mouvementsansterre


Nous appelons à la solidarité avec les paysans Sans terre du Brésil: une mafia locale du régime Bolsonaro menace d’expulser 450 familles qui vivent depuis 20 ans dans une région du Minas Gerais.

Nous, les familles du Mouvement des Travailleurs Ruraux Sans terre du Sud de Minais Gerais, du Quilombo Campo Grande, dénonçons l’agression fasciste perpétrée contre nos vingt années de lutte.

Après de nombreuses années, les familles disposent déjà d’infrastructures d’énergie électrique, de maisons construite par nos maçons, et produisent une grande diversité de produits agro-écologiques, tels que le café, de nombreuses variétés de maïs, haricots, légumes, fruits, bétail à graines biologiques, poulets, cochons, etc… Ces familles génèrent, avec leur travail, la souveraineté alimentaire, non seulement pour ceux qui produisent et vivent sur la terre, mais pour des milliers de personnes qui ont accès à une alimentation saine, sans poison et de qualité.

Les camps génèrent également une distribution des revenus. La terre, qui étaient aux mains d’un seul propriétaire, apporte désormais une vie digne à près de 450 familles de plus de 2 000 personnes qui rêvaient déjà de posséder la terre avec un décret de l’État.

Or, aujourd’hui, à travers un pacte juridique entre les grands propriétaires, députés du groupe des ruralistes et entreprises agroalimentaires de la région, s’organise un processus d’expulsion pour les familles qui vivent, luttent et résistent depuis 20 années.

Refusons cette expulsion !

Il y a deux mois, les familles étaient presque définitivement installées, elles peuvent à présent perdre tout ce qu’elles ont construit au fil des ans.

C’est l’un des plus anciens conflits agraires du pays.

Nous demandons à toutes les organisations, sympathisants, d’envoyer l’e-mail ci-dessous aux adresses suivantes:

bhe.vagraria@tjmg.jus.br  (personnel agraire)

contato@crdhsulmg.com.br  (entité qui suit l’affaire)

 

A l’attention du Docteur Walter Ziwicker Esbaille Junior,

Je vous écris à propos de l’action de reprise de possession n ° 0024.11.188.917-6 déposée le 17/06/2011, pour vous demander d’agir pour empêcher cette dépossession et cette expulsion, par conformité aux articles 22 à 20 de la DUDH garante des droits sociaux, du droit de travailler, le choix du travail. Les 450 familles, soit plus de 2000 personnes, occupent ces terres depuis plus de 20 ans, ont établi leurs maisons, leur production et la reproduction de la vie dans ce lieu.

Nous faisons appel à vous pour résoudre ce conflit et garantir le droit des familles à rester sur ces lieux

Nom / Organisation, Etat, pays, date

Nous sommes la résistance!

La lutte pour Adrianopolis est la lutte pour la démocratie !

 

Traduction : T.Deronne

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Alexandre Conceição, dirigeant du Mouvement des Travailleurs Sans Terre : « Nous n’avons pas peur de faire face à un gouvernement fasciste »

A moins d’une semaine d’une journée électorale mémorable pour l’Amérique latine, les mouvements sociaux brésiliens redoublent d’efforts pour empêcher qu’un projet ouvertement fasciste ne s’impose dans les urnes. Dans cette interview, Alexandre Conceição (photo), dirigeant national du Mouvement des Travailleurs Sans Terre, analyse les raisons du « phénomène Bolsonaro » et explique comment la plus grande organisation populaire du continent est prête à faire face à un éventuel gouvernement d’extrême droite: « Nous avons résisté aux coups, aux gouvernements dictatoriaux, gouvernements néolibéraux et nous résisterons sûrement à un gouvernement fasciste s’il accède au pouvoir. « 

Texte: Noda (par Lucio Garriga et Gerardo Szalkowicz)

– Comment se passe la campagne?

– Nous sommes dans une campagne très forte où les ennemis de la classe ouvrière et d’un continent libre d’Amérique latine sont ensemble dans la candidature fasciste de Bolsonaro. Le pouvoir économique, le pouvoir judiciaire et le pouvoir des médias le soutiennent ouvertement. Et maintenant, nous vivons également une cyberguerre via les réseaux sociaux, en particulier dans WhatsApp, une très forte campagne de mensonges contre nos candidats. Si nous pouvions nous débarrasser des réseaux sociaux pendant deux jours, Bolsonaro coulerait complètement, car il ne donne pas d’interviews et ne participe pas aux débats politiques, c’est sa stratégie.

