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Les Sans Terre du Brésil appuient la création de Terra TV

Participez à la création de Terra TV en faisant un don ! https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv

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POUR SOUTENIR LA CRÉATION DE TERRA TV, UNE TÉLÉVISION NOUVELLE PRODUITE PAR DES COLLECTIFS PAYSANS EN LUTTE POUR LA TERRE, ET UNE ÉCOLE DE FORMATION POUR LES MOUVEMENTS SOCIAUX

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Lien pour les dons : https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv

Qui sommes-nous ?

Depuis 20 ans l’École Populaire et Latino-américaine de Cinéma, Télévision et Théâtre (EPLACITE) a formé des milliers de membres des mouvements sociaux d’Amérique Latine pour qu’ils puissent créer eux-mêmes leur image. Un vaste réseau s’est constitué, qui permet aujourd’hui de passer à nouvelle une étape : la création d’un nouveau média, Terra TV.

Pourquoi Terra TV ?

Notre objectif est de créer une télévision différente, horizontale qui sera un outil de formation, de diffusion et d’articulation des mouvements sociaux paysans et qui permettra de nouer un dialogue entre les expériences vécues dans un grand domaine occupé et mis en culture par les paysans sans terre du Brésil, dans une organisation paysanne de Colombie, une communauté indigène d’Amérique Centrale, une commune rurale du Venezuela et peu à peu avec des collectifs d’Europe, d’Afrique, du monde entier. Ces chroniques croisées, libérées de l’ »événementiel », donneront au spectateur la possibilité de découvrir l’image faite par les paysan(ne)s eux-mêmes. En tant qu’école audio-visuelle, Terra TV accompagnera d’autres collectifs dans la création de formes innovantes, non formatées.

Terra TV aura une triple fonction :

–          Diffuser l’image, et faire le suivi, de la vie quotidienne et du travail en profondeur des organisations paysannes et les traduire en portugais, espagnol, anglais ou français.

–          Mettre en ligne des modules de formation en réalisation audio-visuelle, en agroécologie, en Histoire, en économie, en philosophie, en pratiques socioculturelles, eux aussi, traduits en portugais, espagnol, anglais ou français, avec un suivi pédagogique pour les collectifs participant(e)s.

–          Organiser, articuler et nouer des solidarités internationales grâce au suivi des processus et à l’agenda des luttes. Toute organisation qui lutte pour la terre sous n’importe quelle latitude pourra afficher ses activités.

Comment soutenir la création de Terra TV ?

Nous faisons appel à vous pour financer l’équipe de ce nouveau média et pouvoir investir dans les outils adéquats. L’équipe sera constituée par :

–          2 monteur(se)s pour assembler les séquences envoyées par les mouvements sociaux et organiser quotidiennement la grille de la WebTV.

–          2 formateurs(trices) pour répondre aux  demandes de formation en ligne des mouvements, générer du contenu formatif adapté en poursuivant  le travail effectué depuis 20 ans par l’EPLACITE.

–          4 traducteurs(trices) pour traduire les productions audiovisuelles et les textes formatifs du portugais ou de l’espagnol au français/portugais/espagnol.

–          Un(e) Webmaster pour coordonner toute l’équipe, répondre aux courriers et maintenir la conception du site à jour. C’est donc un coordinateur et un graphiste en même temps.

–          1 ordinateur type Mac Pro pour le Webmaster + location du serveur.

Autres manières d’aider ce projet..

Si vous ne pouvez aider économiquement ce projet, vous pouvez aussi le soutenir en relayant l’information dans les réseaux sociaux, journaux, etc.…

Note : Les dons au profit de Terra TV vous donnent droit à une réduction d’impôt de l’ordre 66 % du montant versé.

Source et versions en anglais, portugais, espagnol de l’appel aux dons : https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv



APPEL À DES MOBILISATIONS INTERNATIONALES POUR LA LIBERTÉ DE LULA
13 avril 2018, 9:11
Filed under: Appel à mobilisation, Solidarité internationale

Observant le rite amical réservé aux visiteurs de l’école, Lula a planté un arbre sur les terrains de l’École des Sans Terre qui est aussi l’École des Mouvements Sociaux de toute l’Amérique Latine

Du 17 au 25 avril dans toutes les Ambassades du Brésil!

