de reais du Trésor National vers les banques et les plus riches, qui détiennent des titres de la dette nationale.

Il a autorisé l’augmentation des salaires du Pouvoir Judiciaire, représentant un déficit de 60 milliards dans les comptes publics.

Il a fermé plusieurs ministères qui se préoccupaient des intérêts de la population la plus pauvre, comme le Ministère du Développement Agraire et le Secrétariat des Droits humains.

Il a rédigé un projet de loi qui retire l’obligation de participation de 30% de l’entreprise Petrobras dans les champs du pré-sal. C’est-à-dire que 30% des hydrocarbures trouvés au Brésil reviennent obligatoirement à Petrobras.

Il a annoncé un projet de loi, contraire à la Constitution, qui en terminerait avec les dépenses publiques obligatoires dans les domaines de la santé et de l’éducation.

Il a annoncé qu’il va modifier le système de protection sociale, en augmentant l’âge minimum de départ à la retraite et obligeant les femmes à avoir le même temps de travail que les hommes pour prétendre à la retraite. Il veut aussi supprimer l’indexation du montant minimum de la retraite, qui bénéficie aux plus pauvres, sur l’augmentation annuelle du salaire minimum.

Il a réduit les budgets pour le programme de logements populaires « Ma Maison, Ma Vie », qui prévoyait la construction de 700 000 maisons juste pour 2016. Probablement, cette année, nous n’arriverons pas à 30 000  maisons construites dans tout le pays.

LE GOUVERNEMENT TEMER EST ANTIDEMOCRATIQUE

Il a constitué un gouvernement composé uniquement d’hommes, riches, blancs et plutôt “ de la vieille politique”.

Dans ce gouvernement, il y a déjà trois ministres qui ont dû démissionner à cause de dénonciations pour corruption et divers autres sont impliqués dans des procès.

En politique extérieure, il a donné des signes clairs d’un réalignement sur les intérêts du gouvernement des États-Unis. Il dit qu’il va sortir du Mercosur (Marché commun du Sud) et de l’Unasul (Union des Nations sud-américaines), et aussi abandonner les liens historiques avec l’Afrique. Il ne cache pas qu’il sera soumis aux pays les plus riches et à leur intérêts.

Il a nommé un général pour le Cabinet de Sécurité institutionnelle, en réactivant l’Agence Brésilienne d’Intelligence (Abin) contre les mobilisations sociales et les mouvements populaires.

C’EST LE PEUPLE BRESILIEN QUI PAIE LA FACTURE DU COUP D’ETAT

La crise économique est de plus en plus importante, augmentant les sacrifices pour les travailleurs, provoquant le chômage et la diminution des salaires.

Le Coup d’État a paralysé des entreprises stratégiquement importantes pour le pays, dans les secteurs de la construction civile, de l’industrie navale et de la défense nationale. Il a aussi affecté les compagnies qui dépendent du marché interne et de l’augmentation des revenus de la population.

L’entreprise Petrobras est secouée par la démission de milliers de travailleurs et la vente des actifs. Peut-être veulent-ils créer les conditions pour la rendre inefficace et justifier sa privatisation ?

La violence policière contre les plus pauvres et les mouvements populaires qui défendent les droits des travailleurs a augmenté.

CE QUE NOUS EXIGEONS

Que la présidente Dilma Roussef soit déclarée innocente par le Sénat, refermant ainsi la farce du coup d’État, respectant ainsi les 54 millions de brésiliens qui l’ont élue en 2014.

L’engagement de la Présidente Dilma sur un nouveau programme de gouvernement, qui affronte la crise, avec des politiques publiques en faveur des travailleurs.

Respect de tous les droits du travail et sociaux, conquis et consacrés par la Constitution brésilienne.

Sanction à tous les corrompus, quelque soit leur parti, que ce ne soit pas seulement les dirigeants du PT qui soient sanctionnés, mais aussi ceux de tous les autres partis.

Engagement de réaliser une profonde réforme politique, qui garantisse au peuple le droit d’élire ses vrais représentants, avec une mise en œuvre pour les élections de 2018.

Engagement d’une nouvelle loi pour les moyens de communication, qui rompe avec le monopole de  Rede Globo et des autres entreprises familiales, en démocratisant la production d’information et de culture.

URL de det article: http://wp.me/p27hZR-sK




%d blogueurs aiment cette page :