Cette campagne instaure la haine et la violence en promettant que le gouvernement résoudra les problèmes de corruption. C’est la dimension de la candidature à laquelle nous devons faire face. Haddad après moins de 40 jours de campagne et partant de 4 points d’intention de vote, en compte maintenant près de 42 points, donc huit pour atteindre 50%. Ils essaient de faire de Bolsonaro un mythe, mais rien n’est mythique, c’est un monstre qui abandonnera la souveraineté nationale.

-Comment analysez-vous le « phénomène Bolsonaro »?

-Bolsonaro est la consolidation du coup d’Etat à travers une candidature fasciste basée sur une campagne qui promeut la haine, la violence et la misogynie. Son projet politique et économique est de livrer les richesses naturelles et la privatisation de tous nos biens et de toutes nos sociétés nationales. D’où son soutien aux capitaux étrangers, en particulier aux entreprises américaines.

Les églises évangéliques ont-elles influencé l’ascension de Bolsonaro?

-Les églises évangéliques font également partie de cet ensemble de forces réactionnaires, à travers leurs pasteurs qui ne pensent qu’en termes d’argent et non de religion. Ils ont joué un rôle très important contre la démocratie, pour la défense de « la famille », de la propriété privée et pour lutter contre la violence avec davantage de violence. Les églises évangéliques ont joué un rôle fondamental pour que le candidat fasciste continue de progresser, en particulier dans les quartiers pauvres. Mais il faut dire que ce n’est pas toute l’église évangélique, il y a beaucoup de pasteurs qui sont avec la démocratie et soutiennent Haddad.

Comment vous préparez-vous à un éventuel gouvernement de Bolsonaro, compte tenu de leurs menaces contre le mouvement des sans terre?

– La situation sera très difficile car ils encourageront davantage la violence à travers les milices, les attaques des médias et la criminalisation. Nous avons résisté aux coups, aux gouvernements dictatoriaux, aux gouvernements néolibéraux et certainement, nous résisterons à un gouvernement fasciste s’il accédera au pouvoir. Nous devons réadapter la sécurité et notre stratégie pour continuer à occuper des terres, mais également à produire des aliments tout en veillant à la protection de la vie, de l’environnement et des territoires de la réforme agraire. Nous espérons également avoir beaucoup de solidarité de la part de l’Amérique latine et du monde entier. Je me souviens du coup d’État au Honduras de 2009 et d’une chanson de résistance hondurienne qui disait « ils ont peur parce que nous n’avons pas peur ». Nous n’avons pas peur de faire face à un gouvernement fasciste.

Source : https://www.nodal.am/2018/10/brasil-entrevista-de-nodal-a-alexandre-conceicao-dirigente-nacional-del-movimiento-sin-tierra-no-tenemos-miedo-de-enfrentar-a-un-gobierno-fascista/

Traduction : Thierry Deronne

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Présidentielles au Brésil. João Pedro Stedile du Mouvement des Sans Terre : « C’est une lutte de classe; on est avec le peuple ou contre lui »
3 octobre 2018, 11:10
Filed under: Analyse, Organisation, Transformation de l'État
Entretien avec João Pedro STEDILE – Brasil de Fato
Élire un président, des députés et des sénateurs qui s’engagent pour les intérêts des travailleurs est la principale façon pour ces derniers, d’essayer d’annuler les mesures qui affectent leurs droits de base que sont la santé, l’éducation, la sécurité. C’est l’analyse de João Pedro Stedile, de la direction du Mouvement des Travailleurs Ruraux sans terre (MST).
Dans une entrevue avec Brasil de Fato, il considère que d’annuler le vote ou de voter blanc n’est dans l’intérêt que de ceux qui désirent maintenir l’actuelle crise du pays.