Quelques jours avant le deuxième anniversaire du Coup d?État, le Brésil et le monde tout entier ont assisté très étonnés à l?emprisonnement de Luis Inácio Lula da Silva, depuis 30 ans le leader populaire le plus important du pays et l?un des présidents ayant la plus grande reconnaissance internationale pour le combat contre la pauvreté et la réduction de l?inégalité.

La peine de prison d?un innocent dans le cadre d?un procès fautif et porteur d?absurdes juridiques innombrables (manque de preuves matérielles, fait d?être basé sur des déclarations des délateurs condamnés en échange de bénéfices de réduction de peine), représente la continuité du Coup de 2016. Et cela expose aussi l?abandon et la subversion des institutions démocratiques brésiliennes par la force de la droite.

À partir du 17 avril 2016 les forces du coup d?État ont suivi un plan très clair. D?abord elles ont déposé la présidente Dilma Rouseff, avançant ensuite de façon dévastatrice dans une nouvelle offensive néolibérale avec de nouvelles privatisations, en livrant les richesses naturelles au capital étranger, en démontant l?industrie nationale et en supprimant les investissements et les droit sociaux, entre autres méchancetés.

En même temps, les institutions au service des classes dominantes, telles que certains secteurs du pouvoir judiciaire et les médias, cherchent à contrôler ensemble la vie politique du pays et user politiquement et matériellement le mouvement populaire et les forces de gauche. Elles ont conçu un théâtre juridique fondé sur une intense campagne de diffamation pour arrêter un innocent, accusé de corruption passive et condamné sans preuves. C?est pour cela que Lula est un prisonnier politique.

Pour donner suite à leur projet stratégique, les forces du Coup d?État cherchent la légitimité dans la victoire des élections de 2018. Ils savent pourtant que cela ne sera possible que s?ils éliminent toute possibilité de victoire de la gauche. La peine injuste et pressée de Lula a l’intention assez claire de le retirer de la dispute, puisqu?il est en tête des sondages. Les forces du Coup utiliseront tous les moyens à leur disposition pour empêcher une victoire du peuple dans les urnes.

Pour finir, nous invitons toutes les Organisations Politiques et Sociales, Mouvements Populaires du Monde et citoyens qui luttent contre toute forme d?injustice et d’arbitraire à participer à une ample campagne internationale pour la liberté de Lula.

En utilisant les hashtag #LulaLivre, #LulaInocente ou #LulaPresoPolitico, nous sommes en train d?organiser des Comités de Solidarité dans le monde tout entier, et entre le 17 et le 25 avril 2018 nous nous mobiliserons vers les Ambassades et Consulats Brésiliens pour exprimer notre refus à l?emprisonnement de Lula et notre solidarité avec l?ancien président et avec le peuple brésilien.

Avec les hashtags #LulaLivre, #LulaInocente et #LulaPresoPolitico nous organisons des Comités de Solidarité partout dans le monde. Entre le 17 et le 25 avril 2018 nous allons protester devant les ambassades et les consulats brésiliens pour exprimer notre répudiation de l’incarcération de Lula et notre solidarité avec l’ancien président et le peuple brésilien.

Nous réitérons que dans ce cadre de sérieuse offensive de la droite brésilienne, toutes les actions internationales organisées du 17 au 25 avril sont extrêmement importantes, car durant cette période il se peut que de nouvelles décisions judiciaires concernant le droit de Lula de se défendre en liberté se présentent, et il sera important de lui apporter du soutien. Nous informons que La Via Campesina Internacional a déjà planifié des actions le 17 avril en mémoire du massacre de 21 militants du MST à Eldorado de Carajás (Brésil, 1996) et la Confédération Syndicale Internationale (CSI) a appelé ses affiliés nationaux à organiser des événements internationaux #LulaLibre le 23 avril.

Nous vous prions de nous informer sur les villes, les endroits et les horaires des actes par l’adresse électronique freelulabrasil@gmail.com, et de nous envoyer des photos, des vidéos et d?autres enregistrements de vos activités.