João Pedro Stedile Foto: Rovena Rosa/Agência Brasil
Brasil de Fato : quelle est l’importance des prochaines élections ?
João Pedro Stédile : Les élections d’octobre ont une importance historique pour la classe ouvrière et le peuple dans son ensemble. Jamais auparavant, n’était apparue une situation aussi claire de lutte des classes. D’un côté, la bourgeoisie cherche à faire élire son président et ses parlementaires pour légitimer le coup d’État et, en même temps, continue à développer son plan machiavélique de faire porter tout le poids de la crise économique sur les épaules de la classe ouvrière. C’est ainsi qu’ils continuent à supprimer des droits aux travailleurs, suspendent la consolidation des lois du Travail (CLT), mettent les pensions en péril en s’appropriant les finances publiques qu’ils devraient utiliser pour financer les logements, la réforme agraire, la santé et l’éducation. Ils cherchent aussi à continuer à offrir nos richesses naturelles à leurs alliés : le capital étranger et le gouvernement des États-Unis.
De notre côté, c’est exactement le contraire : nous devons élire Fernando Haddad et un grand nombre de parlementaires pour en finir avec les mesures du coup d’ État institutionnel. Donc, le vote du peuple doit être un vote pour sa classe. Le peuple n’est pas arrivé à se mobiliser pour défendre le gouvernement de Dilma, et maintenant, affaibli par le chômage et les inégalités sociales, il n’a pas actuellement, la capacité de produire de grandes mobilisations. En conséquence, aujourd’hui, notre arme, c’est le vote. C’est pour cela que ce vote doit être un vote de classe. C’est seulement avec nos représentants que nous pourrons commencer à bâtir un nouveau projet pour le Brésil, en faveur du peuple, avec les réformes structurelles nécessaires.
Quel type de réformes ?
Nous devons commencer par l’économie, pour réindustrialiser le pays, garantir l’emploi et des revenus pour les salariés. De même, une réforme fiscale est importante en plus du contrôle des banques et des taux d’intérêt. Il est nécessaire aussi de réformer les moyens de communication, l’agriculture et l’éducation. Nous ne devons pas oublier non plus de convoquer à moyen terme, une assemblée constituante pour une profonde réforme du système politique et du pouvoir judiciaire.
Que doivent avoir à l’esprit les électeurs, au moment de choisir les députés et les sénateurs ?
En plus d’élire Haddad et des gouverneurs engagés avec les travailleurs, il est clair que nous devons être attentifs afin de garantir l’élection d’un grand nombre de parlementaires, à la Chambre et au Sénat, complètement engagés avec la classe ouvrière et avec un projet de changement pour le pays.
Je sais que dans tous les états, nous avons de très bon candidats de la classe ouvrière, des camarades expérimentés et des leaders populaires qui ont démontré leurs liens avec les travailleurs. Ce sont eux que nous devons élire. Des gens qui ont l’expérience de la lutte des classes. Des gens engagés avec leur classe, et non avec leurs intérêts personnels ou leurs médiocres vanités.
Le peuple doit savoir qui était avec nous dans les grèves, dans les occupations et dans les mobilisations de rue. Nous devons aussi dénoncer les candidats servant les seuls intérêts de la bourgeoisie et s’attaquant aux services publics.
Quel est le rôle du Congrès National pour un gouvernement fédéral qui a comme objectif central d’offrir la santé- et l’éducation publique de bonne qualité ?
Le prochain congrès devra être formé de parlementaires qui stimulent l’organisation et la mobilisation et utilisent leur mandat pour cela. La bataille entre les deux projets dont j’ai parlé aura lieu dans les rues. Le parlement n’est que le pale reflet de ce qui surviendra dans les rues. C’est pour cela que nous avons besoin de parlements de lutte, de mobilisation, avec courage et détermination pour expliquer au peuple que leur force n’est pas dans leur seule représentation légale mais dans leur force de mobilisation.
Le futur Congrès devra être un espace complémentaire pour un gouvernement populaire. Il devra aider à la convocation d’élections populaires pour révoquer toutes les mesures des putschistes. Il doit aider à supprimer la PEC55 qui limite les dépenses publiques dans les programmes de santé, d’éducation et de réforme agraire. Un parlementaire élu avec 200.000 votes, qui ensuite n’arrive pas à mobiliser 100 personnes pour défendre nos droits, Petrobras, Eletrobras, nos terres et nos ressources, ne sert à rien !
Comment la population peut elle contribuer à un Brésil plus juste à partir de 2019 ?
Nous devons expliquer à la population l’importance de ces élections. Le projet du pays pour les prochaines 4 années, sera décidé le 7 octobre et pour cela nous ne devons pas faiblir. Tout le monde ressent de la rage contre les politiciens de façon générique. Cela est dû au fait que la majorité des politiciens représentent les bourgeois ou eux mêmes ; ce sont les riches et les privilégiés qui s’accaparent le pouvoir du parlement pour faire vivre leurs intérêts de classe.
Même le journal « O Globo »* n’a cessé de critiquer les politiciens, mais seulement de façon générale ; il se garde bien d’en mentionner les coupables, les capitalistes, les bourgeois de manière à semer la confusion dans la tête du peuple.
Nous devons expliquer que les votes nuls ou blancs , lors de ces élections seront en faveur des putschistes, ce seront les votes de ceux qui ne veulent rien changer à la situation actuelle. Des votes aliénés, même s’ils disent qu’ils ne profiteront à personne.
Nous devons voter pour quelqu’un qui apporte le changement, pour renouveler le parlement, les gouvernements des États, et pour le candidat Haddad, nommé par Lula, seul capable d’affronter et vaincre les bourgeois putschistes.
La population a besoin de comprendre qu’elle votera pour le prix du gaz, pour la distribution des profits de Petrobras, de s’assurer qu’ils seront donnés pour l’éducation et non pour les actionnaires étrangers. Elle votera pour des moyens pour l’hôpital, elle votera pour une nouvelle politique de sécurité. La meilleure sécurité c’est l’emploi, les revenus et l’éducation pour tous. La police et l’armée ne résolvent rien. A Rio de Janeiro, les gens vivent au quotidien la répression violente et qui ne résout rien, dans leur chair.
La population votera si elle veut le contrôle social du Pouvoir Judiciaire, ou si elle veut que les magistrats continuent à gagner 30.000 Reals par mois (US$ 7.236), plus les primes pour le logement, l’habillement, les livres, des vacances de deux mois, alors que le peuple est sans le sou.
C’est pourquoi ces élections ne sont pas des batailles de partis ou de sigles. Ces derniers représentent peu de chose à l’heure actuelle. La bataille est de classes : à savoir qui est en faveur du peuple et des travailleurs, et qui est en faveur des putschistes, des bourgeois, des banques et du capital étranger
Quelles sont les tâches des militants dans la prochaine période ?
Bon, nous sommes au milieu de la lutte des classes radicalisée, et au milieu d’une énorme crise économique, sociale, environnementale et politique, cela signifie que la lutte sera longue pour pouvoir sortir de la crise dans les prochaines années avec des mesures de protection du peuple.
Pour cela, les militants doivent se retrousser les manches et s’investir corps et âme pour élire de bons gouverneurs, de parlementaires engagés et Haddad.
Après octobre, nous devons rester mobilisés et utilisant la méthodologie du Congrès du Peuple, continuer à réaliser des assemblées populaires dans tous les quartiers et municipalités convoquant le peuple pour qu’il discute d’un nouveau projet pour le pays. D’octobre à décembre, nous devons débattre de tous les changements à opérer, en économie, dans l’industrie, l’agriculture, dans l’organisation des villes, la santé, l’éducation, la réforme agraire etc. pour que le peuple présente ses propositions et qu’il, soit au clair sur ce qu’il est nécessaire de changer en premier et vite. Durant ces mois, nous devons faire une grande tournée nationale de débats dans toutes les organisations populaires.
Et là, nous devrons présenter les propositions pour les nouveaux élus, tant au niveau des États, qu’au niveau national. Ensuite, à partir de janvier 2019, avec Haddad nous devons débattre de nouvelles formes de participation populaire au gouvernement.
Maintenant, nous n’avons plus besoin de gouvernement pour le peuple et nous ne pourrons réussir à affronter la crise qu’avec un gouvernement qui soit avec le peuple. Et pour cela, nous devons organiser des mécanismes de participation populaire au gouvernement à travers des élections, référendums et consultations populaires, conseils de secteurs et grandes mobilisations de masse en défense des changements nécessaires.
La prochaine période verra beaucoup de luttes beaucoup de débats et de mobilisations. Le pire est passé, avec le coup d’état, maintenant nous devons stimuler le peuple pour qu’il aille voter, participer et construire un nouveau projet populaire pour le pays.
Traduction : Hélène Dubéros pour Amérique Latine Résistances | Révision : Wilma Jung
24 septembre 2018
Photo : Mídia Ninja
Note :
* « O Globo » : consortium brésilien conservateur de TV (TV Globo), radio (Radio Globo), presse (O Globo) et d’édition (Editora Globo). Il appuie le coup d’État militaire contre le gouvernement de João Goulart en 1964. De même, O Globo a soutenu la procédure de destitution de Dilma Rousseff.