Le Brésil est quilombola !
9 février 2018, 11:51
Filed under: Droit de la Terre, Lutte

Nouveau round dans la lutte des quilombolas pour leurs terres. Ce jeudi 8, le Tribunal Suprême Fédéral s’est réuni en séance plénière pour reprendre l’examen de l’action directe d’inconstitutionnalité (ADI) 3.239 intentée en 2004 par le parti de centre-droit, Democratas (DEM) contre le Décret 4887/2003 qui réglemente le droit à leurs terres. Et la victoire a eu lieu, score : 10 votes contre 1.

Le procès était suspendu depuis 2012 avec des reports d’audience successifs. Mais que sont 5 ans d’attente comparés aux 100 ans qu’il a fallu entre l’abolition de l’esclavage et la promulgation de la Constitution de 1988 qui reconnait « aux descendants des communautés de quilombos qui sont occupant de leurs terres, […] la propriété définitive ; à charge pour l’État de leur émettre les titres respectifs », et admet finalement leur droit à leurs terres ancestrales ? Ou la lenteur qui a marqué les procédures de délimitation territoriale ? Une des plus grandes richesses du Brésil est sa diversité culturelle. Comment pourrions nous abandonner une culture si belle que la quilombola ?

À peine 4% des plus de 1600 procédures en obtention des titres de propriété des terres quilombolas en attente devant l’Institution Nationale de Colonisation et Réforme Agraire (INCRA) ont été résolues. Au-delà du programme de reconnaissance des terres qui avance à pas de tortue, c’est son budget qui a été réduit de 94% en sept ans, passant de R$ 64 millions en 2010 à R$ 4 millions en 2017.

L’action ADI 3.239 a été portée devant le STF le 25 juin 2004, par le DEM, alors encore dénommé Parti du Front Libéral (PFL). Une décision du STF en faveur de l’inconstitutionnalité du Décret 4.887 pourrait paralyser la progression des procédures d’obtention des titres sur les terres quilombolas, et encore plus grave, annulerait la propriété des terres déjà établie.

Le score du jugement en était à 2 contre 1. En 2012, le juge rapporteur, Cezar Peluso, à la retraite, était favorable à l’accueil de l’action. Trois ans plus tard, la juge Rosa Weber présenta un vote contraire à l’ADI. L’action revint à n’être examinée qu’en novembre de l’an dernier, quand le juge Dias Toffoli donna gain de cause aux quilombolas, mais défendant la nécessité d’établir une date limite à l’édition des titres de propriété, le fameux « cadre temporel ». Par la suite, son collègue Edson Fachin décida de convoquer une audience du procès.

Selon la thèse du « cadre temporel », seules auraient droit à leurs terres les communautés qui les occupaient le 5 octobre 1988, jour de promulgation de la Constitution Fédérale. Cette thèse, cependant, ignore le fait qu’à cette date beaucoup de quilombolas avaient déjà été expulsés de leurs terres par des intrus et n’avaient pas de moyens de preuve de leur possession. Pour cette raison, le juge Ricardo Lewandowski a considéré cette condition comme « preuve diabolique », car difficile voire impossible à remplir. Le 8 février 2018 entre définitivement dans l’histoire des quilombolas. Pas un quilombola de moins !

Traductrice: Agathe Francopoulo

Merci à Monique Murga

URL de cet article : https://wp.me/p27hZR-wg



Campagne urgente de solidarité avec Lula

Chers compagnes et compagnons

Depuis l’Amérique Latine, à tou(te)s ceux et celles qui sont solidaires du peuple du Brésil

Nous vous demandons de voir s’il est possible que vous envoyiez des messages de solidarité au président Lula, destinés aux  juges de deuxième instance : Il y aura d’autres instances mais dans celle-ci ils peuvent condamner et demander une peine de prison sans qu’un crime n‘ait été commis. Une telle condamnation pourrait éliminer le droit d’Ignacio Lula da Silva de participer aux prochaines élections présidentielles d’octobre, alors que les enquêtes lui donnent 42 % de préférence, soit plus que tous les candidats du centre et de la droite réunis.

Ci-dessous nous publions un modèle suggéré de message, mais dites-le avec vos propres mots !

Et pour les mouvements et collectifs qui le peuvent, nous recommanderions que le 22 janvier, ils se rendent aux ambassades ou aux consulats du Brésil pour remettre ce type de message et demander aux diplomates qu’ils l’envoient au tribunal.