Les Sans Terre du Brésil appuient la création de Terra TV

Participez à la création de Terra TV en faisant un don ! https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv



POUR SOUTENIR LA CRÉATION DE TERRA TV, UNE TÉLÉVISION NOUVELLE PRODUITE PAR DES COLLECTIFS PAYSANS EN LUTTE POUR LA TERRE, ET UNE ÉCOLE DE FORMATION POUR LES MOUVEMENTS SOCIAUX

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Lien pour les dons : https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv

Qui sommes-nous ?

Depuis 20 ans l’École Populaire et Latino-américaine de Cinéma, Télévision et Théâtre (EPLACITE) a formé des milliers de membres des mouvements sociaux d’Amérique Latine pour qu’ils puissent créer eux-mêmes leur image. Un vaste réseau s’est constitué, qui permet aujourd’hui de passer à nouvelle une étape : la création d’un nouveau média, Terra TV.

Pourquoi Terra TV ?

Notre objectif est de créer une télévision différente, horizontale qui sera un outil de formation, de diffusion et d’articulation des mouvements sociaux paysans et qui permettra de nouer un dialogue entre les expériences vécues dans un grand domaine occupé et mis en culture par les paysans sans terre du Brésil, dans une organisation paysanne de Colombie, une communauté indigène d’Amérique Centrale, une commune rurale du Venezuela et peu à peu avec des collectifs d’Europe, d’Afrique, du monde entier. Ces chroniques croisées, libérées de l’ »événementiel », donneront au spectateur la possibilité de découvrir l’image faite par les paysan(ne)s eux-mêmes. En tant qu’école audio-visuelle, Terra TV accompagnera d’autres collectifs dans la création de formes innovantes, non formatées.

Terra TV aura une triple fonction :

–          Diffuser l’image, et faire le suivi, de la vie quotidienne et du travail en profondeur des organisations paysannes et les traduire en portugais, espagnol, anglais ou français.

–          Mettre en ligne des modules de formation en réalisation audio-visuelle, en agroécologie, en Histoire, en économie, en philosophie, en pratiques socioculturelles, eux aussi, traduits en portugais, espagnol, anglais ou français, avec un suivi pédagogique pour les collectifs participant(e)s.

–          Organiser, articuler et nouer des solidarités internationales grâce au suivi des processus et à l’agenda des luttes. Toute organisation qui lutte pour la terre sous n’importe quelle latitude pourra afficher ses activités.

Comment soutenir la création de Terra TV ?

Nous faisons appel à vous pour financer l’équipe de ce nouveau média et pouvoir investir dans les outils adéquats. L’équipe sera constituée par :

–          2 monteur(se)s pour assembler les séquences envoyées par les mouvements sociaux et organiser quotidiennement la grille de la WebTV.

–          2 formateurs(trices) pour répondre aux  demandes de formation en ligne des mouvements, générer du contenu formatif adapté en poursuivant  le travail effectué depuis 20 ans par l’EPLACITE.

–          4 traducteurs(trices) pour traduire les productions audiovisuelles et les textes formatifs du portugais ou de l’espagnol au français/portugais/espagnol.

–          Un(e) Webmaster pour coordonner toute l’équipe, répondre aux courriers et maintenir la conception du site à jour. C’est donc un coordinateur et un graphiste en même temps.

–          1 ordinateur type Mac Pro pour le Webmaster + location du serveur.