Les messages de solidarité, nous vous demandons d’en envoyer copie à : neystrozake@gmail.com, qui les transmettra aux avocats qui suivent le procès.

Ceux qui souhaitent plus d’information sur le procès peuvent accéder à Facebook : https://www.facebook.com/Lulastruth/ ou le site  www.averdadedelula.com.br

Mille mercis pour la solidarité !!

ALBA    – articulation des mouvements populaires des Amériques


Messieurs les juges du Tribunal de la Justice Fédérale de Porto Alegre,
thompson.flores@trf4.jus.br  / gebran@trf4.jus.br

Objet :
Solidarité avec le Président Lula

Messieurs,
Nous avons suivi, depuis l’Amérique Latine et d’autres continents, l’importance que revêt pour le peuple brésilien les politiques sociales du Président Lula dans le combat contre les inégalités.

Nous avons pris connaissance de la sentence du Juge Sergio Moro, de Curitiba.
Et nous avons appris qu’il n’y a aucune preuve de corruption ni d’actes illicites du Président Lula.

Depuis l’Amérique Latine et d’autres parties du monde nous savons que ce jugement est purement politique et a pour objectif principal d’empêcher que le Président Lula puisse présenter sa candidature aux prochaines élections d’octobre.

C’est pourquoi nous voulons manifester notre indignation et manifester notre solidarité au président Lula, au peuple du Brésil et nous espérons que votre tribunal respecte les lois brésiliennes et garantisse le droit du président Lula à être candidat.

Seul le peuple brésilien a le droit de décider de son futur politique.

Respectueusement

Signature:



Les organisations populaires proposent de renforcer le travail de base pour politiser les élections (Brasil de Fato)
8 janvier 2018, 3:01
Filed under: Appel à mobilisation, Lutte, Organisation, répression de l´Etat

« Construire un projet national avec le peuple  et pour le peuple. » C’est l’un des points centraux de la Déclaration politique de la 2ème Conférence nationale du Front Brésil Populaire, qui s’est déroulée ce week-end à l’École Nationale Florestan Fernandes (ENFF), dans la ville de Guararema, près de São Paulo. La réunion a rassemblé environ 350 militants de diverses organisations populaires dans le pays.

En parlant de la conjoncture politique nationale et internationale, le Front Brésil Populaire (FBP) souligne la nécessité de construire l’unité des forces démocratiques, en particulier face à «l’avancée de la restauration néolibérale». Un tel modèle de développement est guidé par les intérêts du marché et par la diminution de l’Etat, qui supprime les droits sociaux. « Ce qui est en jeu, c’est la souveraineté nationale et la restauration de la démocratie, nous n’épargnerons aucun effort pour contenir et mettre en échec la progression du programme néolibéral et réactionnaire à travers la lutte de masse », indique le communiqué.

La tenue du Congrès du Peuple brésilien, dans la première moitié de 2018, fait partie de cet objectif de construction collective d’un projet national, qui puisse influer y compris sur les élections de l’année prochaine. « Nous allons faire un grand effort de travail à la base en utilisant une méthodologie d’éducation populaire sur tout le territoire national qui culminera lors du Congrès du Peuple. Politiser le processus électoral autour de la nécessité d’un projet national et enraciner le Front Brésil Populaire sont les objectifs synthétiques du Congrès du Peuple. Ce sera certainement un processus de participation populaire riche qui impliquera des partis, des mouvements populaires, des intellectuels, des artistes, entre autres », explique le FBP.

Lire l’intégralité de la Déclaration politique de la 2e Conférence nationale du Front Brésil Populaire: https://www.brasildefato.com.br/2017/12/10/leia-a-declaracao-politica-da-2a-conferencia-nacional-da-frente-brasil-popular/

À São Paulo, les 9 et 10 décembre, lors de la 2e Conférence nationale du Front populaire, 350 militants de divers espaces organisationnels ont débattu de la crise brésilienne et mis à joour les tâches politiques des forces démocratiques et populaires.

Sur le plan international, la grave crise du système capitaliste, la décadence de la mondialisation néolibérale et le repositionnement de la Chine et de la Russie dans la géopolitique mondiale ont jeté les bases d’un cadre multipolaire du système des nations. L’impérialisme américain réagit à cette situation par sa politique d’exploitation des nations sous-développées, intervenant dans la souveraineté et la démocratie de ces pays, comme dans les exemples actuels du Venezuela et du Honduras.

C’est dans ce contexte que se situe la crise brésilienne. Le coup d’Etat soutenu par les forces réactionnaires a brisé l’ordre démocratique, favorisant l’application d’un programme de restauration du néolibéralisme. La situation est aggravée par l’augmentation du chômage et des inégalités sociales.

L’escalade de la violence, visant principalement les jeunes, la population noire, les LGBT et les femmes, amène le désespoir dans la population brésilienne. L’attaque contre l’autonomie des universités publiques par l’intervention de la police est un autre chapitre de cette nouvelle situation politique dans notre pays.

Les putschistes visent à réaligner le Brésil sur les intérêts géopolitiques des Etats-Unis, à recomposer les taux de profits des capitalistes, en détruisant les droits historiques de la classe ouvrière et en s’appropriant les ressources naturelles telles que le pétrole du pré-sal.

Ce n’est pas un hasard si cette conjonction de forces anti-nationales a déjà imposé le Projet d’Amendement constitutionnel (PEC) sur les dépenses budgétaires, qui prévoit une baisse drastique du budget des domaines clés pour le peuple comme la santé et l’éducation. L’approbation de la réforme du travail, les politiques de privatisation de Petrobrás et Eletrobras, ainsi que la destruction du parc industriel, démontrent que l’objectif est de démanteler l’État brésilien et de nuire à la souveraineté nationale.

Pour atteindre ses objectifs, le mouvement putschiste prévoit la rupture du pacte constitutionnel de 1988, jetant à la poubelle les droits sociaux, politiques et civils. Les acquis de civilisation, telles que le droit à la présomption d’innocence, le large droit de la défense et le droit à une procédure régulière sont brutalement attaqués. De cette manière, les bases d’un régime d’exception sont lancées. Pour inverser cette situation, les forces patriotiques, soutenues par un large mouvement de masse et un gouvernement démocratique et populaire, devront mener une lutte politique persistante capable de créer un rapport de forces favorables à la convocation opportune d’une Assemblée nationale constituante, qui construise de nouvelles institutions pour l’Etat,  qui rétablisse la démocratie et qui fasse avancer le projet national, démocratique et populaire.

Le Front Brésil Populaire comprend qu’en face de l’avancée de la restauration néolibérale, la construction de l’unité des forces démocratiques, nationales et populaires est une nécessité historique. Ce qui est en jeu, c’est la souveraineté nationale et le rétablissement de la démocratie. Nous n’épargnerons aucun effort pour contenir et contrecarrer l’avancée du programme néolibéral et réactionnaire à travers la lutte de masse.

Le Brésil traverse une crise de son destin qui ne sera résolue que lorsque nous avancerons dans la construction d’une stratégie de pouvoir autour d’un Projet de nation. Il s’agit de replacer le développement national et les réformes structurelles au centre de la lutte politique. Cela nécessite une force sociale de masse qui garantisse l’hégémonie des forces populaires. Par conséquent, il est fondamental que le Front Brésil Populaire continue d’accumuler des forces dans le débat sur le programme.

Un Projet national ne se construit pas avec des hégémonies. Le Front Brésil Populaire doit être un espace ouvert aux diverses contributions du camp démocratique et populaire. L’initiative de construire le Projet Brésil Populaire démontre que la première étape est de faire un effort pour synthétiser les apports existant déjà au sein des forces populaires. Reprendre le débat sur le projet national n’est pas seulement un exercice académique, mais une nécessité historique qui exige la connaissance des spécificités de la réalité brésilienne, la reprise de la lutte de masse et le débat avec le peuple brésilien.

Confronté à la nécessité de poursuivre la préparation du programme et de se préparer à la bataille électorale de 2018, le Front Brésil Populaire doit avoir plus d’enracinement social. Par conséquent, nous ferons un grand effort de travail de base en utilisant une méthodologie d’éducation populaire à travers le territoire national, qui culminera dans le Congrès du Peuple. Politiser le processus électoral autour de la nécessité d’un projet de nation et avancer dans l’enracinement du Front Brésil Populaire constituent les objectifs synthétiques du Congrès du Peuple. Ce sera certainement un processus de participation populaire riche, qui impliquera des partis, des mouvements populaires, des intellectuels, des artistes, entre autres.