Autres manières d’aider ce projet..

Si vous ne pouvez aider économiquement ce projet, vous pouvez aussi le soutenir en relayant l’information dans les réseaux sociaux, journaux, etc.…

Note : Les dons au profit de Terra TV vous donnent droit à une réduction d’impôt de l’ordre 66 % du montant versé.

Source et versions en anglais, portugais, espagnol de l’appel aux dons : https://www.helloasso.com/associations/france-amerique-latine-comite-bordeaux-gironde/collectes/campagne-de-soutien-a-la-creation-de-terratv



APPEL À DES MOBILISATIONS INTERNATIONALES POUR LA LIBERTÉ DE LULA
13 avril 2018, 9:11
Filed under: Appel à mobilisation, Solidarité internationale

Observant le rite amical réservé aux visiteurs de l’école, Lula a planté un arbre sur les terrains de l’École des Sans Terre qui est aussi l’École des Mouvements Sociaux de toute l’Amérique Latine

Du 17 au 25 avril dans toutes les Ambassades du Brésil!

Quelques jours avant le deuxième anniversaire du Coup d?État, le Brésil et le monde tout entier ont assisté très étonnés à l?emprisonnement de Luis Inácio Lula da Silva, depuis 30 ans le leader populaire le plus important du pays et l?un des présidents ayant la plus grande reconnaissance internationale pour le combat contre la pauvreté et la réduction de l?inégalité.

La peine de prison d?un innocent dans le cadre d?un procès fautif et porteur d?absurdes juridiques innombrables (manque de preuves matérielles, fait d?être basé sur des déclarations des délateurs condamnés en échange de bénéfices de réduction de peine), représente la continuité du Coup de 2016. Et cela expose aussi l?abandon et la subversion des institutions démocratiques brésiliennes par la force de la droite.

À partir du 17 avril 2016 les forces du coup d?État ont suivi un plan très clair. D?abord elles ont déposé la présidente Dilma Rouseff, avançant ensuite de façon dévastatrice dans une nouvelle offensive néolibérale avec de nouvelles privatisations, en livrant les richesses naturelles au capital étranger, en démontant l?industrie nationale et en supprimant les investissements et les droit sociaux, entre autres méchancetés.

En même temps, les institutions au service des classes dominantes, telles que certains secteurs du pouvoir judiciaire et les médias, cherchent à contrôler ensemble la vie politique du pays et user politiquement et matériellement le mouvement populaire et les forces de gauche. Elles ont conçu un théâtre juridique fondé sur une intense campagne de diffamation pour arrêter un innocent, accusé de corruption passive et condamné sans preuves. C?est pour cela que Lula est un prisonnier politique.

Pour donner suite à leur projet stratégique, les forces du Coup d?État cherchent la légitimité dans la victoire des élections de 2018. Ils savent pourtant que cela ne sera possible que s?ils éliminent toute possibilité de victoire de la gauche. La peine injuste et pressée de Lula a l’intention assez claire de le retirer de la dispute, puisqu?il est en tête des sondages. Les forces du Coup utiliseront tous les moyens à leur disposition pour empêcher une victoire du peuple dans les urnes.

Pour finir, nous invitons toutes les Organisations Politiques et Sociales, Mouvements Populaires du Monde et citoyens qui luttent contre toute forme d?injustice et d’arbitraire à participer à une ample campagne internationale pour la liberté de Lula.

En utilisant les hashtag #LulaLivre, #LulaInocente ou #LulaPresoPolitico, nous sommes en train d?organiser des Comités de Solidarité dans le monde tout entier, et entre le 17 et le 25 avril 2018 nous nous mobiliserons vers les Ambassades et Consulats Brésiliens pour exprimer notre refus à l?emprisonnement de Lula et notre solidarité avec l?ancien président et avec le peuple brésilien.

Avec les hashtags #LulaLivre, #LulaInocente et #LulaPresoPolitico nous organisons des Comités de Solidarité partout dans le monde. Entre le 17 et le 25 avril 2018 nous allons protester devant les ambassades et les consulats brésiliens pour exprimer notre répudiation de l’incarcération de Lula et notre solidarité avec l’ancien président et le peuple brésilien.

Nous réitérons que dans ce cadre de sérieuse offensive de la droite brésilienne, toutes les actions internationales organisées du 17 au 25 avril sont extrêmement importantes, car durant cette période il se peut que de nouvelles décisions judiciaires concernant le droit de Lula de se défendre en liberté se présentent, et il sera important de lui apporter du soutien. Nous informons que La Via Campesina Internacional a déjà planifié des actions le 17 avril en mémoire du massacre de 21 militants du MST à Eldorado de Carajás (Brésil, 1996) et la Confédération Syndicale Internationale (CSI) a appelé ses affiliés nationaux à organiser des événements internationaux #LulaLibre le 23 avril.

Nous vous prions de nous informer sur les villes, les endroits et les horaires des actes par l’adresse électronique freelulabrasil@gmail.com, et de nous envoyer des photos, des vidéos et d?autres enregistrements de vos activités.



Le Brésil est quilombola !
9 février 2018, 11:51
Filed under: Droit de la Terre, Lutte

Nouveau round dans la lutte des quilombolas pour leurs terres. Ce jeudi 8, le Tribunal Suprême Fédéral s’est réuni en séance plénière pour reprendre l’examen de l’action directe d’inconstitutionnalité (ADI) 3.239 intentée en 2004 par le parti de centre-droit, Democratas (DEM) contre le Décret 4887/2003 qui réglemente le droit à leurs terres. Et la victoire a eu lieu, score : 10 votes contre 1.

Le procès était suspendu depuis 2012 avec des reports d’audience successifs. Mais que sont 5 ans d’attente comparés aux 100 ans qu’il a fallu entre l’abolition de l’esclavage et la promulgation de la Constitution de 1988 qui reconnait « aux descendants des communautés de quilombos qui sont occupant de leurs terres, […] la propriété définitive ; à charge pour l’État de leur émettre les titres respectifs », et admet finalement leur droit à leurs terres ancestrales ? Ou la lenteur qui a marqué les procédures de délimitation territoriale ? Une des plus grandes richesses du Brésil est sa diversité culturelle. Comment pourrions nous abandonner une culture si belle que la quilombola ?

À peine 4% des plus de 1600 procédures en obtention des titres de propriété des terres quilombolas en attente devant l’Institution Nationale de Colonisation et Réforme Agraire (INCRA) ont été résolues. Au-delà du programme de reconnaissance des terres qui avance à pas de tortue, c’est son budget qui a été réduit de 94% en sept ans, passant de R$ 64 millions en 2010 à R$ 4 millions en 2017.

L’action ADI 3.239 a été portée devant le STF le 25 juin 2004, par le DEM, alors encore dénommé Parti du Front Libéral (PFL). Une décision du STF en faveur de l’inconstitutionnalité du Décret 4.887 pourrait paralyser la progression des procédures d’obtention des titres sur les terres quilombolas, et encore plus grave, annulerait la propriété des terres déjà établie.

Le score du jugement en était à 2 contre 1. En 2012, le juge rapporteur, Cezar Peluso, à la retraite, était favorable à l’accueil de l’action. Trois ans plus tard, la juge Rosa Weber présenta un vote contraire à l’ADI. L’action revint à n’être examinée qu’en novembre de l’an dernier, quand le juge Dias Toffoli donna gain de cause aux quilombolas, mais défendant la nécessité d’établir une date limite à l’édition des titres de propriété, le fameux « cadre temporel ». Par la suite, son collègue Edson Fachin décida de convoquer une audience du procès.

Selon la thèse du « cadre temporel », seules auraient droit à leurs terres les communautés qui les occupaient le 5 octobre 1988, jour de promulgation de la Constitution Fédérale. Cette thèse, cependant, ignore le fait qu’à cette date beaucoup de quilombolas avaient déjà été expulsés de leurs terres par des intrus et n’avaient pas de moyens de preuve de leur possession. Pour cette raison, le juge Ricardo Lewandowski a considéré cette condition comme « preuve diabolique », car difficile voire impossible à remplir. Le 8 février 2018 entre définitivement dans l’histoire des quilombolas. Pas un quilombola de moins !

Traductrice: Agathe Francopoulo

Merci à Monique Murga

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