Le Front Brésil Populaire estime que tout ce processus de participation populaire sera renforcé si nous pouvons garantir à Lula le droit d’être candidat à la présidence de la République. Défendre le droit de Lula à être candidat, c’est défendre la démocratie et faire un pas important vers la défaite du coup d’État. Les ennemis du peuple ne tolèrent pas le leadership de Lula et sont capables de tout pour éviter son retour à la présidence de la République. Par conséquent, nous n’excluons pas la farce du coup d’État dans le coup d’État par les secteurs réactionnaires du pouvoir judiciaire, par le parlementarisme ou le semi-présidentialisme.

Le succès de cette proposition passe donc par la défaite des conspirateurs du coup d’État dans les urnes et dans les rues. Le Front Brésil Populaire dialoguera, de manière unitaire, avec les candidatures du camp démocratique engagées sur ces objectifs.

Sans garantir la souveraineté nationale et sans restaurer la démocratie, une solution populaire à la crise brésilienne ne sera pas possible. La deuxième Conférence nationale du Front Brésil Populaire sait ce qui est en jeu en ce moment et apporte un message de lutte et d’espoir au peuple brésilien. Malgré la gravité de la crise, nous sommes sûrs que le Brésil peut retrouver son chemin. Notre peuple a la capacité de se battre et mérite de vivre dans un pays digne, souverain et démocratique.

Nous allons résister et nous allons gagner!

São Paulo, 10 décembre 2017

Édition: Camila Maciel

Source: https://www.brasildefato.com.br/2017/12/11/frente-brasil-popular-realizara-congreso-del-pueblo-brasileno-en-2018/

Traduction: Monica Passos

URL de cet article: https://wp.me/p27hZR-w3



Les 300 familles du campement des Travailleurs Sans Terre « Hugo Chavez » expulsées manu militari au Brésil

Aujourd’hui 14 décembre 2017, sous la pluie et dans le froid, le Commando des Missions Spéciales (CME) est arrivé au campement Hugo Chávez et en a expulsé les quelques 300 familles qui y vivaient avec leurs 150 enfants, dix jours avant Noël, en dépit de l’appel lancé par les organisations, mouvements et organisations sociales nationales et internationales, religieux, artistes pour demander l’arrêt de cette procédure.

C’est une expulsion de plus parmi les 20 prévues dans la région, toutes décidées par le juge Amarildo Mazzuti de la juridiction agraire de Marabá. Le Mouvement des Sans Terre du Para dénonce l’action de la police, coordonnée par le gouvernement de l’état, le harcèlement et la violence auxquelles les familles des travailleurs ruraux ont été soumises sur place. Les familles se retrouvent à la rue, n’ont nulle part où aller, et les enfants ne pourront pas terminer leur année scolaire. Le gouvernement de l’État, ainsi que d’autres organismes publics, ne se sont pas prononcés sur ces violations des droits humains et n’ont proposé aucune solution alternative au conflit. Les familles ont résisté jusqu’au dernier moment mais ne pouvant plus gérer la situation ont choisi de commencer le démantèlement des cabanes. En cette heure, les familles organisent un campement temporaire dans une région avoisinante.

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Ces derniers jours, les paysans avaient été attaqués par des hommes armés, ce qui avait suscité une grande mobilisation d’amis et d’organisations solidaires et rouvert le débat sur la propriété de la terre et la violence dans cette région du nord du Brésil.

Le Mouvement des Sans Terre remercie  les centaines de gestes de solidarité du Brésil et de l’étranger et réitère son engagement pour défendre les droits des familles des travailleurs ruraux sans terre dans la lutte pour la réforme agraire et la justice sociale. Celles-ci n’abandonneront pas la région.

Le latifundio veut la guerre, nous, nous voulons la terre!

Direction de l’État du Para du Mouvement des Sans Terre

Source : http://www.mst.org.br/2017/12/14/mst-repudia-acao-de-despejo-no-acampamento-hugo-chavez-no-para.html

Traduction : T.D.

URL de cet article : https://wp.me/p2ahp2-3VY




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